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mardi, mai 24, 2016

L'ex-maire de Mascouche Richard Marcotte est mort

http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/politique/

PUBLIÉ LE LUNDI 23 MAI 2016 À 20 H 43
Richard Marcotte
Richard Marcotte, maire de Mascouche
L'ancien maire de Mascouche Richard Marcotte est mort des suites d'un cancer. Retour sur une carrière qui s'est terminée sous le feu des projecteurs.
Un texte de René Saint-LouisTwitterCourriel
Maire pendant 21 ans, M. Marcotte a démissionné en novembre 2012 après avoir été accusé de fraude, de complot et d'actes de corruption. 
Il avait pourtant connu des jours meilleurs. Commissaire industriel de sa région dans les années 80, il se fait remarquer par des entrepreneurs en construction, qui l'incitent à se présenter aux élections municipales, ce qu'il fait en 1991. Il sera par la suite réélu cinq fois.
L'ancien premier ministre du Québec Jean Charest voit même en lui un candidat libéral ministrable. En 2003, Richard Marcotte accepte de faire le saut en politique provinciale, mais perd ses élections.
Il voulait aller à Québec pour, disait-il, faire le chèque du train de banlieue dont il rêvait tant. Le train de l'Est a finalement été inauguré au départ de Mascouche en décembre 2014. M. Marcotte souffrait déjà alors d'importants problèmes de santé.
Sur la sellette
Le maire de Mascouche s'est retrouvé sur la sellette en novembre 2010, avec la diffusion d'un reportage accablant de l'émission Enquête, qui faisait état de favoritisme, de copinage et d'intimidation à Mascouche, dans Lanaudière, une ville où le maire faisait la pluie et le beau temps.
Pour voir le reportage sur un appareil mobile, cliquez ici

Ce fut le début d'une longue descente aux enfers pour Richard Marcotte. Parmi les sujets qui feront parler de lui et de la ville de Mascouche : un coûteux contrat dedéneigement des bornes incendie.
Mais le public se souviendra surtout du maire en raison des conseils municipaux houleux, où pendant deux ans des citoyens en colère ont demandé sa démission.
Expulsé de son propre parti, Ralliement Mascouche, Richard Marcotte finit par se retirer temporairement, pendant quelques semaines. Lors de son retour, les élus votent une motion - non contraignante - pour réclamer sa démission.
En avril 2012, dans le cadre de l'opération Gravier, 17 personnes, dont Richard Marcotte ainsi que les hommes d'affaires Antonio Tony Accurso et Normand Trudel, sont arrêtées.
Leur enquête préliminaire devait commencer le 15 septembre 2014 au palais de justice de Joliette. Tony Accurso a renoncé à son enquête préliminaire. Quant à Richard Marcotte, il a dû s'en absenter pour raisons de santé.
L'opération Gravier de l'Unité permanente anticorruption a fait suite à une enquête qui a duré près de deux ans, et qui a conclu qu'un système de malversation était en place à Mascouche depuis plusieurs années.

vendredi, décembre 18, 2015

Fraude: Carole Morinville plaide coupable

http://fr.canoe.ca/infos/societe/archives/

MONTRÉAL - Carole Morinville, cette ex-représentante en assurances collectives qui est accusée d'avoir fraudé une soixantaine de clients, dont l'actrice Karine Vanasse, pour un montant d'environ 3,5 millions $, a plaidé coupable jeudi au palais de justice de Montréal.
La cause avait été reportée à plusieurs reprises au cours des dernières années. En juin 2014, les avocats avaient convenu de faire en sorte d'écourter les délais de règlement des dossiers.
Plusieurs épargnants, dont des retraités, ont été victimes de la fraudeuse.
«Je crois que Carole Morinville utilise tous les moyens pour reporter son dossier, car j'imagine qu'elle a peur de faire de la prison, avait dit avec agacement la première épargnante à avoir dénoncé publiquement l'affaire, Marie-Noëlle Déry, en 2014. J'ai 72 ans, j'espère voir la fin de cette affaire avant ma propre fin. J'ai perdu beaucoup d'argent et il n'y a pas un soir où je ne m'endors pas sans y repenser.»
Les faits reprochés à Carole Morinville se seraient produits entre le 7 octobre 2005 et le 25 août 2010. Son entreprise avait été placée en faillite le 25 août 2010.
Son domicile situé à l'Île-des-Sœurs, à Montréal, avait été perquisitionné le 16 novembre de la même année dans le cadre d'une enquête menée conjointement avec l'Autorité des marchés financiers (AMF). Elle avait été arrêtée le jour même.

STRATAGÈME

Après avoir enquêté, l'Autorité des marchés financiers (AMF) avait accusé la représentante en assurances d'avoir floué une soixantaine d'épargnants. Dans cette affaire, Karine Vanasse aurait été fraudée pour plus de 100 000 $.
Selon l'AMF, Carole Morinville avait mis sur pied un stratagème qui lui aurait permis de récupérer frauduleusement près de 2 millions $. Elle avait été formellement accusée en cour en février 2011, faisant face à des accusations de fraude, fabrication de faux documents et d'entrave à la justice en ayant incité certaines personnes à rendre un faux témoignage ou une fausse déclaration.
La cause a été reportée près d'une dizaine de fois depuis février 2011, les avocats des deux parties ayant de la difficulté à s'entendre.
Fin 2011, Carole Monrinville avait été déclarée coupable d'appropriations de fonds par le comité de discipline de la Chambre de la sécurité financière.
L'Autorité des marchés financiers avait annoncé en mai 2011 qu'elle indemniserait les personnes ayant été fraudées pour un montant de 1,6 million $.

jeudi, novembre 19, 2015

Le procès Duffy reprend dans un nouveau climat politique à Ottawa

http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/societe/

Mise à jour le jeudi 19 novembre 2015 à 4 h 29 HNE
Le sénateur suspendu Mike Duffy au palais de justice d'Ottawa
Le sénateur suspendu Mike Duffy au palais de justice d'Ottawa  Photo :  PC/Sean Kilpatrick

Avec la défaite du gouvernement conservateur aux élections d'octobre, le sénateur déchu Mike Duffy risque d'attirer moins de regards à la reprise de son procès pour fraude, abus de confiance et corruption, aujourd'hui à Ottawa.
Un texte de Daniel ThibeaultTwitterCourriel
Mike Duffy est arrivé à la cour pour la première portion de son procès au début du printemps. Il revient au tribunal ce matin pour le quatrième bloc d'audiences alors que l'hiver est à nos portes.
Les saisons se sont effacées et l'intérêt aussi, peut-être. Depuis la défaite de Stephen Harper et de son gouvernement, l'affaire Duffy a moins d'écho dans le monde politique.
Que savaient le premier ministre et son entourage du fameux paiement de l'ex-chef de cabinet Nigel Wright à Mike Duffy pour que ce dernier rembourse les allocations de résidences reçues du Sénat? Cette question, qui a miné tout le début de la campagne électorale, ne semble plus susciter le même intérêt. Le procès du sénateur semble redevenu une affaire criminelle plus que politique.
Fin du dossier de la Couronne
À la fin des dernières audiences en août, la Couronne avait indiqué qu'elle n'avait plus que quelques témoins à faire entendre. Parmi ceux-ci, Gerald Donohue, un ami du sénateur qui a souvent reçu du Sénat des contrats possiblement frauduleux.
La police croit que ces contrats octroyés aux compagnies de Donohue ont permis à Mike Duffy de payer des dépenses qui auraient été jugées injustifiées ou inadmissibles par l'administration du Sénat.
La Couronne souhaite étayer certains des doutes soulevés par d'autres témoins sur la validité des dépenses faites par l'entremise des deux compagnies de Gerald Donohue. Son témoignage s'annonce complexe pour la cour. L'état de santé de Donohue fait en sorte qu'il ne peut pas se déplacer.
Il devrait donc témoigner par vidéoconférence de son domicile à Carp dans l'ouest de la capitale. Selon la Couronne, son médecin aurait également demandé à ce que son témoignage soit limité à de courtes périodes et entrecoupé de pauses.
La Couronne n'aurait que quelques témoins de plus à faire comparaître. Pour la plupart, il s'agirait de témoignage secondaire, pour ajouter à certains éléments de preuve déjà déposés.

La défense
L'avocat de Mike Duffy, Donald Bayne, a indiqué le 25 août dernier, juste avant la dernière pause, qu'il croyait pouvoir conclure sa défense avant la fin prévue du procès le 18 décembre.
Ce dernier n'a pas voulu indiquer combien de témoins il comptait appeler à la barre. Il n'a pas non plus indiqué qui était sur sa liste. Donald Bayne pourrait être tenté de faire comparaître certains sénateurs impliqués dans l'affaire, comme Marjorie Lebreton et David Tkachuk. Si certains estiment qu'il s'agit d'une possibilité, il est peu probable qu'il appelle l'ex-premier ministre Stephen Harper. Bayne a déjà dit qu'il fera témoigner son client, le sénateur Duffy.
L'affaire Duffy

Sénateur conservateur de l'Île-du-Prince-Édouard, Mike Duffy a quitté le caucus conservateur en mai 2013 en raison de la controverse entourant certaines dépenses controversées.

Le Parti conservateur du Canada (PCC) était prêt à lui donner de l'argent pour qu'il rembourse au Sénat ses dépenses injustifiées, mais a changé d'avis devant l'ampleur de la facture. Ce premier stratagème impliquait Nigel Wright, Marjory LeBreton, Irving Gerstein, Carolyn Stewart-Olsen et David Tkachuk, ainsi que des employés du Bureau du premier ministre.

Selon ce plan, Mike Duffy devait annoncer publiquement qu'il a réclamé « par erreur » certaines dépenses et qu'il s'engageait à les rembourser.

Il a reçu par la suite un chèque de 90 000 $ de Nigel Wright pour rembourser le Sénat. Le sénateur a aussi reçu 13 560 $ du PCC pour payer ses frais juridiques en lien avec cette affaire. Il a été suspendu sans salaire par ses collègues sénateurs.

Mike Duffy a plaidé non coupable à 31 chefs d'accusation. Il est notamment accusé de fraude, d'abus de confiance et de corruption d'un fonctionnaire. Son avocat tente de prouver qu'il a été piégé et n'a jamais accepté d'entente avec Nigel Wright.

mercredi, octobre 14, 2015

Le rapport de la commission Charbonneau pourrait favoriser le repentir des entreprises, croit François Rolland

http://www.ledevoir.com/politique/

14 octobre 2015 |Jeanne Corriveau | Québec
François Rolland se dit optimiste quant à la popularité du programme de remboursement volontaire.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir

François Rolland se dit optimiste quant à la popularité du programme de remboursement volontaire.
Le rapport de la commission Charbonneau, qui sera déposé à la fin de novembre, devrait inciter plusieurs entreprises frauduleuses à se mettre à table, croit l’ex-juge en chef de la Cour supérieure François Rolland, à qui Québec a confié la gestion du programme de remboursement volontaire pour récupérer l’argent de la corruption et de la collusion.
 
En entrevue au Devoir, M. Rolland dit ignorer combien d’argent les institutions publiques pourront récupérer grâce à ce programme. En décembre 2014, la ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, avait avancé le montant de « quelques millions de dollars » expliquant que, chaque année, environ 20 milliards en contrats publics étaient accordés, notamment par le gouvernement du Québec.
 
Le programme mis en place par le gouvernement permettra aux entreprises de se réhabiliter si elles acceptent de rembourser les montants perçus en trop pour des contrats gonflés par la corruption et la collusion, et ce, depuis 1996. Il pourra s’agir de contrats octroyés par l’État — un ministère par exemple —, un organisme public ou une municipalité.
 
M. Rolland, lui, ne s’aventure même pas à faire une estimation, mais il cite le modèle des Pays-Bas qui, avec un programme similaire, ont pu récupérer 275 millions d’euros en lien avec des contrats d’asphaltage sur une période beaucoup plus limitée, soit deux ans.
 
Rapport Charbonneau
 
Le programme de remboursement volontaire entrera en vigueur à compter du 1er novembre 2016 pour une période de deux ans, et M. Rolland se dit optimiste quant à sa popularité.« Tout le monde sait que le rapport de la commission Charbonneau va être publié quelque part avant la fin novembre. Il y aura des constatations dans ce rapport sur des gestes qui ont été posés. Pour les entreprises, ça va être un incitatif pour se prévaloir du programme de remboursement volontaire », explique-t-il.
 
Rappelons que le programme ne s’adresse pas uniquement aux entreprises en construction ou en génie-conseil, mais à toutes celles ayant décroché des contrats publics depuis 20 ans. En déposant une proposition de remboursement d’ici novembre 2016 pour les sommes perçues en trop et en concluant des ententes, ces entreprises pourront éviter les coûteuses poursuites au civil et « tourner la page », indique M. Rolland. Il précise toutefois que ces accords ne les mettront pas à l’abri d’éventuelles poursuites criminelles.
 
Le programme s’appuie sur la présomption que les contrats marqués par la fraude ont été gonflés de 20 %, c’est pourquoi ce taux a été fixé pour le remboursement, mais ce taux pourrait être revu à la hausse si une ville, par exemple, juge que la fraude est plus importante. Un montant correspondant à 10 % de la somme remboursée sera aussi imposé aux entreprises pour payer les frais de fonctionnement du programme géré par le bureau de M. Rolland.
 
La confidentialité
 
Les entreprises qui confesseront leurs fautes pourront bénéficier d’une certaine confidentialité puisque leur nom ne sera connu que lorsque le programme prendra fin en novembre 2017. De plus, le public ne pourra savoir quelle somme a versé chaque entreprise repentante, car seul un montant global des sommes récupérées sera rendu public. M. Rolland défend ce procédé en invoquant le huis clos entourant habituellement les procédures de la médiation.
 
Mais, affirme-t-il, certaines de ces entreprises pourraient vouloir que leur contribution soit connue. « Les sociétés publiques cotées à la Bourse ont tout intérêt à ce que le programme soit publicisé », croit-il.
 
Ce programme ne pourra probablement pas éliminer la fraude, mais François Rolland demeure confiant. « Ça devrait influencer positivement le comportement des entreprises et assainir l’air, dit-il. Mais la beauté de la chose, c’est qu’il y a l’UPAC et elle semble donner de bons résultats, ce qui fait en sorte que je suis optimiste. »

lundi, août 10, 2015

PROCÈS DUFFY Le grand retour de Nigel Wright pourrait hanter Harper

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10 août 2015 | Marie Vastel - Correspondante parlementaire à Ottawa | Canada
L’ex-chef de cabinet de Stephen Harper, Nigel Wright, n’a jamais raconté publiquement les événements qui se sont déroulés en 2013.
Photo: Adrian Wyld La Presse canadienne

L’ex-chef de cabinet de Stephen Harper, Nigel Wright, n’a jamais raconté publiquement les événements qui se sont déroulés en 2013.
Mike Duffy n’est pas le seul qui se retrouvera sur la sellette à la reprise de son procès mercredi. Puisqu’il a déjà déclenché la campagne électorale, Stephen Harper sera contraint de commenter le scandale de son ex-sénateur tous les jours. Et surtout cette semaine, car son ex-chef de cabinet Nigel Wright prendra la parole pour la première fois. Un témoignage qui s’échelonnera sur plusieurs jours.
 
Le procès hypermédiatisé du sénateur déchu Mike Duffy devait ne durer que huit semaines. Mais les audiences se sont étirées ce printemps. Résultat : elles reprendront pendant trois semaines à compter de mercredi et devront fort probablement être prolongées de nouveau à l’automne.
 
La reprise sera haute en couleur, avec le retour fort attendu de Nigel Wright. L’ancien proche de Stephen Harper a rapidement quitté Ottawa, après que le scandale l’entourant eut éclaté. Il sera de retour de Londres pour témoigner en personne au palais de justice d’Ottawa, a-t-on confirmé au Devoir la semaine dernière. Un passage à la barre qui attirera médias et curieux. Car Nigel Wright n’a jamais raconté publiquement ce qui s’était passé en 2013, soit sa décision de rembourser la dette de Mike Duffy à sa place, ses tractations avec des sénateurs influents pour que M. Duffy soit épargné d’un rapport sénatorial et l’étendue de ce qu’il a dit à son patron de l’époque, Stephen Harper.
 
C’est sur ces questions que risque de l’interroger l’avocat de Mike Duffy, Donald Bayne, qui plaide que son client a été forcé par M. Wright et l’entourage de M. Harper d’accepter les 90 000 $. La couronne argue plutôt que c’est le sénateur qui a sommé M. Wright de l’aider à rembourser la Chambre haute.
 
Un supplice quotidien pour Harper
 
Au fil des jours, le chef conservateur devra répondre aux questions quotidiennes des journalistes qui le suivent sur la route à bord de sa caravane électorale.
 
Outre les révélations de Nigel Wright, d’autres questions risquent de revenir le hanter. Car des documents déposés en cour par la GRC ont cité des courriels de son ancien chef de cabinet. En février 2013, lorsque c’est le Parti conservateur qui devait rembourser la dette de Mike Duffy, Nigel Wright avait écrit à des collègues du bureau du premier ministre qu’il voulait « parler au PM avant que tout soit considéré comme final ». Puis, il a rapporté que« tout est OK pour le PM ». Au mois de mai suivant, après qu’il fut révélé que Nigel Wright avait payé les 90 000 $, ce dernier a écrit que « le PM sait, en termes généraux seulement, que j’ai personnellement aidé Duffy quand je l’ai convaincu d’accepter de rembourser les dépenses ».
 
Des conversations qui n’ont jamais été expliquées par M. Wright, ses interlocuteurs, ou le chef conservateur.
 
Les interrogatoires des médias ne dureront pas qu’une semaine. Quand Nigel Wright aura quitté la barre des témoins, ce sera au tour de sénateurs conservateurs ayant participé à ces pourparlers de témoigner. Marjory LeBreton — qui était leader du gouvernement au Sénat à l’époque —, David Tkachuk et Carolyn Stewart-Olsen ont reçu une citation à comparaître. Irving Gerstein, qui gérait les fonds conservateurs lorsqu’il a été question d’y puiser pour permettre à Mike Duffy de rembourser le Sénat, pourrait lui aussi être appelé. Idem pour le libéral George Furey, qui siégeait avec les sénateurs Tkachuk et Stewart-Olsen au comité préparant un rapport sur le cas de M. Duffy.
 
D’anciens employés de M. Harper pourraient également être convoqués par la Couronne : Ray Novak (son actuel chef de cabinet), Benjamin Perrin (son conseiller juridique à l’époque), David van Hemmen (l’ancien adjoint administratif de M. Wright) et possiblement Chris Woodcock (qui était directeur de gestion des dossiers au bureau du premier ministre).
 
Le chef conservateur témoignera-t-il ?
 
Une fois cette liste épluchée, ce sera au tour de la Défense de convoquer sa liste d’une douzaine ou d’une quinzaine de témoins.
 
L’avocat de Mike Duffy n’avait pas exclu d’appeler Stephen Harper à la barre, au printemps dernier. Mais il semblait moins enclin à aller de l’avant en juin, lorsque s’est clos le premier bloc d’audiences du procès de son client.
 
Le chef conservateur aurait toutefois plus de mal à refuser, maintenant que la campagne électorale a été prolongée. Les élus peuvent invoquer le privilège parlementaire pour refuser de témoigner en cour. Ce privilège s’applique 35 jours après la dissolution du Parlement et 35 jours avant la reprise des travaux. La campagne de 79 jours s’étire donc au-delà de cette fenêtre. Et plusieurs observateurs estiment que le Parlement risque de ne pas reprendre ses travaux avant la fin de l’automne, voire le début de l’année prochaine s’il y avait un changement de gouvernement. C’est donc dire que Stephen Harper pourrait techniquement être sommé de comparaître.
 
Car les audiences qui reprennent cette semaine s’étireront jusqu’au 28 août et reprendront ensuite du 18 novembre au 18 décembre (si nécessaire), moment où le chef conservateur ne sera plus protégé par le privilège parlementaire.
 
Nombreuses accusations
 
Son ancienne recrue Mike Duffy fait face à 31 chefs d’accusation de fraude, d’abus de confiance et de corruption. C’est cette dernière catégorie que la Couronne n’a pas encore abordée, tout comme le fameux chèque de 90 172 $ de Nigel Wright.
 
Les procureurs reprochent au sénateur d’avoir indûment récolté des allocations de déplacement pour aller participer à des activités partisanes ou personnelles, et d’avoir puisé dans son budget discrétionnaire de sénateur pour offrir des contrats qui n’auraient pas été couverts par la Chambre haute. Mike Duffy est enfin accusé d’avoir touché des indemnités de logement pendant quatre ans, en plaidant habiter principalement l’Île-du-Prince-Édouard — qu’il représente au Sénat — plutôt que sa demeure d’Ottawa. C’est pour rembourser ces allocations que Nigel Wright lui a fourni 90 172 $. Au total, la Couronne lui reproche de s’être fait rembourser 154 000 $ de dépenses injustifiées.

mardi, avril 07, 2015

AFFAIRE DUFFY Les témoins clés d'un procès attendu

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7 avril 2015 | Marie Vastel - Correspondante parlementaire à Ottawa | Canada
Ancien chef de cabinet de Stephen Harper, Nigel Wright est celui qui a remis à Mike Duffy ce chèque aujourd’hui devenu célèbre. 
Photo: Adrian Wyld La Presse canadienne
Ancien chef de cabinet de Stephen Harper, Nigel Wright est celui qui a remis à Mike Duffy ce chèque aujourd’hui devenu célèbre. 
Nigel Wright
 
Chef de cabinet de Stephen Harper à l’époque, M. Wright a remis à Mike Duffy ce chèque aujourd’hui devenu célèbre. Il ne fait pas l’objet d’accusations de la GRC. M. Wright est probablement le mieux placé pour dire ce que savait, ou ne savait pas, Stephen Harper.
 
Marjory LeBreton
 
La sénatrice était la leader du gouvernement au Sénat au moment de cette affaire. Très proche de Stephen Harper (elle l’accompagne sur la route lors de campagnes électorales), Mme LeBreton a échangé des courriels avec le bureau du premier ministre sur l’enquête du sous-comité du Sénat qui devait épargner M. Duffy s’il remboursait. Elle a affirmé à la GRC n’avoir parlé à M. Wright qu’une seule fois, mais la police a retracé plus d’un courriel entre eux deux.
 
David Tkachuk
 
Président du sous-comité du Sénat, le sénateur Tkachuk était en contact avec Nigel Wright. Il a suggéré à M. Duffy d’écrire à Deloitte pour lui demander d’abandonner sa propre enquête sur son cas puisqu’il rembourserait ses dépenses. En entrevue avec la GRC, il a souvent évoqué des trous de mémoire.
 
Carolyn Stewart-Olsen
 
Elle aussi membre du sous-comité sénatorial, la sénatrice — ex-conseillère en communications de Stephen Harper, qui l’a nommée au Sénat — était fréquemment en contact avec Nigel Wright et d’autres membres du bureau du premier ministre. Sa version des faits, fournie à la GRC en entrevue, ne « correspond pas aux faits », selon les documents de la police.
 
Irving Gerstein
 
Le sénateur est aussi le président du Fonds conservateur, la petite caisse du parti. Il avait, au départ, accepté de payer, à même le Fonds, la dette de M. Duffy. Lorsqu’il a appris que la facture atteignait 90 000 $ — et non 32 000 $ comme il le croyait — il a changé d’avis. M. Gerstein a par ailleurs appelé un « contact » chez Deloitte afin que la firme cesse ses vérifications sur M. Duffy.
 
George Furey
 
Le sénateur libéral siégeait, avec ses collègues conservateurs Tkachuk et Stewart-Olsen, au sous-comité qui enquêtait sur Mike Duffy. Il pourrait être appelé à détailler ce qui se disait sur cette enquête lors des rencontres tenues à huis clos.
 
Ray Novak
 
Chef de cabinet adjoint de Stephen Harper à l’époque, il a depuis succédé à Nigel Wright. M. Novak a reçu une assignation à témoigner.
 
Ashley Caine
 
Ex-adjointe de Mike Duffy, elle est désormais à la correspondance au bureau du premier ministre. Mme Caine a également été sommée de témoigner.
 
David van Hemmen
 
Adjoint administratif de Nigel Wright à l’époque, il travaille désormais pour le ministre des Finances, Joe Oliver. M. Wright l’a avisé dès mars 2013 qu’il rembourserait lui-même la facture de M. Duffy.
 
Benjamin Perrin
 
Ex-conseiller juridique de Stephen Harper, il a participé aux négociations sur l’entente conclue avec Mike Duffy avec l’ancienne avocate du sénateur, Janice Payne, et l’avocat du Parti conservateur, Arthur Hamilton. Il a été sommé de témoigner.
 
Chris Woodcock
 
Ex-directeur de gestion des dossiers au BPM, il est joint aux courriels rassemblés dans la preuve de la GRC et pourrait être convoqué. Nigel Wright lui a notamment avoué en mars 2013 : « Pour toi seulement : je couvre personnellement les 90 000 $ de Duffy. »
 
Pas de Stephen Harper
 
L’avocat de Mike Duffy n’avait pas exclu de convoquer le premier ministre à la barre des témoins. Mais il serait étonnant que M. Harper témoigne. Il peut aisément invoquer le privilège parlementaire.
 
L’enquêteur Greg Horton
 
L’enquêteur principal de la GRC dans l’affaire Duffy sera appelé à expliquer la preuve qu’il a récoltée contre le sénateur. C’est lui qui a signé les documents de la GRC relatant des dizaines d’entrevues et des milliers de courriels.
 
Des journalistes
 
Un ancien animateur de la chaîne Sun News, Ezra Levant, a été sommé de comparaître au procès. Un journaliste de l’Ottawa Citizen, Glen McGregor, qui le premier a révélé que Mike Duffy n’habitait pas réellement principalement à l’Île-du-Prince-Édouard, devra lui aussi témoigner.