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samedi, février 27, 2016

Les OUI Québec relancent les pourparlers sur la convergence souverainiste

Publication: Mis à jour: 
73778042
Hors de la convergence, point de salut. C'est du moins l'avis de Claudette Carbonneau, présidente des Organisations unies pour l'indépendance (OUI Québec).
Un texte de Davide Gentile
Les libéraux sont, selon elle, avantagés par la présence de trois opposants au lieu d'un seul comme c'était le cas auparavant. « Le PLQ a une clientèle plus captive, disons-le comme ça. Alors, ça devient une nécessité absolue de développer des convergences ».
Une table de concertation avec les quatre partis souverainistes est sur pied. Une rencontre a eu lieu et trois autres sont prévues.
Si on continue comme ça, les indépendantistes vont être sur les banquettes de l'opposition pendant longtemps.
Claudette Carbonneau
Québec solidaire craint pour sa survie
Andres Fontecilla, de Québec solidaire, exclut pour l'instant toute forme d'alliance électorale avec le PQ.
Ça impliquerait presque la disparition de QS d'un grand nombre de comtés au Québec. Ce qui rend impossible, sur la base du système actuel, un partage des comtés.
Andres Fontecilla, de Québec solidaire
Selon lui, les organisations de la société civile, à l'image des OUI Québec, doivent jouer un rôle important.
Comme plusieurs, il se réfère au cas de la Catalogne qui a récemment élu une majorité de députés indépendantistes. D'après lui, ça démontre que « l'existence de différentes organisations qui portent des points de vue différents est un aspect positif pour l'atteinte de l'indépendance ».
Nouvelle approche au PQ
Au Parti québécois, on refuse de brusquer les choses pour l'instant. « Parler d'alliance avant de se parler tout court, c'est mettre la charrue avant les bœufs », estime la députée péquiste Véronique Hivon.
Elle affirme que sa formation a changé d'approche dans ce dossier. « On était beaucoup dans le discours des brebis égarées qui doivent revenir vers le Parti québécois ». Le PQ n'est plus là, dit-elle.
On est dans la main tendue, dans des espaces neutres de discussion avec les autres forces indépendantistes. 
La députée péquiste Véronique Hivon
Véronique Hivon partage l'idée que la relance doit venir aussi de la société civile et des citoyens. « Il faut faire le constat que beaucoup de gens sont cyniques par rapport à l'exercice de la politique, mais ils croient encore dans le projet d'indépendance », observe-t-elle.
Mettre à contribution la société civile
Les OUI Québec pensent justement que la relance du mouvement indépendantiste peut être portée par les organisations citoyennes. Celles-ci ont joué un rôle déterminant en Catalogne, où les partis indépendantistes ont mis la main sur la majorité des sièges au Parlement catalan.
« Il y a quatre ans, l'option souverainiste [en Catalogne, NDLR] recueillait environ 20 % des voix », rappelle Claudette Carbonneau. « À l'élection de septembre dernier, ils étaient passés à 47 % et le principal moteur de la hausse a été la société civile », analyse-t-elle.
Elle pense qu'il faut recréer ce genre de mouvement au Québec, comme ça a été le cas avant le référendum de 1995 avec le groupe Partenaires pour la souveraineté.
Mais le système de proportionnelle qui existe en Catalogne rend la situation bien différente de celle du Québec. Au final, il faudra que les indépendantistes trouvent une solution. Selon Claudette Carbonneau, il faut « faire en sorte, du moins dans certains comtés, d'éviter de se concurrencer de façon éhontée ».
Courtiser la base de la CAQ
Certaines organisations souverainistes pensent qu'il faut plutôt séduire une partie de l'électorat caquiste.
C'est la position de Génération nationale, dont le président, Simon-Pierre Savard-Tremblay, pense qu' « il y a une masse de 20 % d'électeurs qui va vers un parti qui s'appelle la Coalition avenir Québec ».
Comme plusieurs autres indépendantistes, il est assez sceptique face à l'idée de convergence. « Tout le monde est pour la tarte aux pommes », dit-il.
« C'est important, mais il ne faut pas mettre trop d'efforts là-dessus, alors qu'une importante masse électorale se trouve ailleurs », souligne Simon-Pierre Savard-Tremblay, en parlant des sympathisants de la CAQ.

vendredi, octobre 16, 2015

Faire l’indépendance plutôt que faire campagne

http://www.ledevoir.com/politique/

OUI Québec lance une offensive publicitaire pour dénoncer «Une élection de trop»

16 octobre 2015 |Francis Halin | Canada
Claudette Carbonneau a présenté la campagne auprès de l’artiste Simon Beaudry, à l’origine du concept.
Photo: Pedro Ruiz Le Devoir

Claudette Carbonneau a présenté la campagne auprès de l’artiste Simon Beaudry, à l’origine du concept.
« Si Justin Trudeau était élu, ça risquerait d’être la balle dure sur la question constitutionnelle, car il s’est défini comme étant le digne fils de Pierre Elliott Trudeau. » C’est à tout le moins ce que pense Claudette Carbonneau, présidente des Organisations unies pour l’indépendance (OUI Québec), autrefois le Conseil de la souveraineté du Québec, qui a dévoilé jeudi à Montréal une campagne de sensibilisation pour dénoncer l’actuelle campagne électorale fédérale sur le territoire du Québec. Baptisée « Une élection de trop », l’offensive publicitaire est l’oeuvre de l’artiste transdisciplinaire Simon Beaudry.
 
« Nous ne devons plus dépendre du reste du Canada pour être en mesure d’élaborer notre propre politique industrielle », a ajouté l’ancienne syndicaliste, citant en exemple le comportement du fédéral lors de la crise qui a touché le secteur des pâtes et papiers ou encore les investissements orientés vers l’économie du pétrole plutôt que dans l’industrie manufacturière québécoise.
 
Renaissance indépendantiste
 
Claudette Carbonneau affirme que la flamme souverainiste est loin d’être éteinte, et cela, même si le NPD et les autres partis fédéralistes obtiennent encore plus de voix que le Bloc québécois dans plusieurs sondages. « Nos comités OUI Québec se multiplient en région, le Parti québécois s’affirme de plus en plus, le débat est plus présent au Bloc québécois, Québec solidaire a lancé des campagnes pour en parler l’été dernier… », a-t-elle voulu rappeler.
 
Dans le camp fédéraliste, la promesse de « répliquer systématiquement aux arguments pour l’indépendance du Québec » du premier ministre Philippe Couillard prouve que le débat est plus présent qu’on ne le pense, tranche la présidente de l’organisation, écorchant également au passage le chef de la Coalition avenir Québec : « Même François Legault, qui s’était promis de vivre dix ans dans un no mans land sur la question de l’indépendance, veut désormais se doter d’un programme plus autonomiste. »
 
Simon Beaudry, l’artiste derrière les panneaux revendicateurs grands formats qui habillent désormais le Quartier latin, dit partager les mêmes convictions souverainistes, même si les enjeux s’expriment autrement pour lui. « Pour moi, tous ceux qui habitent ici sont des Québécois, peu importe les vêtements qu’ils portent, et même la langue qu’ils parlent. Je pense d’ailleurs qu’il manque d’indépendantistes anglophones dans le mouvement », a conclu l’artiste.