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mardi, novembre 01, 2016

PATRICK LAGACÉ ESPIONNÉ La presse en liberté surveillée

http://www.ledevoir.com/societe/medias/

Le directeur du SPVM justifie les méthodes d’enquête employées, alors que la communauté journalistique s’indigne

Le chef du Service de police de la Ville de Montréal, Philippe Pichet
Le chef du Service de police de la Ville de Montréal, Philippe Pichet
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir

Sur fond de crise politique, le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) s’est défendu lundi d’avoir traqué les communications du chroniqueur Patrick Lagacé en évoquant un cas« exceptionnel », sans pour autant éliminer la possibilité que d’autres journalistes soient placés sous surveillance policière.

« C’est un cas d’exception »« on a suivi toutes les règles », a martelé le chef du SPVM, Philippe Pichet, flanqué des assistants directeurs Bernard Lamothe et Claude Bussières pour rencontrer les journalistes. « L’enquête visait un de nos policiers et ne visait nullement M. Lagacé », a d’abord précisé le commandant Pichet. « C’est une situation très exceptionnelle et très sérieuse, qui a été traitée avec des moyens exceptionnels. »

Lundi matin, La Presse a révélé que son chroniqueur Patrick Lagacé avait été visé par 24 mandats de surveillance policière qui ont permis au SPVM d’obtenir les numéros entrants et sortants de son cellulaire entre les mois de janvier et juillet 2016. Le service de police a aussi obtenu l’autorisation de localiser le journaliste avec le GPS intégré dans son téléphone. Ces mesures ont été prises dans le cadre d’une enquête criminelle visant cinq policiers du SPVM soupçonnés, notamment, de fabrication de preuve. La majorité des mandats de surveillance ont été autorisés par la juge de paix Josée de Carufel.

D’autres journalistes épiés

Alertés, plusieurs journalistes ont questionné le chef Pichet sur la possibilité que d’autres reporters soient placés sous surveillance policière. « À ma connaissance, en ce moment, non[il n’y en a pas d’autres] », a répondu Philippe Pichet. Mais « s’il y a d’autres cas exceptionnels, présentement, avec les règles qui sont en place et la loi qui est en place, je ne peux pas écarter le fait qu’on va utiliser ces moyens-là », a-t-il ajouté.

Quelques heures plus tard, TVA a révélé que trois autres journalistes auraient fait l’objet de vérifications par le SPVM. « Il va falloir rappeler demain [mardi] », a déclaré un porte-parole du SPVM quand Le Devoir a tenté de le faire réagir sur ces allégations.

Selon Patrick Lagacé, le chef Philippe Pichet a « prouvé » dans sa conférence de presse « qu’il ne comprend pas grand-chose au rôle d’une presse libre dans une démocratie ».

« D’autres enquêtes criminelles dans ce pays, autrement plus importantes que celles qui nous occupent ici, ont fait l’objet de fuites à des journalistes. Et les policiers ont réussi à composer avec les articles sur ces enquêtes sans espionner de journalistes », a-t-il déclaré.

Le chroniqueur avait auparavant déclaré que « le fond du problème » reposait dans la décision de la juge de Carufel, qui a autorisé la majorité des mandats exigés par la section des enquêtes spéciales du SPVM. « Il y a de sérieuses questions à se poser parce que cette juge a pensé que c’était parfaitement acceptable d’espionner un journaliste pour identifier ses sources », a-t-il indiqué.

En réaction, la Cour du Québec a tenu à dissiper l’impression selon laquelle la juge de Carufel avait aveuglément estampillé les demandes de mandats de surveillance. « La formation continue dont les juges de paix et les magistrats bénéficient leur permet d’être à la fine pointe de la loi et de la jurisprudence, notamment en matière de perquisition visant les médias vu l’importance de la liberté de presse », a affirmé la porte-parole des Tribunaux du Québec, Caroline St-Pierre.

Martin Coiteux

À Québec, le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, s’est dit très préoccupé par la surveillance du chroniqueur de La Presse par le SPVM. « L’indépendance de la presse, la capacité de la presse à faire son travail, de révéler toutes les choses qui ont à être révélées pour notre démocratie, c’est très important », a-t-il déclaré dans un impromptu de presse.

Le ministre Coiteux s’est engagé à vérifier si « les politiques qu’utilisent les corps policiers lorsqu’ils demandent de tels mandats [ont été et sont] dûment respectées ». Il a dit avoir posé une « série de questions » à ce sujet à ses subalternes, mais s’est abstenu de casser du sucre sur le dos du SPVM ou de la juge de Carufel. « Si La Presse considère qu’elle doit utiliser des recours, elle doit le faire. Nous, comme gouvernement, on ne va pas s’immiscer dans les décisions judiciaires et les enquêtes policières », a-t-il affirmé.

La ministre des Relations internationales, Christine St-Pierre, a invité les journalistes à se concerter, puis à faire connaître au gouvernement, s’ils le jugent pertinent, des propositions pour renforcer la protection des sources journalistiques.

Protection des sources

De son côté, le Parti québécois a réclamé une loi sur la protection des sources journalistiques. Québec solidaire a plutôt appelé le gouvernement libéral à amender le projet de Loi facilitant la divulgation d’actes répréhensibles dans les organismes publics, car il « obligerait les lanceurs d’alerte à communiquer avec un corps de police avant de sortir publiquement ». L’affaire Lagacé doit donner lieu à une « réflexion sérieuse » sur les moyens de « réellement protéger » les lanceurs d’alerte, a aussi affirmé la Coalition avenir Québec.

La Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) s’est quant à elle dite « révoltée » par ce « nouveau cas d’entrave policière au travail des médias ». Elle a exhorté le gouvernement libéral à donner le coup d’envoi d’une « enquête publique sur l’octroi des mandats de surveillance concernant les journalistes » et, par l’intermédiaire de la ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, de « manifester publiquement son inquiétude à l’égard du non-respect des droits fondamentaux des Québécois et de rappeler l’importance de protéger le travail journalistique afin que les citoyens puissent être informés »« Face à de telles attaques à notre démocratie, le gouvernement ne peut plus fermer les yeux », a indiqué la FPJQ.

Denis Coderre

À Montréal, le maire Denis Coderre s’est dit préoccupé par la surveillance dont a fait l’objet Patrick Lagacé, allant même jusqu’à qualifier cette pratique d’« inacceptable ». Il a néanmoins réitéré sa confiance à l’endroit de Philippe Pichet, qu’il n’entend pas démettre de ses fonctions, comme l’a réclamé l’opposition à l’Hôtel de Ville.

« Ce n’est pas à moi de m’immiscer dans les affaires judiciaires, d’autant plus que je ne me mêle jamais d’opérations policières. J’ai parlé à M. Pichet. Je lui ai dit que j’étais préoccupé par cette situation-là. Je ne lui demande pas ce qui s’est passé. Il n’a pas à me dire ça, de toute façon, a expliqué le maire. Ce n’est pas banal ce qui s’est passé. […] Il ne faut pas prendre ça à la légère. »

Plus tôt, Patrick Lagacé a évoqué l’influence qu’a pu avoir le pouvoir politique montréalais dans la décision de le traquer. « Il règne un climat de paranoïa à l’Hôtel de Ville depuis que le maire Coderre le dirige. Je ne dis pas qu’il a demandé à la police de m’espionner. Mais la mairie entretient un climat de suspicion qui encourage à poser des gestes inquiétants et sans précédent », a-t-il avancé.

Selon Projet Montréal, l’enquête du SPVM sur ses policiers — parmi lesquels se trouve Fayçal Djelidi, qui fait face à des accusations de parjure, de tentative d’entrave à la justice et d’obtention de services sexuels moyennant rétribution — n’explique peut-être pas la décision de traquer le journaliste Lagacé. « Est-ce vraiment l’affaire Djelidi qui est en cause ou est-ce l’image de la police et celle de l’administration municipale qui sont en cause ? On veut une enquête », a demandé le chef de l’opposition, Luc Ferrandez.

Les critères établis par la Cour suprême
La Cour suprême du Canada a établi neuf critères dont les juges de paix doivent tenir compte avant d’attribuer un mandat de perquisition. Les voici.
 
1. Satisfaire aux exigences du Code criminel quant à la délivrance d’un mandat de perquisition.
 
2. Une fois ces conditions remplies, examiner toutes les circonstances pour déterminer si le juge peut décerner un mandat ;
 
3. S’assurer d’avoir bien pondéré l’intérêt de l’État à découvrir et à poursuivre les criminels et le droit des médias à la confidentialité des renseignements dans le processus de collecte et de diffusion des informations ;
 
4. Déterminer si l’affidavit présenté à l’appui de la demande contient suffisamment de détails pour permettre un bon exercice du pouvoir discrétionnaire en ce qui concerne l’attribution d’un mandat de perquisition ;
 
5. S’assurer que l’affidavit indique s’il y a d’autres sources de renseignements raisonnables et, le cas échéant, s’assurer qu’elles ont été consultées et que tous les efforts raisonnables pour obtenir les renseignements ont été épuisés ;
 
6. Déterminer si le média a rendu publics, en tout ou en partie, les renseignements recherchés. Si oui, cela favorisera l’attribution du mandat de perquisition.
 
7. Une fois le mandat décerné, examiner l’imposition de certaines conditions à son application, afin que le média ne soit pas indûment empêché de publier ou de diffuser les informations ;
 
8. Tenir compte de la possibilité d’invalider un mandat après son attribution s’il ressort que les autorités ont omis de communiquer des renseignements pertinents qui auraient pu influer sur la décision de décerner le mandat ;
 
9. Tenir compte de la possibilité d’invalider une perquisition effectuée de manière abusive.
 
Marie-Michèle SiouiLe Devoir

samedi, juillet 04, 2015

Ah, ce fameux jupon !

http://vigile.quebec/


vendredi 3 juillet

On dit que la politique n’intéresse plus personne, mais les boîtes de courriel des journalistes et les réseaux sociaux prouvent le contraire.
Ça, c’est la bonne nouvelle. Mais cela cache aussi un côté sombre beaucoup moins intéressant.
Je lis tous les courriels que je reçois, mais je réponds rarement. Manque de temps. Excuse plate, je sais, mais c’est la plate réalité.
En fait, je vais vous faire une confidence (ça vous évitera de perdre votre temps si vous vous reconnaissez dans ce qui suit) : je ne lis pas tous les courriels. Je saute systématiquement ceux qui commencent par « On sait ben, vous chez Gesca… » ou « Vous n’êtes pas objectif » (drôle de chose à dire à un chroniqueur !) ou « Vous êtes tous fédéralistes à la solde de Power à La Presse », quand ce n’est pas « Vous, les journalistes, tous des gauchistes… », « des séparatistes contrôlés par le PQ… » ou « des gras dur syndiqués ».
Sans oublier le proverbial « jupon qui dépasse », LE classique dans les procès d’intention.
Parfois, le même jour, après la parution d’une chronique ou d’un gazouillis sur Twitter, je me retrouve avec une collection de jupons à faire rougir Fanfreluche, et dans une diversité de couleurs à faire pâlir d’envie un arc-en-ciel. Si je m’arrêtais vraiment à tout ce qu’on dit de mes « allégeances » politiques, de mes partis pris et, surtout, de mes innombrables jupons, il y a longtemps que je me serais précipité chez un psychiatre pour faire soigner une grave schizophrénie politique.
On appelle cela des procès d’intention, mais dans le fond, on ne fait pas de procès, on va directement à la condamnation. Devant le tribunal partisan, vous êtes coupable de facto des intentions qu’on vous prête. Même si celles-ci sont réductrices, absurdes ou même totalement fausses. À quoi bon discuter, alors ?
Le problème est là : la partisanerie. J’ai le plus grand respect pour les gens qui militent dans un parti politique, qui s’impliquent dans un mouvement ou pour une option. Je décroche toutefois lorsqu’ils sombrent dans la partisanerie.
La partisanerie, c’est la lobotomie du militantisme : vous perdez votre sens critique, votre libre arbitre, vous vous mettez à répéter des lieux communs, des légendes urbaines et des sophismes. Après quelque temps, vous rejoignez les rangs des adeptes de la théorie du complot, vous confondez arguments et insultes, vous finissez par vous conforter en ne parlant qu’à un petit groupe de gens qui pensent comme vous et avec qui vous passez vos soirées à vous crinquer sur les réseaux « sociaux », comme les membres d’une secte apocalyptique se convainquent chaque jour que la fin du monde est pour demain matin.
Comprenez-moi bien : vous avez tout à fait le droit de ne pas être d’accord avec moi, et je vous encourage à me le faire savoir, mais le dialogue est vain lorsque la partisanerie remplace le jugement.
Le jupon que vous croyez voir dépasser sous la jupe de ceux que vous accusez n’est en réalité que le bandeau qui obstrue votre vue.
Sur la scène provinciale, on note une recrudescence de la partisanerie primaire chez certains souverainistes depuis l’arrivée de leur nouveau chef, Pierre Karl Péladeau. PKP lui-même s’adonne régulièrement à la théorie du complot 
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samedi, avril 04, 2015

CLAUDE POIRIER LA DESCENTE AUX ENFERS

http://plus.lapresse.ca/
Édition du 4 avril 2015, LA PRESSE+

DE PROMESSE EN PROMESSE

TRISTAN PÉLOQUIN ET CAROLINE TOUZINLA PRESSE
Tout s’est passé très vite, fin février dernier, lorsque les huissiers ont débarqué chez Claude Poirier en matinée pour les évincer, sa conjointe et lui, de leur maison de Candiac.
Si vite que des dizaines de sacs-poubelle remplis ont été laissés dans l’entrée de garage de la résidence. Ce sont les voisins, stupéfaits par les événements, qui les ont mis aux ordures, petit à petit. Quelques boîtes de carton vides laissées sur le côté du garage témoignent encore de l’éviction.
Ce jour-là, sa femme s’est empressée d’ouvrir la porte puisqu’elle attendait de la visite. Elle a eu une très mauvaise surprise en voyant les huissiers. Son mari l’a toujours tenue à l’écart de leurs finances.
Le couple marié depuis 20 ans a ainsi atterri en catastrophe dans un modeste motel de la Rive-Sud.
« Tout va s’arranger », a indiqué M. Poirier à La Presse lorsque nous l’avons rencontré une première fois il y a un mois. L’homme de 76 ans était amaigri, vêtu d’un pantalon de travail usé à la corde. Le fumeur invétéré grillait une cigarette à l’extérieur du motel. Il a refusé d’en dire davantage.
Cinq semaines plus tard, rien n’est réglé, au contraire. Le chroniqueur judiciaire le plus célèbre du Québec vit toujours au motel. Sa maison de Candiac a été saisie et mise en vente.
« La maison, on va la reprendre. Tout va s’arranger. Ça peut arriver à n’importe qui d’avoir des problèmes », a-t-il répété à La Presse plus tôt cette semaine avant de mettre fin brusquement à notre entretien téléphonique.
Sa femme Andréa, elle, ne cache pas sa tristesse. « J’espère que Claude va s’en sortir. Je ne comprends pas ce qui se passe dans sa tête. Ç’a toujours été dur de savoir ce qu’il pensait », dit-elle en tentant de réprimer ses sanglots.
« C’est tellement difficile pour le moral. J’ai été heureuse avec lui. J’ai vécu beaucoup d’épreuves, mais celle-ci est vraiment dure. Regardez où je me retrouve. »
— Andréa, la femme de Claude Poirier, en balayant le motel des yeux
Leur coquette maison de brique rouge, achetée 485 000 $ en 2012, n’est qu’un des nombreux éléments d’actif de M. Poirier visés par une série de saisies ordonnées par les tribunaux ces derniers mois.
UNE PROMESSE COÛTEUSE 
C’est son intérêt pour une autre résidence qui aurait précipité sa descente aux enfers il y a cinq ans.
Début août 2010, le Négociateur, qui anime à cette époque son émission quotidienne à LCN et tient une chronique au 98,5 FM, fait une offre d’achat sur une maison du boulevard Montcalm, toujours à Candiac. Le domicile appartient à Denis Bélisle, qui travaille aussi dans le domaine des médias. L’offre de 430 000 $ est acceptée et le vendeur a 16 jours pour libérer sa maison, selon les termes de la promesse d’achat.
Incapable de trouver du financement, Claude Poirier demande alors un report de la vente. « De promesse en promesse, de délai en délai, finalement, M. Poirier a requis de reporter à 2011 le transfert de propriété “pour des raisons d’ordre fiscal”, selon ses dires », lit-on dans le dossier de cour consulté par La Presse.
Neuf mois après la promesse d’achat, las d’attendre et incapable de parler à Claude Poirier, Denis Bélisle remet finalement son domicile en vente. Par la suite, M. Bélisle intente une poursuite de 85 000 $ contre Claude Poirier et son entreprise Gestion de la filière inc., pour « troubles, ennuis et inconvénients », dommages et préjudices, perte de valeur de sa maison et différents frais engagés.
ABSENT DU TRIBUNAL
Or, le chroniqueur judiciaire ne se présente pas au tribunal pour se défendre. Il ne mandate même pas d’avocat pour le représenter. Le tribunal le condamne à payer intégralement les 85 000 $.
Ce n’est qu’une fois condamné qu’il invoque son implication dans l’enquête policière sur la mort de Diane Grégoire – mère de famille disparue à l’hiver 2008 dont le corps a été retrouvé près de quatre ans plus tard – pour expliquer son absence au tribunal. Le juge a cependant balayé ses arguments d’un revers de main (voir autre texte).
L’avocat de M. Poirier, Me Antony Leclerc, dit aujourd’hui que son client a négligé sa cause. Il a eu des nouvelles de Claude Poirier une semaine avant le procès.
« On a mangé une volée royale parce qu’il n’était pas prêt, il n’avait pas de témoin, je n’ai pas pu le préparer. C’est un peu comme s’il croyait qu’il était Dieu. Il voulait jouer la carte de la personnalité connue. »
— Me Antony Leclerc, avocat de Claude Poirier
L’ENGRENAGE DES SAISIES
Peu après avoir été débouté en cour, Claude Poirier disparaît des ondes pour des raisons de santé – il a eu cinq pontages en plus d’être opéré pour une grave hernie.
L’engrenage des saisies s’engage inexorablement. En février et mars 2014, des brefs sont émis, autorisant la saisie d’une partie de son salaire chez Cogeco diffusion, qui exploite le 98,5 FM, ainsi que chez Groupe TVA, propriétaire de LCN.
« Nous n’avons pas été hyper agressifs dans nos démarches pour faire honorer le jugement, affirme l’avocat de Denis Bélisle, Me Michel Jeanniot. Mon client sympathise avec la situation précaire de M. Poirier. »
À ce jour, Denis Bélisle n’a pas touché la moindre somme qui lui est due par Claude Poirier. « Il a réussi, avec beaucoup de succès, à épuiser tous les recours qui étaient possibles pour repousser la cause. Il a mandaté trois ou quatre procureurs, qui ont tous fait des demandes de délai pour faire échec à nos démarches », affirme Me Jeanniot. Avec les intérêts et les frais cumulés depuis 2011, les 85 000 $ dus à son client atteignent aujourd’hui plus de 135 000 $.
AVOCAT IMPAYÉ
Claude Poirier a aussi des problèmes avec l’avocat qui l’a défendu, MeAntony Leclerc. Ce dernier a intenté il y a un an une poursuite de près de 10 000 $ contre son ancien client, pour défaut de paiement de ses honoraires. Il a gagné sa cause et dit s’apprêter à mandater, au cours des prochains jours, un huissier pour une nouvelle vague de saisies contre le chroniqueur judiciaire.
Parallèlement, des problèmes avec le fisc, qui semblent remonter à 2010, accentuent la descente aux enfers de Claude Poirier. L’Agence du revenu du Canada lui réclame aujourd’hui plus de 27 000 $ pour impôts impayés, Revenu Québec près de 47 000 $. Selon des sources, M. Poirier aurait négligé, à l’âge de 71 ans, de transférer ses REER dans un Fonds enregistré de revenu de retraite (FERR), une opération obligatoire à cet âge. Son omission aurait exposé des sommes considérables à l’impôt du jour au lendemain.
Ses droits d’auteur sur les revenus futurs d’un livre à son sujet sont aussi saisis en novembre dernier chez Librex, une filiale de Québecor dont les bureaux sont au siège social du conglomérat. Deux commissions scolaires réclament des taxes non remboursées. Et son VUS de luxe est aussi saisi à l’été.
Claude Poirier est même contraint par la Régie du logement de payer 1280 $ à un entrepreneur de Belœil pour un logement de quatre pièces qu’il a loué 640 $ par mois en 2013, mais qu’il n’a pas été en mesure de payer.
DISPARITION
Jusqu’à ce jour, Claude Poirier n’a déposé aucune demande au Bureau du surintendant des faillites du Canada. Difficile d’expliquer comment celui qui a été considéré comme le « roi des ondes » du Québec en 2012 par la firme Influence Communication – avec en moyenne 7 heures et 40 minutes d’exposition médiatique par semaine – a pu se retrouver dans de telles difficultés financières. Son salaire, selon plusieurs sources, était de quelques centaines de milliers de dollars par année.
Peu avant Noël, alors que la vente sous contrôle judiciaire de sa maison venait d’être autorisée par les tribunaux, Claude Poirier a mystérieusement disparu pendant quelques jours. Devant l’absence de nouvelles, même à sa conjointe, un avis de disparition a failli être lancé par la police du Roussillon, indiquent des sources.
Claude Poirier est finalement réapparu peu avant que l’avis de recherche ne soit lancé.
Depuis peu, il a repris le micro occasionnellement à Radio 9, où il fait des chroniques judiciaires et parle de hockey. Il prépare également une série télé de 20 épisodes intitulée Claude Poirier : secrets judiciaires, dont la diffusion est prévue pour l’automne 2015 au nouveau canal Investigation.
— Avec la collaboration de Daniel Renaud, La Presse