Les Québécois appuient l'idée de reporter le référendum

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 La grande majorité des Québécois, incluant près de trois péquistes sur quatre, approuvent la décision de Jean-François Lisée d’écarter la tenue d’un référendum sur la souveraineté à court terme.
Jean Francois LiseePas moins de 71 % des électeurs du Parti québécois sont favorables à l’idée de repousser l’échéancier après 2022, révèle un sondage Léger/Le Journal-Le Devoir réalisé entre le 17 et le 19 janvier.
Ce choix plaît évidemment dans une plus grande proportion encore dans les rangs libéraux et caquistes. Ce sont les partisans de Québec solidaire qui sont les plus réfractaires au report du référendum. 21 % des solidaires sont d’avis qu’il s’agit d’une mauvaise décision de la part du nouveau chef péquiste.
Un «choix raisonné»
Éloigner l’épouvantail référendaire n’a toutefois pas d’impact pour le moment, ni sur l’appui à la souveraineté, ni sur les intentions de vote du PQ, qui demeurent stables à 29 %.
«Pour beaucoup de péquistes, c’est comme le seul choix qui s’impose dans le contexte actuel, analyse le vice-président de Léger, Christian Bourque. C’est un choix raisonné».
Érosion du vote libéral terminé
L’érosion du vote libéral des derniers mois semble terminée. Après avoir atteint un plancher historique en décembre, l’appui aux troupes de Philippe Couillard se chiffre à 32 % en ce début d’année. Depuis le mois dernier, le niveau d’insatisfaction envers le gouvernement a également légèrement diminué (62 %).
Comme c’est le cas pour la période estivale, les vacances des Fêtes sont traditionnellement favorables aux partis au pouvoir. «Pas de nouvelle, bonne nouvelle pour le gouvernement», souligne le sondeur.
Le retour d’un des joueurs étoiles du cabinet Couillard, Pierre Moreau, qui revient d’un congé de maladie, est également positif pour les libéraux.
La Coalition Avenir Québec de François Legault en subit les contrecoups et perd trois points, passant de 26 à 23 % dans les intentions de vote.
À moins de deux ans des prochaines élections, le paysage politique québécois est relativement «figé», constate Christian Bourque. Le Parti libéral fait le plein d’appuis à Montréal, alors que la popularité des péquistes est davantage marquée en région. Québec demeure le terreau fertile des caquistes.

Est-ce que la décision du Parti québécois de ne pas tenir de référendum est selon vous, plutôt une bonne ou plutôt une mauvaise décision?
  • Bonne décision: 70 %
  • Mauvaise décision: 13 %
  • Indécis: 17 %
Si des élections provinciales avaient lieu aujourd’hui, pour quel parti auriez-vous l’intention de voter?
*Les médias ont annoncé le départ de Françoise David de la vie politique à partir du mercredi 18 janvier alors que la collecte de données était en cours.
  • QS: 9 %
  • CAQ: 23 %
  • PQ: 29 %
  • PLQ: 32 %
Méthodologie
La présente étude a été réalisée par le biais d’un sondage Internet auprès de 1005 Québécois ayant le droit de vote entre le 17 janvier et le 19 janvier 2017 dans toutes les régions du Québec.
Pondération et marge d’erreur
Les données finales du sondage ont été pondérées à l’aide des données du recensement de 2011 selon l’âge, le sexe, la langue maternelle, la région et le niveau de scolarité de façon à garantir un échantillon représentatif de la population.
Aux fins de comparaison, un échantillon probabiliste de 1005 répondants aurait une marge d’erreur de +/- 3,1 %, et ce, dans 19 cas sur 20.

PLUS DE LA MOITIÉ DES CITOYENS CROIENT LE FRANÇAIS MENACÉ

Un peu plus de la moitié des citoyens estiment que la langue française est menacée au Québec.
Telles deux solitudes, les francophones et les non-francophones perçoivent toutefois le sort de la langue de Molière très différemment.
66 % des Québécois qui parlent français s’inquiètent de l’avenir de leur langue. Une menace qui n’existe pas aux yeux de 85 % des anglophones et allophones du Québec, selon un sondage Léger/Le Journal-Le Devoir.
C’est dans la capitale nationale et en régions que la situation du français fait craindre le plus.
Justin Trudeau l’a appris à ses dépens cette semaine. De passage à Sherbrooke, le premier ministre du Canada a soulevé la colère de la communauté anglophone pour avoir répondu en français à une question qui lui était adressée dans la langue de Shakespeare.
«Les anglophones du Québec sentent que c’est l’anglais qui est menacé au Québec, pas le français», constate le sondeur Christian Bourque.
Selon lui, si c’est un enjeu «latent» au Québec que les partis politiques ne peuvent ignorer, la situation du français préoccupe peut-être moins de gens que dans les années 60, 70 ou même 80, alors que les tensions linguistiques étaient davantage exacerbées.
Plus de crainte au pQ
C’est au sein de l’électorat du PQ que cette crainte est la plus présente, alors que 87 % des sympathisants péquistes tirent la sonnette d’alarme. Il y a quelques jours à peine, le chef péquiste Jean-François Lisée a largué certaines mesures sur la langue contenues dans le programme de son parti pour éviter de diviser les Québécois.
Les partisans de la CAQ sont plus divisés sur la question — 55 % croient que le français est menacé, contre 41 %.
Pour 67 % des électeurs libéraux, où se retrouve la majorité des non-francophones, le français n’est nullement en danger.