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jeudi, mars 17, 2016

La commission libère les libéraux

http://www.journaldequebec.com/

MISE à JOUR 
Donc, il n’y aura pas de blâme.
La commission Charbonneau consacre des pages et des pages aux agissements problématiques de Marc Bibeau, Nathalie Normandeau et Jean Charest, mais aucun blâme ne sera porté.
Ben coudonc.
HEIN, DES PRÊTE-NOMS?
Prenons juste le cas de Nathalie Normandeau.
(Je sais que c’est ma compétitrice directe à la radio, mais je parle de sa carrière politique, ici, pas de son travail de coanimatrice...)
Lors de son passage devant la commission Charbonneau, l’ex-ministre des Affaires municipales a déclaré, sur le fameux système des prête-noms:
«Je savais qu’il se faisait du financement sectoriel au Parti libéral du Québec, mais ce que je ne savais pas comme ministre, c’est tous les stratagèmes qui ont été développés pour apporter une contribution à des partis politiques. Ça a été dévoilé par votre commission...
— Mais, de rappeler France Charbonneau, ce système de prête-noms avait déjà été mis au jour en 2006 par le rapport Moisan, non?
— Oui, oui, dans ce sens-là, on s’entend, de répondre Nathalie Normandeau. Mais quand je suis ministre, j’arrive en 2003, je ne sais pas qu’il y a des prête-noms...»
Attendez une minute, là.
Madame Normandeau a occupé différents postes de ministre de 2003 à 2011 et elle ne connaissait pas l’existence d’un système de prête-noms... alors que ce système avait été dévoilé dès 2006?
Ben coudonc.
NI VU NI CONNU
Extrait du rapport de la commission Charbonneau (page 582):
«Plusieurs témoins interrogés [...] ont déclaré qu’ils étaient conscients de commettre des gestes illégaux lorsqu’ils participaient à des activités de financement sectoriel reposant sur le recours à des prête-noms et le remboursement des contributions par les entreprises.
«Quatre témoins de la firme Roche ont livré des témoignages non équivoques à cet égard. L’ingénieur André Côté a affirmé que les partis politiques ne pouvaient ignorer que les contributions étaient remboursées, compte tenu de l’importance des montants en jeu: “C’est utopique de penser que les partis pensaient que c’étaient des individus qui payaient ça à même leur salaire...”»
Même Marc-Yvan Côté, qui était ministre libéral dans les années 80-90, a reconnu devant la commission qu’il savait que le recours à des prête-noms enfreignait la loi!
«Je savais que des prête-noms n’étaient pas permis.»
Mais l’ex-vice-première ministre, elle, ne le savait pas? Elle ne soupçonnait pas que son parti utilisait cette stratégie?
Alors que tout le milieu de la construction le savait?
Ben coudonc.
On est censé avaler cette couleuvre?
DES CAVES
Dans son témoignage devant la commission Charbonneau, Nathalie Normandeau a dit que les entrepreneurs qui participaient aux activités de financement du PLQ n’obtenaient aucune faveur de la part du parti.
«Il n’y a jamais eu de retour d’ascenseur», a-t-elle déclaré sous serment.
Or, voici ce qu’on peut lire dans le volumineux rapport de la commission Charbonneau (page 611):
«Il apparaît peu probable que ces professionnels de l’ingénierie et de la construction auraient versé des centaines de milliers de dollars en nourrissant l’illusion d’obtenir “certaines choses” qu’ils n’auraient jamais obtenues même après de nombreuses années de contributions...»
En d’autres mots: nous prenez-vous pour des caves, Madame Normandeau?

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mardi, janvier 19, 2016

Justin Trudeau et le «respect de la diversité»

http://www.journaldemontreal.com/

RICHARD MARTINEAU
MISE à JOUR 
Justin Trudeau  Hier, sur son blogue, Michel Hébert déplorait le fait que Justin Trudeau ait préféré prononcer un discours dans une mosquée d’Ontario, ce week-end, «plutôt qu’aller à Québec et à Laval, réconforter les familles de ceux qui sont morts, tués par des islamistes radicaux»...
Je suis tout à fait d’accord avec lui.
C’est bien beau, chanter Kumbaya, mais vient un moment où il faut adopter un ton, disons, plus ferme.
Moins Walt Disney.
La défense de nos valeurs passe aussi, parfois, par l’indignation et la colère.
VIVE L’ÉGALITÉ
La décision de Justin Trudeau est d’autant plus questionnable que la mosquée qu’il a choisi de visiter (la mosquée Masjid al-Salaam, qui avait été incendiée au lendemain des attentats de Paris) est connue pour avoir reçu à maintes reprises des imams hyper radicaux.
Voici ce que certains de ces imams (dont l’imam de la mosquée visitée dimanche par le premier ministre) ont déclaré au cours des dernières années...
— «À moins d’être malade, la femme ne doit jamais refuser de coucher avec son mari lorsque celui-ci le demande, même si elle est aux fourneaux lorsqu’il l’invite au lit. Sinon, les anges la maudiront jusqu’au lendemain matin.»
— «Les femmes doivent éviter de dévoiler leur beauté aux étrangers. Celle-ci est à l’usage exclusif de leur mari.»
— «Les femmes ne devraient jamais parler à des hommes autres que leur mari. Car ces conversations mènent presque toujours à des situations immorales.»
— «Lorsque leur mari est absent, les femmes ne devraient jamais sortir de chez elles ni utiliser le téléphone.»
— «Les femmes ne devraient pas travailler.»
— «L’enfer est peuplé majoritairement de femmes.»
SE MARIER À 12 ANS ?
Voici d’autres perles prononcées par des imams invités à la mosquée Masjid al-Salaam...
— «Un homme ne devrait jamais être accusé d’avoir violé sa femme.»
— «Les filles devraient se marier dès qu’elles sont pubères. Car la puberté signifie qu’elles peuvent avoir un enfant.»
— «L’homme a le droit de battre sa femme lorsque celle-ci lui désobéit. Premièrement, l’homme doit lui rappeler ses obligations. Si ça ne fonctionne pas, il doit cesser de coucher avec sa femme. Et si cela ne fonctionne pas, il doit alors la battre – pourvu qu’il ne la frappe pas au visage.»
— «L’homme ne bat pas sa femme pour lui infliger des douleurs, mais pour la ramener à ses sens et rétablir son autorité.»
— «Les époux infidèles devraient être fouettés.»
— «Les femmes ne devraient pas poursuivre de longues études, car leur intelligence est déficiente par nature. La preuve: le témoignage d’un homme vaut le témoignage de deux femmes.»
— «Les homosexuels devraient être exécutés.»
— «Les musulmans qui tournent le dos à leur religion méritent la mort.»
— «Les bons musulmans ne seront satisfaits que le jour où ils vivront dans un État totalement islamique.»
TRACER UNE LIGNE
Justin «Kumbaya» Trudeau ne cesse de dire que le respect de la diversité est la valeur fondamentale du Canada.
Jusqu’où pousse-t-on le respect des «autres», monsieur Trudeau?
Où trace-t-on la ligne?
D’ailleurs... En tracez-vous une?

samedi, décembre 12, 2015

Renaud Lachance existe-t-il?

http://www.journaldemontreal.com/

RICHARD MARTINEAU
MISE à JOUR 
(Avertissement aux parents: gardez cette chronique loin des enfants, elle contient quelques révélations qui pourraient gâter leurs vacances des fêtes...)
Cette semaine, mon fils de sept ans a eu le premier choc de sa jeune vie: il a appris que le père Noël n’existait pas.
PÉTER SA BALlOUNE
Il est arrivé en courant dans le salon, s’est arrêté devant ma femme et moi et nous a dit, les poings posés sur ses hanches: «Là, papa et maman, vous devez me dire la vérité! Certains de mes amis m’ont dit que le père Noël n’existait pas et que ce sont les parents qui achètent les cadeaux!
«Est-ce vrai? J’ai le droit de savoir!»
Ma femme m’a lancé un regard, signifiant: «Bon, le temps est venu. Vas-y, mon homme, fais ta job de père...»
J’ai pris mon courage à deux mains, me suis tourné vers fiston et lui ai asséné l’horrible vérité.
«Je l’savais!» a-t-il crié, avant de courir pleurer à chaudes larmes dans sa chambre...
LA FIN DE L’INNOCENCE
«Ne t’en fais pas, ai-je eu le goût de dire à mon fils. Ce qui s’en vient est pire. La déception que tu viens de connaître est la première d’une longue série.
«Jamais plus tu ne vivras une telle période d’innocence, de magie... À partir d’aujourd’hui, tu vas voir la réalité telle qu’elle est, sans fard. Fini, les dragons et les fées!
«Au cours des prochaines années, tu vas vivre des peines d’amour déchirantes, des amis que tu croyais fidèles vont te poignarder dans le dos et des politiciens pour qui tu auras voté vont te mentir en pleine face.
«Et attends, c’est rien, mon fils. Un jour, on mettra sur pied une vaste commission d’enquête sur la corruption et le financement des partis politiques, on nommera un homme au-dessus de tout soupçon pour la codiriger, et devine quoi?
«Cet homme que tu croyais l’incarnation même de l’intégrité donnera l’impression d’avoir fait tout ce qu’il pouvait faire pour protéger les gens qu’il était censé dénoncer!
«Ce jour-là, mon fils, tu vas tomber en bas de ta chaise! Et pour le reste de tes jours, tu ricaneras dès que quelqu’un parlera de créer une commission d’enquête...»
QUI EST DÉMAGOGUE ?
Je rigole, mais à peine.
Juste comme tu te dis que tu ne peux pas devenir plus cynique que tu l’es, paf! tu apprends que l’ex-vérificateur général du Québec a tenté d’atténuer les critiques de sa propre commission qui visaient le PLQ!
Pendant ce temps, le chef du gouvernement croit que c’est de la démagogie d’obliger Renaud Lachance et France Charbonneau à venir s’expliquer dans le cadre d’une commission parlementaire.
Ah oui? On investit 45 millions de dollars dans une commission, et on n’a pas le droit de savoir ce qui s’est tramé en coulisses?
C’est faire preuve de démagogie que d’exiger des réponses à des questions que TOUT LE MONDE se pose?
Moi, si j’étais Renaud Lachance, je demanderais tout de suite à me faire entendre.
Histoire de prouver aux gens qu’ils avaient raison de croire en moi.

mercredi, novembre 25, 2015

La commission libère les libéraux

http://www.journaldemontreal.com/

RICHARD MARTINEAU
MISE à JOUR 
Donc, il n’y aura pas de blâme.
La commission Charbonneau consacre des pages et des pages aux agissements problématiques de Marc Bibeau, Nathalie Normandeau et Jean Charest, mais aucun blâme ne sera porté.
Ben coudonc.
HEIN, DES PRÊTE-NOMS?
Prenons juste le cas de Nathalie Normandeau.
(Je sais que c’est ma compétitrice directe à la radio, mais je parle de sa carrière politique, ici, pas de son travail de coanimatrice...)
Lors de son passage devant la commission Charbonneau, l’ex-ministre des Affaires municipales a déclaré, sur le fameux système des prête-noms:
«Je savais qu’il se faisait du financement sectoriel au Parti libéral du Québec, mais ce que je ne savais pas comme ministre, c’est tous les stratagèmes qui ont été développés pour apporter une contribution à des partis politiques. Ça a été dévoilé par votre commission...
— Mais, de rappeler France Charbonneau, ce système de prête-noms avait déjà été mis au jour en 2006 par le rapport Moisan, non?
— Oui, oui, dans ce sens-là, on s’entend, de répondre Nathalie Normandeau. Mais quand je suis ministre, j’arrive en 2003, je ne sais pas qu’il y a des prête-noms...»
Attendez une minute, là.
Madame Normandeau a occupé différents postes de ministre de 2003 à 2011 et elle ne connaissait pas l’existence d’un système de prête-noms... alors que ce système avait été dévoilé dès 2006?
Ben coudonc.
NI VU NI CONNU
Extrait du rapport de la commission Charbonneau (page 582):
«Plusieurs témoins interrogés [...] ont déclaré qu’ils étaient conscients de commettre des gestes illégaux lorsqu’ils participaient à des activités de financement sectoriel reposant sur le recours à des prête-noms et le remboursement des contributions par les entreprises.
«Quatre témoins de la firme Roche ont livré des témoignages non équivoques à cet égard. L’ingénieur André Côté a affirmé que les partis politiques ne pouvaient ignorer que les contributions étaient remboursées, compte tenu de l’importance des montants en jeu: “C’est utopique de penser que les partis pensaient que c’étaient des individus qui payaient ça à même leur salaire...”»
Même Marc-Yvan Côté, qui était ministre libéral dans les années 80-90, a reconnu devant la commission qu’il savait que le recours à des prête-noms enfreignait la loi!
«Je savais que des prête-noms n’étaient pas permis.»
Mais l’ex-vice-première ministre, elle, ne le savait pas? Elle ne soupçonnait pas que son parti utilisait cette stratégie?
Alors que tout le milieu de la construction le savait?
Ben coudonc.
On est censé avaler cette couleuvre?
DES CAVES
Dans son témoignage devant la commission Charbonneau, Nathalie Normandeau a dit que les entrepreneurs qui participaient aux activités de financement du PLQ n’obtenaient aucune faveur de la part du parti.
«Il n’y a jamais eu de retour d’ascenseur», a-t-elle déclaré sous serment.
Or, voici ce qu’on peut lire dans le volumineux rapport de la commission Charbonneau (page 611):
«Il apparaît peu probable que ces professionnels de l’ingénierie et de la construction auraient versé des centaines de milliers de dollars en nourrissant l’illusion d’obtenir “certaines choses” qu’ils n’auraient jamais obtenues même après de nombreuses années de contributions...»
En d’autres mots: nous prenez-vous pour des caves, Madame Normandeau?

jeudi, octobre 29, 2015

Nègres rouges d’Amérique

http://www.journaldemontreal.com/

RICHARD MARTINEAU
MISE à JOUR 
Avez-vous consulté les données de Statistique Canada concernant la population autochtone à Val-d’Or pour l’année 2006?
Elles brossent un portrait assez alarmant, merci.
UNE COMMUNAUTÉ À LA DÉRIVE
Les enfants autochtones de Val-d’Or sont proportionnellement plus nombreux que les enfants non autochtones à vivre avec un seul parent (30 % contre 19 %).
Les jeunes autochtones sont moins susceptibles de fréquenter l’école que les jeunes non autochtones (56 % contre 66 %).
La majorité des Autochtones n’ont pas terminé leurs études secondaires (66 % des hommes et 48 % des femmes).
Le taux de chômage des Autochtones est plus élevé.
Le revenu total est plus faible.
Près de trois Autochtones sur 10 vivent sous le seuil de pauvreté.
Un Autochtone sur six habite dans un logement nécessitant des réparations majeures.
Plus de la moitié souffrent d’un problème de santé chronique.
Etc., etc.
TIRER LE DIABLE PAR LA QUEUE
Un rapport sur la santé des Premières Nations rendu public en 2012 nous apprenait que 40 % des Autochtones consommaient de la cocaïne et du cannabis contre 13 % dans la population québécoise en général.
Et que la consommation excessive d’alcool était deux fois plus répandue chez les Autochtones que chez les non-Autochtones (40 % contre 18,5 %).
Bref, ça va mal à la shop.
Ils sont pauvres, malades, mal logés, peu éduqués, et sont plus susceptibles d’être saouls comme une botte ou gelés comme une balle.
Sans oublier les cas de violence conjugale et de maltraitance d’enfants.
Pas étonnant que tant de femmes autochtones aient recours à la prostitution!
Plus tu tires le diable par la queue, plus tu es susceptible de «tirer le diable par la queue», si vous comprenez ce que je veux dire.
La misère attire la misère.
EN ROIS ET MAÎTRES
Et le pire est que plusieurs Conseils de bande, qui sont censés venir en aide à ces pauvres gens, leur tournent très souvent le dos.
Ils empochent des centaines de millions de dollars en subvention, mais ne font pas grand-chose pour les sortir de leur merde.
C’est comme si on avait pris des milliers de malheureux, et qu’on les avait littéralement «livrés» aux Conseils de bande en leur disant: «Tenez, c’est votre peuple, occupez-vous-en, nous on s’en lave les mains, c’est votre problème, pas le nôtre...»
N’est-il pas temps de revoir cette façon de faire?
Accepterait-on que des gangs organisés règnent en rois et maîtres sur certaines communautés? En toute impunité? Sans avoir à rendre de comptes?
On se donne bonne conscience en se disant: «Ils veulent qu’on les traite comme un peuple autonome? Eh bien, qu’ils règlent leurs problèmes eux-mêmes, ce n’est pas de nos affaires, nous n’avons pas à nous en mêler...»
Mais ce n’est pas «leur» problème, c’est «notre» problème.
AUCUNE LEÇON À DONNER
On juge la valeur d’un peuple à la façon dont il traite ses aînés, dit le proverbe.
On pourrait ajouter: «À la façon dont il traite sa population autochtone».
On dénonce souvent la façon dont les Américains traitent les Noirs.
Mais qu’en est-il des «nègres rouges d’Amérique»?

dimanche, septembre 06, 2015

Mais que fait la CAQ dans cette galère?

http://www.journaldemontreal.com/

Richard Martineau
Lorsque François Legault a annoncé que son parti effectuera un «retour aux sources», cette semaine, j’ai applaudi à deux mains.
Enfin, la CAQ parlera de nouveau d’éducation et repren­dra la défense de la classe moyenne!
On reste ou on part. Terminé, l’entre-deux. 
Mais ma joie fut de courte durée.
Le lendemain de cette sortie, le chef de la CAQ a annoncé que sa formation allait proposer une «nouvelle entente» au Canada qui sera soumise à la population par voie de... référendum!
LE RETOUR DE LA TROISIÈME VOIE
Oui, oui, vous avez bien entendu: François Legault a utilisé le mot qui commence par un «R».
Mais quelle mouche l’a piqué?
«Il y a une place à occuper par la CAQ entre les deux extrêmes, le statu quo de Philippe Couillard et l’indépendance de Pierre Karl Péladeau», a expliqué le chef caquiste.
Euh... non!
Vous croyez que les Cana­diens vont accepter de rouvrir la boîte de Pandore qu’est la Constitution pour faire plaisir aux Québécois et s’assurer qu’ils resteront dans la fédération?
Pourquoi le feraient-ils?
Vous avez vu les derniers sondages concernant le PQ et l’option souverainiste? Vous pensez que les résultats empêchent les Canadiens de dormir? Qu’ils tremblent dans leur culotte? Qu’ils craignent que le Québec ne lève les feutres?
Qu’ils sont prêts à nous donner tous les pouvoirs qu’on demande?
Qu’ils répondent encore à la menace du «couteau sur la gorge»?
LE GRELOT RÉFÉRENDAIRE
Pour les Canadiens, la question est claire: on reste et on ferme notre gueule, ou on fait nos valises et on s’en va.
Terminé, l’entre-deux.
Tu entres ou tu sors. Tu ne restes pas sur le seuil de la porte avec un pied en dedans et un pied au-dehors.
Quoiqu’en pense François Legault, le temps du «beau risque» et des discussions à saveur constitutionnelle est bel et bien fini.
Nous ne sommes plus en 1987. Meech ne veut plus rien dire. C’est le nom d’un lac situé dans le parc de la Gatineau, c’est tout.
La CAQ veut-elle vraiment atta­cher un grelot réfé­rendaire à sa cheville, histoire que ça fasse «gling gling gling» dès que son chef ouvre la bouche?
Ce n’est pas suffisant que le PQ nous promette un réfé­rendum, la CAQ veut en promettre un elle aussi? Elle ne veut pas demeurer en reste?
Ça lui tente d’entendre Philippe Couillard dire: «Un vote pour la CAQ, c’est un vote pour un référendum? Un vote pour des discussions constitutionnelles à n’en plus finir? Un vote pour la reprise d’un dialogue avec un interlocuteur qui ne veut rien savoir ni rien entendre?»
LE SEXE DES ANGES
Constitutionnellement, le choix est clair. On reste avec Couillard ou on part avec Péladeau.
La CAQ aurait pu dire: «Ce débat ne nous intéresse pas, on n’a pas de temps à perdre à discuter du sexe des anges, on a des dossiers plus importants à régler.»
Mais non. Elle a décidé de sauter dans le Jell-O, elle aussi.
Pas sûr que ce soit une bonne idée...

samedi, septembre 05, 2015

La main sur le cœur, le doigt sur la gâchette

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Richard Martineau
  Concernant la crise des migrants...
Justin Trudeau et Stephen HarperStephen Harper dit qu’il faut régler le problème à la source. Combattre l’État islamique, sans ouvrir toutes grandes les portes du pays (10 000 réfugiés syriens pour les quatre prochaines années, pas un de plus).
Alors que Justin Trudeau dit le contraire: il faut accepter 25 000 réfugiés syriens tout de suite, mais il est hors de question de combattre l’État islamique.
Et s’il fallait faire les deux?
Combattre les fous de l’État islamique ET accueillir davantage de réfugiés?
LE MILITAIRE ET L’HUMANITAIRE
Mettons qu’il y a un incendie dans une tour d’habitation située à côté de chez vous.
Le feu est pris au sixième étage, des flammes hautes comme ça sortent des fenêtres.
Harper dit: «On appelle les pompiers, mais pas question d’accueillir les voisins qui ont perdu leur logement.»
Trudeau, lui, dit: «On va demander aux voisins de s’installer chez nous, ils coucheront dans le sous-sol, dans le salon et dans le grenier, mais on n’appelle pas les pompiers. La tour brûlera, c’est tout.»
Suis-je le seul à penser que ni l’une ni l’autre de ces solutions n’a de sens?
Trudeau refuse de combattre la source du problème. Harper refuse de se montrer généreux d’ici à ce que le problème soit réglé.
L’un est aveugle. L’autre, sourd.
L’un mise tout sur l’humanitaire. L’autre, tout sur le militaire.
Alors qu’il faut faire les deux.
Ça ne prend pas un génie pour s’en rendre compte, non?
LE GRAND DÉPLACEMENT
Nous sommes actuellement dans l’émotion. Normal: la photo du petit noyé est insoutenable.
Cela dit, on ne fait pas de politique avec de bons sentiments.
Actuellement, on compte 52,9 millions de réfugiés dans le monde. Du jamais vu depuis 60 ans.
On fait quoi, avec ces gens?
Et attendez, ce n’est pas fini: si les adeptes de la théorie du dérangement climatique ont raison (car il s’agit d’une théorie...), bientôt, des millions de personnes devront se déplacer à la suite d’inondations, de tempêtes ou de séismes.
Des millions de personnes quitteront leur pays pour fuir la guerre. Et des millions de personnes quitteront leur pays pour fuir le climat.
Et étant donné qu’ici, on n’a ni guerre ni séisme, ça va cogner à nos portes du matin au soir.
On va ouvrir chaque fois que quelqu’un cogne, ou on va se cacher derrière le divan, les mains sur les oreilles et la musique au max pour ne rien entendre?
GÉNÉREUX ET COURAGEUX
Une chose est sûre: tant que le Proche-Orient sera à feu et à sang (à cause de l’extrémisme religieux des uns et de la politique extérieure des autres), des milliers de réfugiés voudront quitter leur pays pour aller vivre ailleurs.
Actuellement, un million de réfugiés se massent aux portes de l’Europe. Les pays de ce continent (déjà fragiles économiquement) ne peuvent absorber tout ce monde.
Il faut faire notre part.
Le Canada est un grand pays. Et l’un des plus riches sur la planète.
Ne pourrait-on pas allier la doctrine de Trudeau à celle de Harper?
Nous montrer généreux dans notre accueil et courageux dans notre combat?

mardi, août 25, 2015

Les lâcheux

http://www.journaldemontreal.com/

Richard Martineau
Ainsi, le départ de deux députés libéraux, Marguerite Blais et Gilles Ouimet, coûtera un million de dollars aux contribuables.
Un million de dollars (auxquels s’ajoutent les généreuses « allocations de transition ») qui n’iront pas en santé ou en éducation, mais qui serviront pour l’organisation d’élections partielles.
Pourquoi ?
Parce que madame et monsieur trouvaient ça plate d’être simples députés.
Ils voulaient relever des défis plus stimulants.
Ils se seraient vus ministres.
Malheureusement, Philippe Couillard ne leur a pas fait cette fleur.
Alors madame et monsieur sont partis en cours de mandat, et ont refilé la facture à l’État.
Bravo.
C’est ce qu’on appelle avoir l’esprit d’équipe.
PAS IMPORTANT, ÊTRE DÉPUTÉ ?
Je suis peut-être vieux jeu, mais il me semble que lorsqu’on se lance en politique, ce n’est pas pour servir sa carrière personnelle.
C’est pour servir l’État et le gouvernement.
Si le premier ministre décide que vous ne ferez pas partie du Conseil des ministres dans le présent mandat, c’est parce qu’il trouve que d’autres personnes feraient un meilleur job que vous.
Il a peut-être tort, il peut se tromper, mais c’est lui le patron. C’est lui qui décide.
C’est lui qui vous envoie sur la glace et qui vous dit quand et avec qui jouer...
Et puis, quand vous claquez la porte parce que vous n’avez pas été nommé ministre, ce que vous dites, en fait, est que le boulot de député n’est pas très important.
Que les députés sont des pions. Et que le job de pion ne vous intéresse pas, que vous êtes destinés à faire des choses plus importantes que « simplement » défendre les intérêts de vos électeurs...
C’est l’idée que vous vous faites de notre système électoral ? Il y a le premier ministre, les ministres et « les suiveux » qui réchauffent le banc et lèvent docilement la main quand on leur dit de lever la main ?
LES INTÉRÊTS DU QUÉBEC
Vous dites avoir choisi la politique car vous avez les intérêts du Québec à cœur.
Mais est-ce avoir les intérêts du Québec à cœur que d’entraîner des dépenses inutiles d’un million de dollars et plus ? En pleine période de « rigueur » ?
Quel message envoyez-vous ?
Croyez-vous que votre départ vaut un million de dollars ? Que c’est de l’argent public bien dépensé ?
Ça ne vous aurait pas tenté de prendre votre mal en patience et d’attendre les prochaines élections générales avant de partir ?
Un gouvernement, ce n’est pas une entreprise.
Ce n’est pas un chef d’entreprise qui vous a donné un job, ce sont les électeurs. Et ces électeurs, lorsqu’ils ont voté pour vous, s’attendaient à ce que vous accomplissiez votre tâche (quelle qu’elle soit) jusqu’à la fin de votre mandat.
C’était ça, le « deal ».
Si ça ne vous tentait pas d’être simple député, vous auriez dû le dire à vos électeurs AVANT d’être élu. Au moins, ça aurait été clair.
Mais non : vous vous présentez comme un joueur d’équipe, mais quand ça ne fait pas votre affaire, vous sacrez le camp.
Avec une généreuse « allocation de transition » en poche, bien sûr. Pour vous remercier d’avoir lâché votre boulot à mi-parcours.
Et d’avoir mis votre gouvernement dans l’embarras...