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mardi, avril 04, 2017

Bombardier: les libéraux rejettent les résolutions de l'opposition

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Publié le 04 avril 2017 à 13h57 | Mis à jour à 18h04
Le pdg de Bombardier Alain Bellemare et le... (La Presse Canadienne, Ryan Remiorz)
Le pdg de Bombardier Alain Bellemare et le président du conseil d'administration, Pierre Beaudoin
LA PRESSE CANADIENNE, RYAN REMIORZ
(Québec) Le gouvernement Couillard a rejeté mardi chacune des trois résolutions des partis d'opposition le pressant d'exiger l'annulation des hausses de salaire faramineuses qu'ont décidé de s'octroyer les hauts dirigeants de Bombardier.
Le Parti québécois reviendra à la charge mercredi. Cette fois, une procédure parlementaire obligera chacun des élus libéraux à se prononcer. Ce mardi, aucun n'a eu à voter. Les résolutions des partis d'opposition ont pu être rejetées sans qu'elles soient soumises au vote.
Il en sera différemment mercredi, se réjouit le chef péquiste, Jean-François Lisée. Il se dit convaincu que de nombreux députés libéraux partagent l'indignation des Québécois.
Même si c'était le cas, la «ligne de parti» devrait prévaloir, cela dit.
Les trois résolutions rejetées mardi étaient sur le même thème, mais avaient des visées différentes :
Celle du Parti québécois invitait l'Assemblée nationale à «demander à tous les dirigeants de Bombardier de renoncer à l'augmentation de leur rémunération pour 2016», et le premier ministre Philippe Couillard à leur en faire formellement la demande.
Rappelant «l'investissement historique de 1,3 milliard$ du Québec dans le projet C-Series», celle de la Coalition avenir Québec réclamait «la présence d'un membre désigné par le gouvernement au sein du conseil d'administration de Bombardier».
Attention, celle de Québec solidaire n'a pas seulement été rejetée par le gouvernement; elle n'a pas trouvé grâce aux yeux du Parti québécois, non plus qu'à ceux de la Coalition avenir Québec. Elle allait plus loin que les leurs.
Elle demandait que «le gouvernement rende toute aide financière accordée aux grandes entreprises privées conditionnelle au plafonnement de la rémunération des dirigeants». Même s'il n'y a pas eu de vote, la députée indépendante Martine Ouellet l'a soutenue.
Amir Khadir a estimé que M. Lisée ne tire pas les conséquences d'un exemple qu'il a lui-même présenté. Le chef du PQ a rappelé que lorsque Barack Obama a sauvé l'industrie automobile américaine, il a exigé que les salaires de ses hauts dirigeants soient plafonnés à 500 000$ par année.
En point de presse, plus tôt en journée, Jean-François Lisée s'était dit favorable à une discussion publique sur les salaires de certains hauts dirigeants. «Il faut avoir, au Québec comme ailleurs, une discussion publique pour dénormaliser ces salaires fous. En ce moment, ils les ont normalisés. Il faut les dénormaliser.»
«Si, et seulement si», dit Couillard
Philippe Couillard a tenu à dire qu'il a communiqué à la direction de Bombardier la «grande déception» et la «frustration» ressenties par les Québécois.
Il soutient que son gouvernement n'a pas à lui demander quoi que ce soit de plus depuis qu'elle a fait savoir, dimanche, qu'elle reportait les augmentations décriées de 2019 à 2020.
Elles «ne seront versées que si, et seulement si, l'entreprise accroît ses activités», a-t-il insisté. Davantage «d'argent qui rentre dans Bombardier, c'est plus d'impôts pour payer nos services publics; plus d'avions fabriqués, c'est plus d'emplois chez nous», a-t-il ajouté.
Cherchant à enfoncer le clou, le PQ a par ailleurs noté qu'à la fin février, le gouvernement a «harmonisé» l'imposition des options d'achat d'actions avec le reste du Canada.
Résultat : au-delà de leur rémunération déjà jugée scandaleuse, les six plus hauts dirigeants de Bombardier, parmi lesquels Pierre Beaudoin et Alain Bellemare, épargneront plus de 566 000$ en impôts sur leurs options d'achat. Si, et seulement si, l'entreprise réalise ses objectifs, a toutefois précisé le ministre des Finances, Carlos Leitão.
L'abaissement du taux d'imposition des options d'achat d'actions a été décidé pour «inciter les dirigeants d'entreprises à rester au Québec ou à venir s'y installer», ont indiqué MM. Leitão et Couillard.

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