Annonce

vendredi, octobre 02, 2015

Élections Canada 2015 « Oui, Justin Trudeau a demandé mon aide » - Jean Chrétien

http://ici.radio-canada.ca/sujet/

Mise à jour le jeudi 1 octobre 2015 à 17 h 59 HAE
Jean Chrétien le 1er octobre, à Vancouver
Jean Chrétien le 1er octobre, à Vancouver  Photo :  Radio-Canada

En déplacement à Vancouver pour un voyage d'affaires, l'ancien premier ministre Jean Chrétien n'a pas résisté, de son propre aveu, à l'envie de monter dans l'arène politique pour soutenir, le temps de quelques minutes, le chef libéral Justin Trudeau et quelques députés locaux.
« On ne peut pas dire que je sois officiellement en campagne, ce n'est pas le rôle d'un ancien premier ministre, a lancé d'emblée Jean Chrétien. Mais j'avais envie de participer quand même, de remonter un peu sur le ring politique, j'aime ça », a-t-il confié en anglais, déclenchant les rires des journalistes et de la poignée de militants présents pour l'occasion.
En entendant la question « Justin Trudeau vous a-t-il demandé de l'aide? » Jean Chretien hésite avant de lâcher un « oui » franc. Et d'enchaîner immédiatement : « Mais je ne suis pas là pour ça. On dit de Justin qu'il n'est pas prêt, ce n'est pas juste », déclare-t-il.
Environnement privilégié
Selon lui, le chef libéral est tout à fait à sa place et possède assez de maturité et d'expérience pour être à la tête du pays. « D'abord, aucun d'entre nous n'a eu le privilège de dîner tous les soirs avec un premier ministre. Pierre Trudeau ne parlait sûrement pas de hockey en rentrant à la maison le soir », plaisante-t-il.
« Ensuite, ce n'est pas tout le monde qui avait comme grand-père Jimmy Sinclair, un grand politicien, ancien ministre des Pêches, une grande personnalité », poursuit-il, estimant que Justin Trudeau a baigné et bénéficié de cet environnement dès son plus jeune âge.
« C'est vrai, Justin n'est à la Chambre des communes que depuis sept ans. Mais Brian Mulroney n'y est passé qu'un an avant d'être élu premier ministre. Kim Campbell? Quatre ans. Et même son vieux père? Deux ans et demi... »— Jean Chrétien

Parce qu'ils sont « plus modérés », « qu'ils regardent toujours des deux côtés de la barrière », les libéraux sont, selon Jean Chrétien, le meilleur choix possible pour les Canadiens. « Et on a toujours fait cela dans les deux langues... pas comme certains que je ne citerais pas... comme Mulcair! », a-t-il taclé.
Sur son intervention d'une trentaine de minutes, l'ancien premier ministre ne s'est toutefois pas exprimé en français.
De meilleures relations avec la Chine
Sur un tout autre sujet, qui lui tient particulièrement à coeur, Jean Chrétien a également répondu à quelques questions concernant les relations entre le Canada et la Chine. « J'aimerais que le prochain premier ministre restaure de bonnes relations », a-t-il déclaré, se remémorant différents événements auxquels il avait participé.
« Un jour, 5000 personnes étaient réunies dans une grande salle à Pékin. Le premier ministre chinois a mis son texte de côté et a déclaré que le Canada était le meilleur ami de la Chine. Aujourd'hui nous sommes tout en bas de la liste et c'est terrible, notamment pour la Colombie-Britannique, qui est notre porte sur le Pacifique », a-t-il déclaré, ajoutant qu'il avait rencontré 17 fois le président chinois et qu'il avait été le premier dirigeant étranger à faire un discours sur les droits de la personne en Chine.

Un meurtre de colons déclenche une chasse à l'homme en Cisjordanie

http://www.lepoint.fr/monde/

Un couple de trentenaires habitant la colonie de Neriah "ont été massacrés sous les yeux de leurs quatre enfants" alors qu'ils circulaient de nuit.



Publié le  | Le Point.fr

Des soldats israéliens patrouillent près de Jérusalem le lundi 1er décembre 2014 (photo d'illustration).
 
 

L'armée et le renseignement israéliens menaient une chasse à l'homme vendredi en Cisjordanie pour retrouver les meurtriers d'un couple de colons tués sous les yeux de leurs enfants, tandis que s'élevaient des appels au calme. Des centaines de soldats participaient aux recherches, accompagnées d'un gros effort de renseignement, a dit à l'Agence France-Presse un porte-parole de l'armée au lendemain du double meurtre commis entre les colonies d'Itamar et Elon Moreh, près de Naplouse, dans le nord de la Cisjordanie occupée.

"Massacrés sous les yeux de leurs quatre enfants"

"Nous allons les traquer jusqu'à ce que nous mettions la main sur eux et sur ceux qui les ont envoyés", a promis le ministre de la Défense, Moshé Yaalon. Eitam et Naama Henkin, âgés d'une trentaine d'années et habitants de la colonie de Neriah, "ont été massacrés sous les yeux de leurs quatre enfants" alors qu'ils circulaient de nuit, a indiqué le porte-parole de l'armée, le colonel Peter Lerner.
Les enfants, âgés de 4 mois à 9 ans, sont traumatisés mais indemnes. "Vers 21 heures, on a entendu des tirs très intenses et tellement forts qu'on s'est dit que les colons attaquaient", a relaté à l'Agence France-Presse Hamid, un riverain palestinien. "On a entendu des enfants pleurer devant nous, on y est allés et on a entendu une troisième salve, on ne savait pas ce qui se passait." "C'était une vision très pénible", rapportait dans la presse Boaz Malka, un secouriste, décrivant les corps criblés de balles d'Eitam Henkin à côté du véhicule et de Naama sur son siège.

La foule a éclaté en sanglots

Des milliers de personnes ont assisté vendredi aux funérailles du rabbin Henkin et de son épouse dans le grand cimetière de Har Hamenuhot, à la sortie de Jérusalem. Elles ont écouté silencieusement le président israélien Reuven Rivlin saluer leur mémoire et s'adresser aux colons présents qui sont, avec l'armée, en première ligne d'une "charge terroriste cruelle" et en paient "l'insupportable prix". La foule a éclaté en sanglots quand Matan, 9 ans, le seul enfant du couple présent, a prononcé une prière pour ses parents morts.
Dans un communiqué dont l'authenticité ne pouvait être vérifiée, un groupe se présentant comme affilié au Fatah, le parti du président palestinien Mahmoud Abbas, a revendiqué l'attaque. Le département d'État américain et l'Union européenne ont condamné l'attentat et lancé un appel au calme devant le risque d'escalade. L'armée israélienne a annoncé le renfort de plusieurs centaines d'hommes pour prévenir un tel danger. "Nous assistons en ce moment à un débordement" de violence, a assuré vendredi le ministre de la Défense sur les lieux du crime. Moshé Yaalon a espéré "stabiliser la situation rapidement" et a appelé les colons au calme. Ces derniers ont bloqué des routes jeudi soir et caillassé des véhicules palestiniens. Une voiture palestinienne a été incendiée près de Ramallah et des tags "vengeance" et "Henkin" ont été retrouvés sur place, a dit la police israélienne.

Affrontements sporadiques

La Cisjordanie, où 2,8 millions de Palestiniens vivent une cohabitation conflictuelle avec près de 400 000 colons, et Jérusalem-Est, partie palestinienne de Jérusalem annexée et occupée par Israël, sont en proie à de vives tensions. Elles se sont cristallisées autour du site ultra-sensible de l'esplanade des Mosquées, troisième lieu saint de l'islam et site le plus sacré pour les juifs. L'esplanade et la vieille ville qu'elle surplombe ont été le théâtre de heurts répétés ces dernières semaines.
Vendredi, des Palestiniens interdits d'accès pour la prière hebdomadaire à cause des restrictions d'âge imposées par les autorités israéliennes ont eu des affrontements sporadiques avec des policiers près de la porte des Lions, donnant sur la vieille ville. La poursuite de la colonisation en Cisjordanie reste en outre un important facteur de crispations. Un bébé palestinien de 18 mois et ses deux parents ont trouvé la mort cet été dans un incendie imputé à des extrémistes juifs qui se vengeraient de ce qu'ils estiment être des atteintes à la colonisation.

Au moins 27 morts du côté palestinien et au moins 6 du côté israélien en 2015

Les violences liées au conflit ont fait au moins 27 morts du côté palestinien et au moins 6 du côté israélien en 2015, selon un décompte de l'Agence France-Presse. La droite israélienne s'est déchaînée contre le président palestinien. "Chaque parole que prononce Abou Mazen est un encouragement au meurtre de juifs", a dit la ministre de la Culture, Miri Regev, en employant le surnom de M. Abbas. Cette semaine, lors de leurs discours respectifs à l'ONU, MM. Abbas et Netanyahu ont mesuré le fossé qui les sépare d'une reprise des négociations de paix, le premier déclarant que les Palestiniens n'étaient plus liés par les accords passés.

Syrie : merci Poutine ?

http://www.lepoint.fr/monde/

Question taboue : et si l'intervention de la Russie permettait finalement de trouver une solution politique à une crise inextricable ?



Publié le  - Modifié le  | Le Point.fr

La Russie de Vladimir Poutine a mené ses premiers raids en Syrie.

C'est entendu : Vladimir Poutine est un affreux. Il a, sans coup férir, occupé l'an dernier la Crimée (comme jadis Catherine II, l'amie de Diderot) et ose aujourd'hui se mêler spectaculairement des affaires de l'Orient compliqué : il dépêche ses cosaques aériens dans les cieux syriens. Chaque jour, les esprits les plus éclairés, les âmes les plus immaculées, les meilleurs spécialistes en chambre fulminent des anathèmes contre ce nouveau tsar ivre de puissance. Ils décortiquent ses intentions nécessairement malfaisantes, scrutent ses arrière-pensées obligatoirement maléfiques.
Scandale ! Que les Américains, les Français, les Iraniens, les Turcs, les Saoudiens, les Qataris et quelques autres plus discrets s'ingèrent, avec le succès que l'on sait, dans la sanglante pétaudière syrienne, quoi de plus normal. Mais les Russes ! Quelle légitimité ont-ils donc d'intervenir, ces bouseux de moujiks ? Et ce Poutine avec ses mauvaises manières ! On croirait parfois remonter le temps : en 1717, quand, sous la Régence, Pierre le Grand visita la France, les courtisans, déjà, se pinçaient le nez face au comportement de soudard du tsar de toutes les Russies…
Évidemment, à regarder de plus près, Moscou estime avoir quelques raisons pas plus mauvaises que d'autres d'expédier ses Sukhoï en Syrie.

Les trois raisons de Moscou

Raison stratégique d'abord : l'effondrement du régime de Bachar el-Assad signifierait à coup sûr la perte du seul point d'appui militaire et politique russe en Méditerranée. Or, l'accès aux « mers chaudes » est depuis des siècles le souci constant du Kremlin, pour ne pas se laisser enfermer dans un rôle purement continental.
Deuxième raison ensuite : une  victoire même partielle des djihadistes risquerait de donner une formidable impulsion aux groupes islamistes qui s'agitent dans la Fédération russe (Tchétchénie, Daguestan). Celle-ci compte officiellement environ 20 millions de musulmans, et sans doute beaucoup plus.
Troisième raison enfin : la Russie s'estime historiquement en charge de la protection des orthodoxes, notamment ceux d'Orient, donc de Syrie. L'affaire n'est pas nouvelle : en 1774, le traité de Koutchouk-Kaïnardji (aujourd'hui situé en Bulgarie) mettait fin à la guerre russo-turque. La Sublime Porte concédait à la Russie de la Grande Catherine la libre circulation dans les détroits des Dardanelles et du Bosphore et la protection de Moscou sur les orthodoxes.
Au Congrès de Berlin en 1878, Moscou s'érige, face à un Empire ottoman « homme malade de l'Europe », en défenseur acharné des Arméniens, en grande majorité orthodoxes. L'histoire ne s'efface pas comme la craie sur un tableau noir. Même si la pratique religieuse de la Russie contemporaine est modérément assidue, l'orthodoxie fait partie de l'ADN identitaire du peuple russe.
Poutine, quant à lui, ne veut pas être le fossoyeur des ambitions internationales de la Russie. Sa volonté d'être présent sur le théâtre syrien n'a peut-être pas que des inconvénients.

Le réceptacle de tous les conflits

La Syrie est devenue, comme le Liban des années 70-80, le réceptacle de tous les conflits, de toutes les rivalités : sunnites contre chiites, Iran contre Arabie saoudite, Turquie contre Iran, Al-Qaïda (via Al-Nosra) contre Daesh. Sans compter la surenchère entre le Qatar et l'Arabie, et la grenade dégoupillée kurde qui menace l'intégrité de la Turquie, de l'Irak, voire de l'Iran. Dans ce chaos infernal, seul, à terme, un compromis entre grands parrains pourrait ramener, sinon une paix définitive, du moins un peu de calme. Il ne faut pas mettre la charrue avant les bœufs : le départ de Bachar est un objectif, il ne peut être un préalable. On ne négocie pas en récusant d'emblée l'une des parties. La méthode devrait être « n'en parler jamais, y penser toujours ». En intervenant ouvertement, le Kremlin renforce en tout cas son influence sur le régime syrien. Ce n'est peut-être pas si négatif que cela…