L’ancien maire de Montréal Gérald Tremblay participait en toute connaissance de cause au système de corruption.
Selon des documents obtenus par Radio-Canada, l’Unité permanente anticorruption (UPAC) dit avoir des «motifs raisonnables» de croire que l’ancien maire de Montréal Gérald Tremblay connaissait l’existence du système de financement illégal de son parti, Union Montréal.
L’UPAC affirme également que la réélection de la formation politique du maire à Montréal était «nécessaire à la survie du système de collusion» mis en place.
Selon la société d’État, l’UPAC, qui a effectué la semaine dernière des perquisitions à la résidence et au chalet de l’ex-maire, cherchait des preuves que M. Tremblay était au courant du financement occulte de son parti politique.
La dénonciation en cour d’un enquêteur en vue d’obtenir un mandat de perquisition à la résidence de l’ex-maire dans l’arrondissement d’Outremont se base sur les déclarations de 11 témoins, rencontrés entre 2011 et le 21 juillet dernier. Notons toutefois qu’aucune des déclarations n’a été prouvée devant la cour.
Les agents de l’UPAC sont intervenus le 29 juillet dernier au domicile et au chalet de l’ex-maire qui a toujours répété qu’il n’était pas au courant. Mais les enquêteurs soutiennent qu’ils ont des preuves que M. Tremblay participait en toute connaissance de cause au système de corruption.
L’UPAC, selon Radio-Canada, était à la recherche de preuves de corruption, de complot, d’abus de confiance, de fraude et d’usage de faux documents. Le dossier de l’attribution du contrat des compteurs d’eau n’était donc pas le seul à justifier la demande de perquisitions.
Gérald Tremblay ne fait face à aucune accusation. De plus, une perquisition ne mène pas toujours à un procès criminel.
Les opérations ont été menées dans le cadre du projet FRONDE.
7 août 2015 16h17| Mélanie Marquis - La Presse canadienne à Ottawa|Canada
Photo: Graham Hugues La Presse canadienne
Débattre de clarté référendaire en l’absence de la seule formation indépendantiste constitue un manque flagrant de respect envers les Québécois, selon Gilles Duceppe.
Gilles Duceppe fulminait, vendredi, au lendemain d’un débat des chefs auquel il n’a pas été invité et au cours duquel la clarté référendaire fut au coeur des échanges.
«J’ai trouvé ça surréaliste», a laissé tomber le chef du Bloc québécois en entrevue avec La Presse canadienne.
Il peine à réconcilier le fait que les partis fédéralistes martèlent que l’enjeu de la souveraineté n’intéresse plus personne, mais que leurs chefs y aient consacré une importante portion d’un débat en anglais organisé par Maclean’s, jeudi soir.
«Ces gens-là, que j’appelle le Bloc canadien, n’arrêtent pas de dire que les Québécois ne sont plus intéressés par ça, ils m’excluent du débat et ils prennent une demi-heure pour parler comment les Québécois devront décider et quelles règles ils vont nous imposer», a poursuivi M. Duceppe.
Débattre de clarté référendaire en l’absence de la seule formation indépendantiste constitue un manque flagrant de respect envers les Québécois, a dénoncé le leader bloquiste à l’autre bout du fil depuis la Gaspésie avant de prendre le chemin en direction de Montréal.
L’enjeu a provoqué des flammèches sur le plateau alors que le chef du Parti libéral du Canada (PLC), Justin Trudeau, a accusé son rival néodémocrate Thomas Mulcair de diriger un parti qui menace l’unité nationale en raison de sa position sur la clarté référendaire.
Le Nouveau Parti démocratique (NPD) a adopté en 2005 la Déclaration de Sherbrooke, endossant ainsi notamment le principe voulant qu’Ottawa reconnaisse un référendum gagnant au Québec avec une majorité simple (50 % plus un vote) en faveur de la souveraineté.
Cette position va à l’encontre de la Loi sur la clarté référendaire adoptée en 2000 par le gouvernement de Jean Chrétien, en réaction à l’avis de la Cour suprême du Canada paru en 1998 et prônant l’exigence d’une «majorité claire», sans toutefois la définir.
M. Mulcair a répliqué avec une profession de foi fédéraliste, disant s’être «battu pour le Canada» depuis des décennies et accusant M. Trudeau d’être le seul, avec M. Duceppe, de tenir à rouvrir le débat sur la souveraineté.
Le chef du NPD est ensuite revenu à la charge en demandant à son opposant avec quel pourcentage Ottawa devrait reconnaître un référendum gagnant. En vain : le leader libéral s’est borné à répondre « neuf » en faisant référence au nombre de juges de la Cour suprême du Canada.
Cette prise de bec met la table en prévision du seul débat en français qui a été confirmé jusqu’à présent, pour lequel M. Duceppe a reçu un carton d’invitation.
Sans vouloir dévoiler quelle sera la stratégie qu’il compte déployer lors du face-à-face TVA, qui se tiendra dans près de deux mois, soit le 2 octobre, le chef du Bloc dit être impatient d’en découdre avec ses adversaires.
De passage à Peterborough, en Ontario, Thomas Mulcair a refusé de commenter la réaction de Gilles Duceppe, sauf pour plaider que cette situation illustre que les organisateurs des débats auraient tout avantage à inviter l’ensemble des partis représentés aux Communes.
«Je veux que les autres chefs soient présents. Elizabeth May [la leader du Parti vert du Canada] a enrichi le débat d’hier soir, selon moi», a-t-il illustré.
7 août 2015 13h12| Mélanie Marquis - La Presse canadienne à Ottawa|Canada
Photo: Graham Hugues La Presse canadienneC’est le retour de Gilles Duceppe à la tête du Bloc qui a incité Mme Stanké à reconsidérer sa décision de ne pas se présenter aux élections fédérales.
Après une valse-hésitation de plusieurs semaines, l’animatrice et comédienne Sophie Stanké a décidé de se porter candidate pour le Bloc québécois.
Elle se présentera dans la circonscription de Châteauguay — Lacolle, actuellement entre les mains du Nouveau Parti démocratique, a confirmé vendredi une source au sein du parti.
Sa candidature doit être entérinée par le bureau national du parti, ce qui devrait se produire incessamment, a précisé le Bloc québécois.
Ce sera la troisième fois que Mme Stanké tentera de se faire élire comme députée — la première sur la scène fédérale, cependant.
Elle a essuyé deux défaites au provincial sous la bannière du Parti québécois, en 2012 et 2014.
Troisième et dernière chance
Il y a quelques semaines, elle avait confié à La Presse canadienne qu’il s’agissait possiblement de son élection de la dernière chance.
«Je suis très consciente que si jamais je disais oui et que je perdais une troisième fois, ce serait foutu pour moi au niveau de la politique et que je ne pourrais plus en faire. Et ça, je ne le souhaite pas», avait-elle fait valoir le 7 juillet dernier.
«Je dois faire attention. Je dois voir si c’est un bon comté, si j’ai des chances d’y arriver», avait poursuivi Mme Stanké.
Sa tâche ne s’annonce pas facile dans la circonscription de la Montérégie où elle pourrait atterrir si sa candidature est confirmée.
Aux dernières élections fédérales de mai 2011, le député sortant, Sylvain Chicoine, l’avait emporté avec une majorité écrasante, récoltant 52 % des voix.
Son adversaire bloquiste était arrivé loin derrière, n’ayant obtenu que 26,7 % des suffrages.
C’est le retour de Gilles Duceppe à la tête du Bloc qui a incité Mme Stanké à reconsidérer sa décision de ne pas se présenter aux élections fédérales du 19 octobre.
Elle avait écarté l’idée sous l’ancien chef Mario Beaulieu, alors que la performance du parti dans les sondages était catastrophique.
Mme Stanké a signalé qu’elle n’accorderait aucune entrevue tant que sa candidature ne sera pas entérinée par le bureau national du Bloc.