L'ex-PDG d'ExxonMobil devient secrétaire d'État

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Publié le 01 février 2017 à 13h30 | Mis à jour à 16h00
Rex Tillerson entre au département d'État dans une... (PHOTO REUTERS)
Rex Tillerson entre au département d'État dans une ambiance explosive.
PHOTO REUTERS
MARC ANTOINE BAUDOUX
Agence France-Presse
Washington
Donald Trump a réussi à faire approuver par le Sénat son chef de la diplomatie Rex Tillerson, mais les élus démocrates veulent ralentir les autres nominations des principaux membres de l'administration américaine et de son candidat à la Cour suprême.
Après une bataille acharnée, le Sénat a confirmé l'ancien PDG d'ExxonMobil au poste de secrétaire d'État, par 56 voix en sa faveur contre 43. L'industriel texan de 64 ans devient ainsi le visage de la diplomatie américaine, succédant à John Kerry qui a quitté son poste le 19 janvier.
Mais les choses sont plus compliquées pour les autres candidats choisis par Donald Trump.
En effet, après avoir vu la plupart de leurs efforts bloqués pendant une bonne partie de la présidence Barack Obama par un Congrès à majorité républicaine, encaissé une défaite à la présidentielle et assisté impuissants depuis l'arrivé de Donald Trump à la Maison-Blanche à la démolition du legs de son prédécesseur, les démocrates tiennent l'occasion de prendre leur revanche.
Le leader de la minorité démocrate au Sénat Chuck Schumer a d'ores et déjà prévenu qu'il insistera pour que le nouveau juge à la Cour suprême retenu par Donald Trump, Neil Gorsuch, soit confirmé avec une supermajorité de 60 votes de sénateurs sur 100.
Il n'y a que 52 sénateurs républicains et ce scénario les obligerait à convaincre au moins huit de leurs adversaires démocrates.
En cas de blocage, les républicains pourraient aussi changer les règles pour pousser leur candidat à travers une majorité simple, «l'option nucléaire» comme est surnommée cette éventualité.
«Si nous sommes bloqués ainsi je dirais: «Si tu peux Mitch, prend l'option nucléaire». Parce que ce serait une honte absolue qu'un homme de sa qualité soit négligé», a déclaré le président américain mercredi matin, faisant référence à Mitch McConnell, chef de la majorité républicaine au Sénat.
«Nous voulons qu'il (M. Gorsuch) passe par un processus de nomination élégant, pas par un processus dégradant parce qu'ils sont vraiment dégradants de l'autre côté, et ils veulent vous faire passer pour aussi mauvais que possible, et la presse peut être très dégradante aussi», a ajouté le milliardaire lors d'une réunion avec Neil Gorsuch.
Politique d'obstruction 
Les élus démocrates veulent entrer en résistance et l'ont fait savoir dès l'annonce de la nomination du neuvième sage de la haute cour. Il faut dire qu'après le décès soudain du juge Antonin Scalia en février dernier, les sénateurs républicains avaient refusé d'auditionner le candidat choisi par Barack Obama pour le remplacer, Merrick Garland.
Cette politique d'obstruction, critiquée car sabotant le jeu normal des institutions, semble avoir fini par payer pour les républicains, même si le processus de confirmation du juge Gorsuch pourrait, en tout état de cause, durer plusieurs mois.
Donald Trump fustige depuis plusieurs jours le blocage systématique de ses adversaires politiques, qui ont boycotté plusieurs auditions de commissions sénatoriales pour entendre les candidats controversés pour les postes de ministres du Trésor (Steven Mnuchin) et de la Santé (Tom Price).
La réponse des républicains a été cinglante: ils ont contourné mercredi la règle du quorum pour faire approuver ces deux ministres, une décision sans précédent.
MM. Mnuchin et Price doivent toutefois encore être approuvés par le Sénat dans son ensemble, à la majorité simple. 
Le Vatican «préoccupé» 
Les choses sont encore plus mal engagées pour la candidate au poste de ministre de l'Éducation, Betsy DeVos: elle a été si peu convaincante lors de ses auditions que deux sénatrices républicaines ont annoncé qu'elles ne voteraient pas pour elle, ouvrant la voie à une éventuelle égalité à 50 voix favorables et 50 voix contre.
Le vice-président Mike Pence serait alors appelé à faire basculer le vote dans un sens ou dans l'autre, à moins que davantage de républicains ne fassent défection, ce qui mettrait Mme DeVos dans une position très précaire.
«C'est une éducatrice incroyablement qualifiée, une avocate pour les étudiants, les enseignants, les parents. Je pense que les jeux qui sont joués avec Betsy DeVos sont tristes», a regretté mercredi le porte-parole de la Maison-Blanche, Sean Spicer, lors de son point presse quotidien.
Ces luttes de pouvoir sur la colline du Capitole ont en tout cas détourné l'attention du décret anti-immigration signé par Donald Trump vendredi, qui suspend l'entrée aux États-Unis des ressortissants de sept pays à majorité musulmane et de tous les réfugiés.
De très nombreux pays ont condamné cette mesure.
Mercredi, le Vatican a fait part de sa «préoccupation» sur le sujet et la première ministre britannique Theresa May, pourtant une alliée enthousiaste de M. Trump, a été obligée de reconnaître que le décret est «une erreur et sème la discorde».