Des réactions dans le monde qui vont de la surprise à l'inquiétude

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PUBLIÉ AUJOURD'HUI À 4 H 06 | Mis à jour il y a 41 minutes
François Hollande
Le président français François Hollande   PHOTO : POOL NEW / REUTERS
L'élection du républicain Donald Trump à la présidence américaine a suscité de multiples réactions allant de la surprise à l’inquiétude. Malgré la diversité des réactions, les dirigeants de la planète ont tous appelé à la collaboration avec le 45e président américain.
RADIO-CANADA AVEC LA PRESSE CANADIENNE ET REUTERS
L'un des dirigeants les plus touchés par l'élection de Donald Trump, le président mexicain Enrique Pena Nieto s'est dit prêt à travailler avec le futur président américain pour le bien des relations bilatérales entre les deux pays voisins. « Le Mexique et les États-Unis sont des amis, des partenaires et doivent continuer de travailler ensemble pour la compétitivité de l'Amérique du Nord », a-t-il déclaré sur Twitter en dépit des attaques de M. Trump contre les migrants mexicains.
En campagne électorale, Donald Trump avait promis de construire un mur entre les deux pays pour empêcher les migrants illégaux mexicains, qu'il a qualifié de violeurs et de criminels, de venir s'établir au pays de l'Oncle Sam. Il avait ajouté l'injure à l'insulte en promettant d'en refiler la facture au gouvernement mexicain.
Le président russe Vladimir Poutine a envoyé un télégramme de félicitations à Donald Trump, dans lequel il « exprime l'espoir d'un travail conjoint pour restaurer des relations russo-américaines en crise et pour résoudre des questions internationales pressantes et chercher des réponses efficaces aux défis touchant à la sécurité mondiale ».
Le président russe a également dit espérer que la collaboration avec les États-Unis en Syrie s’améliorerait avec l’élection de M. Trump.
L’Europe s’inquiète
En France, le président François Hollande - qui s'est entretenu avec la chancelière allemande Angela Merkel avant de prendre la parole - a dit que la victoire de M. Trump constituait la démonstration que la France devait se renforcer et que l’Europe devait rester unie. La relation France-États-Unis se poursuivra « sans concession et en toute indépendance », a déclaré M. Hollande.
Cette élection américaine ouvre une période d'incertitude.François Hollande
M. Hollande a également souligné l'importance pour son gouvernement d'établir de bonnes relations avec la Maison-Blanche. « Les États-Unis constituent un partenaire de tout premier plan pour la France et ce qui est en jeu c'est la paix, c'est la lutte contre le terrorisme, la situation au Moyen-Orient, les relations économiques et la préservation de la planète. »
Angela Merkel
La chancelière allemande Angela Merkel   PHOTO : AXEL SCHMIDT / REUTERS
La chancelière allemande Angela Merkel a félicité le républicain Donald Trump et a rappelé les valeurs communes qui unissent les deux pays, non sans se permettre d'y aller d'une mise en garde voilée.
« L'Allemagne et les États-Unis sont unis par des valeurs de démocratie, de liberté, de respect de l'État de droit, de la dignité humaine indépendamment des origines, de la couleur de la peau, de la religion, de l'orientation sexuelle ou des opinions politiques », a déclaré la chancelière allemande.
Sur la base de ces valeurs, je propose mon entière collaboration au futur président des États-Unis, Donald Trump.Angela Merkel
Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker et celui du Conseil européen, Donald Tusk, ont fait écho à M. Hollande en appelant l’Europe à se serrer les coudes devant l’Amérique de M. Trump. « Il est plus que jamais important aujourd'hui de renforcer les relations transatlantiques », ont-ils déclaré dans une lettre de félicitations.
« Ce n'est que grâce à une coopération étroite que l'Union européenne et les États-Unis pourront continuer à faire bouger les choses face aux défis sans précédent que constituent Daech [le groupe armé État islamique], les menaces à l'intégrité territoriale et la souveraineté de l'Ukraine, le changement climatique et les migrations. »
Marine Le Pen
Marine Le Pen   PHOTO : JACQUES BOISSINOT
La présidente du parti français Front national, Marine Le Pen, avait été la première à réagir dans le milieu politique français, félicitant sur Twitter le « nouveau président des États-Unis Donald Trump et le peuple américain, libre! » - alors que le vainqueur de l’élection n'avait toujours pas été confirmé.
La réaction la plus virulente est venue de l'ambassadeur de France aux États-Unis, Gérard Araud, qui a déclaré sur Twitter : « C'est la fin d'une époque, celle du néolibéralisme. Reste à savoir ce qui lui succédera. »
Après le Brexit et cette élection, tout est désormais possible. Un monde s'effondre devant nos yeux. Un vertige.L'ambassadeur de France aux États-Unis, Gérard Araud
La première ministre britannique, Theresa May, a également félicité M. Trump. « Je suis impatiente de travailler avec le président élu Donald Trump pour renforcer les relations et garantir la sécurité et la liberté de nos nations au cours des années à venir », a-t-elle déclaré dans un communiqué.
En Allemagne, la ministre de la Défense, Ursula von der Leyen, a quant à elle parlé d'une grande surprise et d'un vote « contre Washington, contre l'establishment ». Mme Von der Leyen a abordé la question de l’OTAN à la télévision publique allemande.
Estimant, à la lumière de ses déclarations en campagne électorale, que Donald Trump allait probablement questionner ses partenaires de l'OTAN sur leurs réalisations. Elle a toutefois prévenu que ses partenaires allaient également lui demander « sa position à l'égard » de l'OTAN.
Espoirs au Moyen-Orient
L’Iran a appelé le nouveau président américain à respecter ses engagements envers le pays. « Les États-Unis doivent respecter leurs engagements contenus dans le plan global d'action conjoint [accord de juillet 2015 sur le nucléaire] en tant qu'accord international multilatéral », a déclaré le ministre des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif, cité par l'agence Tasnim.
« J'espère que ce choix du peuple américain conduira à des mesures bénéfiques pour le monde entier en ce qui concerne les libertés et les droits fondamentaux, la démocratie et l'évolution de notre région », a pour sa part déclaré le président turc, Recep Tayyip Erdogan, au cours d’un discours à Istanbul. 
Son premier ministre a profité de l’occasion pour réclamer de nouveau l’extradition du prédicateur Fethullah Gülen. Ce dernier est accusé par la Turquie d’être à l’origine du coup d’État avorté du 15 juillet dernier.
En Égypte, le président Abdel Fattah Al-Sissi a dit espérer que l’élection de M. Trump allait contribuer à un réchauffement des relations avec les États-Unis.
« La République arabe égyptienne attend avec impatience la présidence de Donald Trump pour imprégner d'un nouvel esprit les relations américano-égyptiennes, avec davantage de coopération et de coordination dans l'intérêt des deux peuples », a-t-il déclaré par voie de communiqué.
La présidentielle américaine 2016 - notre section spéciale
Enthousiasme en Asie
En Chine, des médias d'État ont rappelé la préférence du gouvernement pour Donald Trump. L'universitaire Mei Xinyu a écrit dans le journal du Parti communiste Global Times qu'une victoire de M. Trump « serait plus facile pour la Chine », disant que la « ligne politique » prônée par M. Obama et Mme Clinton rendait les frictions militaires et politiques entre la Chine et les États-Unis « plus fréquentes ».
L'agence d'État Chine Nouvelle a avancé que la campagne électorale américaine avait mis en lumière qu'une « majorité des Américains se rebellaient contre la classe politique et les élites financières américaines ».
Le président philippin, Rodrigo Duterte (à droite), et son homologue chinois, Xi Jinping
Le président philippin, Rodrigo Duterte (à droite), et son homologue chinois, Xi Jinping   PHOTO : THOMAS PETER / REUTERS
Aux Philippines, le président Rodrigo Duterte a exprimé ses « chaleureuses félicitations » au président Trump dans un communiqué. Il « attend avec impatience de travailler avec la prochaine administration pour renforcer des relations bilatérales fondées sur le respect mutuel, l'intérêt mutuel et l'engagement partagé en faveur des idéaux démocratiques et de l'État de droit ».
Nombre d'Indonésiens, percevant Donald Trump comme intolérant et réactionnaire, se demandent comment autant d'Américains ont pu voter pour lui.
Les Indonésiens s'interrogent, sur des sites comme Twitter, Facebook et des forums de discussion, sur la politique d'immigration des États-Unis sous le régime Trump. Ils se demandent s'il suivra sa rhétorique de campagne, notamment une interdiction d'entrée pour les musulmans aux États-Unis, ou s'il assouplira ses positions une fois assis à la Maison-Blanche.
Le premier ministre japonais Shinzo Abe a affirmé à un membre de son entourage que « la course était plus serrée que prévu ». Tout comme les pays membres de l'OTAN, le Japon s'inquiète pour les engagements américains dans les traités internationaux. Le chef de cabinet de M. Abe, Yoshihide Suga, a réaffirmé l'engagement de son gouvernement envers l'alliance de sécurité entre les États-Unis et le Japon. Il a affirmé aux journalistes que l'alliance demeurerait la pierre angulaire de la diplomatie entre les deux pays.