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lundi, janvier 23, 2017

Un conseiller de Trump rassure le Canada

http://ici.radio-canada.ca/nouvelle/

PUBLIÉ AUJOURD'HUI À 9 H 10 | Mis à jour il y a 42 minutes
Le président Trump a signé ses premiers décrets présidentiels vendredi, peu après son assermentation.
Le président Trump a signé ses premiers décrets présidentiels vendredi, peu après son assermentation.
Photo : Reuters/Jonathan Ernst

vendredi, janvier 13, 2017

SYSTÈME DE PAIE PHÉNIX Le gouvernement a été négligent, admet Trudeau

http://www.ledevoir.com/politique/canada/

13 janvier 2017 |La Presse canadienne
Ottawa tente toujours de régler un arriéré d’environ 8000 dossiers d’employés fédéraux qui ont reçu des chèques de paie erronés.
Photo: Ron Ward La Presse canadienne
Ottawa tente toujours de régler un arriéré d’environ 8000 dossiers d’employés fédéraux qui ont reçu des chèques de paie erronés.
Ottawa — Justin Trudeau a admis, jeudi, que le gouvernement fédéral n’avait pas su tenir compte de signes avant-coureurs qui prédisaient déjà des complications dans le nouveau système de paie des fonctionnaires, avant même qu’il ne soit mis en place il y a près d’un an.
 
Lors d’une séance de discussion ouverte avec les citoyens au premier jour de sa tournée nationale, jeudi, à Kingston, en Ontario, le premier ministre a concédé à un fonctionnaire mécontent que son gouvernement « n’avait pas été suffisamment attentif aux défis et aux signes avant-coureurs à l’étape de la transition » vers le nouveau système de paie Phénix. M. Trudeau a assuré au fonctionnaire que le gouvernement « travaille extrêmement fort pour remédier à cette situation ».
 
Ottawa tente toujours de régler un arriéré d’environ 8000 dossiers d’employés fédéraux qui ont reçu des chèques de paie erronés — « c’est 8000 de trop », a admis M. Trudeau, jeudi. Ces fonctionnaires ont été trop payés ou pas assez pour des revenus particuliers comme des heures supplémentaires.
 
Plus tôt jeudi, le syndicat des scientifiques et employés professionnels de la fonction publique fédérale demandait d’ailleurs au gouvernement de créer un système de paie séparé afin d’aider tous ces fonctionnaires qui sont encore victimes des ratés de Phénix. L’Institut professionnel de la fonction publique du Canada prévient que la patience de ses membres est à bout.
 
« Les employés qui doivent composer avec une paie substantiellement réduite — voire inexistante — devraient être payés par le biais d’un système séparé, mais parallèle, jusqu’à ce que les problèmes de Phénix soient réglés et qu’ils puissent réintégrer ce système, a indiqué en conférence de presse jeudi la présidente du syndicat, Debi Daviau, à Ottawa. Cela fait presque un an que le fiasco Phénix a été imposé à nos membres. Les appels à la patience du gouvernement sont maintenant déraisonnables. »
 
L’arriéré remonte dans certains cas jusqu’au milieu de 2016, alors que 82 000 dossiers étaient problématiques ; plusieurs centaines de fonctionnaires n’ont même rien reçu pendant un certain temps — et parfois même pendant des mois.

vendredi, décembre 23, 2016

TRANSFERTS FÉDÉRAUX EN SANTÉ Où s’arrêtera l'écroulement du front commun des provinces?

http://www.ledevoir.com/politique/canada/

Après le Nouveau-Brunswick, la Nouvelle-Écosse pourrait être la prochaine province à se désolidariser des autres pour signer une entente avec Ottawa

23 décembre 2016 | Hélène Buzzetti à Ottawa
Le premier ministre du Nouveau-Brunswick, Brian Gallant (à gauche), est très proche du premier ministre du Canada, Justin Trudeau.
Photo: Andrew Vaughan La Presse canadienne
Le premier ministre du Nouveau-Brunswick, Brian Gallant (à gauche), est très proche du premier ministre du Canada, Justin Trudeau.

Le front commun provincial a officiellement volé en éclats jeudi sur la question des transferts fédéraux en santé : le Nouveau-Brunswick a annoncé qu’il s’était entendu avec Ottawa, tandis que la Nouvelle-Écosse confirme que des pourparlers avec le gouvernement fédéral sont en cours. La pression sera d’autant plus intense sur les autres provinces que l’équipe de Justin Trudeau confirme que celles qui refuseront de signer une entente ne recevront tout simplement pas leur part des fonds.

L’entente bilatérale conclue avec le Nouveau-Brunswick jeudi fait en sorte que la province touchera sa part des 11,5 milliards de dollars sur 10 ans offerts par Ottawa pour les soins à domicile et la santé mentale, soit 230 millions.

« Je comprends qu’il y a différentes provinces qui ont une approche différente lorsqu’il s’agit d’envisager le rôle du gouvernement fédéral dans le système de santé. Mais nous, nous accueillons cela favorablement, a expliqué en conférence de presse le premier ministre Brian Gallant. Nous pensons que le fait d’avoir le gouvernement fédéral, le soutien de toutes ses ressources pour nous aider à développer […] les bons résultats, les bonnes mesures d’imputabilité, déterminer comment en avoir le plus pour notre argent en investissant dans les soins à domicile et les soins pour les personnes âgées est une bonne chose. »

L’entente avec le Nouveau-Brunswick stipule de plus que le transfert fédéral général destiné à la santé augmentera annuellement de 3 %, ou plus si le taux de croissance du PIB est plus élevé. Ce taux était plutôt de 6 % depuis 2004, et les provinces demandaient son maintien.

Il s’agit donc d’un retour à la proposition initiale d’Ottawa puisque lundi, en cours de négociation avec les provinces, le gouvernement fédéral avait changé de cap et offert un taux de croissance annuel de 3,5 % fixe. Certains analystes, en se basant sur les prévisions de croissance de l’économie, avaient conclu que cette seconde offre s’avérerait peut-être moins généreuse à long terme.

Les négociations entre Ottawa et les 13 provinces et territoires s’étaient soldées par un échec lundi et Ottawa avait retiré son offre. Mais on savait qu’en coulisse, le Nouveau-Brunswick négociait une entente bilatérale. Des rumeurs veulent que jusqu’à six autres provinces et territoires fassent de même. La Nouvelle-Écosse a confirmé jeudi qu’elle était l’une d’elles.

« Nous continuerons de travailler fort pour obtenir une entente appropriée pour la Nouvelle-Écosse, indique la déclaration du premier ministre Stephen McNeil transmise par courriel au Devoir. Nous parlons avec le gouvernement fédéral et sommes encouragés par leur volonté d’avoir ces conversations. »

Le Devoir a contacté toutes les autres provinces et celles qui ont répondu refusent les négociations bilatérales, soit le Québec, l’Ontario, l’Alberta et le Manitoba.

En entrevue avec Le Devoir, le ministre de la Santé de Colombie-Britannique, Terry Lake, affirme que « ces rumeurs sont lancées par Ottawa ». « C’est une tactique du gouvernement fédéral pour donner l’impression qu’il peut diviser pour mieux régner. Ce n’est pas l’approche de collaboration promise par ce gouvernement et c’est très frustrant, pour dire franchement. […] Je ne vois aucune preuve [qu’il y a des négociations], alors ça m’amène à penser qu’Ottawa bluffe. »

Il se dit « déçu » de la décision du Nouveau-Brunswick de faire bande à part « parce que nous avions tous convenu à Ottawa de se tenir ». En outre, il estime qu’Ottawa ne peut pas refuser à certaines provinces des fonds versés à d’autres. « Ce serait dangereux pour le gouvernement fédéral de penser qu’il peut traiter les provinces et territoires différemment lorsqu’il finance les soins de santé nécessaires. »

En coulisse, en effet, une source fédérale confirme que les 11,5 milliards sur 10 ans promis aux provinces ne seront versés qu’à celles qui signeront une entente. « On ne peut pas transférer sans l’aval des provinces et on ne fera pas de chèque en blanc non plus, explique une source fédérale. Si on ne réussit pas à s’entendre avec les provinces, il n’y a pas de transfert. […] Ce que ça veut dire pour les gens du Nouveau-Brunswick, c’est que eux vont recevoir les services. »

Prise de bec avec Québec

Aucun ministre québécois n’a accordé d’entrevue jeudi pour commenter l’éclatement du front commun. Mais sur Twitter, le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, a écrit que « le Nouveau-Brunswick accepte une baisse de financement du fédéral, mais se met en même temps à la remorque des autres provinces et territoires pour obtenir une meilleure offre ». De fait, la province maritime a obtenu d’Ottawa l’assurance que si jamais une autre province obtenait dans ses négociations bilatérales une meilleure entente, il pourrait l’obtenir aussi.

NB accepte une baisse du financement du fed mais se met en même temps à la remorque des autres PT pour obtenir une meilleure offre. 

M. Barrette n’a pas répondu aux reproches que lui a adressés le premier ministre Gallant. En conférence de presse, ce dernier s’en est pris vertement à M. Barrette, qui avait la veille accordé des entrevues à des médias du Nouveau-Brunswick pour enjoindre au gouvernement provincial de ne pas céder.

« Je dois dire que j’ai été soufflé d’entendre le ministre de la Santé du Québec venir dire aux médias du Nouveau-Brunswick comment on doit gérer la santé et nos négociations avec le gouvernement fédéral, a déclaré M. Gallant. L’ironie me dépasse. Si une autre province était allée au Québec pour dire aux Québécois et au gouvernement du Québec comment ils devraient gérer leur système de santé et comment ils devraient négocier avec le gouvernement fédéral, on sait tous quelle serait la réaction du gouvernement du Québec. Alors j’ai été très surpris de voir cela. »

M. Gallant s’est par ailleurs fait demander s’il ne jouait pas le jeu de son ami, lui qui est très proche de Justin Trudeau ainsi que de son influent ministre Dominic LeBlanc. « Nous voyons cela comme une force, d’être sur la même longueur d’onde, et d’avoir les mêmes priorités que le gouvernement Trudeau. »

jeudi, novembre 03, 2016

Pour votre info: l'essentiel du jeudi

http://www.ledevoir.com/societe/medias/

3 novembre 2016 |Guillaume Bourgault-Côté
Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir
Le scandale de la semaine : surveillance, la suite
Et quoi pour aujourd’hui ? D’abord Patrick Lagacé espionné par le SPVM (une « attaque radicale » contre la liberté de presse, a dit Edward Snowden mercredi). Puis, trois autres journalistes dans le même dossier. Puis, six autres encore – cette fois par la Sûreté du Québec.

Ce qui était au départ « L’affaire Lagacé » est ainsi devenu l’affaire de toute une profession mercredi. Et le scandale ne cesse de prendre de l’ampleur, avec des dizaines de questions en suspens sur le rôle des uns et des autres dans ces opérations : les réactions continueront de surgir de partout aujourd’hui.


L’annonce du jour : affichage en français, la suite (bis)



Les Toys 'R' Us, Starbucks et autres Burger King du Québec suivront peut-être la conférence de presse que le gouvernement organise aujourd’hui pour annoncer de nouvelles modifications aux règlements touchant l’affichage des marques de commerce ? Le ministre responsable de la Promotion de la langue française, Luc Fortin, et le patron de l’Office québécois de la langue française expliqueront les changements.

C’est la deuxième fois en quelques mois que Québec bouge sur ce front. En mai, le gouvernement annonçait que les compagnies aux noms anglophones devront désormais assurer une « présence suffisante » du français sur leur façade. Stay tuned pour la suite.

C’est l’heure du Goncourt (et du Renaudot…)
On va se presser aux portes du restaurant Drouant à Paris aujourd’hui comme à chaque année : attribution du Goncourt, c’est la tradition. Empilés les uns sur les autres, les journalistes et photographes présents sauront en primeur le nom de l’élu littéraire de l’année– le prix étant probablement le plus prestigieux de la littérature francophone.

En fait, ils en auront deux pour le même effort, puisqu’on décerne également le Renaudot au Drouant. Une aubaine. Pour ce qui est du Goncourt, les quatre finalistes sont Catherine Cusset (L’autre qu’on adorait), Gaël Faye (Petit Pays), Régis Jauffret (Cannibales), Leïla Slimani (Chanson douce).


Dans le rétroviseur : un an de gouvernement Trudeau

Il triche un peu – le vrai anniversaire est le 4 novembre –, mais c’est aujourd’hui que Justin Trudeau célébrera le premier anniversaire de son entrée en fonction. On s’en rappelle ? Le soleil sur Rideau Hall, le cabinet paritaire, la parade à pied.

Pour marquer le coup, une conférence de presse, bien sûr… Mais aussi et surtout une séance de questions-réponses avec des élèves du secondaire, qui pourront interroger tant le premier ministre que certains ministres.

La conservatrice du jour : Lisa Raitt
Ce sera officiel ce matin : l’ancienne ministre des Transports Lisa Raitt se lance, elle aussi, dans la course à la succession de Stephen Harper. Dans une vidéo dévoilée mercredi, elle promet de se « battre pour tous les Canadiens, pas seulement quelques privilégiés ».

Dire si le siège de M. Harper est convoité ? Ils sont déjà une dizaine de candidats (dont les Québécois Maxime Bernier et Steven Blaney)… et il en reste quelques-uns en réflexion.

jeudi, mars 31, 2016

RETRAITE Promesse tenue a son prix

http://www.ledevoir.com/politique/canada/

31 mars 2016 |Jean-Robert Sansfaçon
Comme promis, le premier budget du gouvernement Trudeau présenté la semaine dernière est venu annuler la décision prise en 2012 par Stephen Harper de reporter de 65 à 67 ans l’âge pour percevoir la Sécurité de la vieillesse. Une bonne décision qui comporte un prix.

La prestation de Sécurité de la vieillesse (SV) constitue la base de la pyramide des revenus de retraite au Canada. Fixée à 6846 $ par année à l’heure actuelle, elle est indexée et versée à tous les Canadiens à partir de 65 ans.
 
Contrairement au régime des rentes (second étage de la pyramide) auquel seuls les travailleurs qui cotisent ont accès, la pension de SV est donc universelle. Mais quiconque gagne plus que 71 600 $ de revenus individuels dans une année doit en rembourser une partie l’année suivante, jusqu’à l’annuler complètement à 116 000 $.
 
Depuis 2013, il est possible de retarder le moment de recevoir la pension, auquel cas celle-ci est bonifiée de 7,2 % par année jusqu’à un maximum de 36 % atteint à 70 ans. Une option avantageuse pour qui travaille passé 65 ans.
 
À l’époque où il était ministre des Finances, le libéral Paul Martin avait voulu modifier le programme pour en réduire les coûts en modulant la pension en fonction des revenus du couple et non plus des individus. Cela aurait annulé son caractère universel, atteint à l’indépendance financière des femmes et transformé la SV en un gros programme d’aide sociale auquel seuls les plus pauvres auraient eu accès. Faute d’appui, il a fait marche arrière.
 
En 2012, Stephen Harper a voulu, à son tour, s’y attaquer en reportant de deux ans l’âge de la pension à partir de 2023. Encore là, l’objectif était de réduire les coûts dans un contexte où les gens vivent plus vieux et où on tente de les inciter à travailler plus longtemps.
 
Selon l’évaluation des conservateurs, la réforme allait faire économiser 10 milliards par année à l’horizon 2030.
 
Ce faisant, Ottawa aurait cependant fait grimper le taux de pauvreté de 6 % à 17 % chez les 65 et 66 ans, les privant non seulement de la SV, mais aussi du Supplément de revenu garanti (SRG) qui s’ajoute au montant de base chez les ménages les plus pauvres. Du coup, les provinces auraient vu leurs propres dépenses d’aide sociale exploser pour cette tranche d’âge.
 

Dans un rapport publié en 2012, le Directeur parlementaire du budget à Ottawa prévoyait que le gouvernement fédéral aurait la marge de manoeuvre nécessaire à long terme pour maintenir l’âge de la retraite à 65 ans. Cependant, son analyse tenait pour acquis qu’Ottawa maintiendrait une autre décision prise à l’époque, celle de limiter la hausse annuelle des transferts aux provinces en santé à la croissance du PIB au lieu des 6 % consentis par Paul Martin.
 
Cette nuance invite à croire que le gouvernement Trudeau ne sera pas pressé de rehausser le transfert en santé de façon importante et durable comme les provinces le demandent. Car s’il est vrai qu’il y aura de plus en plus de vieux, qu’ils vivront plus longtemps et que cela pèsera lourdement sur les coûts de la santé, ce sont ces mêmes facteurs qui imposeront un poids supplémentaire au plus gros programme fédéral qu’est la Sécurité de la vieillesse.
 
Selon les dernières données disponibles, les coûts de la SV qui sont entièrement couverts par les recettes fiscales passeront de 45,6 milliards à 60 milliards d’ici cinq ans, puis à 100 milliards en 2030, soit 3 % du PIB au lieu de 2,3 % aujourd’hui.
 
C’est beaucoup d’argent, et cela fait dire à certains que le gouvernement a agi de façon précipitée. Mais notre filet de sécurité sociale et celui des retraites sont construits en fonction d’un âge cible de 65 ans difficile à déplacer à moins de revoir la totalité du système. De toute façon, il existe aujourd’hui plusieurs moyens efficaces pour inciter les gens à repousser volontairement le moment de partir. En maintenant le statu quo, on évite que des milliers de personnes passent entre les mailles du filet.
 
Cela dit, le statu quo ne suffit pas. À partir d’aujourd’hui, il faut s’assurer que tous, les plus démunis mais aussi cette fameuse classe moyenne à laquelle M. Trudeau nous renvoie continuellement, disposeront de revenus de remplacement suffisants pour leurs vieux jours. Car si la SV est la base de la pyramide, le régime des rentes et les régimes d’entreprises en constituent les étages les plus importants. Or, c’est à ce niveau que le bât blesse et qu’il faut intervenir.

vendredi, février 19, 2016

Ottawa assumera de nouveau les soins de santé pour tous les réfugiés

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19 février 2016 | Marie Vastel - Correspondante parlementaire à Ottawa | Canada

Les ministres John McCallum (Immigration et Réfugiés) et Jane Philpott (Santé) ont confirmé jeudi le retour au programme en place avant 2012.
Photo: Adrian Wyld La Presse canadienne

Les ministres John McCallum (Immigration et Réfugiés) et Jane Philpott (Santé) ont confirmé jeudi le retour au programme en place avant 2012.

Les nouveaux réfugiés venus refaire leur vie au Canada verront à nouveau leurs soins de santé couverts par Ottawa. Le gouvernement libéral annule la réforme à géométrie variable mise en place par les conservateurs. Une « bonne nouvelle » saluée par les intervenants auprès de réfugiés, qui notent toutefois que le système d’antan était néanmoins imparfait.

À compter du 1er avril, les demandeurs d’asile auront accès aux mêmes soins de santé que les Canadiens qui ont recours à l’aide sociale — services hospitaliers et médicaux de base, médicaments sous ordonnance, soins dentaires d’urgence. « Cette réforme garantira que tous les réfugiés et demandeurs d’asile peuvent bénéficier de services en fonction uniquement de leurs besoins en matière de santé », a fait valoir jeudi le ministre de l’Immigration et des Réfugiés, John McCallum.

Il y a quatre ans, le précédent gouvernement conservateur a réparti en deux catégories les demandeurs d’asile du pays — n’offrant désormais aux réfugiés issus de « pays sûrs » des soins que si leur santé menaçait la santé publique et aux autres que des soins d’urgence. Une réforme jugée inconstitutionnelle par la Cour fédérale en 2014, car imposant un traitement « cruel et inusité ». Les conservateurs ont alors corrigé le tir, mais en partie seulement.

Les libéraux avaient promis d’annuler le tout en campagne électorale. Jeudi, le ministre McCallum a en outre annoncé que son gouvernement couvrirait dès 2017 un examen médical ou des vaccins en amont pour les réfugiés sélectionnés avant leur arrivée au Canada.

L’organisme Canadian Doctors for Refugee Care (CDRC) — qui a contesté les changements conservateurs en Cour fédérale — s’est réjoui de les voir annulés. Mais le Dr Meb Rashid attend de voir précisément quels soins seront remboursés par le plan de santé libéral.

Du côté du Conseil canadien pour les réfugiés, la directrice Janet Dench a noté que le système préréforme « était très compliqué et il y avait beaucoup de lacunes ». Les réfugiés dont la demande était jugée irrecevable n’avaient pas droit à la même couverture. Et ce, même s’ils ne pouvaient pas rentrer dans leur pays jugé trop dangereux. « C’est ça qui est inquiétant. On ne peut pas présumer que le système avant 2012 était idéal », a prévenu Mme Dench au Devoir.

Les groupes d’aide aux réfugiés ne savent dire combien de demandeurs d’asile se sont abstenus de se faire soigner, ou encore combien se sont butés aux portes closes de cliniques. Mais ce sont des centaines, sinon des milliers, selon l’avocat Lorne Waldman, qui a accompagné le CDRC en Cour fédérale. « Ces mesures ont causé des souffrances incommensurables à un grand nombre de personnes. »

Questions de sous

Le gouvernement prévoit qu’il en coûtera 5,9 millions par année pour rétablir la couverture de soins de santé. Les conservateurs avaient cependant plaidé en 2012 qu’ils épargneraient annuellement 20 millions. « De fausses économies », a rétorqué la ministre de la Santé, Jane Philpott, en accusant ses prédécesseurs d’avoir tiré ce chiffre d’un chapeau.

Québec avait en outre évalué qu’en dix mois, en 2012-2013, la province avait assumé 3,9 millions en frais médicaux. La province n’a pas su chiffrer la facture totale, jeudi. Le ministre Gaëtan Barrette se « réjouit » de l’annonce libérale. Quant à la facture écopée,« c’est un sujet qui fera partie des discussions que nous avons avec le fédéral », a indiqué le bureau du ministre par courriel. L’Ontario et le Manitoba avaient aussi menacé d’envoyer leur facture à Ottawa.

Bien que ce soit son propre gouvernement qui ait amené la réforme décriée, la chef conservatrice Rona Ambrose a affirmé jeudi qu’il était « important que des soins de santé de base soient offerts aux réfugiés quand ils arrivent au Canada ». Mme Ambrose a toutefois noté qu’Ottawa devra « maintenir les coûts à un niveau raisonnable ». Les néodémocrates, qui ont toujours dénoncé les changements conservateurs, ont bien accueilli l’annonce libérale qui a cependant un peu tardé selon eux.

jeudi, janvier 07, 2016

Un gramme de pot pour chaque député libéral

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Un activiste cherche à rappeler son engagement au gouvernement… qui rappelle à son tour à ses députés que le cannabis est toujours illégal

Dana Larsen, un militant bien connu en Colombie-Britannique a indiqué avoir envoyé un gramme de marijuana aux 184 députés libéraux du pays.
Photo: Jonathan Hayward La Presse canadienne
Dana Larsen, un militant bien connu en Colombie-Britannique a indiqué avoir envoyé un gramme de marijuana aux 184 députés libéraux du pays.

Yann Martel envoyait des livres à Stephen Harper par la poste ? Dana Larsen, un militant pro-marijuana, a pour sa part choisi de poster… du pot à tous les députés libéraux. Un coup fumant qui a forcé le gouvernement à prévenir ses députés que la substance n’est pas encore légale.

Dana Larsen, un militant bien connu en Colombie-Britannique — et ex-candidat du NPD aux élections fédérales en 2008 — a indiqué avoir envoyé un gramme de marijuana aux 184 députés libéraux du pays. Certains, comme Nate Erskine-Smith (Beaches-East York, près de Toronto), ont confirmé l’avoir reçu à leur bureau de circonscription. « Mais je ne l’ai pas (encore) fumé », a-t-il juré mardi sur Twitter.

L’initiative de M. Larsen a incité le Parlement et le gouvernement à émettre des directives aux destinataires. « Certains députés rapportent avoir reçu des colis contenant de la marijuana, écrit dans une note le sergent d’armes adjoint, Patrick McDonell, qui est agent de la sécurité institutionnelle. Si vous vous trouvez dans un bureau de circonscription et que vous recevez un tel colis, veuillez communiquer immédiatement avec l’organisme local d’application de la loi, afin de jeter ce colis de façon convenable. »

Le courrier qui arrive à la Chambre des communes est soumis à un contrôle de sécurité, mais pas celui qui est acheminé directement aux bureaux de circonscription.

Le bureau du whip du gouvernement a lui aussi envoyé aux députés un message leur indiquant de communiquer avec le poste de police local ou avec un constable des Services de protection du Parlement, « afin de discuter des procédures à suivre ». « Nous vous déconseillons de jeter ou de disposer du contenu du colis vous-mêmes, ou de le retourner à l’expéditeur », ajoute-t-on.

Ce n’est évidemment pas que la matière soit dangereuse, mais « elle demeure illégale », précisait mercredi le Bureau du premier ministre.

Légaliser

Une fois les considérations de sécurité énoncées, le message du whip (l’ancien général Andrew Leslie) rappelle toutefois que le gouvernement s’est « engagé à légaliser et régulariser l’accès à la marijuana [d’ici la fin du mandat], tout en restreignant son accès pour les enfants et en empêchant les criminels de tirer profit du marché clandestin ». « Le gouvernement reconnaît que, dans le passé, l’approche à l’égard de la marijuana n’a pas fonctionné », réitère-t-on.

Dans l’immédiat, Dana Larsen ne craint pas de représailles judiciaires. « Je ne pense pas qu’un député libéral ira appeler la police, a-t-il indiqué au journal The Province. Et on le fait, je ne pense pas que la police voudra m’arrêter pour un gramme de pot. »

Interrogé sur ce que le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) ferait dans le cas où un député appellerait à l’aide, le porte-parole, Laurent Gingras, mentionne qu’une équipe se déplacera pour « disposer du contenu, c’est-à-dire procéder à sa destruction après avoir rempli un rapport ».

Mais, au-delà de ça, le SPVM dit que ce serait aux policiers britanno-colombiens d’agir s’ils le désirent, puisque les lettres sont envoyées de là-bas.

Lecture

L’envoi de Dana Larsen comprend aussi un peu de lecture, soit une copie de son dernier livre, qui porte sur l’histoire de la marijuana au Canada. L’auteur compte plusieurs publications à son actif (dont un livre parodiant Harry Potter — Hairy Pothead and the Marijuana Stone) et possède une longue feuille de route d’activité politique. Il s’est notamment présenté aux élections fédérales en 2000 pour le Parti marijuana, avant de se tourner vers le Nouveau Parti démocratique.

En 2008, il avait dû retirer sa candidature en pleine campagne électorale après la diffusion d’une vidéo le montrant en train de consommer… du LSD. Il était aussi lié à une entreprise faisant le commerce des semences de coca (plante sud-américaine qui est utilisée dans le processus de fabrication de la cocaïne).

Mercredi, il a expliqué son dernier coup d’éclat en soutenant que « c’est un bon moment[pour que les libéraux] prennent conscience de la place importante que le cannabis occupe dans l’histoire canadienne », alors que le gouvernement est « sur le point de légaliser le cannabis ». L’échantillon de pot envoyé permettra aux députés de découvrir les « effets plaisants » de la plante, dit-il.

Ses envois ne lui ont coûté que le prix du cannabis : l’article 35 de la Loi sur la Société canadienne des postes permet d’envoyer gratuitement des lettres aux députés.

vendredi, décembre 18, 2015

La marijuana ne sera pas une vache à lait pour Ottawa, promet Trudeau

http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/politique/

Mise à jour le vendredi 18 décembre 2015 à 1 h 43 HNE  La Presse Canadienne
Un remaniement ministériel se prépare à Québec; et les fantômes de la Commission Charbonneau se promènent.
Le premier ministre du Canada rencontrera aujourd'hui le premier ministre du Québec

Même si la légalisation de la marijuana pourrait générer « certaines recettes fiscales », le gouvernement fédéral ne s'attend pas à faire de ce commerce une vache à lait pour l'État, a admis Justin Trudeau.
Les libéraux souhaitent légaliser la marijuana pour des motifs de santé et de sécurité publiques, pas pour faire de l'argent, a indiqué cette semaine le premier ministre dans son entrevue de fin d'année à La Presse Canadienne.
Tout revenu fiscal tiré de ce commerce devrait ensuite être consacré au traitement de la toxicomanie, au soutien en matière de santé mentale et aux programmes d'éducation, et non aux recettes générales de l'État, a soutenu M. Trudeau mercredi.
Les libéraux ont promis de légaliser la marijuana tout en restreignant l'accès à cette drogue. Ils soutiennent que la prohibition n'a pas empêché les jeunes gens de consommer de la marijuana et que trop de Canadiens condamnés pour possession simple se retrouvent ainsi avec un casier judiciaire.
Le gouvernement souhaite abroger les articles du Code criminel qui interdisent la consommation et la possession simple, mais punir par ailleurs plus sévèrement ceux qui vendent la drogue à des mineurs ou qui conduisent un véhicule avec les facultés affaiblies par la marijuana.
M. Trudeau a déjà promis de former un groupe de travail, composé de représentants des trois ordres de gouvernement, pour imaginer un système de distribution et de vente au détail de la marijuana, avec les conseils d'experts en santé publique, en toxicomanie et en répression du crime. Ce système prévoirait bien sûr des taxes d'accise fédérale et provinciale.
Le premier ministre a cependant prévenu que si ces taxes sont trop élevées, certains consommateurs se tourneront vers le marché noir, comme on l'a vu parfois avec la cigarette, et on retournera alors à la case départ pour ce qui a trait à la sécurité publique.
En visite à Vancouver, jeudi, M. Trudeau a souligné l'importance d'entendre tous les points de vue lors des consultations préliminaires, notamment ceux des municipalités, des provinces et du secteur de la marijuana médicinale. Il faudra aussi aller voir ce qui se fait ailleurs dans le monde, a-t-il dit.

lundi, décembre 14, 2015

Jusqu'à 50 000 Syriens au Canada d'ici décembre 2016

http://www.lapresse.ca/actualites/politique/politique-canadienne/

Publié le 14 décembre 2015 à 06h54 | Mis à jour à 06h54
Le ministre de l'Immigration, John McCallum... (PHOTO CHRIS WATTIE, REUTERS)
Le ministre de l'Immigration, John McCallumPHOTO CHRIS WATTIE, REUTERS

Les 25 000 réfugiés syriens qui arriveront au pays d'ici la fin du mois de février 2016 ne seront pas les derniers. Le ministre de l'Immigration, John McCallum, affirme que le Canada s'attend à recevoir jusqu'à 25 000 Syriens additionnels, en provenance des camps de réfugiés du Moyen-Orient, d'ici la fin de 2016.
Le ministre de l’Immigration, John McCallum... (PHOTO SEAN KILPATRICK, LA PRESSE CANADIENNE) - image 1.0
Le ministre de l’Immigration, John McCallum
PHOTO SEAN KILPATRICK, LA PRESSE CANADIENNE
Le ministre de l’Immigration, John McCallum, affirme que... (PHOTO FRED CHARTRAND, LA PRESSE CANADIENNE) - image 1.1
Le ministre de l’Immigration, John McCallum, affirme que le Canada s’attend à recevoir entre 35 000 et 50 000 Syriens en provenance des camps de réfugiés du Moyen-Orient d’ici la fin de 2016.
PHOTO FRED CHARTRAND, LA PRESSE CANADIENNE
« Entre le moment où nous sommes devenus le gouvernement et la fin de 2016, on aura entre 35 000 et 50 000 réfugiés syriens », a-t-il dit lors d'une entrevue avec La Presse ce week-end, alors qu'un premier avion, qui transportait 161 réfugiés syriens, s'est posé à l'aéroport Pierre-Elliot-Trudeau.
La plupart des réfugiés additionnels feront l'objet de parrainages privés, tout comme ceux qui sont arrivés à Montréal samedi. Le gouvernement fédéral s'est pour sa part engagé à prendre en charge 25 000 réfugiés.
Un ministère en surchauffe
Si le ministre McCallum avoue que le dossier des réfugiés syriens prend « presque tout son temps » et beaucoup d'énergie au sein de son ministère depuis qu'il en a pris les rênes, le 4 novembre, il ajoute que l'accueil des réfugiés syriens ne se fera pas au détriment d'autres réfugiés - qu'ils soient Afghans, Irakiens, Burundais ou Érythréens.
« Pour les réfugiés des pays autres que la Syrie, la période d'attente ne changera pas. C'est possible que ce soit trop long  - ça l'a toujours été - mais ça ne sera pas plus long à cause de la Syrie. Les ressources consacrées aux autres pays n'ont pas été détournées pour favoriser la Syrie », expose le ministre né à Montréal, mais élu député en Ontario.
«On va en prendre [autant] qu'on le faisait dans le passé. Il y a une augmentation pour les réfugiés syriens, mais les chiffres prévus pour les autres ne vont pas changer.»
John McCallum
affirmant ainsi que l'arrivée des Syriens ne réduira pas le nombre de réfugiés qui seront réinstallés au Canada à partir de camps de réfugiés ailleurs dans le monde.
Sous le gouvernement conservateur, quelque 10 000 personnes par année ont pu arriver au pays grâce au programme de réinstallation.
De plus, chaque année, des milliers de personnes demandent l'asile une fois qu'ils sont au Canada. Sous le gouvernement conservateur, le nombre de demandeurs d'asile était en chute libre et a atteint un creux historique en 2014. Tout juste 13 500 personnes ont demandé l'asile cette année-là.
Pour faire face à la demande accrue, Citoyenneté et Immigration Canada embauche ces jours-ci, dit M. McCallum. Une partie du budget de 700 millions mis de côté pour les réfugiés syriens permettra au ministre de grossir les rangs du ministère pour assurer l'accueil des Syriens. Certaines des nouvelles recrues travailleront dans les pays limitrophes de la Syrie où se trouvent les 4 millions de réfugiés syriens, dont la Jordanie et le Liban.
Tenir promesse
Une autre tranche de 50 millions est en train d'être débloquée par le gouvernement Trudeau pour embaucher des fonctionnaires qui auront comme mandat de réduire les délais d'attente pour les Canadiens qui veulent faire venir leurs époux et leurs enfants au Canada sous l'égide des politiques de regroupement familial.
La réduction de ces délais, qui s'étirent au-delà de 18 mois actuellement, était l'une des principales promesses du Parti libéral en matière d'immigration lors de la récente campagne.
« On est en train de mettre plus d'argent dans le système, surtout pour la réunification entre les époux et les enfants. Pour moi, c'était la première priorité, dit John McCallum. On ne changera pas les choses en une semaine, mais on veut mettre en place un système où les périodes d'attente vont diminuer. Elles ont augmenté très sensiblement au cours des 10 dernières années. »
«Notre priorité est de réduire cette période d'attente aussi rapidement que possible.»
John McCallum
à propos de la réunification entre les époux et les enfants
ll y a dix ans, de six à sept mois suffisaient pour que des familles soient réunies au Canada, note le ministre. Aujourd'hui, des couples peuvent attendre plus de deux ans pour pouvoir vivre ensemble au Canada. « On veut aller aussi rapidement que possible. Au moins, retourner à la période de temps que nous avions il y a dix ans et, si possible, j'aimerais avoir des périodes d'attente de trois mois », dit le ministre libéral.
Le gouvernement libéral n'a pas encore d'échéancier pour mettre en place cette réforme. « Ça va prendre un peu de temps, on ne peut pas le faire tout de suite, mais on va avoir des objectifs qu'on va publier avec des périodes de temps prévues. On ne l'a pas fait encore, mais on aura des cibles précises, et les Canadiens vont pouvoir nous juger sur les résultats », dit-il.
Faire tomber le visa mexicain
Autre dossier prioritaire pour le ministre : le Mexique. Lors de sa première rencontre avec le président mexicain Enrique Peña Nieto, le premier ministre Justin Trudeau a promis de lever le visa imposé aux ressortissants mexicains par Stephen Harper en 2009. « Ça va sûrement entrer en vigueur dans les mois qui viennent », estime le ministre McCallum. Craint-il l'arrivée d'avions remplis de demandeurs d'asile mexicains comme avant 2009 ? « Je ne nie pas qu'il y aura une augmentation de ces cas, mais on ne pense pas que ça sera un nombre très élevé. Le gouvernement conservateur a rendu ça plus difficile pour ces gens-là de trouver du travail », estime le ministre libéral. Notamment, les demandeurs d'asile qui arrivent du Mexique ne reçoivent pas de visa de travail avant six mois et leur cause est entendue par la Commission de l'immigration et du statut de réfugiés après un mois. « C'est rendu plus restrictif. C'est moins attrayant de venir au Canada pour les Mexicains », croit John McCallum.