Donald Trump défendra «l'Amérique d'abord» au Congrès

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Publié le 28 février 2017 à 07h00 | Mis à jour à 17h59
Donald Trump... (Photo Alex Brandon, archives Associated Press)
Donald Trump
PHOTO ALEX BRANDON, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS
JEROME CARTILLIERIVAN COURONNE
Agence France-Presse
Washington
Donald Trump défendra mardi soir sa politique de «l'Amérique d'abord» lors de son premier discours au Congrès, occasion solennelle de redonner une cohérence à son action après un premier mois chaotique au pouvoir.
Peu après 21 h, le 45e président des États-Unis entrera selon un cérémonial rodé dans l'hémicycle de la Chambre des représentants au Capitole, où siégeront également sénateurs, ministres et plusieurs juges de la Cour suprême.
L'objectif est de convaincre les Américains de la pertinence de ses orientations, notamment l'augmentation du budget militaire et la lutte contre l'immigration clandestine, alors que le pays reste politiquement divisé.
La cote de popularité du milliardaire républicain est historiquement basse, avec 44% d'opinions favorables en moyenne, contre 62% au même moment pour Barack Obama en 2009, selon Real Clear Politics.
Le nouveau locataire de la Maison-Blanche est également attendu sur la santé et l'économie. «L'Amérique d'abord», selon lui, passe par une relance de l'industrie, une renégociation des accords commerciaux, et une remise à niveau des infrastructures.
Le discours sert aussi de prélude à la bataille pour le budget 2018 qui s'ouvre dans un Congrès contrôlé par ses alliés républicains.
«Ce budget sera un budget de sécurité publique et de sécurité nationale», a annoncé lundi Donald Trump, qui veut parallèlement couper les crédits des autres ministères, notamment l'aide étrangère et l'environnement.
Le président américain compte sur une croissance économique plus forte pour financer la remilitarisation.
«Nous sommes probablement à un peu plus de 1%, si je peux faire passer ce chiffre à 3% voire plus, ce sera une toute autre histoire», a-t-il déclaré mardi sur Fox News.
Afin d'illustrer sa ligne dure contre l'immigration clandestine, le président a invité deux veuves de policiers californiens tués en 2014 par un clandestin. À l'inverse, des élus démocrates ont convié Hameed Darweesh, un Irakien qui avait été arrêté à l'aéroport JFK de New York lors de la mise en place du décret migratoire fin janvier, depuis suspendu par la justice.
Les démocrates présents
Les républicains, pour la première fois depuis 2006, contrôlent à la fois la Maison-Blanche et le Congrès, et leur feuille de route est remplie, avec des réformes de la santé et des impôts en 2017.
«C'est un moment qui n'arrive qu'une fois toutes les générations», s'est félicité Paul Ryan mardi. «Nous avons enfin l'occasion de régler tous les grands problèmes du pays».
Mais la majorité et le président ne voient pas tout du même oeil, particulièrement sur la santé.
Donald Trump et les républicains ont promis d'abroger la réforme emblématique de la présidence Obama, «Obamacare», qui a permis à plus de 20 millions d'Américains de souscrire à une couverture maladie. Mais par quoi la remplacer ?
Un projet de loi qui circulait la semaine dernière a été enterré, faute de consensus entre les conservateurs partisans d'un désengagement public et les pragmatiques qui hésitent à démanteler un système qui a, malgré ses défauts, aidé des millions de leurs électeurs.
Sur le budget, des républicains s'inquiètent de la réticence de Donald Trump à s'attaquer à la protection sociale, qui engloutit deux tiers des dépenses fédérales. D'autres comme le sénateur John McCain jugent la hausse prévue des dépenses militaires trop timide...
Et déjà, la requête de couper les crédits de la diplomatie et de l'aide internationale de plus d'un tiers a reçu une fin de non-recevoir de plusieurs responsables républicains.
«L'aide étrangère n'est pas de la charité», a déclaré le sénateur républicain Marco Rubio; elle «est cruciale pour notre sécurité nationale». «Ce serait un désastre», a dit son collègue Lindsey Graham.
L'affaire russe menace également de briser le bloc majoritaire. Des élus réclament des enquêtes plus vigoureuses que celles en cours sur d'éventuels contacts entre des proches de M. Trump et des responsables russes durant la campagne électorale.
L'opposition démocrate, dont beaucoup de membres avaient boycotté l'investiture de Donald Trump le 20 janvier, assistera cette fois au discours dans son immense majorité, mais au moins une élue, Maxine Waters, ne viendra pas. Un autre, Eliot Engel, a annoncé qu'il n'essaierait pas de serrer la main du président, pour la première fois en 29 ans.