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jeudi, octobre 29, 2015

1 milliard $US dans la CSeries: le gouvernement s'est fait avoir, dit l'opposition

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«Dans Bombardier, le gouvernement libéral s’est fait avoir. Il a agi comme un enfant d’école devant une grande entreprise qui a tout obtenu, mais les contribuables prennent tous les risques et c’est une mauvaise entente», a déclaré le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault.

LOUIS GAGNÉ
MISE à JOUR 
QUÉBEC - Le gouvernement Couillard s’est fait avoir comme un enfant d’école en investissant 1 milliard $US dans un projet aussi risqué que la CSeries, ont dénoncé les partis d’opposition jeudi.
«Dans Bombardier, le gouvernement libéral s’est fait avoir. Il a agi comme un enfant d’école devant une grande entreprise qui a tout obtenu, mais les contribuables prennent tous les risques et c’est une mauvaise entente», a déclaré le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault.
Ce dernier croit que le gouvernement aurait dû investir dans les deux divisions de Bombardier qui sont rentables, celles des Transports et des avions d’affaires, au lieu de mettre tous ses œufs dans le seul panier de la CSeries.
«Je n’en reviens pas comment le gouvernement libéral a mal négocié, a dit le chef du deuxième groupe d’opposition. Il a eu l’air d’un enfant en culottes courtes.»
De «piètres négociateurs»

Le chef du Parti québécois, Pierre Karl Péladeau, a abondé dans le même sens que son adversaire caquiste.
«J’en conclus que le gouvernement, le premier ministre et son ministre de l’Économie sont de piètres négociateurs. [...] Le gouvernement va prendre tous les risques, et ce sont les actionnaires de Bombardier qui vont en récupérer les bénéfices», a-t-il déploré.
M. Péladeau a soutenu que la Caisse de dépôt et placement, qui gère le bas de laine des Québécois, n’aurait jamais accepté d’investir uniquement dans la CSeries, sans prendre de participation dans la compagnie mère.
«Honnêtement, je crois que la Caisse de dépôt ne serait jamais rentrée dans un “deal” de cette nature», a indiqué le chef péquiste.
Le gouvernement a investi «dans une filiale, alors qu’il y a des actifs extrêmement importants et avantageux dans Bombardier, particulièrement la division Transport, a-t-il relevé. Pourquoi ne met-il pas son argent au même niveau que la famille Bombardier, au même niveau que l’ensemble des actionnaires de Bombardier? C’est ça qui est inquiétant.»

Le départ des Nordiques responsable de la défaite du «oui»?

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Alors que les Nordiques couraient à leur perte, Me Guy Bertrand aurait contacté par lettre Jacques Parizeau pour lui dire qu’il n’avait «pas le droit de laisser partir les Nordiques» lors de l’année référendaire.

KATHRYNE LAMONTAGNE
MISE à JOUR 
Alors que les Nordiques couraient à leur perte, Me Guy Bertrand aurait contacté par lettre Jacques Parizeau pour lui dire qu’il n’avait «pas le droit de laisser partir les Nordiques» lors de l’année référendaire.  À en croire l’avocat Guy Bertrand, le départ des Nordiques de Québec serait en grande partie responsable de la défaite du camp du «oui» au référendum de 1995.

Le bien connu avocat de Québec a fait cette sortie mercredi, sur les ondes du 1040 AM du grand Montréal. Alors que l’équipe professionnelle de Québec courait à sa perte, Me Bertrand aurait contacté par lettre Jacques Parizeau pour lui dire qu’il n’avait «pas le droit de laisser partir les Nordiques» lors de l’année référendaire.

Selon lui, nul doute que l’émotivité liée à ce départ a eu un impact sur les intentions de vote des gens de Québec et des régions avoisinantes. «Ça a joué. Le référendum n’a pas été perdu à cause de l’argent et des votes ethniques», a-t-il plaidé, ajoutant qu’il avait lui-même préparé une «stratégie» pour conserver l’équipe dans la capitale.

En tant qu’«ambassadeur» de la nation québécoise, les Nordiques avaient permis à la Ville de Québec de s’installer parmi les «grands», soutient-il. «On joue contre Montréal, Chicago, New York, Philadelphie et on est gonflé comme étant parti du grand monde», analyse-t-il.

Mais le départ de l’équipe aurait «rapetissé» et «humilié» psychologiquement les citoyens. «On ne pouvait plus vivre parmi les grands. Il y a eu une grande humiliation et c’est clair que c’est fatal, le référendum s’est perdu là», plaide Me Bertrand.

L’avocat affirme que le «oui» s’est égaré dans l’approche effectuée par M. Parizeau, qui ne «marchait pas». Me Bertrand lui aurait fait parvenir une seconde lettre dans laquelle il proposait une stratégie différente qui «aurait fait gagner le oui facilement, avec une grande majorité», a-t-il soutenu, avant d’ajouter que les détails de cette affaire se retrouveront dans sa biographie.

L’industrie du livre référendaire

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LISE RAVARY
MISE à JOUR 
Le 20e anniversaire du référendum de 1995 inspire nos éditeurs. Sur mon bureau, une pile d’ouvrages récents racontent l’histoire du référendum, exposent le vol du référendum ou grattent le bobo du référendum.
Dans son décapant, mais néanmoins jouissif essai L’avenir du bluff québécois. La chute d’un peuple hors de l’Histoire (Liber), le professeur de philosophie et pamphlétaire Christian Saint-Germain n’est pas tendre envers ceux qu’il estime incapables de concevoir et de vouloir l’indépendance au-delà de «l’agitation tribale» des années 1970.
Le Québec a changé depuis 20 ans. Le référendum de 1995 pour beaucoup, c’est de l’histoire ancienne.
L’auteur attribue en partie l’échec de 1995 à la Révolution tranquille. Nous aurions été distraits par la modernité au point de perdre les repères historiques et culturels qui auraient permis de comprendre pourquoi l’indépendance était essentielle­­.
«Nous sommes, écrit-il, dans une dynamique de préarrangements funéraires avec le Canada et dans la recherche des plus hauts standards vétérinaires pour l’agonie individuelle». C’est comme ça pendant 88 pages.
Que reste-t-il d’hier ?
Dans La Souveraineté en héritage (Boréal), le professeur de sociologie Jacques Beauchemin désespère de son peuple. «Nos ancêtres auraient-ils résisté et lutté avec courage depuis la Conquête pour voir leurs descendants dilapider l’héritage?» demande-t-il.
La nation et l’identité, deux thèmes de prédilection chez Beauchemin, sont aussi explorées. «Le doute, le déni et l’ambivalence sont lovés dans les replis secrets de notre identité.» Rien pour nous faire giguer de bonheur. Un très beau livre, mais empreint de tristesse et de lassitude.
Les avocats Frédéric Bérard et Stéphane Beaulac y sont allés d’un ouvrage à saveur juridique, Droit à l’indépendance (XYZ), qui examine tant la loi sur la clarté référendaire, les décisions de la Cour suprême que la quête de souveraineté de l’Écosse, de la Catalogne, du Monténégro, de Slovénie et du Kosovo. Accessible et instructif.
Demain, Jean-François Lisée lancera Octobre 1995 – Tous les espoirs, tous les chagrins (Québec Amérique), nul doute le plus candide de tous les ouvrages sur le référendum de 1995 qui contiendra son lot de révélations politiquement croustillantes, dont seul Lisée possède la recette.
Enfin, le polémiste Robin Philpot a réédité­­ son ouvrage de 2005, Le référendum volé : 20 ans plus tard (Baraka), une charge à fond de train contre le ROC, le gouvernement fédéral et l’organisme fantoche Option Canada. Philpot sait comment donner des jabs littéraires.
Aujourd’hui, qu’en reste-t-il ?
Des Québécois intelligents et lucides ont répondu non en toute connaissance de cause en 1995, mais ils n’écrivent pas beaucoup de livres. C’est malheureux, car il y a certainement une autre manière de revivre les événements du 30 octobre 1995 que par une séance d’autoflagellation.
Mis à part Le livre qui fait dire oui d’Option nationale, les ouvrages sur le référendum de 1995 sont absents des palmarès de ventes. Astérix, Boucar Diouf, Millenium 4, Foglia, les recettes de Famille futée et le Livre de la lumière. Interrogez le ciel et il vous répondra, de Ginette Reno, se battent pour la première place.
Le Québec a changé depuis 20 ans. Le référendum de 1995 pour beaucoup, c’est de l’histoire ancienne. Il n’aurait rien à en tirer. Si le Québec veut devenir un pays, il devrait se préoccuper de l’avenir plus que du passé. Une nation ne peut se nourrir exclusivement de nostalgie, de colère et de ressentiment.