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lundi, février 29, 2016

Sur la frontière entre la Turquie et la Syrie, il se déroule des tragédies...


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Chirurgien obstétricien en mission humanitaire en Syrie
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Deux vans arrivent en trombe suivis par un pickup de l'armée turque. Des femmes, des enfants et des hommes cassés descendent, fatigués, visages livides, habits sales et pieds nus. On a dû certainement leurs retirer leurs chaussures pour qu'ils n'essaient plus de fuir. Le tableau est triste et tragique. Et puis descend une grand-mère pliée en deux, avec seulement des chaussettes aux pieds. Elle s'appuie sur un homme d'une cinquantaine d'années, fatigué et deux sacs en plastiques entourant ses pieds.
Rachid, la tête baissée, posée sur la vitre de notre voiture, ne pouvait plus retenir ses larmes. Il était indécent de prendre une photo pour témoigner de cette tragédie. Nos têtes se devaient de se détourner pour nous convaincre qu'on ne fait pas dans le voyeurisme, puisqu'on ne pouvait rien pour ces personnes, qui ont perdu plusieurs choses et certainement leurs dernières économies en payant les passeurs.
Sur la frontière entre la Turquie et la Syrie, il se déroule des tragédies. La puissance du feu nourri de l'aviation russe et les machines de guerre ont obligé les habitants des villages du nord d'Alep à quitter leurs domiciles. Des domiciles qui sont tombés en ruines sous l'effet des bombardements. Les villageois de ligne de frontières ont accueilli certaines familles chez eux, d'autres sont partis dans les camps organisés ou de fortune. Le reste des réfugiés a été tenté de quitter le pays et de partir de la Syrie.
En voyant cette désolation et ces personnes prises par l'armée turque comme des malfrats, nous étions envahis par la colère, la faiblesse et la honte. Nous ne pouvions rien faire pour eux. Même pas leur adresser la parole. Voilà des personnes restées au pays parce que pauvres ou ne voulant pas quitter leur domicile, et il leur arrive tant de misères et d'humiliations !
On peut philosopher sur le nombre de réfugiés et comprendre la capacité des États et des sociétés à recevoir ou non des migrants, mais les personnes que nous avons vues dans la déchéance sont des personnes réelles, qui ont perdu leur toit. Elles ont froid, n'ont plus leurs maigres bagages ni leurs économies - si elles en avaient - et se retrouvent au point de départ. L'image des enfants tremblotants, des nourrissons emmitouflés pris dans les bras de femmes aux visages fatigués et aux habits souillés me sont restées gravées dans l'esprit.
Cette vue est tragique : c'est celle de la destruction et de la désorganisation d'une société qui n'a rien à envier à celle de la destruction des habitations et des structures vitales du pays. J'ai été toujours habitué à rencontrer des femmes syriennes, fières, sobres et proprement habillées malgré les péripéties de la guerre.
Rachid Jankari, journaliste et spécialiste des nouveaux médias que je connais depuis des années et qui m'accompagne dans mes activités sur Gaza et en Syrie a décidé de venir avec moi en Syrie depuis le 21 février 2016 pour vivre de plus près la situation des victimes de la guerre syrienne après sa contribution au projet Injab, dédié à l'offre de soins gratuits aux réfugiés syriens et sub-sahariens. Il a été servi dès l'arrivée à la frontière...

vendredi, octobre 02, 2015

Conflit syrien : onde de choc au Moyen-Orient Jean Chrétien voit d’un bon œil l'aide offerte par Moscou en Syrie

http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/international/

 Mise à jour le vendredi 2 octobre 2015 à 2 h 48 HAE  La Presse Canadienne
L'ex-premier ministre libéral Jean Chrétien
L'ex-premier ministre libéral Jean Chrétien  Photo :  PC/Sean Kilpatrick

Ottawa devrait se réjouir du désir de Vladimir Poutine de faire son bout de chemin pour combattre le groupe armé État islamique (EI) en Syrie, selon Jean Chrétien.
L'ancien premier ministre fédéral a reconnu que la participation de Moscou dans cette lutte peut certes soulever la controverse, mais que l'Occident réaliserait un bon coup en acceptant la main tendue par le président russe.
Il a effectué cette sortie, jeudi, à son passage à Vancouver en soutien à la campagne du Parti libéral du Canada en Colombie-Britannique.
Il en a profité pour dire qu'il avait eu l'occasion de rencontrer M. Poutine par le passé et qu'il a pu constater qu'il s'agissait d'un « type dur » et « déterminé ».
M. Chrétien a enchaîné en mentionnant que pour pouvoir « gérer la Russie, il ne faut pas être un minet ».
De toute évidence, le premier ministre fédéral sortant ne partage pas l'enthousiasme de Jean Chrétien par rapport à la proposition d'aide formulée par Vladimir Poutine.
Dernièrement, Stephen Harper a multiplié les critiques acerbes contre ce chef d'État qui est un allié du président syrien Bachar Al-Assad.
Il a, entre autres, lancé que les efforts de M. Poutine pour envoyer du matériel militaire et des troupes pour soutenir le régime Assad risquaient d'entraîner une dégradation de la situation en Syrie, un pays qui est déjà une véritable poudrière.
Des inquiétudes ont aussi été exprimées du côté de Washington dans la foulée de frappes aériennes menées par la Russie en sol syrien.
Les États-Unis ont indiqué qu'ils soupçonnaient Moscou d'avoir effectué ces opérations pour renforcer les positions des forces gouvernementales de Bachar Al-Assad plutôt que pour nuire au groupe extrémiste État islamique.

mercredi, septembre 30, 2015

Moscou commence à bombarder des rebelles en Syrie

http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/International/

Mise à jour le mercredi 30 septembre 2015 à 4 h 24 HAE   Radio-Canada avec Reuters et Agence France-Presse
Vladimir Poutine
Vladimir Poutine  Photo :  RIA Novosti / Reuters

Les forces armées russes ont commencé à bombarder des positions détenues par des rebelles syriens mardi. Selon le ministère de la Défense, cité par des agences de presse russes, les frappes aériennes visent du matériel militaire, des systèmes de communication ainsi que des dépôts d'armes, de munitions et de carburant de l'État islamique.
« Conformément à la décision du commandant en chef des forces armées Vladimir Poutine, nos avions ont mené une opération aérienne et réalisé des frappes de précision sur des cibles au sol des terroristes du groupe État islamique en Syrie », a déclaré le général Igor Konachenkov, porte-parole du ministère de la Défense, cité par ces mêmes agences.
« Le seul moyen de lutter efficacement contre le terrorisme international -- en Syrie comme sur les territoires voisins -- (...) est de prendre de vitesse, de lutter et de détruire les combattants et les terroristes sur les territoires qu'ils contrôlent et ne pas attendre qu'ils arrivent chez nous », a pour sa part déclaré le président russe Vladimir Poutine, selon des propos retransmis à la télévision russe.
Un responsable américain a toutefois déclaré à Reuters sous le couvert de l'anonymat qu'il n'est pas clair que les frappes russes visent bel et bien l'État islamique. Selon lui, les frappes sont survenues dans les environs de Homs. Ce responsable affirme que les États-Unis continuent de mener leurs propres opérations en Syrie, comme ils le font depuis plus d'un an maintenant, avec l'appui d'autres pays, dont le Canada et la France. 
Les frappes ont commencé peu après que les sénateurs russes eurent autorisé à l'unanimité le président Poutine à déployer les forces armées russes en Syrie à la demande du président syrien Bachar Al-Assad. Les troupes syriennes ne contrôlent plus qu'une portion de leur territoire, le reste étant maintenant aux mains du groupe armé État islamique ou d'autres groupes rebelles. Bachar Al-Assad soutient que tous ses ennemis sont « des terroristes », peu importance leur allégeance. 
La requête soumise au Conseil de la Fédération par le Kremlin ne concerne que le recours à la force aérienne et pas à des troupes au sol, a précisé Sergueï Ivanov, chef de l'administration présidentielle. « Le président syrien a demandé à la direction de notre pays une assistance militaire », a précisé Ivanov.
Ces développements surviennent peu après que Vladimir Poutine eut profité d'un discours devant l'Assemblée générale des Nations unies, lundi, pour appeler à la création d'une coalition élargie en Syrie contre les djihadistes de l'État islamique. Les pays occidentaux le soupçonnent de vouloir avant tout réhabiliter Al-Assad. Le président syrien a l'appui de Moscou depuis le début de ce conflit. 
« S'il doit y avoir une coalition unie, ce dont je doute, ou au final deux coalitions, une dirigée par les Américains et l'autre par les Russes, il faudra qu'ils coordonnent leurs actions », a déclaré à Reuters Ivan Konovalov, un expert militaire.
C'est précisément l'objet d'un centre de coordination mis en place à Bagdad et dont la création a été annoncée le week-end dernier. Cette cellule de coordination en matière de renseignement et de sécurité comprend l'Irak, l'Iran, autre allié indéfectible de Damas, la Russie et la Syrie. Selon un porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, les Américains ont été invités à y participer, mais ont décliné l'offre.