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lundi, novembre 09, 2015

La CAQ remet la Constitution sur la sellette

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Mise à jour le dimanche 8 novembre 2015 à 12 h 43 HNE  La Presse Canadienne
Le chef de la CAQ, François Legault
Le chef de la CAQ, François Legault  Photo :  PC/Paul Chiasson

Un gouvernement caquiste s'engagerait dans de nombreuses rondes de négociations constitutionnelles. Il y présenterait une longue liste de doléances, à la fois sur la langue, la culture, le contrôle du pouvoir fédéral de dépenser, le droit de veto du Québec, la reconnaissance du Québec comme nation, l'abolition ou la réforme du Sénat et du rôle du lieutenant-gouverneur.
La Coalition avenir Québec a présenté, dimanche, à son conseil général à Laval cette nouvelle position sur la question nationale pour rallier les nationalistes et les souverainistes autour d'un Québec plus autonome au sein du Canada.
La liste des revendications caquistes s'apparente aux demandes du Québec à l'accord du lac Meech qui a avorté en 1990.
François Legault soutient qu'il s'agit d'une démarche « pragmatique ».
Étapisme
Un gouvernement caquiste commencerait par des réformes qui n'engagent que l'Assemblée nationale comme l'amélioration de la francisation et le lancement du Projet Saint-Laurent, une stratégie de développement économique préconisée par la CAQ. Le parti demanderait aussi que les juges de la Cour suprême soient nommés sur proposition de l'Assemblée nationale.
Mais il s'engagerait ensuite à réclamer des ententes administratives avec Ottawa, pour obtenir plus de points d'impôts, une déclaration de revenus unique, la correction du déséquilibre dans les investissements d'Ottawa en recherche et développement, etc.
Il demanderait à Ottawa des modifications constitutionnelles bilatérales, pour obtenir la prépondérance du Québec en matière de langue, d'immigration et de culture, ainsi que le contrôle des infrastructures portuaires sur le Saint-Laurent.
Puis la CAQ voudrait s'engager dans une ronde multilatérale avec les autres provinces et le gouvernement fédéral. Elle réclamerait la reconnaissance constitutionnelle pleine et entière du Québec comme nation, mais aussi des négociations sur le développement énergétique et la réglementation environnementale, et l'encadrement du pouvoir fédéral de dépenser.
Ces modifications nécessitent l'appui d'un minimum de 7 provinces sur 10 représentant 50 % de la population canadienne.
Enfin, un éventuel gouvernement caquiste viserait à obtenir le bilinguisme obligatoire des juges à la Cour suprême, le droit de veto du Québec sur les modifications constitutionnelles, l'abolition ou la réforme du Sénat et de la fonction du lieutenant-gouverneur.
Ces propositions nécessitent un accord constitutionnel avec le gouvernement fédéral et l'ensemble des provinces.
Une année difficile
Ce conseil général prend des allures de nouveau départ, après une année particulièrement pénible pour la CAQ. La course à la direction du PQ et l'élection de Pierre Karl Péladeau à sa tête ont jeté de l'ombre sur le parti de François Legault.
La CAQ a aussi encaissé le départ de Gérard Deltell, qui a fait le saut sur la scène fédérale, pour ensuite perdre la circonscription qu'il détenait, Chauveau, dans une défaite cuisante aux mains du Parti libéral.
Enfin, la députée d'Arthabaska Sylvie Roy a claqué la porte en août, évoquant des désaccords fondamentaux avec son chef, qui lui a pour sa part reproché des problèmes de comportement.
Même François Legault a reconnu que son parti était forcé par ses adversaires de se jeter dans le débat sur la question nationale, lui qui a pourtant toujours plaidé pour une trêve de 10 ans sur cet enjeu.

Partielles: un référendum sur «l'austérité» du gouvernement?

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Publié le 09 novembre 2015 à 06h45 | Mis à jour à 06h45
Marie-Ève Rancourt, candidate du Québec solidaire dans Saint-Henri-Sainte-Anne.... (PHOTO OLIVIER JEAN, LA PRESSE)
PHOTO OLIVIER JEAN, LA PRESSE

Marie-Ève Rancourt, candidate du Québec solidaire dans Saint-Henri-Sainte-Anne.

Au terme d'une campagne éclipsée par le scrutin fédéral, près de 200 000 électeurs québécois sont appelés aux urnes aujourd'hui pour élire leur député à Montréal, à Laval, en Beauce et dans le nord-est du Québec. Quatre élections partielles qui pourraient se transformer en référendum sur les mesures d'austérité et les 18 premiers mois du gouvernement Couillard.
Dominique Anglade, candidate du Parti libéral dans Saint-Henri–Sainte-Anne.... (PHOTO OLIVIER JEAN, LA PRESSE) - image 1.0
Dominique Anglade, candidate du Parti libéral dans Saint-Henri–Sainte-Anne.
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Gabrielle Lemieux, candidate du Parti québécois dans Saint-Henri–Sainte-Anne.... (PHOTO OLIVIER JEAN, LA PRESSE) - image 1.1
Gabrielle Lemieux, candidate du Parti québécois dans Saint-Henri–Sainte-Anne.
PHOTO OLIVIER JEAN, LA PRESSE
Même s'il n'avait pas son effervescence estivale, le marché Atwater fourmillait hier de citoyens venus faire leurs emplettes dominicales ou déguster un espresso. Une occasion en or pour mener un dernier blitz de campagne pour les candidats de Saint-Henri-Sainte-Anne. Postée devant le marché, la libérale Dominique Anglade a multiplié poignées de main et discussions avec les badauds hier après-midi.
Tout juste avant le début la mêlée de presse, un citoyen interpelle La Presse pour vanter les mérites de la candidate. « Elle va faire une très bonne députée », lance-t-il devant celle-ci, un peu gênée. Depuis l'annonce de la candidature de Mme Anglade, ses adversaires lui reprochent d'être une transfuge caquiste et une résidante de Westmount qui ne connaît pas sa circonscription. Dominique Anglade balaie ces accusations d'un revers de main, disant s'être inspirée du travail de terrain de la populaire députée libérale sortante Marguerite Blais. 
« Je suis née juste à côté d'ici, j'habite à cinq minutes d'ici, mon mari a établi son entreprise en plein coeur de la circonscription [...] C'est une circonscription que je connais bien, avec laquelle j'ai plein d'affinités. »
À l'autre bout du marché Atwater, le candidat de la Coalition avenir Québec (CAQ), Louis-Philippe Boulanger, achève son sprint électoral, qui n'a duré que trois semaines puisqu'il n'a pas fait campagne pendant les élections fédérales par « respect pour les électeurs ». 
Il ne mâche pas ses mots à l'endroit de Dominique Anglade, ex-présidente de son parti. « Il y a à peine deux ans, [elle] disait que le Parti libéral était corrompu. Aujourd'hui, elle se présente pour le Parti libéral. Ce n'est pas quelqu'un qui a tenu ses convictions très longtemps », lâche-t-il. Le candidat caquiste croit être en mesure de profiter du « désir de changement » des gens.
« [La population est] tannée du Parti libéral, des coupes et du massacre en éducation. »
Même si le Parti québécois a terminé deuxième avec 22 % des votes en 2014, la candidate péquiste Gabrielle Lemieux est persuadée que le mécontentement des citoyens à l'endroit du gouvernement Couillard lui permettra de ravir ce fief libéral.
« C'est sans contredit une élection sur l'austérité. »
« C'est vraiment l'occasion de dire au gouvernement que les coupes qu'il fait présentement, les compressions en éducation, en santé, dans le secteur communautaire et dans les garderies, ce n'est vraiment pas bon pour le Québec et pour les citoyens de Saint-Henri-Sainte-Anne en particulier. »
Dans le camp de Québec solidaire, on pense qu'une vague anti-austérité pourrait submerger la circonscription, voire d'autres endroits au Québec. « On a un espoir réel de faire une percée, une belle  », s'enthousiasme la députée Françoise David, venue prêter main-forte à la candidate Marie-Ève Rancourt hier.
« Ça fait longtemps qu'on parle d'austérité, mais maintenant, les gens saisissent réellement l'impact de ces mesures-là sur leur vie et ils constatent cet appauvrissement. »
La bataille de Fabre
La circonscription de Fabre, dans l'ouest de Laval, est vacante depuis le départ du libéral Gilles Ouimet, réélu en 2014 avec 55 % des voix. Pour lui succéder, les libéraux ont fait confiance à Monique Sauvé, ex-présidente du Réseau des carrefours jeunesse-emploi du Québec. 
« Je suis quelqu'un de conviction. Je n'ai jamais hésité à nommer haut et fort les préoccupations des jeunes auprès du gouvernement », affirme-t-elle en entrevue téléphonique. La candidate promet notamment de promouvoir l'achat des produits lavallois et de trouver une solution à l'engorgement des trains de banlieue.
En plus des enjeux de transport et des zones inondables, son opposant péquiste Jibril Akaaboune Le François croit que la question des compressions en éducation est cruciale dans Fabre. 
« À Sainte-Dorothée en particulier, la question des services aux élèves est revenue régulièrement. Les gens ne comprennent pas quel est le plan du gouvernement. » 
Même son de cloche chez Carla El-Ghandour, candidate de la CAQ, qui dénonce les coupes dans les services aux élèves. « Je sens vraiment un vent de changement », maintient-elle. Du côté de Québec solidaire, le candidat Charles Lemieux, âgé de 20 ans, croit que les citoyens, « tannés » de l'austérité, sont « prêts pour un changement concret ».
Beauce-Sud
Le libéral Paul Busque tentera de succéder au député sortant Robert Dutil afin de maintenir l'hégémonie libérale dans la circonscription beauceronne. Seule la défunte Action démocratique du Québec a réussi à détrôner les libéraux depuis 1979. Bon deuxième en 2014 avec 38 % des voix, Samuel Poulin se représente pour la CAQ. Les autres candidats sont Renaud Fortier, du PQ, et Diane Vincent, de Québec solidaire.
René-Lévesque
L'ex-whip en chef du PQ Marjolain Dufour régnait sur cette gigantesque circonscription de l'est et du nord du Québec depuis 2003. Le candidat Martin Ouellet tentera de lui succéder contre la libérale Karine Otis, le caquiste Dave Savard et la solidaire Claire du Sablon. En 2014, les libéraux avaient terminé deuxièmes avec 22 % des voix.

dimanche, novembre 08, 2015

GÉNIE-CONSEIL L’industrie montre patte blanche en attendant Charbonneau

http://www.ledevoir.com/politique/

7 novembre 2015 |Guillaume Bourgault-Côté | Québec
Le rapport de la commission Charbonneau distribuera certainement des blâmes à des firmes membres de l’Association des firmes de génie-conseil du Québec.
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne

Le rapport de la commission Charbonneau distribuera certainement des blâmes à des firmes membres de l’Association des firmes de génie-conseil du Québec.
Nouvelles normes d’éthique et d’intégrité, nouvelle gouvernance, nouveau nom… et tournée médiatique pour mettre ces changements de l’avant : à quelques semaines du dépôt du rapport de la commission Charbonneau, l’Association des firmes de génie-conseil du Québec (AFG) veut montrer patte blanche et assure que l’industrie a changé.
 
C’est une « tempête presque apocalyptique » qui s’est abattue sur le génie-conseil depuis quatre ans, reconnaissait jeudi le p.-d.g. de l’association, André Rainville, lors d’une entrevue éditoriale avec Le Devoir. « Nous avions le vent dans les voiles, puis le vent s’est transformé en tourbillon… Ça a été difficile. La réputation de l’industrie a été sérieusement entachée par des gestes indéfendables. »
 
Les nombreuses révélations des enquêtes journalistiques et de la commission Charbonneau ont provoqué une crise de confiance qui est aussi survenue dans un contexte économique« défavorable », dit M. Rainville. Résultat combiné : « On a subi une baisse des activités qui a mené à une diminution sévère des emplois. »
 
Ils étaient environ 23 000 à travailler pour les firmes québécoises de génie-conseil en 2012 : ils sont aujourd’hui 18 000, calcule l’AFG. Une diminution de 20 % qui témoigne des secousses subies par le génie-conseil au Québec.
 
Blâmes
 
Le rapport de la commission Charbonneau distribuera certainement des blâmes à des firmes membres de l’AFG (36 au total, dont toutes les grandes firmes sauf Groupe SMi et Aecom) : la nouvelle direction de l’association le « présume ». Mais André Rainville soutient que l’AFG et ses membres ont déjà fait le ménage nécessaire pour tourner la page et relancer l’industrie.
 
« Les leçons ont été apprises, des mesures ont été prises, dit-il. La remise en question a été complète. » Il y a eu des décisions symboliques — comme changer le nom de l’Association des ingénieurs-conseils du Québec en AFG —, d’autres plus structurelles. Ainsi le conseil d’administration de l’association n’est-il plus noyauté par des représentants des grandes firmes, fait notamment valoir M. Rainville.
 
Sur douze membres, neuf proviennent toujours des firmes de génie-conseil, mais cinq de ces postes sont réservés aux petites firmes (500employés et moins). Deux autres postes sont pourvus par des gens indépendants « qui ont un regard neutre qui n’est pas biaisé par l’industrie », selon M. Rainville. Un dernier siège est réservé à un délégué du Forum des jeunes professionnels de l’AFG.
 
Les firmes québécoises aimeraient aussi faire de l’intégrité de leurs pratiques une carte de visite internationale, soutient André Rainville. « Les normes sont de plus en plus sévères à travers le monde. Avoir un code d’éthique solide, avoir la certification de l’Autorité des marchés financiers, répondre aux mesures mises en place par Québec, tout cela peut devenir un avantage concurrentiel. »
 
Passeport entreprise
 
En ce sens, l’AFG accueille favorablement la mise en place prochaine par Québec d’un « passeport entreprise » (une série de mesures pour donner aux entreprises, notamment les PME, un meilleur accès aux contrats de l’État) et la création d’un poste de commissaire aux contrats publics. Le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux, a fait l’annonce de ces initiatives la semaine dernière.
 
« Ces deux mesures répondent à des recommandations qu’on a faites à la commission Charbonneau », relève M. Rainville. Cette semaine, la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante et la Corporation des entrepreneurs généraux du Québec ont aussi salué l’initiative de Québec. Les entrepreneurs y voient l’occasion de « corriger plusieurs omissions de la Loi sur les contrats des organismes publics ».

Financement: Dessau règle avec Ottawa
L’ancien vice-président de Dessau l’avait brièvement évoqué à la commission Charbonneau en 2013 : le financement illégal des partis politiques par des firmes de génie-conseil ne se limitait pas à l’ordre provincial. Le mandat de la commission ne s’étendait toutefois pas au fédéral, ce qui n’a pas permis d’approfondir ce volet.

Mais le dossier est revenu dans l’actualité vendredi, le commissaire aux élections fédérales annonçant que la firme Dessau inc. avait conclu une entente pour des gestes illégaux posés entre 2005 et 2008 par un« individu maintenant décédé ». Un stratagème de prête-noms avait été mis en place et avait permis de récolter quelque 40 000 $ au profit des libéraux et des conservateurs.

Les sommes ont été remboursées par les partis, et Dessau s’en tire sans amende, ayant reconnu les faits et accepté différentes conditions imposées par le commissaire.