L'ambassade américaine à La Havane, capitale de Cuba
Les États-Unis ont rappelé au cours des dernières heures plus de la moitié de leur personnel diplomatique en poste à Cuba, en plus de mettre les Américains en garde contre tout voyage vers l’île des Caraïbes.
Il s’agit d’une réaction dramatique à ce que les responsables américains ont qualifié « d’attaques spécifiques » contre des diplomates. La décision assène aussi un dur coup aux relations diplomatiques fragiles entre deux pays qui n’ont renoué que tout récemment, après des décennies d’hostilité.
L’ambassade américaine perdra environ 60 % de son personnel et cessera pour une période indéterminée de traiter les demandes cubaines de visas, ont dit des responsables américains.
Dans un avertissement transmis aux voyageurs vendredi, les États-Unis indiquent que certaines attaques se sont produites dans des hôtels cubains, ce qui signifie que les touristes américains pourraient être à risque, même si on ne rapporte pour le moment aucune blessure. Le tourisme est une composante essentielle de l’économie cubaine.
Les États-Unis n’ont pas, pour le moment, ordonné l’expulsion de diplomates cubains sur leur territoire.
«Attaques acoustiques»
Au moins 21 diplomates américains et des membres de leurs familles ont été blessés, au cours de la dernière année, lors d’incidents — le terme utilisé par le département d’État, qui évite d’évoquer des « attaques » — qui demeurent mystérieux.
Certains souffrent maintenant de traumatismes cérébraux et d’une perte permanente de l’ouïe. Ils ont décrit des sons bizarres et inexpliqués, comme des grondements ou des sonneries stridents. Les victimes ont aussi décrit être entrées dans de puissants couloirs sonores qui ne frappaient que certaines pièces, en totalité ou en partie, puis en être sorties.
Des diplomates canadiens ont aussi été blessés.
Le FBI s’est rendu à La Havane pour fouiller les pièces où les attaques auraient été perpétrées. La GRC a fait de même. Ni une agence ni l’autre n’a trouvé quoi que ce soit.
L’administration Trump a été très prudente de ne pas blâmer Cuba pour ces incidents. Des responsables ont dit que la Maison-Blanche cherche à protéger les Américains à La Havane, sans endommager inutilement les relations entre les deux pays.
Publié le 24 mars 2017 à 15h37| Mis à jour le 24 mars 2017 à 15h37
PHOTO HAVANATIMES.ORG
Agence France-Presse LA HAVANE
Alejandro Castro Espin, fils unique du président cubain Raul Castro, a représenté son pays de 2013 à 2014 dans les négociations secrètes qui ont conduit au dégel historique avec les États-Unis, a révélé l'ex-chef de l'Église cubaine.
M. Castro Espin, 51 ans, était «à la tête de la délégation cubaine» qui participait à ces pourparlers dans le plus grand secret au Canada, a déclaré Jaime Ortega dans un discours prononcé lors d'une conférence aux États-Unis et récemment publié par la revue catholique Espacio Laical («Espace laïque»).
Mgr Ortega, récemment remplacé à la tête de l'Église cubaine à 80 ans, fut le messager du pape François au cours de ces 18 mois de négociations qui ont débouché sur l'annonce inattendue d'un rapprochement entre Cuba et les États-Unis le 17 décembre 2014.
Le gouvernement cubain avait confirmé a posteriori la tenue de ces échanges directs et le rôle décisif du pape François, mais n'avait jamais dévoilé l'identité des négociateurs.
L'équipe américaine était pour sa part conduite par Ricardo Zuñiga, responsable du continent américain au sein du Conseil de sécurité nationale de l'ex-administration de Barack Obama, a rappelé l'ex-archevêque de La Havane.
Le colonel Alejandro Castro Espin, spécialiste des relations internationales et auteur de plusieurs ouvrages sur le sujet, est une figure influente mais peu connue du grand public à Cuba puisqu'il n'apparaît que très rarement.
De nombreux observateurs avaient toutefois été surpris de le voir présent en avril 2015 lors des premiers entretiens directs tenus entre MM. Obama et Castro en marge d'un sommet régional au Panama.
En vue du renouvellement générationnel prévu en février 2018 à la tête de l'État cubain, plusieurs analystes estiment qu'Alejandro Castro pourrait être amené à jouer un rôle plus exposé derrière le dauphin désigné du président Castro, l'actuel vice-président Miguel Diaz-Canel.
Le discours du cardinal Ortega contient une autre révélation sur le choix de la date de l'annonce historique du rapprochement entre les deux anciens ennemis de la guerre froide. Selon lui le 17 décembre (2014) a été choisi puisqu'il s'agit de la date de naissance du pape.
Publié le 03 décembre 2016 à 05h00| Mis à jour à 05h00
« La grande faute de Fidel Castro est moins dans le maintien de l'oppression que dans le colossal échec économique de la révolution », juge Alain Dubuc. PHOTO FRANKLIN REYES, ASSOCIATED PRESS
Comme c'est souvent le cas dans les dossiers internationaux, on s'est regardé le nombril. Au lieu de profiter du décès de Fidel Castro pour réfléchir aux leçons que l'on peut tirer de l'aventure cubaine, on a consacré beaucoup d'encre et de salive à un angle canadien, la déclaration trop élogieuse du premier ministre Justin Trudeau.
Notre premier ministre a certainement manqué de jugement en omettant, dans son hommage au Lider Maximo, de mentionner qu'il était à la tête d'une dictature. Un faux pas qui révèle ce que l'on savait déjà, la tendance du premier ministre à voir le côté positif des choses et des gens, le manque de finesse de ses analyses géopolitiques. Je suis cependant très mal à l'aise avec les critiques voulant que cette déclaration froisse Donald Trump. Jusqu'où faudrait-il épouser les méandres de la pensée de l'électron libre qui occupera bientôt la Maison-Blanche ?
Ce qui m'a frappé toutefois, c'est l'indignation à géométrie variable.
Il n'y a pas longtemps, en janvier 2015, le premier ministre Harper avait émis une déclaration tout aussi sans nuances à la mort d'un autre grand despote, le roi Abdallah d'Arabie saoudite, sans que cela fasse autant de vagues.
À chacun son dictateur.
J'ai écrit sur Cuba il n'y a pas longtemps, après la visite de Justin Trudeau. C'est un pays dont le cheminement unique impose une foule de pistes de réflexion. Que serait-il arrivé à Cuba s'il n'y avait pas eu de révolution castriste ? Si l'étau de la dictature communiste s'était desserré plus rapidement ? Comment le pays sera-t-il équipé pour profiter de la période de changement qui l'attend ?
Il est difficile de juger de l'histoire de ce pays, sans tenir compte du contexte dans lequel est survenue la révolution cubaine. D'abord le fait que les révolutionnaires dirigés par Fidel Castro visaient à renverser la dictature brutale et corrompue de Fulgencio Batista, soutenue par la mafia américaine. Ensuite, le fait que ces rebelles nationalistes, qui n'étaient pas communistes au départ, aient été poussés dans les bras de l'URSS en bonne partie par la réaction excessive des Américains qui ont combattu les castristes et soutenu les partisans du régime Batista.
Ce modèle a permis une grande réalisation, l'accélération des progrès sociaux. Le Commonwealth Fund, l'organisme international connu pour ses comparaisons des systèmes de santé, a rappelé cette semaine que le taux de mortalité infantile cubain, à 4,3 pour 1000 naissances, est inférieur aux 5,8 des États-Unis. L'espérance de vie, à 78,7 ans, se rapproche des 79,8 du géant américain. Les indicateurs de l'éducation sont par ailleurs du niveau des pays membres de l'OCDE.
C'est un succès remarquable. Mais à quel prix ?
Si, au bout de 20 ans, le régime s'était adouci, on aurait pu dire que la méthode dure, quand elle est temporaire, pouvait être un accélérateur de progrès.
Mais il est plus facile d'installer un régime communiste que d'en sortir. Fidel Castro a écrasé le pays avec un régime qui a emprisonné, muselé la dissidence, empêché la liberté de la presse pendant un demi-siècle. Cette dictature s'est adoucie depuis une décennie. La presse libre n'existe toujours pas, on compte encore un petit nombre de prisonniers politiques, mais le régime recourt plutôt à des arrestations de courte durée des dissidents dans un système de harcèlement et d'intimidation. Sans banaliser ces excès, on peut néanmoins dire que le sort d'un dissident cubain est préférable à celui d'un dissident chinois ou saoudien.
La grande faute de Fidel Castro est moins dans le maintien de cette oppression que dans le colossal échec économique de la révolution. Après avoir vivoté avec le soutien artificiel de l'URSS, l'économie cubaine s'est littéralement désintégrée avec l'effondrement du bloc soviétique. Ce qui est unique à Cuba, c'est que Fidel Castro s'est accroché au modèle d'économie planifiée abandonné partout ailleurs, même au Vietnam, et qu'encore aujourd'hui, les réformes de son successeur, son frère Raoul, sont d'une désolante timidité.
C'est là le grand crime de Fidel Castro. Cette orthodoxie économique a mené à une véritable catastrophe, qui ne s'explique pas seulement par l'embargo américain. Le peuple a eu faim parce que le régime est incapable de le nourrir, forcé de recourir à d'humiliants expédients pour combattre la misère. Les 1,5 million d'exilés cubains aux États-Unis sont presque tous des réfugiés économiques, qui ont parfois risqué leur vie pour fuir Cuba. Sans banaliser la répression politique, on peut dire que cet échec économique a fait beaucoup plus de ravages.
Mais tout n'est pas dit sur Cuba. Le pays a de solides atouts - l'éducation, une main-d'oeuvre très qualifiée, un certain sens de l'organisation, une fierté collective. On verra, dans les années qui viennent, jusqu'où ce potentiel permettra aux Cubains de se développer lorsque la société cubaine finira par se libérer. Et c'est à ce moment que l'on pourra faire le bilan complet de la révolution cubaine.
Publié le 26 novembre 2016 à 07h13| Mis à jour à 07h13
PHOTO ADRIAN WYLD, PC
Du Sommet de la Francophonie, à Madagascar, Justin Trudeau a salué les liens « forts » entre le Canada et Cuba et transmis ses condoléances tant aux proches de l'ex-président cubain qu'à son peuple.
FANNIE OLIVIER La Presse Canadienne ANTANANARIVO, Madagascar
Justin Trudeau a profité de sa tribune au Sommet de la Francophonie, à Madagascar, pour évoquer le décès de Fidel Castro, qu'il a qualifié « d'ami de longue date du Canada et de [sa] famille ».
Le premier ministre a salué les liens « forts » entre le Canada et Cuba et transmis ses condoléances tant aux proches de l'ex-président cubain qu'à son peuple.
Dans une déclaration écrite qu'il a fait paraître quelques instants plus tard, M. Trudeau a poussé la note, affirmant avoir appris la mort du révolutionnaire « avec une profonde tristesse », saluant les progrès réalisés en éducation et en soins de santé lorsque le pays était sous sa gouverne.
S'il a concédé qu'il s'agissait « d'une figure controversée », il a néanmoins soutenu que tous « reconnaissaient son amour et son dévouement immenses envers le peuple cubain ».
M. Trudeau a justement conclu une visite à Cuba il y a dix jours, où il a rencontré l'actuel président cubain Raul Castro, mais n'a pu voir son frère Fidel en raison de son état de santé fragile.
Le père de Justin Trudeau, Pierre Elliott, avait tissé une relation très proche avec Fidel Castro, qu'il considérait comme un ami.
(00h26) Fidel Castro, le père de la Révolution cubaine, qui a tenu son île d'une main de fer et défié la superpuissance américaine pendant plus d'un... »
(07h07) Des cris de joie et des slogans « Cuba libre ! », « liberté, liberté ! », des égoportraits, des concerts de klaxons et casseroles, des embrassades... »
(07h46) Certains rendent hommage à une figure historique du XXe siècle ou demandent une levée de l'embargo contre Cuba, d'autres sont plus mesurés... »
(08h20) Les médias américains dressaient samedi un portrait sans concession de l'ex-dirigeant cubain Fidel Castro, décédé vendredi à 90 ans, « leader... »
Publié le 26 novembre 2016 à 07h46| Mis à jour à 07h46
Plkusieurs chefs d'État ont réagi au décès de Fidel Castro. PHOTO ARCHIVES AFO/CUBADEBATE
Agence France-Presse
Certains rendent hommage à une figure historique du XXe siècle ou demandent une levée de l'embargo contre Cuba, d'autres sont plus mesurés : synthèse des réactions samedi dans le monde au décès de Fidel Castro.
Vladimir Poutine, président de la Russie
« Cet homme d'État émérite est à juste titre considéré comme le symbole d'une époque de l'Histoire moderne du monde », a déclaré le président russe, jugeant que Fidel Castro « était un ami sincère et fiable de la Russie ».
Mikhaïl Gorbatchev, ex-président de la Russie
« Fidel a résisté et a fortifié son pays au cours du blocus américain le plus dur, quand il y avait une pression monumentale sur lui et il a pu [...] mener son pays sur la voie du développement indépendant », a affirmé l'ex-dirigeant soviétique, dernier dirigeant de l'URSS, cité par l'agence Interfax.
Xi Jinping, secrétaire général du Parti communiste chinois
Fidel Castro « vivra éternellement », a assuré samedi le président chinois dans un message lu à la télévision. « Le peuple chinois a perdu un camarade bon et sincère », a-t-il déclaré. « Le camarade Castro vivra éternellement », a ajouté le président Xi, également secrétaire général du Parti communiste chinois.
Nicolas Maduro, président du Venezuela
« Tous les révolutionnaires du monde, nous devons poursuivre son héritage et reprendre le flambeau de l'indépendance, du socialisme, de la patrie humaine », a écrit sur Twitter le président socialiste du Venezuela.
Evo Morales, ex-chef d'État cubain
C'était « un géant de l'Histoire » qui a défendu « la dignité des peuples du monde », s'est enflammé le président bolivien, en parlant de son « admiration » de l'ex-chef d'État cubain.
François Hollande, président de la France
Fidel Castro « avait incarné la révolution cubaine, dans les espoirs qu'elle avait suscités puis dans les désillusions qu'elle avait provoquées ». « Acteur de la Guerre froide [...] il avait su représenter pour les Cubains la fierté du rejet de la domination extérieure », a souligné le président socialiste français, en réclamant une levée totale de l'embargo contre Cuba.
Rodrigo Duterte, président des Philippines
Pour le président philippin, Fidel Castro s'est illustré en « se levant contre l'ouest et l'impérialisme ».
Mariano Rajoy, chef conservateur du gouvernement espagnol
Il avait « une stature historique », a réagi sur Twitter le chef conservateur du gouvernement espagnol, en soulignant dans un communiqué son impact pour Cuba et sa « grande influence » pour la région.
Charles Michel, premier ministre de la Belgique
« Une page importante de l'histoire politique mondiale se tourne », il s'agit d'»un terme définitif à la Guerre froide qui a tant divisé les populations au siècle dernier », a estimé le premier ministre belge.
Alexis Tsipras, premier ministre de la Grèce
« Adieu commandant - Jusqu'à la victoire pour toujours des peuples », a lancé le premier ministre grec de gauche radicale, en retweettant un message de son parti Syriza selon lequel « L'histoire a donné raison à Fidel Castro ».
Robert Fico, premier ministre de la Slovaquie
Pour le premier ministre slovaque dont le pays préside actuellement l'Union européenne, « Cuba n'a jamais menacé quiconque et ne veut que vivre sa propre vie. Nombreux sont ceux qui à tort ont haï et continuent de haïr Cuba pour son courage ».
Mohammad Javad Zarif, ministre iranien des Affaires étrangères
C'était « une personnalité unique qui a combattu contre le colonialisme et l'exploitation ». Il a été « un modèle des luttes pour l'indépendance des nations opprimées », a jugé le ministre iranien des Affaires étrangères, cité par l'agence Fars.
Narendra Modi, premier ministre indien
Il a été « l'une des personnalités les plus iconiques du XXe siècle », a commenté le premier ministre indien.
Bidya Devi Bhandari, présidente du Népal
La présidente du Népal et sonpPremier ministre Pushpa Kamal Dahal Prachanda ont souligné « l'intégrité » de Fidel Castro, « champion de la cause du peuple ».
5 octobre 2016 08h17|Actualités internationales Kerry Sheridan - Agence France-Presse à Miami et à Washington Christophe Vogt - Agence France-Presse
Photo: Erika Santelices Agence France-Presse
Le passage de l’ouragan sur la République dominicaine voisine a provoqué la mort de quatre personnes et endommagé près de 200 maisons, ont annoncé les autorités locales.
L’ouragan Matthew, le plus puissant qu’ont connu les Caraïbes depuis une décennie, progressait mercredi vers les côtes américaines après avoir fait au moins neuf morts lors de son passage destructeur sur Haïti, la République dominicaine et Cuba.
Matthew a été rétrogradé d’un cran à une catégorie 3 (sur une échelle qui en compte 5) mercredi matin par les services de surveillance des ouragans américains (NHC).
Les Bahamas commencent à être battus par des pluies torrentielles, de fortes bourrasques et les côtes devraient voir de brusques montées des eaux, selon le plus récent bulletin du NHC, publié à 09 h GMT.
Bien que moins puissant, l’ouragan continue d’afficher ses vents soutenus de plus de 205 km/h
Aux États-Unis – où le souvenir du destructeur ouragan Sandy de 2012 est encore dans tous les esprits – les gouverneurs des États méridionaux de la côte Est ont décrété l’état d’urgence et, pour certains, ordonné l’évacuation des populations côtières.
C’est le cas en Caroline du Sud, où plus d’un million de personnes ont ordre de se réfugier dès mercredi à l’intérieur des terres.
Bilan très provisoire
Matthew a fait au moins neuf morts – cinq en Haïti et quatre en République dominicaine, selon un bilan encore très provisoire.
Une bonne partie des zones frappées de plein fouet en Haïti étaient toujours coupées du monde après l’effondrement d’un pont mardi. Elles ne devraient pas être accessibles avant samedi ou dimanche.
Selon le directeur pour Haïti de l’ONG Heifer International, Les Cayes – troisième ville du pays – est « vraiment très endommagée. La plupart des toits des maisons, des magasins, des stations-service sont tous partis ». Quelque 1800 maisons ont été totalement inondées, selon un bilan partiel.
« Les entreprises près de l’océan ont totalement disparu, emportées », a indiqué à l’AFP Hervil Cherubin, soulignant que des exploitations agricoles (plantain, riz, haricots) « ont disparu » et que des animaux d’élevage étaient morts.
Haïti est le pays de la région le plus vulnérable aux aléas climatiques en raison de l’importante déforestation et de l’érosion des sols.
Le passage de l’ouragan sur la République dominicaine voisine a provoqué la mort de quatre personnes et endommagé près de 200 maisons, ont annoncé les autorités locales.
Matthew a ensuite touché l’est Cuba avec des vents qui soufflaient toujours à 220 km/h accompagnés de leurs cortèges de pluies battantes et de lames de fond.
Toujours à Cuba, la base militaire de Guantánamo n’abrite plus que le personnel indispensable, après l’évacuation de 700 personnes et leurs animaux de compagnie ce week-end. Les 61 prisonniers du très controversé centre de détention restent sur place, a précisé l’armée, affirmant que les bâtiments étaient prévus pour résister à des tempêtes de cette magnitude.
Ordre d’évacuation
Les autorités de la Floride, qui doit être touchée dans la nuit de jeudi à vendredi selon le dernier bulletin météo, ont entamé les préparatifs et décrété l’état d’urgence.
« Matthew ne va pas rencontrer beaucoup de terre ferme avant d’arriver en Floride. Les habitants de Floride doivent se préparer à un ouragan majeur», a mis en garde Rick Scott, gouverneur de l’État, sur Twitter.
Le président Barack Obama qui devait se rendre en Floride pour participer à une réunion électorale de soutien à Hillary Clinton, qui veut lui succéder à la Maison-Blanche, a annulé son voyage et va en lieu et place visiter l’agence fédérale des situations d’urgence (FEMA).
La gouverneure de Caroline du Sud Nikki Haley a été plus loin en ordonnant l’évacuation dès mercredi des régions côtières de l’État. Cela concerne 1,1 million de personnes.
« Notre but est que vous vous trouviez à au moins 150 km des côtes », a-t-elle prévenu.
La Caroline du Sud a déjà été frappée par de dramatiques inondations fin 2015 et la gouverneure ne souhaite prendre aucun risque.
Record de longévité
Matthew, qui devrait atteindre les côtes américaines en tant qu’ouragan « majeur », soit au moins catégorie 3 (vents supérieurs à 178 km/h), a déjà établi des records.
Selon l’expert en ouragans dans l’Atlantique Philip Klotzbach, de l’université d’État du Colorado, Matthew détient le record de longévité en catégorie 4-5 dans les Caraïbes. C’est aussi le premier en neuf ans à atteindre la catégorie 5 dans l’Atlantique et le premier de catégorie 4 à passer sur Cuba depuis Ike (2008).
Et, selon lui, il est en passe de ravir le record de longévité en « majeur » dans l’Atlantique àIvan (10 jours, en 2004).
Photo: Prensa Miraflore Agence France-PresseSamedi, Fidel Castro a assisté à un gala organisé par une compagnie de théâtre pour enfants, accompagné du président vénézuélien Maduro.
Pour son 90e anniversaire, samedi, Fidel Castro est réapparu en public pour la première fois en quatre mois après avoir critiqué par écrit les États-Unis, l’ancien ennemi de la guerre froide avec lequel Cuba est en plein rapprochement.
Dans un article intitulé «L’anniversaire» publié vendredi soir dans la presse d’État, le père de la révolution cubaine, retiré du pouvoir depuis 2006 pour raisons de santé et au profit de son frère Raúl, a rappelé les tentatives répétées de Washington pour l’assassiner quand il dirigeait Cuba.
«J’ai presque ri face aux plans machiavéliques des présidents américains», a assuré celui qui, d’après les services de renseignement cubains, a été la cible de 634 complots entre 1958, un an avant son arrivée au pouvoir, et 2000.
Il a aussi reproché à Barack Obama d’avoir manqué de «hauteur de vue» au cours de sa visite historique en mai à Hiroshima.
«Le discours du président américain au Japon était dépourvu d’excuses pour le massacre de centaines de milliers de personnes à Hiroshima, même s’ils [les États-Unis] connaissaient les effets de la bombe», a déclaré Fidel Castro, dont l’anniversaire ne donne généralement lieu à aucune cérémonie officielle.
Parallèlement, le « Comandante » a rendu un hommage appuyé aux «grandes puissances»que sont la Chine et la Russie, dont le président, Vladimir Poutine, a souhaité «bonne santé, longévité, vitalité et prospérité» à son «cher ami» cubain.
Samedi après-midi, Fidel Castro est apparu en public, pour la première fois depuis avril, au côté de son frère Raúl et du président vénézuélien Nicolas Maduro, son principal allié en Amérique latine.
Vêtu d’une veste de survêtement blanc et d’un pantalon sombre, Fidel Castro a été vu en train de discuter avec M. Maduro lors d’un gala organisé par une compagnie de théâtre pour enfants dans la salle de spectacles Karl Marx à La Havane, selon des images diffusées en direct par la télévision locale.
« La rébellion »
Depuis des semaines à Cuba, une multitude d’affiches à son image rendent hommage à l’un des hommes les plus influents et les plus controversés du XXe siècle : à 90 ans, Fidel Castro reste plus présent que jamais sur l’île.
À Cuba, «Fidel c’est tout, c’est le sport, la culture… c’est la rébellion. Le Cubain est rebelle à cause de Fidel», s’enflamme Manuel Bravo, vitrier de 48 ans, face à l’un des nombreux bâtiments de La Havane sur lequel on peut lire le slogan : «Fidel, 90ans et bien plus».
Fidel, c’est l’homme qui a instauré un régime socialiste à parti unique, fortement critiqué sur la scène internationale pour les nombreuses violations des droits de l’homme. Mais c’est aussi celui qui a apporté santé et éducation gratuites à des millions de Cubains, en grande majorité pauvres.
Elle est loin, l’image de l’impétueux guérillero entré triomphalement à La Havane en 1959 : aujourd’hui, c’est un vieil homme à la barbe blanchie, diminué par une sévère crise intestinale il y a quelques années, qui vit retiré dans sa maison de La Havane, où il ne reçoit que de rares visites de personnalités.
Lors de sa précédente apparition publique, le 19 avril à la clôture du Congrès du parti communiste cubain, il avait admis, la voix tremblante : «Bientôt j’en aurai fini comme tous les autres. Notre tour viendra à tous».
Pas de quoi émouvoir ses plus fervents opposants, qui n’ont pas oublié les années de répression.
«Il restera comme un dictateur», tranche Marta Beatriz Roque, dissidente de 71 ans interrogée par l’AFP.
Et, même éloigné du pouvoir, Fidel Castro continue d’exercer «une influence indirecte à travers certaines figures du régime, qui sont mal à l’aise avec les réformes de Raúl», explique à l’AFP Kevin Casas-Zamora, professeur de sciences politiques à Oxford.
Sa seule présence physique sert de «rempart contre les réformes économiques et politiques les plus agressives», estime-t-il.
Mais Fidel n’a pas pu empêcher l’un des changements les plus radicaux survenus sur l’île : le rapprochement diplomatique historique entamé en 2015 avec les États-Unis.
Publiquement, l’ex-dirigeant ne s’est pas opposé à cette réconciliation, mais il est resté ferme dans ses positions : «Nous n’avons pas besoin que l’empire nous fasse cadeau de quoi que ce soit», écrivait-il en mars, une semaine après la visite de Barack Obama.
Une attitude qui continue de susciter une certaine admiration dans la région : «Pour la majorité des Latino-Américains, Fidel Castro représente la résistance héroïque à l’hégémonie américaine», note Peter Hakim, du groupe de réflexion Inter-American Dialogue à Washington.
Samedi, Castro est apparu en public pour la première fois depuis avril.
Fidel Castro, dans sa première apparition publique depuis juillet 2015.Photo: Cuba TV / Agence France-Presse
La Havane — Cela faisait neuf mois que ça ne s’était pas produit: Fidel Castro, le père de la révolution cubaine de près de 90 ans, est réapparu publiquement jeudi, s’exprimant sur les générosités du système scolaire cubain dans une école de La Havane.
Toujours assis, Fidel Castro a parlé à des écoliers de primaire à l’occasion du 86e anniversaire de la naissance de Vilma Espin, son ancienne belle-soeur et héroïne de la révolution, décédée en 2007, selon des images diffusées sur la télévision publique cubaine.
«Je suis sûr qu’un jour comme aujourd’hui Vilma serait très contente que je sois venu: elle a sacrifié sa vie, toute personne qui meurt au cours de la lutte révolutionnaire laisse son énergie» à ceux qui restent, a affirmé M. Castro, qui s’était déplacé dans une école de La Havane qui porte le nom de l’héroïne.
Fidel Castro, dans sa première apparition publique depuis juillet 2015, où il avait rencontré, avaient rapporté les médias d’État, des agents civils des Forces armées révolutionnaires et du ministère de l’Intérieur, a fait les louanges de l’école cubaine, gratuite, et sur les bancs de laquelle tous les Cubains se sont assis.
Cette apparition de M. Castro intervient à quelques jours du congrès du Parti communiste, le 16 avril, et après une longue lettre critique, Le frère Obama, écrite à la suite de la visite historique du 20 au 22 mars à La Havane du président américain.
Dans la foulée du rapprochement spectaculaire entamé fin 2014 entre les deux pays, Barack Obama avait alors appelé «à enterrer le dernier vestige de la Guerre froide».
«Nous n’avons pas besoin que l’empire nous fasse cadeau de quoi que ce soit», avait répliqué dans sa lettre l’ex-Lider Maximo, qui a cédé le pouvoir après un demi-siècle de pouvoir absolu en 2006, à la suite d’une lourde opération chirurgicale, à son frère cadet Raul.
Si sa dernière apparition publique remonte à juillet 2015, Fidel Castro, qui aura 90 ans le 13 août, reçoit régulièrement à son domicile personnalités et chefs d’État amis, selon les médias officiels qui le prouvent en publiant des photos.
L’ambassadeur de Cuba au Canada, Julio Garmendia Peña
Cuba encourage les entreprises canadiennes à se préparer en vue de la levée de l’embargo américain et à mettre entre autres fin à un «paradoxe» touristique.
Avec 1,3 million de visiteurs sur un total de 3 millions d’étrangers qui visitent l’île chaque année, les Canadiens — dont une forte proportion vient du Québec — comptent pour presque la moitié du tourisme à Cuba. Les entreprises canadiennes continuent pourtant à se faire bien discrètes dans l’industrie touristique cubaine avec moins de 100 millions en investissements totaux, a observé mercredi l’ambassadeur de Cuba au Canada, Julio Garmendia Peña, lors d’un point de presse en marge d’une allocution devant le Conseil des relations internationales de Montréal (CORIM).
«C’est beaucoup trop bas, a-t-il noté. Des compagnies canadiennes seraient pourtant bien placées pour répondre aux besoins de ce million de touristes et plus qui viennent chaque année de votre pays.»
Le diplomate ne voit qu’une explication possible à ce «paradoxe». Les éventuels investisseurs continuent d’avoir peur d’être accusés par les Américains de violer leur embargo contre Cuba et de s’exposer ainsi à des sanctions aux États-Unis.
Or, on assiste depuis un peu plus d’un an à un réchauffement des relations diplomatiques et économiques entre Cuba et son puissant voisin, comme l’a montré la visite du président Barack Obama la semaine dernière. Bien que la décision de lever l’embargo relève non pas de la Maison-Blanche, mais du Congrès américain, on peut présumer que cela se produira tôt ou tard, a fait valoir Julio Garmendia Peña à son auditoire. «On a fait sortir le génie de la bouteille, il serait difficile de l’y faire rentrer de nouveau.»
Dans ce contexte, les entreprises canadiennes devraient à tout le moins «explorer» les occasions d’affaires qui se présentent à elles et «échanger» avec de possibles partenaires cubains «afin d’être prêtes à agir lorsque le temps sera venu». «Venez faire un tour aujourd’hui. Venez demain. Mais n’attendez pas la levée de l’embargo avant de commencer à bouger.»
Portes ouvertes
Le diplomate s’est réjoui de la décision du gouvernement du Québec de faire de Cuba une priorité économique ainsi que de la visite officielle à Cuba de sa ministre des Relations internationales, Christine St-Pierre, cet automne. Quatrième partenaire commercial de Cuba, le Canada y dispose d’un fort capital de sympathie en raison du maintien des relations entre les deux pays en dépit de la révolution castriste, a-t-il souligné. Mais il ne doit cependant attendre aucun traitement de faveur.
Julio Garmendia Peña a dit constater un intérêt croissant pour son île de la part des compagnies canadiennes. Outre l’industrie touristique, il croit que le Canada pourrait être bien servi par son expertise en matière notamment d’énergies renouvelables, d’industrie agroalimentaire, de mines et de biotechnologies. Le gouvernement cubain a dressé la liste de secteurs prioritaires où il aimerait voir les investisseurs étrangers se concentrer, «mais il reste ouvert à toute autre idée qui se révélerait intéressante». «Il n’est pas question de voir s’installer des restaurants McDonald’s», a-t-il donné comme exemple.
Cuba s’est dotée en 2014 d’une nouvelle loi plus transparente visant à faciliter l’investissement étranger dans le pays. Si les compagnies intéressées ne peuvent toujours pas acheter de terrains et doivent se trouver un partenaire local, elles peuvent détenir jusqu’à 100 % des actions de l’entité qui sera créée. Ses profits seront également libres d’impôt les huit premières années, avant d’être taxés à 15 %. Une zone économique spéciale a aussi été aménagée autour du port de Mariel, près de La Havane.
Au jeu !
Cuba n’est pas en train de choisir entre les idéaux de la révolution et le pragmatisme économique, a expliqué aux journalistes son représentant à Ottawa. «On ne renonce à rien. Le socialisme cubain n’est pas le même que celui en Europe ou [à l’époque] des pays soviétiques. Il signifie préserver notre souveraineté et notre indépendance. Il signifie assurer à tous un bien-être, l’éducation gratuite, des soins de santé gratuits, une pension de vieillesse, le meilleur possible aux enfants…»
Le réchauffement des relations américano-cubaines n’a échappé à personne, dit-il. Depuis son annonce, en décembre 2014, La Havane grouille de visiteurs politiques et économiques des quatre coins du monde. «Cuba est à la mode.»
Ottawa et La Havane envisagent le projet d’une rencontre au sommet. «Le premier ministre Trudeau serait le bienvenu à Cuba», a dit aux journalistes Julio Garmendia Peña.
On se contentera pour le moment d’échanges culturels et sportifs. L’équipe nationale cubaine de baseball viendra, par exemple, disputer cet été une vingtaine de matchs au Québec, en Ontario et aux États-Unis.
Barack Obama et Raúl Castro se sont serrés la main avant la cérémonie d'ouverture du Sommet des Amériques.
Les présidents américain Barack Obama et cubain Raúl Castro se sont salués et ont échangé quelques mots vendredi peu avant l’ouverture du Sommet des Amériques au Panama, qui doit consacrer le rapprochement annoncé mi-décembre entre les deux ennemis de la guerre froide. «Ce soir au Sommet des Amériques, le président Obama et le président Castro se sont salués et se sont serré la main», a rapporté Bernadette Meehan, une porte-parole de la Maison Blanche.
Le sommet continental historique consacre le rapprochement amorcé entre les deux ennemis de la guerre froide.
Les deux hommes étaient à quelques pas l’un de l’autre vendredi soir pour l’ouverture du Sommet des Amériques, puis lors d’un dîner officiel. Mais la Maison-Blanche a indiqué qu’il faudrait probablement attendre samedi pour assister à une véritable conversation, la première entre les chefs d’État des deux pays depuis 1956.
La présence des deux hommes à ce sommet, qui réunit pendant deux jours une trentaine de chefs d’État, va couronner le réchauffement annoncé en décembre dernier au terme de 18 mois de tractations menées dans le plus grand secret. Cuba effectue ainsi son retour dans cette grand-messe continentale dont elle restait exclue par les États-Unis et l’Organisation des États américains depuis sa première édition en 1994.
MM. Obama et Castro se sont déjà parlés au téléphone mercredi, pour la deuxième fois après leur échange direct du 17 décembre qui avait précédé l’annonce surprise du rapprochement entre les deux pays, a indiqué la Maison-Blanche.
Par ailleurs, le secrétaire d’État américain, John Kerry, et le ministre cubain des Affaires étrangères, Bruno Rodriguez, se sont entretenus pendant trois heures dans la nuit de jeudi à vendredi, enregistrant des «progrès» selon le Département d’État.
Enjeu du terrorisme
L’annonce du dégel entre les ennemis de la guerre froide ouvre la voie à de longues et âpres négociations pour résoudre de nombreux points de contentieux hérités de 53 années d’affrontements.
Jeudi soir, un sénateur démocrate a indiqué que le Département d’État avait entamé les démarches pour la levée d’un premier obstacle : la présence de Cuba dans la liste américaine des pays soutenant le terrorisme.
Vendredi, un porte-parole a indiqué que M. Obama n’était «pas encore au stade» de prendre une décision sur ce point, sans toutefois écarter «une annonce» pendant le sommet.
Le retrait de cette liste est la principale condition posée par Cuba à la réouverture d’ambassades dans les deux pays, même si M. Obama a prévenu que cela «prendrait du temps».
Le président américain a rencontré plusieurs dissidents cubains peu avant l’ouverture du Sommet. Parmi les dissidents présents figuraient notamment l’avocate et journaliste indépendante Laritza Diversent et Manuel Cuesta Morua, a constaté un journaliste de l’AFP.
Avant la réunion, M. Obama avait assuré aux militants des droits de l’Homme de la région qu’il était «à leurs côtés».
Une possible rencontre Harper-Castro
Le premier ministre Stephen Harper est arrivé au Panama, vendredi, pour assister au Sommet des Amériques, où il espère discuter avec le président de Cuba et renforcer ses liens d’affaires avec l’Amérique latine. Il y a trois ans, le Canada et les États-Unis avaient été les seuls pays des Amériques à rejeter une proposition visant à inviter Cuba au sommet.
M. Harper semble maintenant avoir changé d’avis. Une source gouvernementale a précisé que rien n’avait encore été confirmé, mais que le Canada accueillerait favorablement une discussion en personne entre MM. Harper et Castro. Le Canada, qui maintient ses relations diplomatiques avec Cuba depuis 70 ans, a joué un rôle clé dans les récentes discussions entre Cuba et les États-Unis, qui se sont déroulées sur son territoire.
M. Harper prévoit également avoir des échanges bilatéraux avec d’autres leaders et faire une série d’annonces de nature économique impliquant plusieurs pays d’Amérique latine.