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dimanche, février 28, 2016

Un suspect lié aux attentats de Paris arrêté dans le nord de l'Algérie

Publié le 28 février 2016 à 10h03 | Mis à jour à 10h03
Le djihadiste Abdelhamid Abaaoud a été tué lors d'une... (PHOTO TIRÉE DE L'INTERNET)
Le djihadiste Abdelhamid Abaaoud a été tué lors d'une descente de la police menée dans une banlieue parisienne cinq jours après les attentats du 13 novembre.
PHOTO TIRÉE DE L'INTERNET
Associated Press
PARIS
Les autorités algériennes ont arrêté un homme soupçonné d'avoir des liens avec le cerveau des attentats de Paris, Abdelhamid Abaaoud.
Selon APS, l'agence de presse officielle de l'Algérie, un tribunal de la province de Bejaia a annoncé que le suspect, un citoyen algérien vivant en Belgique, avait été placé en détention, mardi, dans la ville d'Akbou, dans le nord du pays.
L'identité de l'individu et les accusations pesant contre lui n'ont pas été divulguées.
D'après la déclaration du tribunal, l'homme serait lié aux attaques terroristes survenues dans la capitale française l'automne dernier.
Quatre des personnes impliquées dans les attentats du 13 novembre, qui ont fait 130 morts dans la Ville Lumière, résidaient en Belgique, incluant Abaaoud, qui a été tué lors d'une descente de la police menée dans une banlieue parisienne cinq jours plus tard.

CHEFFERIE CONSERVATRICE Maxime Bernier s’organise pour dire «oui»

27 février 2016 20h04 | Marie Vastel - Correspondante parlementaire à Ottawa | Canada
Maxime Bernier persiste à parler de sa candidature à la chefferie du Parti conservateur du Canada au conditionnel.
Photo: Jacques Nadeau Archives Le Devoir

Maxime Bernier persiste à parler de sa candidature à la chefferie du Parti conservateur du Canada au conditionnel.

Un site Web, une vidéo promotionnelle, une équipe de partisans vêtus de t-shirts à son effigie : Maxime Bernier s’est présenté au rassemblement conservateur du weekend tel un candidat menant sa campagne à la chefferie tambour battant. Mais le député beauceron ne confirme toujours pas qu’il se lancera dans la course, quoiqu’il ricane lui-même lorsqu’il parle de sa candidature au conditionnel.

L’image était frappante, samedi, à la conférence du Centre Manning qui rassemble chaque année des conservateurs de partout au pays. Trois potentiels candidats à la succession de Stephen Harper étaient invités à s’adresser à la foule. Maxime Bernier s’est présenté entouré d’une vingtaine de jeunes, arborant un t-shirt affichant son visage et un slogan : « J’appuie Maxime ». L’équipe distribuait des cartes publicisant un site Internet « Maxime2017.ca ». Le suspens était quasi inexistant.

Nonobstant, Maxime Bernier persiste à parler de sa candidature au conditionnel. Il attend les règles de la course, qui devraient être annoncées d’ici la fin du mois de mars. « Ce que je peux vous dire, c’est que je prends tous les moyens pour être capable de dire oui », a-t-il toutefois fini par admettre suite à son allocution.

Maxime Bernier a repris son plaidoyer pour le libre marché et la fin des subventions aux entreprises comme Bombardier et GM. Une philosophie qui n’exclut pas de revoir le système de gestion de l’offre, M. Bernier n’ayant pas fermé la porte. Il milite en outre pour revoir la formule de péréquation. « Ça ne fait pas de sens qu’une province qui a flirté avec l’indépendance politique depuis des décennies est financièrement plus dépendante que jamais du reste du pays ». Le principe « est noble », « sain », mais la formule « doit être révisée pour s’assurer qu’elle soit équitable pour toutes les régions du pays, et surtout qu’elle permette la prospérité dans toutes les régions du pays ».

Le Québec étant la seule province où le PC a augmenté son nombre de sièges en octobre dernier, Maxime Bernier estime que cela fait de lui un candidat potentiel idéal. « Je sais que je peux vendre des idées conservatrices aux Québécois et à tous les Canadiens. »

Clement s’en prend à CBC… et son parti

L’Ontarien Tony Clement a lui aussi repris les valeurs conservatrices traditionnelles : petit gouvernement, faibles impôts, sécurité. Mais le parti doit aussi parler environnement et lutte à la pauvreté. « Pourquoi est-ce que seuls les libéraux et le NPD se préoccupent de la pauvreté ? Nous on s’en préoccupe. »

Il en a aussi profité pour critiquer le financement de CBC-Radio-Canada, sujet chouchou des conservateurs. « Une politique désuète, qui doit être remplacée », a-t-il lancé, accueilli d’applaudissements nourris. M. Clement ne propose pas de nouvelle formule. Il s’interroge surtout sur l’argent versé à la télévision de Radio-Canada puisqu’à la radio, « c’est différent ». Le monde des médias a changé. « Tout cela ne peut pas changer pour toute autre organisation médiatique et pas changer pour la CBC. » M. Bernier n’a pas voulu s’aventurer.

Tony Clement a aussi décroché une flèche à l’ancienne garde conservatrice. « Il est temps d’écouter les membres du parti, dont plusieurs ont plus d’expérience électorale et de gros bon sens que ce dont a fait preuve le quartier général de la campagne », a-t-il répété en anglais comme en français, là aussi applaudi.

Sa collègue ontarienne Lisa Raitt n’a pas voulu adresser les mêmes reproches. Saluant à quelques reprises le leadership de Stephen Harper, elle a même sommé les conservateurs de« ne jamais parler en mal de tout autre conservateur ». Son message était simple : le parti doit être prêt à gagner l’élection dans quatre ans. « Personne ne devrait assumer que par simple vertu du nom Trudeau, vous allez avoir deux mandats consécutifs », a-t-elle expliqué, en notant que des militants semblent adopter cette idée défaitiste. « Pourquoi se donner cette permission d’échouer ? On peut gagner en 2019. »

L’unilinguisme d’O’Leary attaqué

MM Bernier et Clement sont bilingues, Mme Raitt dit y travailler. Maxime Bernier s’en est pris à la vedette anglophone Kevin O’Leary, qui songe aussi à se lancer. L’homme d’affaires et ex-dragon de la CBC disait vendredi ne pas avoir besoin d’apprendre le français, car les Québécois voudront parler économie peu importe dans quelle langue. M. Bernier l’a accusé d’être un « touriste au Québec » dans son discours, puis sur Twitter.

CONSEIL NATIONAL PKP se montre ouvert à un mode de scrutin proportionnel

L’adoption d’une résolution en ce sens faciliterait les efforts de «convergence» entre le PQ et QS

27 février 2016 17h09 | Marco Bélair-Cirino à Trois-Rivières | Québec
Pierre Karl Péladeau est persuadé que l’adoption d’une résolution en ce sens accroîtrait les chances de réussite d’une<em> «convergence réelle»</em> des indépendantistes.
Photo: Paul Chiasson Archives La Presse canadienne
Pierre Karl Péladeau est persuadé que l’adoption d’une résolution en ce sens accroîtrait les chances de réussite d’une«convergence réelle» des indépendantistes.
Le chef péquiste, Pierre Karl Péladeau, veut apaiser les tensions entre le Parti québécois et Québec solidaire. Pour y arriver, il a invité les quelque 400 militants péquistes, réunis ce week-end à Trois-Rivières, à réfléchir sérieusement à l’idée de réviser le mode de scrutin afin d’y introduire une composante de proportionnelle.
 
Il est persuadé que l’adoption d’une résolution en ce sens accroîtrait les chances de réussite d’une « convergence réelle » des indépendantistes éparpillés entre le Parti québécois, Québec solidaire et Option nationale. « Certains croient que [le mode de scrutin] devrait […] favoriser des élections à la proportionnelle. Eh bien, travaillons-y et examinons cela », a déclaré M. Péladeau lors d’une allocution devant les participants du conseil national samedi. Il faisait allusion à une proposition de l’exécutif de Rosemont et de Montréal-Centre demandant au PQ de se ranger résolument en faveur d’un « mode de scrutin incluant un aspect proportionnel ». Québec solidaire, Option nationale ainsi que la Coalition avenir Québec militent déjà en ce sens.
 
L’adoption d’une telle proposition facilitera certainement les efforts de « convergence » entre le PQ et QS. « Il faut continuer à poursuivre le dialogue avec ouverture et générosité. Les sujets menant à la convergence sont nombreux », a insisté M. Péladeau, réitérant sa « conviction que le projet qui unit les indépendantistes est plus grand que tout ce qui pourrait les diviser ».

À l’occasion d’un débat organisé par Le Devoir mercredi dernier, la porte-parole de Québec solidaire, Françoise David, en a d’ailleurs fait une condition sine qua non à toute discussion sur une éventuelle alliance électorale entre le PQ et QS.

Ce sera « très porteur pour la suite des choses », a fait valoir la responsable de la convergence du mouvement indépendantiste au PQ, Véronique Hivon, lors d’une mêlée de presse. « Pas plus tard que cette semaine, Françoise David disait que c’est vraiment pour eux un enjeu-clé. »

En plus d’être un « geste d’ouverture très significatif », une réforme du mode de scrutin visant à permettre une meilleure adéquation entre le pourcentage des voix exprimées à une élection générale et le pourcentage des sièges à l’Assemblée nationale pourrait établir « un lien de confiance plus étroit entre la population et son système politique », est d’avis la députée de Joliette. « Sur le fond, c’est une avancée importante, mais c’est aussi un geste d’ouverture très significatif », a-t-elle résumé.

« Non à Énergie Est »

Le chef péquiste n’a pas manqué de dénoncer l’« effet libéral » sur l’économie québécoise. « Ce sont les travailleurs et les familles du Québec qui en paient le prix ! » a-t-il lancé, rappelant la promesse électorale de l’équipe de Philippe Couillard de créer 250 000 emplois en cinq ans. « Or, les fermetures d’usine et les mises à pied ont fait près de 20 000 victimes depuis l’élection des libéraux », a-t-il déploré.

M. Péladeau a une nouvelle fois reproché au gouvernement libéral d’avoir abandonné les 1785 employés d’Aveos pour inciter Air Canada à faire l’acquisition d’un maximum de 75 appareils CS300 de Bombardier — un programme dans lequel il s’est engagé à injecter 1,3 milliard de dollars. « Il s’agit d’un marchandage honteux. […] Quelle sera la prochaine étape ? Échanger une aide du fédéral à Bombardier contre le passage de l’oléoduc Énergie Est ? » a-t-il demandé au parterre de militants péquistes.

Il a profité de l’occasion pour exprimer clairement son opposition au projet de pipeline Énergie Est de TransCanada, qui vise à acheminer quotidiennement 1,1 million de barils de pétrole issu des sables bitumineux de l’Alberta jusqu’à Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick. « Sommes-nous rendus au point d’accepter un oléoduc n’apportant aucune retombée et nous faisant assumer tous les risques environnementaux, simplement en retour de l’argent qui nous revient de plein droit ? Monsieur Couillard, c’est non ! Non à Énergie Est sans l’appui des Québécois et sans son assujettissement aux lois du Québec, et non au marchandage avec le fédéral ! » a-t-il ajouté.
 
Législation « inadaptée »

Pierre Karl Péladeau a aussi abordé de front la question des paradis fiscaux, qui l’avait mis sur la sellette en début d’année. Selon lui, la législation fiscale régissant les entreprises basées au Québec est « inadaptée à la nouvelle réalité internationale ».

« Un grand nombre de pays occidentaux se sont engagés dans la lutte contre l’évasion et l’optimisation fiscales. Hier encore, […] l’État français réclamait plus de 1,6 milliard d’euros à Google. Dans la fédération canadienne, nous sommes condamnés à regarder un spectacle dans lequel le Canada ne déploie aucun effort. Et malheureusement, ce n’est pas pour demain que les choses devraient devenir différentes. » Une fois indépendant, le Québec pourra s’imposer comme un « acteur majeur » dans la lutte contre l’évasion fiscale, voire une« référence mondiale », a-t-il poursuivi.
 
De « bonne humeur »

Pierre Karl Péladeau « rallie », « stimule », « fait avancer » le « redoutable » caucus péquiste, a souligné à gros traits le leader parlementaire du PQ, Bernard Drainville.

« On a un chef qui énerve de plus en plus les libéraux. Pierre Karl les fatigue. C’est tellement beau à voir. À chaque nouvelle question de notre chef, Philippe Couillard devient de plus en plus rouge. On voit sa pression monter. Il a de plus en plus de misère à contenir son arrogance et sa condescendance, et Dieu sait qu’elles lui viennent tout à fait naturellement », a-t-il lancé dans un discours enflammé.

Le député de Marie-Victorin a également salué le travail abattu par les élus péquistes contre l’austérité libérale. « Juste s’opposer à l’austérité, c’est une job à temps plein, surtout qu’elle appauvrit à peu près tout ce qui bouge au Québec, sauf peut-être les amis de Gaétan Barrette. […] On fait tellement suer les libéraux, c’est de toute beauté ! » s’est-il exclamé, cherchant à galvaniser la salle de l’hôtel Delta de Trois-Rivières.

À l’instar de son chef, M. Drainville a cloué au pilori l’équipe économique libérale qui, selon lui, a laissé des « fleurons » québécois flétrir. « Sous Lesage, le Parti libéral, c’était “ Soyons maîtres chez nous ”. Sous Philippe Couillard, c’est “ Soyez maîtres chez nous ”», a-t-il déclaré. « C’est bon », a dit une militante péquiste. « Ça va super bien. On est de bonne humeur », a conclu M. Drainville.
 
Les délégués du PQ doivent convenir ce week-end de la feuille de route jusqu’au congrès, qui est prévu en juin 2017. Les membres devront à ce moment-là adopter un nouveau programme politique. D’ici là, ils débattront à coup sûr des modifications à apporter à son « article 1 », qui prévoit à l’heure actuelle la tenue d’un référendum sur l’indépendance « au moment jugé approprié par le gouvernement ».

Pensée pour Pierre Moreau
Le député péquiste Bernard Drainville a pris soin de souhaiter un « prompt rétablissement » au ministre libéral Pierre Moreau. « Malgré que nous ne partagions pas du tout la même vision du Québec et de son avenir, je tiens à souhaiter […] un prompt rétablissement au député de Châteauguay, Pierre Moreau », a-t-il déclaré lors du conseil national.