mardi, mai 05, 2015

Fournier: PKP atteint un «degré de bassesse jamais vu»

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5 mai 2015 17h01 | Marco Bélair-Cirino - Correspondant parlementaire à Québec | Québec
<em>« Est-ce que le Québec a besoin de ce style d’État: un </em>“État Péladeau d’agression”<em>? Moi, je dis</em> “Non”<em>! », </em>a déclaré Jean-Marc Fournier mardi après-midi.
Photo: Clément Allard La Presse canadienne
« Est-ce que le Québec a besoin de ce style d’État: un “État Péladeau d’agression”? Moi, je dis “Non”! », a déclaré Jean-Marc Fournier mardi après-midi.
Le leader du gouvernement, Jean-Marc Fournier, a déconseillé  aux membres en règle du Parti québécois d’élire la semaine prochaine Pierre Karl Péladeau — un homme « agressif et colérique » — à la tête du « parti de René Lévesque ». 

« Est-ce que le Québec a besoin de ce style d’État: un “État Péladeau d’agression”? Moi, je dis “Non”! » a-t-il déclaré lors d’un impromptu de presse mardi après-midi. 

Le favori de la course à la direction du PQ, Pierre Karl Péladeau, constitue ni plus ni moins une menace à la démocratie québécoise, selon M. Fournier. « Il attaque ceux qui pensent comme lui. Imaginez l’“État Péladeau” pour les citoyens qui ne pensent pas comme lui. […]La démocratie, ce n’est pas qu’une personne au-dessus de toutes les lois. C’est une multitude de points de vue », a-t-il affirmé à la fin du caucus des élus libéraux. 

M. Fournier réagissait aux sorties médiatiques de Pierre Céré et de Martine Ouellet qui ont dit avoir été respectivement « intimidé » et « apostrophée » par M. Péladeau. 

M. Péladeau a interpellé Mme Ouellet au lendemain du premier débat officiel entre les prétendants à la succession de Pauline Marois à la mi-mars à Trois-Rivières. Il a reproché à la députée de Vachon de lui avoir demandé s'il était en faveur d’une réforme du Code du travail. « C’était un peu ordinaire comme ton », a relaté Mme Ouellet mardi midi. « J’en ai vu d’autres dans ma carrière. Ça ne m’intimide pas du tout », a-t-elle ajouté. Les membres du PQ seront notamment appelés à décider la semaine prochaine si M. Péladeau a suffisamment de sang froid pour être chef du PQ, chef de l’opposition officielle et éventuellement premier ministre du Québec, a-t-elle fait valoir. 

Écouter Céré et Ouellet

Les membres du PQ doivent « écouter » Pierre Céré et Martine Ouellet, a dit Jean-Marc Fournier. « Aujourd’hui, il a dépassé les bornes. Il est incapable de contrôler ses pulsions agressives. L’“État Péladeau”, c’est “non, merci” », a répété l’élu libéral, d’humeur belliqueuse. 

L’actionnaire de contrôle de Québecor « attaque » ses adversaires dans la campagne à la chefferie du PQ, mais également les institutions de l’Assemblée nationale, comme le jurisconsulte, a dénoncé M. Fournier. « Il l’a attaqué sans fondement. » 

Le député de Saint-Jérôme a aussi témoigné d’un « manque de bienséance frappant » sur le réseau social Facebook où il a égratigné plus d’un adversaire politique. Il a atteint un « degré de bassesse jamais vu », a poursuivi M. Fournier. D’ailleurs, la présence d’une personne animée par une telle « passion qui vise à exclure, à intimider, à agresser » constitue une première à l’Assemblée nationale du Québec, selon lui. « Personne n’a jamais vu au Parlement de Québec […] une personnalité qui se présente pour être le représentant de tous les Québécois, qui fait si peu preuve d’ouverture, de respect, de capacité d’inclusion et de rassemblement. On n’a jamais vu ça! », a-t-il insisté. 

M. Péladeau a admis être sujet à des sautes d’humeur lorsqu’il est emporté par la « passion ».« Je suis un être humain », a-t-il soutenu à la presse. « C’est certain que je n’ai pas la langue de bois. »