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mardi, novembre 01, 2016

La campagne qui fait plus peur que l'Halloween

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Publié par 98,5 FM pour 98,5 fm le mardi 01 novembre 2016 à 10h06. Modifié à 10h29.

La campagne qui fait plus peur que l'Halloween

WASHINGTON - Tandis que les Américains se remettent des frayeurs fictives qu'ils se sont faits lundi soir pour fêter Halloween, ils suivent avec inquiétude une campagne présidentielle qui, déjà de bas niveau, va de pire en pire.
Après les insultes de Donald Trump envers des pans entiers de la population du pays et les allégations d’agressions sexuelles portées contre lui, Hillary Clinton est en effet entrée vendredi dans l’Histoire des Etats-Unis comme le seul candidat officiel à la présidence de l’un des deux grands partis à faire l’objet d’une enquête du FBI pendant sa campagne, pas une fois, mais deux.
« Nous sommes 320 millions d’habitants dans ce pays et on n’a pas trouvé mieux que ces deux-là ! », déplore au 98,5 FM Tim, un électeur indépendant de l’Idaho qui votera pour Gary Johnson, le candidat du parti libertarien.
Réagissant à la relance de l’enquête du FBI sur la messagerie personnelle qu’Hillary Clinton utilisait à des fins professionnelles quand elle dirigeait la politique étrangère des Etats-Unis, Gary Johnson estime pour sa part que ces « nouvelles révélations soulignent pourquoi l’Amérique doit avoir peur, et de Clinton, et de Trump ».
« Le choix offert par les partis démocrate et républicain se situe entre une candidate sous enquête du FBI et Donald Trump; les électeurs et le pays méritent mieux que ça », explique M. Johnson.
La peur est d’ailleurs le sentiment le plus souvent éprouvé par les Américains devant les deux principaux candidats à la Maison Blanche.
Le sondage le plus récent sur la question a été effectué mi-octobre par l’institut Edison Research. Dans cette étude d’opinion, 71% des sondés indiquent être « effrayés » par Hillary Clinton ou Donald Trump, ou par ces deux candidats. Les autres sentiments le plus souvent exprimés sont l’embarras (67%) et la colère (63%).
Dans ce même sondage, 52% des personnes interrogées expriment leur « mécontentement », à la fois, envers le candidat républicain et envers sa rivale démocrate. C’est 17 points de plus qu’en février. Par ailleurs, 37% seulement des Américains sont « fiers » du choix de candidats qui leur est proposé par les deux partis dominant la vie politique de leur pays.
Certains Américains se moquent des sources de leurs peurs!
Tout au long de la campagne, la peur a été le sentiment prépondérant des électeurs, comme l’ont montré plusieurs sondages effectués avant celui d’Edison Research.
Parmi ces sondages, une étude GfK publiée par l’Associated Press le 14 juillet, donc quelques jours avant les congrès d’investiture des partis républicain et démocrate, montrait que pas moins de 81% des personnes interrogées étaient « effrayées » par l’un des deux principaux candidats ou par les deux.
Selon un sondage de l’université Suffolk pour USA Today publié le 1er septembre, 60% des électeurs les plus susceptibles d’aller voter « se méfient » d’Hillary Clinton ou de Donald Trump.
Par des majorités encore plus larges, ces électeurs indiquent qu’ils auront « peur », que le scrutin soit gagné par la Démocrate ou par le Républicain. 80% des supporteurs de Donald Trump se disent « terrifiés » à l’idée d’une présidence d’Hillary Clinton et 62% de ceux d’Hillary Clinton font part du même sentiment devant la perspective d’une présidence Trump.
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La rhétorique enflammée de Clinton et Trump
Donald Trump et Hillary Clinton, les candidats à la Maison Blanche les plus impopulaires de l’histoire des Etats-Unis, sont condamnés chacun à faire du scrutin un referendum sur leur rival afin de mobiliser les électeurs. Dans cette optique, ils jouent sur la peur et alimentent celle du peuple américain par leur rhétorique enflammée.
Pour Donald Trump, Hillary Clinton est non seulement une « méchante femme », « véreuse », « corrompue » et « criminelle », mais aussi « le diable » qui « menace les fondations de la démocratie » et dont la présidence serait « un désastre total». « J’ai peur que le scrutin soit truqué », affirme le candidat du parti républicain.
Selon Hillary Clinton, Donald Trump est une « marionnette de Vladimir Poutine » en même temps qu’un « prédateur sexuel » qui « incite les gouvernements étrangers à espionner les Etats-Unis » et « monte une attaque sans précédent contre notre démocratie ». « Je suis le seul obstacle entre vous et l’apocalypse », lance même Madame Clinton à ses compatriotes.

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Le cauchemar d’Obamacare
À partir de ce mardi, tout juste une semaine avant les élections présidentielles et législatives, les millions d’Américains dont les employeurs ne proposent pas de couverture médicale ou qui sont des travailleurs indépendants peuvent souscrire une police d’assurance-maladie pour l’année 2017 sur le marché privé réglementé en partie par le gouvernement fédéral dans le cadre de l’Affordable Care Act, la loi de réforme du système de santé plus connue sous le surnom d’Obamacare.
Après le désistement de gros assureurs qui ne jugent pas ce marché assez rentable, l’Administration Obama annonce que les primes vont encore augmenter par rapport à cette année, et de 25% en moyenne !
Dans de nombreux Etats, les cotisations enregistreront des hausses encore plus sidérantes. Jusqu’à 145% d’augmentation en Arizona, un Etat traditionnellement républicain qu’Hillary Clinton espère disputer à Donald Trump.
En outre, l’Administration Obama reconnaît que dans certains Etats, les familles et individus n’auront pas de choix puisqu’une seule compagnie d’assurance participera au programme.
« C’est le système le plus fou du monde», avait lâché récemment Bill Clinton. Si elle est élue, Hillary Clinton promet de « réparer » Obamacare. Donald Trump veut « abolir cette loi et la remplacer par un bien meilleur système».
« Obamacare est en train d’échouer, comme de nombreux progressistes l’avaient prédit ; il faut instaurer un système universel et abordable de santé », déclare de son côté Jill Stein, la candidate des Verts à la Maison Blanche.
Le mécontentement des individus qui doivent, sous peine d’amende, acheter leur assurance sur le marché formé par Obamacare constitue l’un des facteurs importants du scrutin du 8 novembre (voir notre analyse dans le « Carnet de campagne » du 6 octobre).

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