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mercredi, novembre 16, 2016

Procès Michael Applebaum: l'opération à la «Miami Vice» décortiquée

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Publié le 16 novembre 2016 à 12h50 | Mis à jour à 12h50
M. Tremblay, qui avait été attaché politique et... (Patrick Sanfaçon, archives La Presse)
M. Tremblay, qui avait été attaché politique et chef de cabinet du
 maire d'arrondissement Michael Applebaum (photo) entre 2006 et 2012, affirme que ce dernier
 lui a « tout montré » en matière de financement illégal et de pots de vin.
PATRICK SANFAÇON, ARCHIVES LA PRESSE
Hugo Tremblay n'aimait pas faire du « contre-espionnage » dans une opération qu'il comparaît à « Miami Vice », et qui visait à amener le maire Michael Applebaum à avouer son implication dans la corruption. Mais il avait pris un engagement et allait le tenir.
« Vous sentiez-vous obligé de continuer ? », lui a demandé l'avocat de la défense Pierre Teasdale, mercredi, dans le cadre du procès pour corruption de son client, M. Applebaum.
« Non, j'avais le choix, mais j'avais pris un engagement. Je suis fait comme ça, je ne suis pas capable de choker », a répondu M. Tremblay.
La défense s'emploie depuis mardi à décortiquer tous les courriels, appels téléphoniques et rencontres, que M. Tremblay, témoin clé de la Couronne, a eus avec les enquêteurs de la police, particulièrement avec Luc Lamy, au printemps 2013. 
M. Tremblay, qui avait été attaché politique et chef de cabinet du maire d'arrondissement Michael Applebaum entre 2006 et 2012, affirme que ce dernier lui a « tout montré » en matière de financement illégal et de pots de vin. Selon ses dires, ils s'y seraient adonnés souvent. Le 8 mars 2013, M. Tremblay a déballé son sac aux policiers de l'UPAC qui le taraudaient et il a fini par accepter de collaborer eux. Il allait faire une opération à la « Miami Vice », soit porter des micros pour tenter d'amener son ex-patron et ami, M. Applebaum, à se compromettre. 
M. Tremblay a eu trois grands échanges avec M. Applebaum, qui ont été enregistrés, soit les 2 et 3 mai, en personne, ainsi que le 10 juin, au téléphone. M. Applebaum allait être arrêté quelques jours plus tard. 
Au sujet de l'appel téléphonique du 10 juin, M. Tremblay admet qu'il n'avait pas confiance au scénario que les policiers lui ont présenté. Il devait confronter directement M. Applebaum sur les actions de corruption. Cela allait à l'encontre de leurs habitudes et de leurs codes, puisqu'ils étaient très prudents et discrets à ce sujet. Ça m'apparaissait invraisemblable, a-t-il dit.
De fait, l'appel a indisposé M. Applebaum, qui s'est scandalisé en répétant: "Hugo, Hugo, Hugo, de quoi tu parles, qu'est-ce que vous avez fait..." M. Applebaum avait fini en disant qu'il ne voulait plus discuter de ça avec lui et il avait raccroché. Les policiers étaient déçus du résultat et M. Tremblay était déçu de les avoir déçus. 
« Hugo est très émotif, il est très déçu que nous soyons déçus. Mais il jure qu'il nous a dit toute la vérité et qu'il n'a pas menti sur les façons de faire et les actions de lui et M. Applebaum et qu'il est prêt à passer le test du polygraphe », a noté le policier Lamy, dans son rapport de contrôleur. 
M. Tremblay a réitéré, mercredi, qu'il était prêt à passer le test du polygraphe encore aujourd'hui, sans aucun problème. Il avait cependant refuser de le passer lorsqu'on lui avait offert le statut de « collaborateur », quelques jours avant l'enquête préliminaire. 
« Je n'ai pas jugé bon d'accepter. Les policiers étaient venus me le demander au nom du ministère qui, eux, voulaient que je passe ces tests là. »
Le procès se poursuit.