Un nouveau chef au Bloc dès le 22 avril: trop tôt, selon Duceppe

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Publié le 04 février 2017 à 10h17 | Mis à jour à 13h59

ÉMILIE BERGERON
La Presse Canadienne
BOUCHERVILLE, QC
Le prochain chef du Bloc québécois sera choisi en date du 22 avril, ont décidé les délégués du parti réunis en conseil général du parti, samedi, à Boucherville, ouvrant la voie à un lancement hâtif de la course à la direction, trop tôt au goût de l'ex-leader de la formation, Gilles Duceppe.






La date déterminée par les délégués, samedi, avait été proposée par le Bureau national. Cet échéancier était notamment défendu par le président de Bloc, Mario Beaulieu.
La résolution a été adoptée à forte majorité, «à plus de 70%» des voix, a précisé le député de Bécancour-Nicolet-Saurel et président du caucus du parti, Louis Plamondon.
La décision ne fait pas l'unanimité, loin de là. Selon l'ancien chef Gilles Duceppe, une course hâtive permettra à la députée péquiste Martine Ouellet -que l'on dit fort tentée par le poste- d'être candidate tout en continuant de siéger à l'Assemblée nationale.
Si Mme Ouellet fait le saut sur la scène fédérale tout en demeurant députée provinciale, cela serait «une erreur», déplore M. Duceppe.
L'ancien chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, a... (Photo Ryan Remiorz, La Presse canadienne)
L'ancien chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe,
 a déploré le lancement hâtif de la course à la direction du parti
PHOTO RYAN REMIORZ, LA PRESSE CANADIENNE
Il craint que l'échéancier choisi favorise certains candidats plutôt que d'autres, faisant allusion à Mme Ouellet. «Elle aurait tout aussi bien pu y aller en 2018», a-t-il déclaré.
«En un an et demi, il faut avoir les moyens [de devenir candidat], a fait valoir Gilles Duceppe. Quelqu'un qui a un emploi ne peut pas devenir chef et maintenir l'emploi en même temps (...) Et de la même façon, je trouve que c'est incompatible d'avoir un emploi de député à Québec et d'être chef du Bloc dans un autre parlement. Et c'est ça qui se prépare, c'est bien évident.»
La députée péquiste de Vachon fera part de ses intentions quant à la course à la succession de M. Duceppe, dimanche. La candidate défaite à la direction du Parti québécois rallie déjà l'appui -bien qu'elle n'ait pas officialisé sa décision- de certains députés bloquistes comme Xavier Barsalou-Duval, à l'instar notamment des militants Denis Trudel, Catherine Bouchard-Tremblay, Sophie Stanké, Philippe Cloutier et Vincent François.
Une course en 2018 aurait permis «une plus grande convergence» des forces souverainistes, a souligné M. Duceppe, mentionnant la proposition lancée par le leader parlementaire du Bloc, Luc Thériault, de permettre à tous les membres d'un parti indépendantiste de se prononcer sur le couronnement d'un chef au Bloc.
Le président du Bloc, Mario Beaulieu, s'est de son côté réjoui du développement survenu samedi, écrivant sur sa page Facebook que «plus que jamais, le Québec a besoin d'un Bloc fort et uni pour mener ses combats jusqu'aux prochaines élections».
Le député de La Pointe-de-l'Île, M. Beaulieu, avait dit qu'un tel échéancier tient compte d'un calendrier politique chargé à l'automne, avec les élections municipales et le congrès du Parti québécois, notamment.
Place aux candidats
Martine Ouellet pourrait faire le saut dès dimanche pour briguer le poste laissé vacant par Gilles Duceppe. Elle a convoqué la presse à Montréal pour faire le point sur sa réflexion des dernières semaines.
Félix Pinel, qui était candidat dans Rivière-des-Mille-Îles lors des plus récentes élections fédérales, a par ailleurs annoncé cette semaine son intention de briguer la chefferie du parti.
Plusieurs ténors du Bloc, dont le député de Montcalm, Luc Thériault, estiment que le nouveau leader devrait plutôt être choisi en 2018. Dans une entrevue accordée à La Presse canadienne le mois dernier, celui qui est leader parlementaire pour le parti avait relevé que l'année 2017 est déjà chargée sur le plan des courses à la direction au fédéral, alors que conservateurs et néo-démocrates doivent élire leur chef dans les prochains mois.
«En quoi ça presse d'avoir un chef non élu à Ottawa? Je pense qu'on fait notre job présentement et on le fait bien, et le Bloc mérite de ne pas passer sous l'écran radar», avait-il souligné.
De son côté, le président du caucus, Louis Plamondon, voit d'un bon oeil l'éventuelle candidature de Martine Ouellet, même s'il dit regretter que le chef intérimaire, Rhéal Fortin, ne brigue pas l'investiture.
Le député de Bécancour-Nicolet-Saurel souligne que Mme Ouellet a une bonne notoriété, ayant l'expérience de deux courses à la chefferie au provincial. Il affirme également qu'elle possède une très grande connaissance des dossiers fédéraux, puisqu'elle a toujours assisté aux conseils généraux du Bloc.