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mardi, août 23, 2016

Nigeria: le chef de Boko Haram blessé dans un raid aérien

http://www.lapresse.ca/international/dossiers/le-groupe-etat-islamique/

Publié le 23 août 2016 à 08h10 | Mis à jour à 08h10
Abubakar Shekau, dont le leadership à la tête... (AP)
AP
Abubakar Shekau, dont le leadership à la tête de Boko Haram a récemment été mis en cause, a été «gravement blessé à l'épaule» lors de ce raid mené vendredi sur la forêt de Sambisa, selon un communiqué du porte-parole de l'armée nigériane Sani Usman, sans autre détail.

Agence France-Presse
LAGOS
L'armée nigériane a annoncé mardi que le chef de Boko Haram Abubakar Shekau avait été sérieusement blessé et plusieurs commandants du groupe islamiste tués lors d'un raid aérien sur leur bastion du nord-est du Nigeria.
Cette annonce, qui coïncide avec une visite du secrétaire d'État américain John Kerry dans le nord du Nigeria mardi, a été reçue avec scepticisme par des experts qui rappellent que les autorités nigérianes ont déjà annoncé à plusieurs reprises la mort de l'insaisissable chef de Boko Haram.
Abubakar Shekau, dont le leadership à la tête de Boko Haram a récemment été mis en cause, a été «gravement blessé à l'épaule» lors de ce raid mené vendredi sur la forêt de Sambisa, selon un communiqué du porte-parole de l'armée nigériane Sani Usman, sans autre détail.
«J'ai dit blessé, s'il y a d'autres développements, je vous le ferai savoir», a ajouté l'officier après avoir été interrogé par l'AFP.
Trois commandants de Boko Haram - Abubakar Mubi, Malam Nuhu et Malam Hamman - ont été tués et plusieurs autres blessés, a ajouté Sani Usman.
«Il semble qu'il n'y a pas d'autre confirmation (de cette information) et nous devons nous rappeler que la mort de Shekau a déjà été annoncée à plusieurs reprises», a affirmé à l'AFP Omar Mahmood, de l'Institute for Security Studies (ISS), basé en Afrique du Sud.
«Toutefois, l'annonce intervient dans un contexte intéressant compte tenu des fractures au sein du mouvement et si Shekau était neutralisé cela porterait un coup fatal à sa faction», a-t-il ajouté.
Début août, le groupe État islamique, auquel Abubakar Shekau avait prêté allégeance en mars 2015, avait désigné un nouveau «wali» (chef) de Boko Haram, son ancien porte-parole Abou Mosab Al Barnaoui.
Une semaine plus tard, Abubakar Shekau réaffirmait son leadership dans une vidéo dans laquelle il assurait faire «une responsabilité personnelle» du combat «contre le Nigeria et le monde entier».
L'armée nigériane peut être tentée de justifier son recours à des raids aériens après que Boko Haram eut affirmé la semaine dernière que plusieurs des jeunes filles enlevées en 2014 à Chibok avaient été tuées dans des bombardements aériens, a jugé de son côté l'analyste de sécurité Ryan Cummings.
«C'est l'armée nigériane qui nous dit que les bombardements aériens sont une stratégie efficace», a estimé l'expert.
Boko Haram, dont la rébellion a déjà fait plus de 20.000 morts et 2,6 millions de déplacés depuis 2009, a subi des revers importants depuis un an, mais continue de mener régulièrement des attaques et des attentats dans les zones du nord-est du Nigeria bordant le lac Tchad.

mardi, avril 14, 2015

Un an après, le Nigeria sans nouvelles des lycéennes kidnapées par Boko Haram

http://tempsreel.nouvelobs.com/topnews/

Publié le 14-04-2015 à 10h05
Abuja (AFP) - Le président élu du Nigeria Muhammadu Buhari a assuré mardi qu'il ferait tout son possible pour retrouver les plus de 200 lycéennes enlevées il y a tout juste un an à Chibok par les islamistes de Boko Haram, sans pouvoir pour autant promettre leur libération.
"Nous ne savons pas si les filles de Chibok peuvent être secourues. Leur localisation reste inconnue. J'aimerais beaucoup pouvoir le faire, mais je ne peux pas promettre de les retrouver", a déclaré dans un communiqué M. Buhari, qui doit prendre ses fonctions fin mai.
"Mais je dis à tous les parents, les familles et les amis de ces enfants que mon gouvernement fera tout ce qui est en son pouvoir pour les ramener à la maison", a-t-il poursuivi.
Le président sortant Goodluck Jonathan -battu dans les élections du 28 mars- n'avait pas semblé considérer comme une priorité la recherche des jeunes filles kidnappées dans la petite ville de Chibok, dans le nord-est du Nigeria, le 14 avril 2014, jusqu'à ce la pression internationale le force à réagir.
Veillées à la bougie, prières et rassemblements étaient organisés pour l'anniversaire du kidnapping, le 14 avril 2014, de 276 lycéennes au total, dont 219 sont toujours portées disparues.
Une marche a eu lieu à Abuja, la capitale, mardi, où 219 petites filles et adolescentes vêtues de rouge ont été placées en tête de cortège, tenant chacune un panneau portant le nom d'une des disparues.
"En tant qu'ambassadrices des filles de Chibok, nous demandons augouvernement du Nigeria de nous donner une idée précise de ce qui est mis en oeuvre pour ramener nos soeurs", a déclaré l'une d'entre elles, Rebecca Ishaku, à l'AFP.
"Cette bataille va finir par être gagnée, un jour. Aucune injustice ne peut perdurer indéfiniment. Mais dans l'intérêt de ces filles, il faut que cela arrive au plus vite", a déclaré l'émissaire des Nations unies pour l'éducation, l'ancien Premier ministre britannique Gordon Brown, dans une interview au quotidien de Londres The Guardian.
Si ce rapt très médiatisé a suscité une émotion sans précédent à travers le monde, c'est loin d'être le seul crime de ce type commis par Boko Haram, rappelle Amnesty International. Selon l'ONG, au moins 2.000 femmes et fillettes ont été enlevées au Nigeria depuis le début de l'année dernière.
Les Nations unies et des organisations de défense des droits de l'homme ont aussi dénoncé, à cette occasion, le ciblage délibéré d'enfants, garçons et filles par les islamistes, dont l'insurrection et la répression armée ont fait au moins 15.000 morts depuis six ans.
- 'nous n'oublierons pas' -
Selon les responsables du mouvement #Bringbackourgirls (Ramenez-nous nos filles), l'Empire State Building, à New York, devrait être éclairé mardi d'une robe rouge et violette en solidarité et pour symboliser la lutte contre les violences faites aux femmes.
Cinquante-sept adolescentes ont réussi à s'enfuir dans les heures qui ont suivi le kidnapping. Mais aucun signe de vie des autres depuis la vidéo diffusée en mai 2014 par Boko Haram, qui montrait une centaine de lycéennes voilées, récitant des sourates du Coran.
M. Jonathan a répété plusieurs fois que les jeunes filles seraient libérées, sans donner aucune information précise. L'armée avait affirmé l'an dernier savoir où les adolescentes se trouvaient mais avait jugé trop risquée une opération militaire.
Le chef de Boko Haram, Abubakar Shekau, a déclaré ensuite avoir converti les adolescentes qui n'étaient pas musulmanes et les avoir toutes "mariées de force".
Dans un nouveau rapport publié mardi, Amnesty International cite un haut gradé de l'armée, selon lequel les otages sont gardées dans plusieurs camps de Boko Haram, au Nigeria mais aussi au Tchad et au Cameroun voisins.
Plusieurs personnalités ont apporté leur soutien au mouvement #BringBackOurGirls, dont la Première dame des Etats-Unis, Michelle Obama, et la jeune lauréate pakistanaise du prix Nobel de la paix, Malala Yousafzai.
"A mon avis, les dirigeants nigérians et la communauté internationale n'ont pas fait assez pour vous aider", a-t-elle déclaré dans une lettre ouverte auxadolescentes.
"Notre espoir de retrouver nos filles réside aujourd'hui en Buhari", a déclaré à l'AFP Enoch Mark, dont la fille et la nièce ont été enlevées. "Nous espérons revoir bientôt nos filles si elles sont vivantes ou au moins leurs corps si elles sont mortes".
Mais M. Buhari n'a pas voulu donner de faux espoir, reconnaissant qu'il fallait être "honnête" sur les chances de retrouver les jeunes captives.