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samedi, juin 25, 2016

Un rejet de la campagne de peur, dit Aussant

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25 juin 2016 |Guillaume Bourgault-Côté | Québec
Jean-Martin Aussant
Photo: Jacques Nadeau Le DevoirJean-Martin Aussant
Le triomphe du Brexit est aussi celui du rejet d’une campagne de peur sur le plan économique, estime Jean-Martin Aussant. L’ancien député a salué vendredi la décision des Britanniques et s’est dit peu inquiet pour l’avenir du pays.

« Les Britanniques ont fait preuve de beaucoup de courage en refusant de se laisser influencer par les peurs économiques, soutient M. Aussant, qui a travaillé dans la capitale anglaise pour Morgan Stanley Capital International de 2003 à 2005 et de 2013 à 2015. Je trouve ça admirable, parce que les gens cèdent souvent à ce genre de menaces. »

Cela dit, l’ex-chef d’Option nationale n’a pas trouvé la campagne référendaire particulièrement réjouissante : à une campagne de peur liée à l’argent, les promoteurs du Brexit ont répliqué avec une campagne de peur de l’immigration, note-t-il. « Les deux camps ont joué sur la peur, et personne n’a proposé un réel projet de société. »

Malgré la forte réaction des marchés financiers au vote historique de jeudi, Jean-Martin Aussant n’entrevoit pas de lendemains trop difficiles pour le Royaume-Uni… du moins sur le plan économique.

« C’est sûr qu’il y a certains avantages à être dans l’Union européenne [UE]dit-il. Mais en sortir ne sonne pas du tout le glas de l’économie britannique. Le Canada et les États-Unis sont souverains, mais ont probablement les économies les plus intégrées dans le monde. Il n’y a pas besoin d’être dans un marché unique, avec une monnaie unique et un Parlement unique pour ça. »

Il rappelle que la « Grande-Bretagne est la deuxième puissance économique de la zone, après l’Allemagne, et qu’elle importe plus de biens qu’elle en exporte avec l’UE. Mais elle est surtout le géant incontesté sur le plan financier. L’UE n’aura pas le choix de composer avec ce joueur-là, même si on sent de la frustration après le vote ».

Québec et Écosse

M. Aussant voit peu de liens à faire entre la décision des Britanniques et un possible impact pour la souveraineté au Québec. Mais il s’attend comme plusieurs à ce que le résultat relance le projet indépendantiste écossais.

« Un des arguments [du premier ministre britannique] David Cameron en 2014 était de dire aux Écossais qu’ils devaient voter non à l’indépendance s’ils souhaitaient demeurer dans l’UE. Jeudi, 62 % des Écossais ont voté pour le maintien du Royaume-Uni au sein de l’Union européenne. » Façon de dire qu’une raison de voter non il y a deux ans en serait désormais une de voter le contraire dans un autre référendum…