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samedi, mai 06, 2017

Présidentielle: les Français de Montréal font la file pour voter au deuxième tour

http://www.ledevoir.com/societe/

6 mai 2017 14h24 |Marie-Lise Rousseau | Actualités en société
Dès 8h ce matin, des gens faisaient la file aux portes du Collège Stanislas, dans le quartier Outremont, à Montréal.
Photo: Catherine Legault Agence France-Presse
Dès 8h ce matin, des gens faisaient la file aux portes du Collège Stanislas, dans le quartier Outremont, à Montréal.
Malgré les mesures apportées par le consulat afin d’améliorer les conditions de vote, les Français de Montréal ont de nouveau attendu jusqu’à trois heures samedi pour voter au deuxième tour de l’élection présidentielle.

Les électeurs devaient choisir qui d’entre Emmanuel Macron, du mouvement En marche !, et Marine Le Pen, du Front national, sera le prochain président de la République.

La file devant le Collège Stanislas, dans Outremont, était cette fois-ci aménagée en forme de serpentin sur la rue Dollard. Plusieurs centaines de personnes attendaient depuis 8 h, heure d’ouverture des 24 bureaux de vote.

Rappelons qu’au premier tour, de nombreux électeurs s’étaient plaints du temps d’attente trop élevé et du manque d’information sur place. Plus tôt cette semaine, le consulat avait annoncé des mesures pour réduire l’attente, notamment l’ajout de files prioritaires ainsi que l’accès à des toilettes chimiques sur le site.

Des électeurs rencontrés samedi avant-midi dans la cour du Collège, près de l’entrée des bureaux de vote, ont affirmé patienter depuis trois heures. Selon le consulat, il y avait environ deux heures trente d’attente pour les électeurs dans la file principale.
Photo: Marie-Lise Rousseau Le Devoir


Vers la moitié de la file d’attente, bon nombre d’entre eux patientaient café et parapluie à la main. « Ça fait une heure trente qu’on est là et il nous reste encore plus d’une heure d’attente. La file est mieux faite, ça avance plus vite, mais, question de temps, c’est pareil », ont affirmé Mickael et François, deux électeurs.

« Ils ont fait un colimaçon, mais on attend depuis deux heures, donc ça change rien », a déclaré une électrice, Diane Agnan. Selon Kevin Boucher, « c’est mal organisé. Il y a cinq ans, on n’attendait même pas une heure ».

Malgré le temps d’attente inchangé, le consulat semblait satisfait sur place. « Les gens sont contents, on a des files prioritaires, ça se passe parfaitement bien aujourd’hui », a déclaré un employé, Bernard Messager. Selon lui, le temps d’attente élevé est inévitable, puisqu’il y a « énormément de Français ici ». Près de 58 000 électeurs Français sont inscrits sur la liste électorale à Montréal.

Améliorations aux files prioritaires

Une attente similaire à celle du premier tour, donc, mais davantage de bénévoles étaient sur place pour diriger les personnes âgées, celles à mobilité réduite ainsi que les familles avec des enfants en bas âge et les femmes enceintes, pour lesquelles deux files prioritaires ont été aménagées.

Les électeurs de ce côté semblaient satisfaits des changements apportés. Tous ceux rencontrés pas Le Devoir ont dit avoir attendu moins de temps qu’au premier tour. « C’est assez rapide, les gens sont contents », a déclaré une bénévole du consulat. « On a attendu moins de 20 minutes, ça s’est passé beaucoup mieux qu’au premier tour », a rapporté Audrey, une mère de famille.

Toutefois, les familles avec des enfants en bas âges devaient laisser leur poussette dans une consigne, ce qui n’a pas été pratique pour plusieurs. « Avec mon fils c’est compliqué, parce qu’il bouge beaucoup », a déclaré Florence, qui a attendu 40 minutes pour voter, soit près d’une heure de moins qu’au premier tour.

Quelques jours après le premier tour, qui avait lieu le 22 avril, une pétition réclamant un deuxième lieu de vote pour le deuxième tour avait recueilli plus de 5000 signatures. Cette option a été écartée par le consulat, mais selon un employé consulaire, Bernard Messager, « on sera dans l’obligation d’avoir un deuxième lieu de vote » pour la prochaine élection, en 2022.

samedi, février 25, 2017

PRÉSIDENTIELLE FRANÇAISE Et si c’était Marine Le Pen ?

http://www.ledevoir.com/international/europe/

Improbable selon les sondages, l’élection de la candidate du Front national n’est plus un scénario de science-fiction

25 février 2017 | Christian Rioux - Correspondant à Paris
Depuis un an, Marine Le Pen est probablement la candidate à l’élection présidentielle qui a été la moins présente dans les médias.
Photo: Jean-Philippe Ksiazek Agence France-Presse
Depuis un an, Marine Le Pen est probablement la candidate à l’élection présidentielle qui a été la moins présente dans les médias.
La scène était bouleversante. Devant le candidat d’extrême gauche Jean-Luc Mélenchon, interrogé jeudi soir sur France 2, une femme dans la cinquantaine témoignait. Valérie Gloriant, restauratrice à Calais, expliquait comment, un beau jour, des centaines de migrants rêvant de passer en Grande-Bretagne ont élu domicile devant son restaurant. Un gigantesque bidonville s’est alors érigé de l’autre côté de la rue. Avec le temps, les clients ont évidemment déserté son bistrot. Après des mois de lutte pour sa survie, Valérie Gloriant a finalement dû fermer ses portes. Ce fut la faillite. Comme elle n’avait pas droit au chômage, elle habite aujourd’hui chez des amis. Bref, la voilà à la rue. Au bout de quelques instants, la phrase que des millions de téléspectateurs attendaient est finalement venue : « Je vais voter pour Marine Le Pen, dit-elle […] même si mon coeur n’est pas pour elle. »
 
Parions que, ce soir-là, sans rien faire, la candidate du Front national a engrangé des milliers de voix supplémentaires. Depuis un an, Marine Le Pen est probablement la candidate à l’élection présidentielle qui a été la moins présente dans les médias. Il y a quelque mois, elle s’imposait même une cure médiatique. Les sorties tonitruantes auxquelles le Front national nous avait habitués sont de moins en moins fréquentes. Et pourtant, la progression est constante, jusqu’à atteindre aujourd’hui dans certains sondages 28 % au premier tour de l’élection. Un récent sondage Elabe lui attribue même un score inégalé de 44 % contre François Fillon au second tour. C’est du jamais vu.
 
« Marine Le Pen commence sa campagne quasiment aux plus hauts scores jamais atteints par le FN », expliquait le politologue Jérôme Fourquet dans le magazine L’Express. Et les gains sont particulièrement importants dans les classes populaires désertées par la gauche. Le Front national recrute aujourd’hui 44 % du vote des ouvriers, 35 % de celui des employés et 29 % de celui des inactifs. Or, cet électorat n’a pas fait disparaître l’électorat traditionnel du sud, composé notamment de petits commerçants. Il y a cinq ans, les sondages montraient que les électeurs les moins susceptibles de voter Front national étaient ceux qui s’identifiaient comme catholiques. Ce n’est plus le cas aujourd’hui puisqu’ils se déclarent dorénavant favorables au FN dans les mêmes proportions que les Français en général.
 
Les « affaires » ne l’atteignent pas
 
Cette progression lente mais constante explique probablement pourquoi l’électorat de Marine Le Pen est aussi le moins volatil. Alors qu’à 60 jours du premier tour de scrutin, 50 % des Français se disent toujours indécis, 80 % des électeurs de Marine Le Pen jugent leur choix définitif. Seul François Fillon jouit d’une solidité comparable (71 %), alors qu’Emmanuel Macron attire un électorat parmi les plus instables (36 % de votes sûrs).
 
Lors du passage de la candidate à la grande Émission politique de France 2, le 9 février dernier, la chaîne a enregistré une audience record (3,5 millions de téléspectateurs). Mais surtout, tout au long de l’émission, la candidate a été jugée convaincante par 41 % des téléspectateurs.
 
Signe de la solidité de cet électorat, Marine Le Pen semble ne pas souffrir le moins du monde des « affaires ». Le Parlement européen la soupçonne pourtant d’avoir fait travailler ses assistants parlementaires pour le FN. Vendredi, la candidate a même refusé de répondre à une convocation de l’Office anticorruption de la police judiciaire à Nanterre. Ce qui n’est pas illégal compte tenu de l’immunité dont jouissent les parlementaires européens.
 
Alors que François Fillon a perdu plusieurs points dans les sondages à cause du « Penelopegate » et qu’il peine à relancer sa campagne, la cote de Marine Le Pen, elle, n’a pas bougé. Elle a même monté un peu. Selon Antonin André, chef du service politique d’Europe 1, si les « affaires » glissent sur Marine Le Pen, c’est parce que « les dossiers judiciaires qui éclatent en pleine campagne sont interprétés comme des tentatives du système de l’entraver, de l’empêcher ».
 
Selon lui, sa virginité politique demeure le grand atout de la présidente du FN. « Elle n’a jamais exercé le pouvoir. Cela lui vaut l’immunité, c’est ce qui la protège. Nicolas Sarkozy a déçu, François Hollande aussi, il faut essayer Marine Le Pen, voilà ce que se dit une partie de plus en plus importante de l’électorat. »
 
Plafond de verre ?
 
Pour tous les analystes, le scénario le plus probable de cette présidentielle est celui des élections régionales de 2015. Marine Le Pen était alors arrivée en tête dans la moitié des régions, mais au second tour, les électeurs de gauche s’étaient ralliés aux candidats de la droite comme Xavier Bertrand (Nord-Pas-de-Calais) et Christian Estrosi (Provence-Alpes-Côte d’Azur). On voit mal en effet comment le FN pourrait dans deux mois passer la barre des 50 % plus un. Même si le FN est devenu le premier parti de France, il n’a toujours pas d’alliés et il n’est pas près d’en avoir, soulignait l’historien et chroniqueur de l’hebdomadaire Marianne Jacques Julliard.
 
Mais, après le Brexit et l’élection de Donald Trump aux États-Unis, sommes-nous toujours dans ce même cas de figure ? Tant à cause de l’évolution du FN que de la conjoncture nouvelle, le poids de la rupture morale que représente un vote pour le Front national est aujourd’hui beaucoup moins lourd. Comme la rupture avec l’Union européenne et l’euro que propose Marine Le Pen paraît moins inquiétante après le vote des Britanniques. Un vote qui n’a d’ailleurs pas provoqué la catastrophe immédiate annoncée.
 
Voilà qui permet à Marine Le Pen de rejeter du revers de la main les prédictions de l’Institut Montaigne, un think tank de droite. Selon l’étude qu’il a publiée cette semaine, la sortie de l’euro que propose le FN pourrait, à long terme, coûter à la France neuf points de PIB, soit 200 milliards d’euros. Cette inquiétude économique explique les très mauvais résultats du FN chez les personnes âgées, qui craignent toujours pour leur épargne.
 
Plusieurs politologues, comme Jean Sébastien Ferjou, du site Atlantico, estiment cependant que « toute une partie de l’opinion française est en train de basculer dans un schéma mental révolutionnaire ». Selon lui, dans le cas où le candidat naturel de la droite, François Fillon, serait éliminé au premier tour, il serait « dangereux d’exclure une hypothèse de report des voix de droite vers un candidat beaucoup plus décomplexé que Fillon sur la question des réformes à pratiquer ».
 
Même si la victoire de Marine Le Pen n’est peut-être pas pour 2017, de plus en plus d’analystes imaginent une élection législative (en juin) où le FN pourrait enfin faire élire des députés, peut-être même grâce au concours d’une partie des Républicains déboussolés par une disqualification au second tour. François Hollande a passé quatre ans à se chamailler avec ses propres frondeurs de gauche. Il n’est pas exclu que le prochain président doive composer avec une assemblée encore plus difficile à discipliner.



vendredi, décembre 09, 2016

FRANCE Marine Le Pen veut interdire l’école aux enfants de sans-papiers

http://www.ledevoir.com/international/europe/

9 décembre 2016 | Europe 
Guillaume Daudin - Agence France-Presse à Paris
Charlotte Plantive - Agence France-Presse
La candidate de l’extrême droite française, Marine Le Pen
Photo: Jacque Nadeau Le Devoir
La candidate de l’extrême droite française, Marine Le Pen
La candidate de l’extrême droite française Marine Le Pen a déclaré jeudi qu’elle interdirait l’école aux enfants d’étrangers sans papiers si elle était élue présidente en 2017, s’attirant une volée de critiques.
 
« Je n’ai rien contre les étrangers, mais je leur dis : “Si vous venez dans notre pays, ne vous attendez pas à ce que vous soyez pris en charge, à être soignés, que vos enfants soient éduqués gratuitement, maintenant c’est terminé, c’est la fin de la récréation !” », a déclaré Marine Le Pen lors d’une rencontre avec la presse.
 
La patronne du Front national (FN), que tous les sondages annoncent au second tour de la présidentielle, a ensuite précisé à l’AFP vouloir aussi faire payer aux parents étrangers en situation régulière mais qui ne travaillent pas, une « contribution » aux frais de scolarité de leurs enfants.
 
« Plus de scolarisation des clandestins. Et contribution au système scolaire de la part des étrangers sauf s’ils cotisent en situation légale », a-t-elle dit, assurant que « demander une participation aux étrangers pour la scolarisation de leurs enfants […] se fait dans beaucoup de pays dans le monde ».
 
En France, conformément à la déclaration universelle des droits de l’Homme, l’école publique est gratuite et obligatoire pour tous les enfants, sans distinction sur la situation administrative des parents.
 
D’une façon générale, « nous envisageons un accès restreint à la gratuité de certains services publics et à certaines prestations sociales aux étrangers qui arrivent dans le pays et n’ont pas encore cotisé et payé d’impôt », a ajouté Marine Le Pen, qui « précisera » ses intentions ultérieurement.

« Provocation »
 
Sans attendre, sa déclaration a été qualifiée d’« énorme provocation » par le parti socialiste, de « barbare » par le candidat de la gauche radicale à la présidentielle Jean-Luc Mélenchon, et de « profondément choquante » par le parti Les Républicains.
 
La ministre de l’Éducation Najat Vallaud-Belkacem a condamné son « indifférence la plus totale à des situations humainement terribles affectant de jeunes enfants » et « sa méconnaissance de tous les principes républicains et de toutes les conventions internationales dont la France est signataire ».
 
« Il faudra un jour expliquer à Marine Le Pen que le déracinement lié à l’immigration n’est pas “une récréation” », a de son côté jugé la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (Licra), pour qui « Marine Le Pen plagie son père ».
 
Cette ancienne avocate de 48 ans a pris les rênes du Front national en 2011 au départ de son père Jean-Marie Le Pen, cofondateur et président du parti pendant une quarantaine d’années.
 
Tout en restant fidèle aux fondamentaux du FN (contre l’immigration, l’islam et l’Europe), elle s’attache depuis à éviter les dérapages racistes et antisémites qui avaient valu à son père de multiples condamnations.
 
Bloquer le Front national
 
Cette stratégie, ainsi que la montée des inquiétudes face aux attentats djihadistes et à la crise migratoire européenne, lui ont permis de progresser à chaque élection. Mais les sondages la donnent battue au second tour face au candidat de la droite François Fillon, comme son père l’avait été en 2002.
 
À l’époque, de nombreux électeurs de gauche avaient voté pour le président sortant de droite Jacques Chirac dans le seul but d’empêcher Jean-Marie Le Pen d’être élu. Ce « front républicain » a de nouveau privé le FN de deux régions lors d’élections locales fin 2015.
 
Pour éviter ce scénario en 2017, Marine Le Pen a fait toute sa pré-campagne sur le slogan de « la France apaisée », afin de rassurer les nombreux Français, qui lui restent hostiles.
 
Ses propos sur l’école semblent marquer une inflexion, ce qui préoccupe certains membres de son parti. « Si elle dit des bêtises comme ça, la campagne va rater » s’est inquiété un responsable du FN.
 
L’élection surprise de Donald Trump aux États-Unis aurait-elle délié sa parole ? Le milliardaire républicain avait, durant sa campagne, également promis d’abandonner un programme qui permet à des centaines de milliers de jeunes sans-papiers d’étudier. Dans une interview récente, le président élu a toutefois semblé prêt à revenir sur cette promesse.

mercredi, novembre 09, 2016

Des réactions dans le monde qui vont de la surprise à l'inquiétude

http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/International/

PUBLIÉ AUJOURD'HUI À 4 H 06 | Mis à jour il y a 41 minutes
François Hollande
Le président français François Hollande   PHOTO : POOL NEW / REUTERS
L'élection du républicain Donald Trump à la présidence américaine a suscité de multiples réactions allant de la surprise à l’inquiétude. Malgré la diversité des réactions, les dirigeants de la planète ont tous appelé à la collaboration avec le 45e président américain.
RADIO-CANADA AVEC LA PRESSE CANADIENNE ET REUTERS
L'un des dirigeants les plus touchés par l'élection de Donald Trump, le président mexicain Enrique Pena Nieto s'est dit prêt à travailler avec le futur président américain pour le bien des relations bilatérales entre les deux pays voisins. « Le Mexique et les États-Unis sont des amis, des partenaires et doivent continuer de travailler ensemble pour la compétitivité de l'Amérique du Nord », a-t-il déclaré sur Twitter en dépit des attaques de M. Trump contre les migrants mexicains.
En campagne électorale, Donald Trump avait promis de construire un mur entre les deux pays pour empêcher les migrants illégaux mexicains, qu'il a qualifié de violeurs et de criminels, de venir s'établir au pays de l'Oncle Sam. Il avait ajouté l'injure à l'insulte en promettant d'en refiler la facture au gouvernement mexicain.
Le président russe Vladimir Poutine a envoyé un télégramme de félicitations à Donald Trump, dans lequel il « exprime l'espoir d'un travail conjoint pour restaurer des relations russo-américaines en crise et pour résoudre des questions internationales pressantes et chercher des réponses efficaces aux défis touchant à la sécurité mondiale ».
Le président russe a également dit espérer que la collaboration avec les États-Unis en Syrie s’améliorerait avec l’élection de M. Trump.
L’Europe s’inquiète
En France, le président François Hollande - qui s'est entretenu avec la chancelière allemande Angela Merkel avant de prendre la parole - a dit que la victoire de M. Trump constituait la démonstration que la France devait se renforcer et que l’Europe devait rester unie. La relation France-États-Unis se poursuivra « sans concession et en toute indépendance », a déclaré M. Hollande.
Cette élection américaine ouvre une période d'incertitude.François Hollande
M. Hollande a également souligné l'importance pour son gouvernement d'établir de bonnes relations avec la Maison-Blanche. « Les États-Unis constituent un partenaire de tout premier plan pour la France et ce qui est en jeu c'est la paix, c'est la lutte contre le terrorisme, la situation au Moyen-Orient, les relations économiques et la préservation de la planète. »
Angela Merkel
La chancelière allemande Angela Merkel   PHOTO : AXEL SCHMIDT / REUTERS
La chancelière allemande Angela Merkel a félicité le républicain Donald Trump et a rappelé les valeurs communes qui unissent les deux pays, non sans se permettre d'y aller d'une mise en garde voilée.
« L'Allemagne et les États-Unis sont unis par des valeurs de démocratie, de liberté, de respect de l'État de droit, de la dignité humaine indépendamment des origines, de la couleur de la peau, de la religion, de l'orientation sexuelle ou des opinions politiques », a déclaré la chancelière allemande.
Sur la base de ces valeurs, je propose mon entière collaboration au futur président des États-Unis, Donald Trump.Angela Merkel
Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker et celui du Conseil européen, Donald Tusk, ont fait écho à M. Hollande en appelant l’Europe à se serrer les coudes devant l’Amérique de M. Trump. « Il est plus que jamais important aujourd'hui de renforcer les relations transatlantiques », ont-ils déclaré dans une lettre de félicitations.
« Ce n'est que grâce à une coopération étroite que l'Union européenne et les États-Unis pourront continuer à faire bouger les choses face aux défis sans précédent que constituent Daech [le groupe armé État islamique], les menaces à l'intégrité territoriale et la souveraineté de l'Ukraine, le changement climatique et les migrations. »
Marine Le Pen
Marine Le Pen   PHOTO : JACQUES BOISSINOT
La présidente du parti français Front national, Marine Le Pen, avait été la première à réagir dans le milieu politique français, félicitant sur Twitter le « nouveau président des États-Unis Donald Trump et le peuple américain, libre! » - alors que le vainqueur de l’élection n'avait toujours pas été confirmé.
La réaction la plus virulente est venue de l'ambassadeur de France aux États-Unis, Gérard Araud, qui a déclaré sur Twitter : « C'est la fin d'une époque, celle du néolibéralisme. Reste à savoir ce qui lui succédera. »
Après le Brexit et cette élection, tout est désormais possible. Un monde s'effondre devant nos yeux. Un vertige.L'ambassadeur de France aux États-Unis, Gérard Araud
La première ministre britannique, Theresa May, a également félicité M. Trump. « Je suis impatiente de travailler avec le président élu Donald Trump pour renforcer les relations et garantir la sécurité et la liberté de nos nations au cours des années à venir », a-t-elle déclaré dans un communiqué.
En Allemagne, la ministre de la Défense, Ursula von der Leyen, a quant à elle parlé d'une grande surprise et d'un vote « contre Washington, contre l'establishment ». Mme Von der Leyen a abordé la question de l’OTAN à la télévision publique allemande.
Estimant, à la lumière de ses déclarations en campagne électorale, que Donald Trump allait probablement questionner ses partenaires de l'OTAN sur leurs réalisations. Elle a toutefois prévenu que ses partenaires allaient également lui demander « sa position à l'égard » de l'OTAN.
Espoirs au Moyen-Orient
L’Iran a appelé le nouveau président américain à respecter ses engagements envers le pays. « Les États-Unis doivent respecter leurs engagements contenus dans le plan global d'action conjoint [accord de juillet 2015 sur le nucléaire] en tant qu'accord international multilatéral », a déclaré le ministre des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif, cité par l'agence Tasnim.
« J'espère que ce choix du peuple américain conduira à des mesures bénéfiques pour le monde entier en ce qui concerne les libertés et les droits fondamentaux, la démocratie et l'évolution de notre région », a pour sa part déclaré le président turc, Recep Tayyip Erdogan, au cours d’un discours à Istanbul. 
Son premier ministre a profité de l’occasion pour réclamer de nouveau l’extradition du prédicateur Fethullah Gülen. Ce dernier est accusé par la Turquie d’être à l’origine du coup d’État avorté du 15 juillet dernier.
En Égypte, le président Abdel Fattah Al-Sissi a dit espérer que l’élection de M. Trump allait contribuer à un réchauffement des relations avec les États-Unis.
« La République arabe égyptienne attend avec impatience la présidence de Donald Trump pour imprégner d'un nouvel esprit les relations américano-égyptiennes, avec davantage de coopération et de coordination dans l'intérêt des deux peuples », a-t-il déclaré par voie de communiqué.
La présidentielle américaine 2016 - notre section spéciale
Enthousiasme en Asie
En Chine, des médias d'État ont rappelé la préférence du gouvernement pour Donald Trump. L'universitaire Mei Xinyu a écrit dans le journal du Parti communiste Global Times qu'une victoire de M. Trump « serait plus facile pour la Chine », disant que la « ligne politique » prônée par M. Obama et Mme Clinton rendait les frictions militaires et politiques entre la Chine et les États-Unis « plus fréquentes ».
L'agence d'État Chine Nouvelle a avancé que la campagne électorale américaine avait mis en lumière qu'une « majorité des Américains se rebellaient contre la classe politique et les élites financières américaines ».
Le président philippin, Rodrigo Duterte (à droite), et son homologue chinois, Xi Jinping
Le président philippin, Rodrigo Duterte (à droite), et son homologue chinois, Xi Jinping   PHOTO : THOMAS PETER / REUTERS
Aux Philippines, le président Rodrigo Duterte a exprimé ses « chaleureuses félicitations » au président Trump dans un communiqué. Il « attend avec impatience de travailler avec la prochaine administration pour renforcer des relations bilatérales fondées sur le respect mutuel, l'intérêt mutuel et l'engagement partagé en faveur des idéaux démocratiques et de l'État de droit ».
Nombre d'Indonésiens, percevant Donald Trump comme intolérant et réactionnaire, se demandent comment autant d'Américains ont pu voter pour lui.
Les Indonésiens s'interrogent, sur des sites comme Twitter, Facebook et des forums de discussion, sur la politique d'immigration des États-Unis sous le régime Trump. Ils se demandent s'il suivra sa rhétorique de campagne, notamment une interdiction d'entrée pour les musulmans aux États-Unis, ou s'il assouplira ses positions une fois assis à la Maison-Blanche.
Le premier ministre japonais Shinzo Abe a affirmé à un membre de son entourage que « la course était plus serrée que prévu ». Tout comme les pays membres de l'OTAN, le Japon s'inquiète pour les engagements américains dans les traités internationaux. Le chef de cabinet de M. Abe, Yoshihide Suga, a réaffirmé l'engagement de son gouvernement envers l'alliance de sécurité entre les États-Unis et le Japon. Il a affirmé aux journalistes que l'alliance demeurerait la pierre angulaire de la diplomatie entre les deux pays.

lundi, mars 21, 2016

«N'en déplaise à monsieur Péladeau» - Marine Le Pen

http://www.985fm.ca/international/nouvelles/

Publié par 98,5 fm pour 98,5 fm le lundi 21 mars 2016 à 10h21. Modifié à 11h07.
«N'en déplaise à monsieur Péladeau» - Marine Le Pen
La présidente du Front national (en France), Marine Le Pen, est en visite au Québec./Photo: PC, Jacques Boissinot
(98,5 FM) - «C'est à peu près le parti [Parti québécois] avec lequel nous pourrions avoir des points de similitude, a affirmé la présidente du Front national, Marine Le Pen, lors d'une entrevue avec Paul Arcand, lundi. N'en déplaise à monsieur Péladeau, qui a l'air terrorisé lorsqu'on évoque cela. À partir du moment où je suis confrontée à un parti qui défend la souverainement et la francophonie, permettez-moi de vous dire que ce sont deux points communs qui sont extrêmement importants.»
On en parle en ondes :
Écouter
Mis en ligne le lundi 21 mars 2016 dans Puisqu'il faut se lever avec Mario Dumont, Commission Curzi-Dumont et Pierre Curzi
Écouter
Mis en ligne le lundi 21 mars 2016 dans Puisqu'il faut se lever avec Paul Arcand
Après avoir été chahutée dimanche à Québec, Marine Le Pen est de passage à Montréal pour quelques jours. Aux dires de la controversée politicienne française - qui a le vent dans les voiles en France, cela dit -, elle n’est pas venue au Québec pour discuter avec la classe politique, qu’elle juge frileuse et insouciante.
«Je ne vous cache pas que la grande majorité de la classe politique québécoise ressemble curieusement à celle en France. Je ne vois pas l’intérêt de venir ici pour parler aux mêmes. Je suis plutôt venue parler aux Québécois. J’ai du mal à trouver des politiciens assez courageux pour aborder des préoccupations que je porte au niveau mondial : le problème de la mondialisation sauvage, l’économie de libre-échange échevelée, l’immigration de masse ou encore la submersion migratoire qui est à l’œuvre non seulement dans l’Union européenne, mais ici aussi».
«Je pense [par ailleurs] aux problèmes des choix quant aux modèles de société comme le communautarisme et la laïcité, entre guillemets, à la française, a renchéri celle qui est également députée au Parlement européen. Ce sont des sujets qui ont l’air de faire peur à la classe politique québécoise. Tant pis.»
Des similitudes avec le PQ
Certes, Marine Le Pen a rencontré à Québec des jeunes qui se décrivent comme des militants du Parti québécois (PQ). Or, la grande majorité des politiciens ont boudé la politicienne, dont le chef Pierre Karl Péladeau, qui s’est dit choqué que sa formation politique soit d’une manière ou d’une autre associée au Front national, dont «l'histoire, la doctrine et les propositions sont aux antipodes des valeurs du Parti québécois». Pourtant, Marine Le Pen a soutenu qu’il y avait des similitudes entre les deux partis politiques.
«N’en déplaise à monsieur Péladeau, qui a l’air terrorisé lorsqu’on évoque cela. À partir du moment où je suis confrontée à un parti qui défend la souverainement et la francophonie, permettez-moi de vous dire que ce sont deux points communs qui sont extrêmement importants.»
Questionné quant au débat de la charte des valeurs québécoises qui a particulièrement enflammé le Québec, Marien Le Pen s’est dit tout à fait en accord avec le projet mis de l’avant par le gouvernement péquiste de Pauline Marois.
«J’étais d’accord et j’ai été frappée par la campagne d’hystérie qui a accompagné cette proposition, qui paraît être une proposition sage. Je pense qu’il y a deux modèles qui s’affrontent : celui du communautarisme anglo-saxon qui a lourdement échoué partout et il y a le modèle français de laïcité, qui consiste à dire que la religion ne définit pas un individu et qu’elle doit rester dans la sphère privée [...]»
Jean-Marie Le Pen
Un peu plus loin lors de l’entretien, la politicienne a tenu à se dissocier des idées de son père, souvent jugées extrêmes.
«Il était tombé dans une spirale de provocation systématique qui nuisait incontestablement au message que le Front national veut faire passer. Nous ne sommes pas racistes, nous ne sommes pas fascistes. Nous ne sommes pas xénophobes. Nous ne sommes pas repliés sur nous-mêmes […]»
Nous sommes des défenseurs de la souveraineté. Nous pensons que les peuples ont le droit d’être libres; de décider pour eux-mêmes; de ne pas être soumis à une sorte de puissance supérieure qui viendrait lui imposer des règles du jeu comme nous le vivons avec l’Union européenne en France et comme certains Québécois ont le sentiment de le vivre avec les pressions d’Ottawa. Mais nous sommes pour la coopération entre les nations.»
«Le français recule au Québec»
La francophie serait d'ailleurs pour Marien Le Pen un thème crucial de coopération entre le Québec et la France. Ce serait même l’une des raisons qui motive sa visite chez nous.
« Je suis venue parler de la francophonie. Je suis venue dire, à mon grand désespoir, que le français recule au Québec. Et je trouve que c’est une grave perte. La langue ce n’est pas seulement un moyen de communication. C’est aussi une culture et des valeurs communes.
Je crois que la francophonie doit s’organiser. Aujourd’hui rien n’est fait pour cela. Le Québec est un symbole de la francophonie. Mais, je crois que beaucoup de dirigeants politiques québécois sont en train de rendre les armes et c’est inquiétant regrettable.»
«Gouverner, c’est prévoir»
D'autre part, le thème de l’immigration a été au centre des discussions abordées par Marine Le Pen depuis son arrivée en sol québécois. Selon elle, le Canada ne voit pas les conséquences de sa généreuse politique d'immigration, qui peuvent notamment provoquer l'«accélération» des demandes des minorités religieuses, comme l'octroi de locaux pour la prière dans les entreprises et les écoles ou l'instauration de tribunaux religieux pour régler les questions familiales. Le choix fait par Ottawa d'accueillir des réfugiés syriens serait donc une erreur.
À cet égard, M. Arcand a insisté sur les grandes différences sociopolitiques, voire géographiques, que vivent les Canadiens et les Européens face aux flux migratoires. L’accueil des réfugiés syriens, dans l’ensemble, s’est bien déroulé jusqu’à présent au Canada tout comme au Québec. Questionnée justement sur le choix du gouvernement québécois d'accueillir 50 000 immigrants en 2016, Mme Le Pen a réaffirmé sa position.
«Gouverner, c’est prévoir. Le responsable politique est celui qui se projette dans l’avenir et qui voit les difficultés qui peuvent arriver. Je suis désolée de dire que ce discours a été aussi tenu en France dans les années 1980. Le problème c’est que l’immigration engendre l’immigration.»
«Dans le cas d’une crise mondiale, comme nous vivons aujourd’hui, les flux migratoires s’accélèrent, a-t-elle ajouté. Accueillir 500 migrants ne pose pas de problème. En accueillir 500 000, évidemment, en pose de lourds [problèmes]. D’autant plus que c’est une immigration particulière puisque l’État islamique infiltre au travers des flux de migrants des terroristes. Trois des terroristes du Bataclan [attentats de Paris] avaient fait la route des migrants.»
Marine Le Pen est une avocate de profession. Elle est âgée de 47 ans. Fille de Jean-Marie Le Pen, elle est très populaire en France. Selon ce qu’affirme Le Devoir, les sondages d’intentions de vote au premier tour de la prochaine présidentielle la donnent en avance - avec environ 25 % des voix -, sur Nicolas Sarkozy, chef des Républicains, et sur le président socialiste, François Hollande. Le Front national a plus que doublé ses voix (à 28 %) aux élections régionales de décembre dernier par rapport aux élections précédentes de 2010.

Marine Le Pen met le Canada en garde contre sa politique d'immigration

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Publié par La Presse Canadienne le dimanche 20 mars 2016 à 18h17. Modifié par Léandre Drolet à 19h39.
Marine Le Pen met le Canada en garde contre sa politique d'immigration
QUÉBEC - Accueillie à Québec par une poignée de manifestants, la présidente du Front national Marine Le Pen affirme que le Canada ne voit pas les conséquences de sa généreuse politique d'immigration et, par ailleurs, dit regarder d'un oeil plutôt favorable la quête de souveraineté des peuples.
Le député péquiste Jean-Francois Lisée.
 
 
 
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Selon Mme Le Pen, qui est aussi députée au Parlement européen, les conséquences d'une importante immigration sont notamment l'«accélération» des demandes des minorités religieuses, comme l'octroi de locaux pour la prière dans les entreprises et les écoles ou l'instauration de tribunaux religieux pour régler les questions familiales.

Elle dit qu'il aurait été sage de regarder ce qui se passe dans l'Union européenne, qui va vivre, selon elle, le chaos.

Pour la chef du parti d'extrême-droite, «une société multiculturelle est une société conflictuelle».

Elle met en garde les autorités d'ici contre l'immigration de masse, en lien avec l'expérience vécue notamment par son pays, la France.

«Faire venir des dizaines de milliers de personnes, comme nous l'avons fait en France, quand nous n'avons rien à offrir, nous n'avons pas d'emplois, nous avons sept millions de chômeurs, nous avons neuf millions de pauvres, nous avons un million et demi de Français qui attendent un logement social (...) On lance un signal d'accueil mais dans quelles conditions accueille-t-on ces gens, pour les mettre dans des bidonvilles à Calais?»

Questionnée sur le choix du gouvernement québécois d'accueillir 50 000 immigrants en 2016, elle a dit qu'il s'agit d'un choix erroné.

«Des milliers aujourd'hui, combien demain», a-t-elle demandé.

La politicienne dit également craindre que des terroristes ne s'infiltrent parmi les migrants.
Au moins trois des terroristes du Bataclan — les attentats de Paris en novembre dernier — auraient pris le chemin des migrants, a-t-elle dit.

Questionnée au sujet du désir d'indépendance d'une partie de la population québécoise, elle a dit être d'un parti qui se pose en défenseur de la souveraineté.

«Ceux qui au Québec portent eux aussi ce désir de souveraineté, obligatoirement, nous les regardons avec un oeil plutôt positif».

Le combat de la France contre l'Union européenne s'apparente à celui du Québec contre Ottawa, a-t-elle notamment dit.

Plus tard, en entrevue, elle a déclaré que si son parti prenait le pouvoir en France, son pays reconnaîtrait le Québec comme État sur la scène internationale.

«Oui, oui, je ferais cette reconnaissance à partir du moment où le peuple québécois aura fait son choix», a-t-elle déclaré.

«Je suis plus gaullienne que ni-ni», a-t-elle même précisé, faisant référence au général Charles de Gaulle et son célèbre «vive le Québec libre» lancé en 1967, perçu comme un appui majeur aux aspirations indépendantistes du Québec, et la position traditionnelle du ni-ni (non-ingérence et non-indifférence) de la France qui avait ensuite semblé régir ses relations avec le Québec.

La chef n'a pas eu le temps de mettre les pieds dans la salle de conférence d'un hôtel de Québec où elle tenait son point de presse qu'une dizaine de manifestants ont fait irruption et déballé des banderoles en criant, entre autres: «Le Québec emmerde le Front national» et «fasciste», l'accusant, parmi d'autres insultes, d'être responsable de la montée du racisme en France.
Un des manifestants a été frappé par le garde du corps de Mme Le Pen.

Les positions du Front national sont dénoncées comme xénophobes par plusieurs.

Elle a accueilli le tout avec le calme et le sourire d'une habituée.

«Allez-vous coucher les gamins, leur a-t-elle lancé sur un ton blagueur. Allez, une petite douche et au lit».

«Un comportement inadmissible, particulièrement dans une démocratie», a-t-elle commenté, après qu'un journaliste lui ait posé une question sur «son attitude méprisante» envers les manifestants.
Selon Mme Le Pen, la démocratie veut plutôt que chacun puisse exprimer son point de vue, pas faire taire celui des autres

Mme Le Pen est au Québec pour quelques jours.
Une partie de son séjour est fait à titre personnel, puis elle doit rejoindre une mission économique du Parlement européen qui l'amènera notamment à visiter une usine de Bombardier, des représentants de chambres de commerce et à rencontrer Pierre Marc Johnson, le négociateur en chef pour le Québec de l'Accord de libre-échange avec l'Europe, auquel elle s'oppose, tout comme au Partenariat Trans-Pacifique.

Quant à ce point de presse dimanche de plus d'une heure, elle a dit l'avoir tenu à l'occasion de la journée de la francophonie. Elle y a prononcé une longue allocution sur ses avantages et a répondu pendant plus de 30 minutes aux questions des journalistes.

La chef du Front national dit ne pas faire de cas du fait que les chefs de partis au Québec et au Canada aient refusé de la rencontrer: elle dit même ne pas avoir cherché à les voir, étant plutôt ici pour rencontrer les Québécois.

«Que l'oligarchie québécoise et canadienne ne soit pas très heureuse de me voir, cela ne m'étonne pas une demi-seconde. Et si elle l'était, je serais presque inquiète».

«J'ai assez de notoriété pour pouvoir m'adresser directement aux Québécois sans avoir besoin de passer par tel ou tel élu», a-t-elle crâné.

Elle dit aussi être venue «pour briser la caricature de mon mouvement dans les médias québécois», qui font leur analyse en lisant les médias français, qui sont au service des partis au pouvoir, a-t-elle ajouté.

Mme Le Pen devait faire du tourisme à Québec dimanche après-midi. Elle doit ensuite se rendre à Montréal, puis à Saint-Pierre-et-Miquelon, une Collectivité d'outre-mer de la France.

dimanche, mars 20, 2016

PKP se dissocie de militants du PQ qui ont rencontré Marine Le Pen

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Publié par La Presse Canadienne le samedi 19 mars 2016 à 19h42. Modifié par Christine Roger le dimanche 20 mars 2016
PKP se dissocie de militants du PQ qui ont rencontré Marine Le Pen
MONTRÉAL - Le chef du Parti québécois, Pierre Karl Péladeau, a tenu à dissocier sa formation politique d'une rencontre qui aurait eu lieu entre des militants du PQ et la dirigeante du Front national, Marine Le Pen, en visite au Québec.
M. Péladeau a dit, samedi, sur son site Facebook, avoir été «choqué» en apprenant que des personnes, «s'affichant comme des 'jeunes du Parti québécois'», avaient rencontré Mme Le Pen.
«Au nom du Parti québécois, je tiens à dissocier formellement notre formation politique et ses instances de toute activité ou rencontre, issue d'initiative personnelle, avec des représentants de ce parti dont l'histoire, la doctrine et les propositions sont aux antipodes des valeurs du Parti québécois», a-t-il écrit.

Sébastien Chenu, conseiller régional de Picardie-Nord-Pas-de-Calais et se présentant comme délégué national du Rassemblement Bleu Marine — un mouvement rattaché au FN —, a publié une photo de Mme Le Pen avec quatre hommes, écrivant: «MLP rencontre les jeunes militants du Parti québécois! Échange passionnant!!»
La dirigeante du Front national, parti français de droite, est débarquée à Montréal vendredi. Mme Le Pen annoncé sur son site officiel un voyage en Amérique du Nord débutant ce week-end.

La politicienne ne met aucune rencontre officielle à son agenda.

À Ottawa, au Parti conservateur, on affirmait, vendredi, ne rien savoir de la visite de la dame et on ne prévoyait pas de rencontres entre elle et des élus conservateurs. Même commentaire chez les néo-démocrates, les bloquistes et au gouvernement de Justin Trudeau.
À Québec non plus, personne ne se préparait à l'accueillir.

Le député du parti de gauche Québec solidaire Amir Khadir a dit à Radio-Canada être prêt à rencontrer la présidente du Front National, en dernier recours, «par humanisme». Il disait vouloir démontrer à Mme Le Pen «que le Québec n'est pas un terrain xénophobe».

La présidente du Front National a rétorqué, également en entrevue à la télévision publique, qu'elle avait à faire à «plein d'Amir Khadir» en France, des gens qui estiment «que lutter contre l'immigration est faire preuve de xénophobie».
Concernant les militants du PQ, Mme Le Pen a eu ses mots: «Le PQ est divers et varié et pas monolithique. Il y a des gens au sein du PQ qui ont des contacts avec nous, il y en a qui regardent beaucoup ce que nous faisons.»

Mme Le Pen doit être à Québec, dimanche, dans le cadre de la Journée de la francophonie.

Dans son entrevue à Radio-Canada, Mme Le Pen a dit croire que la francophonie était malheureusement «abandonnée» par les «élites québécoises».

«Je veux aussi porter ce message de la francophonie, pour laquelle j'ai de grandes ambitions, et qui est aujourd'hui en recul, abandonnée, notamment par le gouvernement français, et qui semble être aussi abandonnée, il faut bien le dire, par les élites québécoises, à mon grand désespoir, parce que la francophonie est un support incroyable de développement, pas seulement culturel mais aussi économique. Et je crois qu'on a oublié cet aspect-là», a-t-elle déclaré.

mardi, octobre 06, 2015

«Nous n'avons plus rien à leur offrir» -Marine Le Pen au sujet des Migrants

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Publié par Charles Payette pour CogecoNouvelles le mardi 06 octobre 2015 à 09h09. Modifié à 09h45.
«Nous n'avons plus rien à leur offrir» -Marine Le Pen au sujet des Migrants
Emmanuel d'Aubignosc/Emmanuel d
(98,5 FM) - Répondant aux questions de Paul Arcand, la présidente du Front national, Marine Le Pen, a confirmé le message qu'elle livrera, demain, devant les membres du Parlement européen.

«À ceux qui veulent faire croire (aux migrants) que l'Europe est l'Eldorado, je dis qu'elle n'en veut plus, qu'on n'a plus rien à leur offrir», lance déjà la représentante du parti politique français d'extrême droite.
Mme Le Pen disposera de deux minutes 30 secondes devant les députés européens réunis mercredi à Strasbourg alors que la chancelière allemande Angela Merkel et le président François Hollande doivent s'y exprimer durant trente minutes chacun.
«Les retourner chez eux... les aider chez eux» -Marine Le Pen
Selon tous les intervenants, peu importe leurs convictions, le mouvement des populations vers l'Europe de l'ouest n'est pas près de ralentir, particulièrement à l'approche de l'hiver. Plus d'un demi-million de personnes ont traversé la mer Méditerranée vers l'Europe cette année, soit le double du bilan pour toute l'année dernière.
«Il faut les retourner à leur lieu de départ et les aider chez eux, pas en Europe», a dit Mme Le Pen à propos de ceux qui risquent leur vie en quête d'une nouvelle terre d'accueil.
Marine Le Pen, présidente du Front national, est aussi coprésidente du groupe «Europe des Nations et des Libertés» au Parlement européen.
«Ce sera le grand sujet du 21e siècle, le laxisme est un signal fort lancé à d’autres pays de venir s’installer dans les nôtres», exprimait-elle au 98,5FM, mardi matin.
L'Union européenne a reconnu l'ampleur du problème la semaine dernière, les pays s'entendant pour renforcer la sécurité aux frontières et pour verser au moins un milliard d'euros (environ 1,4 milliard $ canadiens) à la Turquie, au Liban et à la Jordanie pour les aider à gérer l'afflux important de migrants.