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samedi, octobre 21, 2017

La conséquence d’une justice trop rigide

Les dénonciations publiques illustrent les limites du système, déplore le bâtonnier du Québec

20 octobre 2017 |Isabelle Paré | Justice
Devant la vague d’allégations d’agressions sexuelles sur les réseaux sociaux, le bâtonnier du Québec plaide pour des changements de fond au système de justice pour mieux aider les victimes.
Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir
Devant la vague d’allégations d’agressions sexuelles sur les réseaux sociaux, le bâtonnier du Québec plaide pour des changements de fond au système de justice pour mieux aider les victimes.
Loin de condamner la vague d’allégations d’agressions sexuelles qui se multiplient sur les réseaux sociaux, le bâtonnier du Québec, Me Paul-Matthieu Grondin, estime que le phénomène traduit le « manque de souplesse » du système de justice et illustre l’urgence de procéder à des changements de fond pour mieux aider les victimes.
 
Alors que le Québec tout entier est encore ébranlé par l’ampleur de la réaction sur les réseaux sociaux enclenchée par le mouvement #MeToo, notamment par les révélations accablantes visant les personnalités publiques Gilbert Rozon et Éric Salvail, le bâtonnier du Québec s’est dit jeudi bouleversé par ces événements.
 
Interrogé pour savoir si ces condamnations publiques ne constituaient pas, selon lui, une forme de « tribunal populaire parallèle » au système de justice, susceptible de mener à des dénis de justice, Me Grondin a dit éprouver une très grande compassion à l’endroit des victimes.
On fait face à de nouvelles forces qui contournent les institutions traditionnelles pour faire valoir leurs droits
Diane Pacom, sociologue à l’Université d’Ottawa
 
Un système trop « rigide »
 
« Personne ne trouve la situation idéale. C’est une question complexe, mais on ne peut condamner la façon de faire des victimes d’agressions, car il y a en ce moment des processus qui sont tout à fait insatisfaisants », a-t-il tranché.
 
Devant cette forme de justice « citoyenne » qui remet plus que jamais en question l’efficacité du système judiciaire, le bâtonnier va plus loin et affirme que le système de justice est devenu « trop rigide » et visiblement incapable de répondre aux besoins des nombreuses victimes d’agressions sexuelles.
 
« Il y a une discussion sociétale plus large à avoir sur cette question. Pour l’instant, le système offre peu de souplesse aux victimes », affirme le représentant du Barreau du Québec.
 
Même si ces dénonciations publiques pourraient mener à des dérapages, Me Grondin estime que les révélations qui se multiplient sur les réseaux sociaux ne sont pas pires que celles faites dans des lettres ouvertes ou sur les ondes des médias. « Oui, il y a toujours un risque que des procès se fassent sur la place publique, mais dans ces cas, les gens visés disposent de recours en diffamation », dit-il.
 
Appelé à énumérer quelles mesures ont été prises ou devraient l’être par le ministère de la Justice pour faciliter le cheminement des plaintes et des poursuites, le bâtonnier du Québec répond que tout reste à faire, que les changements seront longs à réaliser et que les politiques adoptées ces dernières années sur le harcèlement sexuel au travail, notamment, ne vont pas assez loin.
 
« Il y a toute une réflexion à faire par l’ensemble des intervenants. Je n’ai pas de solution miracle à proposer aujourd’hui, mais on a mis cette discussion à l’intérieur de nos priorités. Tous les intervenants sont au courant de cette urgence. »
 
Pour la sociologue de l’Université d’Ottawa Diane Pacom, cette libération de la parole sur les réseaux sociaux en ce qui concerne les agressions sexuelles fait plus qu’illustrer les manquements du système de justice, elle est le symptôme d’un phénomène beaucoup plus large qui souffle sur l’époque et la société. À son avis, ce mouvement est l’écho d’une « nouvelle citoyenneté numérique » qui remet en cause toutes les institutions de la société, notamment celles associées aux lieux de pouvoir.
 
« On fait face à de nouvelles forces qui contournent les institutions traditionnelles pour faire valoir leurs droits. Les femmes, et d’autres groupes, s’approprient cet espace numérique en prenant des risques, car ce nouvel espace leur offre une possibilité de changement, un nouvel espace de pouvoir », affirme Mme Pacom.
 
De l’avis de la sociologue, ce mouvement social est le résultat de la convergence de trois phénomènes : la montée de cette nouvelle citoyenneté numérique, le pouvoir grandissant des femmes dans la société nord-américaine et l’érosion croissante de la confiance des citoyens dans les institutions traditionnelles, notamment le système de justice, le système policier, le pouvoir politique et les médias.
 
« Pour la première fois, des femmes se voient libres de dire des choses et de se rejoindre d’un bout à l’autre de la planète pour le faire. Le numérique est un nouvel espace politique que les femmes s’approprient, comme d’autres parties de la société civile. On va voir ce phénomène se produire dans bien d’autres secteurs de la société où les institutions sont contestées », croit la professeure, qui a étudié la façon dont la révolution numérique modifie les rapports sociaux.
 
Un ras-le-bol généralisé
 
En 2015, le mouvement #BeenRapedNeverReported, né dans la foulée de l’affaire Ghomeshi, avait galvanisé les femmes sur les réseaux sociaux et poussé plusieurs d’entre elles à sortir sur la place publique. Or l’issue du procès, qui s’était soldé par l’acquittement du présumé agresseur, avait accru davantage la méfiance des femmes à l’égard du pouvoir judiciaire et quant à la possibilité d’obtenir justice en cour.
 
« Il y a eu à ce moment un tel ras-le-bol des femmes et un tel scepticisme que nous assistons aujourd’hui à un ressac, à cette naissance d’un système parallèle, aux résultats immédiats, qui cherche à trouver sa voie », affirme la sociologue.
 
La rapidité de la réaction de divers acteurs de la société, notamment des employeurs, des compagnies, des diffuseurs et des commanditaires qui ont promptement retiré leur appui au Québec comme en France aux personnalités publiques visées par des allégations d’inconduite sexuelle, démontre que le seuil de tolérance face à de tels gestes a profondément changé.
 
« C’est le prélude à un changement profond, celui d’institutions qui devront s’adapter à cette révolution entraînée par le numérique. »

jeudi, mars 02, 2017

Menaces à Concordia: des accusations déposées contre un Montréalais de 47 ans

http://www.ledevoir.com/societe/

2 mars 2017 16h45 |Jessica NadeauGuillaume St-Hilaire | Justice
L'accusé, Hisham Saadi
Photo: SPVML'accusé, Hisham Saadi
Hisham Saadi fait face à des accusations de méfait public, de menaces de mort et d’incitation à craindre un attentat terroriste à la suite de l’alerte à la bombe lancée à l’Université Concordia mercredi.
 
L’homme de 47 ans a brièvement comparu par vidéoconférence au palais de justice de Montréal jeudi après-midi. Il avait été appréhendé la nuit précédente dans un appartement de la rue Darlington, dans le quartier Côte-des-Neiges.
 
Il n’a ni nié ni reconnu sa responsabilité quant aux accusations déposées contre lui.
 
Il devra se représenter vendredi pour son enquête sur remise en liberté. Il sera rencontré par un criminologue de l’urgence psychosociale d’ici là.
 
Rappelons que l’Université Concordia avait été avisée vers 9 h mercredi d’une menace « sérieuse » à la sécurité de ses étudiants de confession musulmane. Un courriel soi-disant envoyé par un groupe d’extrême droite, acheminé à la direction et à plusieurs médias – dont Le Devoir –, prévenait que des bombes artisanales exploseraient à des endroits précis dans deux pavillons. La direction de l’établissement universitaire avait décidé d’évacuer les édifices en question peu avant midi.

mercredi, mars 01, 2017

Les avocats feront sentir leur mécontentement

http://www.lapresse.ca/actualites/justice-et-affaires-criminelles/actualites-judiciaires/

Publié le 01 mars 2017 à 07h02 | Mis à jour à 07h02
La grève des juristes de l'État prend fin aujourd'hui après quatre... (PHOTO PATRICK SANFAÇON, ARCHIVES LA PRESSE)
La grève des juristes de l'État prend fin aujourd'hui après quatre mois de débrayage.
PHOTO PATRICK SANFAÇON, ARCHIVES LA PRESSE
Forcés de rentrer au travail aujourd'hui après quatre mois de grève, les juristes de l'État vont faire sentir au gouvernement leur mécontentement. L'employeur ne doit attendre aucune collaboration de ses avocats.
Jean Denis, président de l'association Les avocats et... (photo Jacques Boissinot, la presse canadienne) - image 1.0
Jean Denis, président de l'association Les avocats et notaires de l'État québécois (LANEQ)
PHOTO JACQUES BOISSINOT, LA PRESSE CANADIENNE
Obtenu par La Presse, un courriel qui circule chez les juristes de la Société de l'assurance automobile du Québec est limpide sur le climat de résistance qui s'installera dans les contentieux des ministères et organismes. La missive en 11 points précise que les horaires de travail de sept heures par jour seront « respectés scrupuleusement ». Mais la direction aura à préciser les directives quand les avocats sont affectés a l'extérieur ; « il faudra que les gens aient le choix de revenir le soir s'ils le désirent et soient payés pour les heures supplémentaires que cela implique ».
Au Tribunal administratif du Québec, les avocats devront « geler à leur agenda le temps de préparation et de déplacement ». Les autres demandes « seront donc traitées à la lumière du temps disponible » avec temps supplémentaire s'il y a lieu. « On veut davantage jouer le livre », a expliqué l'auteur de la note, Me Jean-François Tardif, joint hier soir. Le temps de déplacement « ne se transformera plus en bénévolat », par exemple.
« Le temps supplémentaire sera demandé systématiquement de façon formelle à l'aide du formulaire approprié même si la direction a déjà annoncé sa décision de le refuser. » De plus, « toute demande de temps supplémentaire se fera en argent puisque le choix nous revient en vertu de la convention collective ».
Dès leur retour au tribunal, les juristes vont demander des remises, des reports et n'accepteront plus de surcharge pour trois mois « pour reprendre le contrôle de [leurs] bureaux ». Les syndiqués opposeront un « refus de tout nouveau mandat, projet, comité pour l'instant, surtout si cela a pour but de "rattraper" les effets de la grève ». Il n'y aura pas de « service-conseil » pendant trois mois, « réévaluation par la suite ».
PAS DE « MOT D'ORDRE »
En point de presse après l'adoption de la loi, le président de l'association Les avocats et notaires de l'État québécois (LANEQ), Jean Denis, soutenait pourtant que la loi interdisait une grève du zèle. « On va respecter la loi [...]. Est-ce qu'il y aura un mot d'ordre de lancé ? Absolument pas, les gens vont rentrer au travail, les gens que je représente sont des gens responsables. » 
« Pensez-vous que les juristes vont être heureux en rentrant au travail ? Absolument pas ! Est-ce qu'ils vont faire leur travail ? On a toujours fait notre travail, on est respectueux des autorités, des institutions. » « On rentre la tête haute, mais le retour au travail va être évidemment très difficile », a-t-il lancé.
Pour Me François Desroches Lapointe, membre du bureau de direction de l'association, on doit s'attendre à ce que les syndiqués « soient plus pointilleux », mais un article de la loi adoptée hier prévoit que les juristes devront respecter la loi, et le message du syndicat ira en ce sens, indiquait-il en soirée.
Mais le courriel des syndiqués prévient que les cadres se feront demander « de ne pas en mettre trop sur le bonheur de nous revoir. Nous ne sommes pas trop d'humeur pour une chanson, une fête ou une célébration ». Il n'y aura pas de « rencontre individuelle pour discuter de nos sentiments. Rencontre de groupe seulement ».
UNE « ODIEUSE » LOI 
Plus tôt après l'adoption de la loi, le syndicat avait prévenu qu'il entendait transporter son combat sur le terrain des tribunaux. Avec deux recours plutôt qu'un.
Des démarches sont lancées pour contester devant la Cour supérieure « l'odieuse » loi spéciale du gouvernement Couillard sitôt qu'elle a été adoptée sous le bâillon, hier, par 52 voix contre 38. Les députés de l'opposition ont voté contre.
Pour le syndicat, cette loi est inconstitutionnelle, car elle « brime le droit de grève ». 
« C'est une loi faible, assez facile à contester, jusqu'à la Cour suprême s'il le faut », dit Jean Denis, président de LANEQ.
Les juristes poursuivent également Québec pour près de 37 millions devant le Tribunal administratif du travail, l'accusant de « négociation de mauvaise foi ».
« On peut donc dire que ce n'est que partie remise », a affirmé M. Denis.
105 JOURS
La loi spéciale prévoit une nouvelle ronde de négociations et le recours éventuel à un médiateur. Les parties ont maintenant un maximum de 105 jours pour s'entendre. En cas d'échec des pourparlers, les avocats et les notaires se verront imposer des hausses salariales inférieures à la dernière offre du gouvernement et à celles accordées au reste de la fonction publique : 6,75 % en cinq ans au lieu de 9,15 %.
Pour Jean Denis, « c'est un autre fusil sur la tempe » de la part du gouvernement. « On n'a pas plié devant ce gouvernement-là, et on ne pliera jamais », a-t-il lancé, laissant présager des pourparlers ardus au cours des prochaines semaines.
Le président du Conseil du trésor, Pierre Moreau, souhaite que le retour au travail « se fasse de la façon la plus harmonieuse ». La loi spéciale est nécessaire en raison de l'intransigeance du syndicat et parce que la grève « constitue une entrave sérieuse au fonctionnement du gouvernement et au processus judiciaire », a-t-il plaidé.
Après avoir condamné le recours à la loi spéciale, le Parti québécois comme la Coalition avenir Québec se sont engagés à accorder aux juristes un comité indépendant sur leur rémunération, comme celui qui existe pour les procureurs de la Couronne, s'ils forment le gouvernement.

mardi, février 28, 2017

Lourdes peines de prison pour des Américains blancs ayant terrorisé des Noirs

http://www.lapresse.ca/international/etats-unis/

Publié le 28 février 2017 à 11h11 | Mis à jour à 11h11
Kayla Norton (à sa sortie du tribunal lundi,... (Photo Henry P. Taylor/Atlanta Journal-Constitution via AP)
Kayla Norton (à sa sortie du tribunal lundi, sur la photo) et Jose Torres étaient à bord d'un pick-up hérissé de drapeaux confédérés lorsqu'ils ont injurié et menacé une famille noire rassemblée pour l'anniversaire d'un enfant.
PHOTO HENRY P. TAYLOR/ATLANTA JOURNAL-CONSTITUTION VIA AP
Agence France-Presse
WASHINGTON
Un tribunal de l'État américain de Géorgie a condamné lundi à de lourdes peines de prison un homme et une femme qui avaient proféré des injures racistes et menacé de mort une famille noire rassemblée pour l'anniversaire d'un enfant.
Jose Torres, 26 ans.... (Photo District Attorney's Office Douglas Judicial Circuit/ via REUTERS) - image 1.0
Jose Torres, 26 ans.
PHOTO DISTRICT ATTORNEY'S OFFICE DOUGLAS JUDICIAL CIRCUIT/ VIA REUTERS
Kayla Norton, 25 ans.... (Photo District Attorney's Office Douglas Judicial Circuit/ via REUTERS) - image 1.1
Kayla Norton, 25 ans.
PHOTO DISTRICT ATTORNEY'S OFFICE DOUGLAS JUDICIAL CIRCUIT/ VIA REUTERS
Jose Torres et Kayla Norton faisaient partie d'un groupe qui avait organisé un défilé à bord de plusieurs pick-up hérissés de drapeaux des Confédérés, un symbole aujourd'hui considéré raciste par beaucoup d'Américains.
Après avoir harcelé des automobilistes noirs, le convoi s'était arrêté devant le domicile d'une famille noire de Douglasville en train de célébrer l'anniversaire d'un enfant de 8 ans.
L'un des membres du groupe auto-baptisé «Respect pour le drapeau» avait alors brandi un fusil à pompe, tandis que d'autres avaient injurié et menacé de tuer les personnes rassemblées.
Pour ces faits remontant à juillet 2015, Jose Torres a écopé d'une sentence de 20 ans de prison, dont il devra passer les deux tiers derrière les barreaux. Kayla Norton a elle été condamnée à purger 6 ans d'une peine de 15 années de réclusion.
Cette affaire n'a rien à voir avec la liberté de brandir un drapeau, protégée par le Premier amendement de la Constitution américaine, a tenu à souligner Brian Fortner, le procureur du comté de Douglas.
«Au contraire, ce dossier concerne un groupe de gens qui ont sillonné notre voisinage en buvant de l'alcool, en harcelant et en intimidant nos citoyens en raison de la couleur de leur peau», a-t-il écrit dans un communiqué.
«Ils ont proféré des injures racistes et menacé de tuer les convives. Ils ont même menacé de tuer un enfant», a-t-il rappelé.
Cette affaire illustre le racisme tenace qui continue d'imprégner certaines régions qui firent partie de la Confédération sudiste qui défendait l'esclavage des Noirs.
Le verdict concernant M. Torres et Mme Norton est tombé moins de deux mois après la condamnation à mort en Caroline du Sud de Dylann Roof. Ce jeune homme convaincu de la suprématie de la race blanche avait abattu en 2015 neuf paroissiens noirs dans une église.

Juristes: la loi spéciale est adoptée

http://www.lapresse.ca/actualites/justice-et-affaires-criminelles/actualites-judiciaires/

Publié le 28 février 2017 à 10h43 | Mis à jour à 14h58
La loi spéciale a été adoptée à 52... (Photo Jacques Boissinot, PC)
La loi spéciale a été adoptée à 52 voix contre 38, les trois partis d'opposition ayant voté contre.
PHOTO JACQUES BOISSINOT, PC
TOMMY CHOUINARD
La Presse
(Québec) Après une grève de quatre mois, les 1100 juristes de l'État rentreront au travail de force mercredi. La loi spéciale du gouvernement Couillard a été adoptée mardi à l'Assemblée nationale.
La majorité parlementaire libérale a permis de faire passer la loi (52 voix contre 38). Les députés de l'opposition ont voté contre.
La loi spéciale prévoit une nouvelle ronde de négociations et le recours éventuel à un médiateur. Les parties ont maintenant un maximum de 105 jours pour s'entendre.
En cas d'échec des pourparlers, les avocats et les notaires se verront imposer des hausses salariales inférieures à la dernière offre du gouvernement et à celles accordées au reste de la fonction publique: 6,75% en cinq ans au lieu de 9,15%.
Le syndicat Les avocats et notaires du gouvernement du Québec (LANEQ) entend contester cette «odieuse» loi spéciale devant les tribunaux.
Le gouvernement espère néanmoins une reprise du travail sans accrochage. «Je ne sais pas s'ils sont vraiment en colère, mais je peux comprendre qu'ils sont en désaccord avec les opinions exprimées, a affirmé le président du Conseil du trésor, Pierre Moreau. Je veux simplement leur dire que ces opinions ont été exprimées de façon respectueuse et que je souhaite que leur entrée au travail se fasse de la façon la plus harmonieuse.»
Il se dit prêt à créer un groupe de travail visant à étudier la principale revendication de LANEQ, un changement au régime de négociation des juristes, même s'il est en désaccord avec la position syndicale. Les juristes réclament la création d'un comité indépendant visant à déterminer leurs conditions de travail, comme c'est le cas pour les procureurs de la Couronne. Le gouvernement considère qu'il y a une «différence fondamentale» entre le statut professionnel de des procureurs et celui des avocats du gouvernement.
L'opposition a condamné le recours à la loi spéciale et a salué la bataille menée par les juristes. «Je vous implore de rentrer au travail la tête haute», a lancé la députée péquiste Nicole Léger à l'intention des avocats et des notaires qui se trouvaient dans les tribunes du Salon bleu quelques minutes avant le vote. «Je sais que le lien de confiance est ébranlé, brisé même, mais nous avons confiance dans votre sens de l'État.»
En conférence de presse, elle a déclaré qu'un gouvernement péquiste accorderait aux juristes un comité indépendant sur leur rémunération, comme celui qui existe pour les procureurs de la Couronne. La Coalition avenir Québec a pris le même engagement.
Le gouvernement a tout fait pour «décrédibiliser» les juristes, alors «quel va être le climat de travail» mercredi? s'est demandé l'élu caquiste Simon Jolin-Barrette, laissant entendre que ce climat pourrait être hostile.
Les débats sur la loi se sont déroulés sous le bâillon, c'est-à-dire en vertu d'une procédure exceptionnelle qui écourte leur durée normale à l'Assemblée nationale. La loi spéciale a été déposée vers 18h lundi pour être adoptée à 14h mardi.
Il s'agit du cinquième bâillon du gouvernement Couillard, mais du premier en ce qui concerne des conditions de travail. Les quatre autres touchaient des projets de loi: sur le discours budgétaire de 2015, la réorganisation du réseau de la santé, Uber et les hydrocarbures.
La grève des juristes est la plus longue à être survenue dans le secteur public de l'histoire du Canada.

jeudi, novembre 19, 2015

Des acteurs majeurs du crime organisé sont arrêtés à Montréal, dont Leonardo Rizzuto

http://quebec.huffingtonpost.ca/

Publication: 

FRAPPE MASCOUCHE

Quelque 200 agents d'au moins trois corps de police ont lancé à l'aube, jeudi, une vaste opération dans la région de Montréal afin de neutraliser les activités de malfaiteurs présumément associés au trafic de stupéfiants.
Il s'agit d'une opération importante qui s'attaque à d'importants acteurs majeurs du crime organisé. Une quarantaine d'arrestations sont à prévoir.
Ainsi, les forces de l'ordre ont arrêté Leonardo Rizzuto, le fils du défunt parrain de la mafia montréalaise Vito Rizzuto, Gregory Woolley, un chef de gang de la métropole, Salvatore Cazzetta, que l'on dit être le numéro un des Hells Angels, Stefano Sollecito et Loris Cavaliere. Selon La Presse, Maurice «Mom» Boucher pourrait aussi avoir été arrêté.
Gregory Woolley, âgé de 43 ans et natif de Port-au-Prince, a été arrêté à sa résidence cossue de Saint-Hubert, sur la rive-sud de Montréal.
Salvatore Cazzetta avait été arrêté dans l'opération SharQc en 2009, mais libéré des accusations ensuite. Salvatore Il avait été cité par René Charlebois, membre des Hells Angels, dans ses conversations avec l'ex sergent-détective du Service de police de la Ville de Montréal, Benoît Roberge qui, lui, avait été arrêté le 5 octobre 2013.
Stefano Sollicito est le fils de Rocco Sollicito, que la GRC avait filmé à de nombreuses reprises au café Consenza en 2004 et 2005 dans le cadre de l'opération Colisée. Ces bandes vidéos avaient été montrées à la Commission Charbonneau en septembre 2012.
Loris Cavaliere, un avocat criminaliste; il pourrait faire face à des accusations de complot et de trafic de stupéfiants.
Ces personnes auraient contrôlé plusieurs sources d'approvisionnement et de distribution de stupéfiants dans la région de Montréal.
Les policiers de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), de la Sûreté du Québec (SQ) et du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) qui interviennent sur le terrain sont regroupés sous l'autorité de l'Escouade régionale mixte (ERM) de Montréal.
Les policiers de la Sûreté du Québec tiendront une conférence de presse en milieu de matinée à leur quartier général de la rue Parthenais, à Montréal, pour donner de plus amples informations.
Plus de détails à venir.

jeudi, novembre 12, 2015

Procès: Guy Turcotte aurait bu du lave glace peu avant de se faire arrêter

http://quebec.huffingtonpost.ca/

Publication: 
GUY TURCOTTE
Guy Turcotte aurait bu du lave-glace moins d'une heure avant de se faire arrêter par la police, a témoigné à son procès un toxicologiste médical qui a expliqué que dans la majorité des cas, cette substance n'a pas d'effet sur le cerveau - et lorsqu'il y en a, ils sont très légers.
Voilà certaines des conclusions du docteur Martin Laliberté, déclaré par le tribunal expert en médecine d'urgence et en toxicologie médicale.
L'homme exerce la médecine à temps plein et est consultant au centre anti-poison et au bureau du coroner.
Guy Turcotte est accusé du meurtre prémédité de ses deux enfants, Olivier, cinq ans, et Anne-Sophie, trois ans. Il présente une défense de non-responsabilité criminelle pour cause de troubles mentaux.
L'accusé a témoigné avoir voulu se suicider le soir du 20 février 2009 et avoir bu du lave-glace dans ce but. Se "voyant" mourir, il a soudainement décidé de tuer ses enfants pour leur épargner la souffrance de retrouver son cadavre le lendemain, a-t-il ajouté. Il dit ne pas tout se rappeler de ce qui s'est passé ce soir-là.
De plus, selon les experts de la défense _ les docteurs Louis Morissette et Dominique Bourget _ le jugement de Guy Turcotte le soir du 20 février 2009 était perturbé et altéré, principalement en raison de la maladie mentale dont il souffrait.
Mais la docteure Bourget avait indiqué dans un premier rapport écrit en 2011 qu'"il est clair que l'intoxication au méthanol est susceptible de causer une perturbation du jugement et une altération de la conscience". Dans un second rapport de 2015, la question du méthanol avait presque entièrement été évacuée.
Mercredi, le docteur Laliberté a expliqué que le méthanol, contenu dans le lave-glace, n'est pas toxique en soi. Il le devient quand le corps le transforme en acide.
Les effets toxiques du méthanol peu de temps après l'ingestion, sont des nausées, des vomissements et des crampes abdominales. "C'est à peu près tout initialement", a dit le docteur Laliberté.
Après l'absorption, cela prend de 12 à 24 heures avant que le méthanol ne devienne un acide toxique. À ce moment, la personne affectée peut avoir une respiration difficile, devient comateuse, somnolente, et a une vision trouble. Éventuellement, sans traitement, elle peut en mourir.
"Le méthanol dans la majorité des cas n'a pas d'effets sur le cerveau. S'il y a des effets, ils sont très légers", a expliqué le docteur au jury de 11 personnes.
Dans son rapport, il écrit: "Dans la majorité des cas, le méthanol ne causera initialement aucun effet significatif au niveau de l'état de conscience même avec des concentrations sanguines plusieurs fois supérieures à celles nécessitant un traitement en milieu hospitalier."
Il a cité un cas d'un patient, qui avait dans son sang 692 mg par 100 ml de sang - plus du double du taux de Guy Turcotte. Il n'avait pas de problème de conscience, que de petites difficultés d'allocution.
L'expert a ensuite fait des calculs pour comparer le taux de méthanol qu'avait Guy Turcotte lorsqu'il a été hospitalisé au lendemain des meurtres.
Son taux était de 356 mg de méthanol dans 100 ml de sang à 12h27 et de 395 mg à 14h42. Parce que le taux a augmenté avec le passage du temps _ au lieu de diminuer _ cela fait dire à l'expert que l'accusé avait encore du méthanol non absorbé dans son tube digestif
à son arrivée à l'urgence. Et qu'il a été absorbé peu après, faisant grimper son taux.
Le méthanol prend de 30 à 90 minutes à être absorbé par le tube digestif, dit-il.
Donc, il a bu du méthanol au maximum 90 minutes avant, vers 11h du matin, a tranché l'expert.
Guy Turcotte a été placé en état d'arrestation à 11h41.
La Couronne a entamé sa contre-preuve mardi, visant à répliquer aux experts de la défense sur l'état mental de l'accusé.
Son dernier témoin était le docteur Laliberté, qui sera contre-interrogé jeudi matin.
Après cette étape, les plaidoiries des avocats pourront commencer, possiblement lundi matin.

mercredi, août 26, 2015

Visite de l'UPAC chez Hydro-Québec

http://www.lapresse.ca/actualites/

EXCLUSIF
Publié le 26 août 2015 à 05h00 | Mis à jour à 08h09
On dénombre chez Hydro-Québec un total de cinq... (PHOTO BERNARD BRAULT, LA PRESSE)
PHOTO BERNARD BRAULT, LA PRESSE

On dénombre chez Hydro-Québec un total de cinq surintendants généraux, appartenant tous à la division Équipement et services partagés.

André Dubuc
ANDRÉ DUBUC
La Presse
La police anticorruption est intervenue auprès de la société d'État Hydro-Québec en début d'année, a appris La Presse. Un surintendant général a été rétrogradé et ne peut plus accorder de contrats, mais aucune accusation ne sera portée contre lui.
D'après nos renseignements, cet employé d'Hydro-Québec était visé par les enquêteurs de l'Unité permanente anticorruption (UPAC) qui ont visité les bureaux d'Hydro-Québec Équipement et services partagés à Place Dupuis, au 855, rue Sainte-Catherine Est. L'employé au coeur de l'enquête a d'ailleurs été suspendu sans solde de mars à la fin de juin, a-t-on su.
Un surintendant général planifie, organise le travail et gère des employés et des entrepreneurs. On dénombre 15 surintendants chez Hydro, dont 5 surintendants généraux, tous à la division Équipement et services partagés, qui est la division construction chez Hydro.
Le nom du surintendant général en question apparaissait sur la licence de constructeur-propriétaire de la Régie du bâtiment du Québec au début du mois d'août avec ceux de cinq autres personnes, dont Réal Laporte, président d'HQ Équipement et services partagés. Le 24 août, son nom n'y était plus.
«Nos enquêteurs sont allés chez Hydro-Québec en mai. Ils y ont rencontré des gens», confirme la porte-parole de l'UPAC Anne-Frédérick Laurence.
Toutefois, au terme de l'enquête interne d'Hydro-Québec, les deux parties, Hydro et l'UPAC, ont convenu de ne pas soumettre le dossier au procureur général de la province puisqu'il n'y a pas eu de malversation, mais seulement un manquement éthique concernant un fournisseur, indique une source proche d'Hydro-Québec.
Une malversation implique une sortie d'argent, un détournement d'argent, explique cette même personne. Par manquement éthique, on entend plutôt un abus de confiance.
L'employé a donc pu réintégrer les rangs d'Hydro-Québec avec salaire, mais il a été rétrogradé. Il ne peut plus accorder de contrats, assure notre informateur.
«Pour le moment, je n'ai pas grand-chose à dire», a fait savoir celui-ci quand nous l'avons joint par téléphone à son nouveau lieu de travail chez Hydro-Québec, à Laval.
Vérification indépendante
Quant à l'entreprise concernée, elle a signé un pacte d'intégrité avec Hydro. En vertu de ce pacte, elle se soumet à une vérification indépendante de ses livres, qui est toujours en cours, nous a-t-on confié. Pendant le processus, l'entreprise ne peut pas soumissionner auprès d'Hydro-Québec.
À noter que c'est l'UPAC, et non pas Hydro, qui est à l'origine de l'enquête. Une fois informée par la police anticorruption, Hydro a déclenché le processus d'enquête interne.
Du côté de la société d'État qui a le monopole de la distribution d'électricité, on mentionne collaborer pleinement avec l'UPAC.
«Lorsque les informations ont été portées à l'attention d'Hydro-Québec, une enquête a été menée par l'entreprise, et les résultats ont été présentés à l'UPAC, souligne Marie-Elaine Deveault, attachée de presse chez Hydro. Aucune accusation n'a été portée. Par ailleurs, comme il s'agissait de manquements éthiques, des mesures disciplinaires rigoureuses ont été prises. Hydro-Québec n'a pas payé ni assumé aucuns frais pour des travaux qui auraient été réalisés chez un particulier.»
Un deuxième cas connu en quelques mois
Le surintendant général rétrogradé n'est pas le premier employé d'Hydro-Québec à qui l'on reproche son manque d'éthique. Denis Hervieux, cadre de la société d'État, a été congédié en décembre 2014. Il s'était notamment fait payer un stationnement pour sa Porsche, et sa fille avait obtenu un emploi d'un fournisseur, selon ce qu'a rapporté Le Journal de Montréal.
À l'époque, le ministre Pierre Arcand avait exprimé sa confiance dans les mesures de vérification mises en place par la société d'État. «Il y a beaucoup de contrôleurs à Hydro-Québec, ne vous en faites pas», avait-il insisté.
Dans son bilan de fin d'année en décembre dernier, le patron de l'UPAC Robert Lafrenière avait indiqué aux médias que son équipe enquêtait chez Hydro et que la société d'État faisait même partie de ses quatre grandes priorités en 2015, au même titre que les contrats des municipalités, les grands chantiers routiers et les dossiers informatiques.
Hydro-Québec échange constamment avec l'UPAC sur une multitude de sujets, dit-on à l'interne chez Hydro-Québec. Il a été impossible de savoir quel est le nombre d'enquêtes en cours.

samedi, juillet 11, 2015

Un Québécois meurt après 46 ans derrière les barreaux

http://quebec.huffingtonpost.ca/

 |  Par Agence France-Presse   Publication: 

SO THAT HAPPENED JUVENILE DETENTION

Un détenu de 74 ans est décédé vendredi à la prison de Sainte-Anne-des-Plaines, au Québec, après avoir passé 46 ans derrière les barreaux et où il lui restait moins de deux ans à purger, a indiqué l'établissement pénitentiaire.
Roland Côté avait été condamné alors qu'il était âgé de 28 ans, le 13 juin 1969, à une peine de 48 ans et 6 jours d'emprisonnement pour une série de vols à main armée, a rappelé le ministère de la Justice dans un communiqué.
Roland Côté est mort à l'hôpital de la prison Archambault, à Sainte-Anne-des-Plaines, petite localité à 40 km au Nord de Montréal, a indiqué la prison en indiquant qu'une enquête sur les circonstances du décès avait été diligentée, comme c'est l'usage en cas de décès d'un prisonnier.

mercredi, mai 13, 2015

Dossier Boisbriand : Lino Zambito plaidera coupable à une série d'accusations

http://quebec.huffingtonpost.ca/

 |  Par Radio-Canada.ca   Publication: 

LINO ZAMBITO
Lino Zambito

Le procès du premier témoin vedette de la commission Charbonneau s'ouvre demain au palais de justice de Saint-Jérôme. L'ex-entrepreneur Lino Zambito s'apprête à plaider coupable à des accusations de fraude, complot et corruption.
L'ancien vice-président de la firme Infrabec est accusé d'avoir illégalement financé le parti de l'ex-mairesse de Boisbriand, Sylvie St-Jean, pendant les années 2000, en échange de contrats.
Lino Zambito a été arrêté par l'escouade Marteau en 2011 lors de la première opération d'envergure contre la collusion et la corruption. Et il n'était pas seul : la mairesse de Boisbriand et des ingénieurs des firmes de génie-conseil Roche et BPR-Triax avaient aussi été arrêtés pour avoir participé au stratagème.
Un an plus tard, Lino Zambito a décidé de collaborer avec la justice. Pendant des jours, il a expliqué à la commission Charbonneau comment des cartels d'entrepreneurs se partageaient les contrats à Montréal ou à Laval. Il a révélé que ces hommes d'affaires versaient des ristournes aux partis municipaux au pouvoir et donnaient aussi un pourcentage de leurs gains à la mafia.
Les crimes de Lino Zambito pourraient lui valoir une peine de prison, mais sa collaboration avec le système judiciaire et ses témoignages éclairants sur l'industrie de la construction lui permettent d'espérer l'indulgence des tribunaux.
L'ancienne mairesse de Boisbriand Sylvie St-Jean, qui a plaidé coupable en 2014, a écopé d'une peine de prison à purger dans la communauté.
Lino Zambito sera le premier entrepreneur à plaider coupable.
D'après les informations d'Isabelle Richer

jeudi, avril 02, 2015

Le délateur Beaudry éclabousse Denis Gallant

http://www.ledevoir.com/societe/

2 avril 2015 |Brian Myles | Justice
Me Denis Gallant est aujourd’hui l’inspecteur général de la Ville de Montréal.
Photo: Jacques Nadeau
 Le Devoir
Me Denis Gallant est aujourd’hui l’inspecteur général de la Ville de Montréal.
Le délateur Sylvain Beaudry s’apprête à livrer un témoignage-choc en Cour d’appel. Selon lui, un juriste chevronné, Denis Gallant, aurait influencé son témoignage dans le procès pour meurtre de Tony Duguay en lui remettant toute la preuve contre l’accusé.
 
Beaudry affirme qu’il a menti lors du procès de Duguay, en 2006, et que son témoignage a été « corrompu » par sa connaissance intime de la preuve. Le principal intéressé, Denis Gallant, nie fortement ces allégations.
 
Beaudry prétend que Denis Gallant lui a donné « la divulgation entière de la preuve » dans une déclaration assermentée de type « KGB » (avec une mise en garde et lecture des droits) datée du 31 janvier 2014.
 
En 2006, Me Gallant était le procureur responsable de la cause de Duguay. « Ça m’a réellement été remis par Me Gallant avant de témoigner, dit Beaudry. […] Le CD m’a été remis à même l’ordinateur, et j’ai gardé l’original depuis le temps. »
 
Le Devoir a mis la main sur la transcription de cette déclaration enregistrée sur vidéo. L’avocate de Tony Duguay, Anne-Marie Lanctôt, a présenté une requête exceptionnelle pour faire admettre en Cour d’appel cette preuve nouvelle que constituent les aveux tardifs de Sylvain Beaudry.
 
La déclaration assermentée fait état d’allégations non prouvées en Cour. Si les faits sont avérés, il s’agirait d’une atteinte à l’équité du procès de Duguay, un membre des Bandidos qui croupit en prison depuis huit ans pour le meurtre d’un membre des Hells Angels Nomads, Normand Hamel.
 
Beaudry sera entendu jeudi par la Cour d’appel. Ce revirement à 360 degrés n’est pas banal.
 
Beaudry a témoigné contre Duguay en 2006 ; voilà qu’il témoigne en sa faveur.
 
Gallant consterné
 
Denis Gallant, qui est aujourd’hui Inspecteur général de Montréal, s’explique mal cette double délation de Beaudry, un témoin qu’il jugeait « très crédible » à l’époque.
 
En 2006, Denis Gallant était procureur au sein du Bureau de lutte contre le crime organisé (BLACO). Il a piloté avec succès le procès de Duguay et ceux d’autres membres des Bandidos arrêtés dans le cadre de l’opération Amigos.
 
« Pour un salaire de 75 000 $ par année, je ne pense pas que j’aurais magouillé là-dedans », s’exclame Me Gallant, qui nie catégoriquement les allégations, non prouvées en Cour, de Beaudry. « Faites attention. Attendez donc qu’il témoigne et qu’il soit contre-interrogé », a-t-il suggéré.
 
Si la Cour d’appel en vient à prêter foi à la nouvelle version de Beaudry, Me Gallant exigera de faire valoir son point de vue à son tour, pour laver son honneur et sa réputation.
 
Selon Me Gallant, Sylvain Beaudry « mélange des affaires ». Avant de retourner sa veste et de devenir délateur, en avril 2003, il avait déjà été condamné à deux peines globales de 15 ans de pénitencier, en 2001 et 2002, pour son implication dans les Bandidos. À titre d’accusé, il avait eu droit à la divulgation de toute la preuve accumulée contre lui et ses coaccusés. Il fait peut-être référence à ce CD, suggère Me Gallant. « Si je lui ai donné un CD, c’est de la preuve déjà divulguée », dit-il.
 
Denis Gallant nie cependant avoir donné à Beaudry toute la preuve contre Tony Duguay. « Je te jure sur mon serment d’office. Ça ne tient pas », dit-il.
 
Pour la préparation du procès de Tony Duguay, Sylvain Beaudry a bel et bien eu droit à un ordinateur et à un CD contenant ses propres déclarations, afin qu’il puisse préparer son témoignage à la Cour. « Je suis très confortable avec ça », affirme Me Gallant.
 
Une vengeance ?
 
Un enquêteur qui préfère conserver l’anonymat confirme qu’un délateur a normalement le droit de consulter « ses déclarations pour se rafraîchir la mémoire, point ». S’il s’avère que Beaudry a pu accéder à toute la preuve pour « apprendre la cause », il s’agirait là « d’une erreur capitale » pour l’équité du procès, croit cet enquêteur.
 
Beaudry ne semble pas entretenir de confusion dans sa déclaration. Il dit être en possession de « la preuve intégrale » ou encore de « la preuve en entier » de la Couronne dans la cause de Duguay, y compris les photos d’autopsie de la victime.
 
Sylvain Beaudry est un homme en colère depuis l’arrestation de son contrôleur, Benoit Roberge, ce policier condamné à huit ans de pénitencier pour avoir vendu des informations aux Hells Angels.
 
Il a été exclu du programme de protection des témoins pour rupture de contrat, et sa libération conditionnelle a été révoquée, en dépit de rapports favorables de son agent de probation. Beaudry, qui se dit victime de représailles, a retenu les services de Jacques Normandeau dans l’espoir d’obtenir sa libération d’office.
 
Recruté sous contrainte par Roberge, Beaudry cherche à obtenir réparation depuis quelques mois. « Je pense qu’il veut se venger parce qu’il n’a pas eu son million, avance Denis Gallant.Beaudry n’est pas content de son contrat. Il s’est lui-même mis à risque et ce qu’il dit n’est pas vrai. »
 
Quoi qu’il en soit, Denis Gallant est persuadé de la culpabilité de Tony Duguay pour le meurtre de Normand Hamel, commis en 2000. La cause reposait sur une preuve d’identification de deux témoins civils qui étaient présents sur les lieux du meurtre. Beaudry n’était pas impliqué dans la préparation ou l’exécution de ce meurtre. Il a recueilli les aveux de Tony Duguay après le crime. Dans sa déclaration KGB, il maintient toujours sa version initiale : Duguay lui a avoué le meurtre.
 
Il y a un an, Denis Gallant a livré deux déclarations à la police au sujet des allégations de Sylvain Beaudry. Il a informé le maire Denis Coderre et son chef de cabinet, Denis Dolbec, des allégations du délateur lorsque son nom a circulé comme candidat potentiel au poste d’inspecteur général.
 
Le porte-parole du maire, Louis-Pascal Cyr, a réitéré la pleine confiance de l’administration Coderre à l’endroit de l’inspecteur général. « Il nous avait fait part de cette histoire. On avait posé des questions et il nous avait donné des explications que nous avions jugées satisfaisantes. Il a toute notre confiance », a-t-il dit.