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mardi, mai 05, 2015

Non, ce n'est pas le projet d'une génération

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FETE NATIONALE
PHOTO D'ARCHIVES
CA_Tania-Longpre
Bientôt les Québécois sauront qui deviendra le 8e chef du Parti Québécois et chef de l’opposition officielle- même si pour plusieurs le chef semble déjà choisi. Le hasard fait que nous apprendrons son nom à quelques jours du 35e anniversaire du premier référendum, le 20 mai prochain.
Je n’étais pas encore née lors du premier référendum de 1980. Lors du deuxième, j’étais en sixième année du primaire. Dans la cour d’école, je disais que je votais « pour l’équipe avec des grosses fleurs sur les pancartes » tout en sautant à la corde et je me balançais des histoires de grands : c’était mon regard d’enfant qui se posait sur la campagne référendaire.
Ma pensée politique n’était pas celle d’aujourd’hui, mais elle était teintée par un enthousiasme débordant envers la « cause », influencé grandement par des parents indépendantistes qui y voyaient l’aboutissement de leur rêve. Malheureusement, il a fallu de peu pour que leur rêve devienne réalité. 
Au fil des années, ce rêve devenait le mien et ma pensée s’affranchissait de celle de mes parents. Jusqu’au moment, jeune adulte, d’un contrat de travail dans l’Ouest canadien. Mes parents m’avaient certes transmis cette soif de pays, mais cette expérience professionnelle ne me faisait que confirmer qu’il était impératif que le Québec assume sa destinée et devienne ce pays. 
Il m’arrive de faire de mauvais rêves lorsque je m’endors en pensant que je ne pourrai peut-être jamais cocher « oui » et participer activement à la naissance d’un nouveau pays. Je suis attristée de constater que le Québec s’efface de plus en plus dans la Confédération canadienne et qu’à force de vivre comme un pays qui ne l’est pas, perd toute sa particularité à grands coups de multiculturalisme et de jugements de cour qui ne font que l’affaiblir.
Je suis d’une génération décomplexée et affirmée. Je suis d’une génération qui aspire au mieux pour sa collectivité et pour elle-même. Cette génération est conscientisée et n’a jamais été aussi informée. Je suis d’une génération qui prend sa place et qui sait se faire entendre.
Depuis quelques années, une certaine élite bien-pensante fédéraliste aime bien dépeindre les indépendantistes comme des blancs de souches aux idées arriérées et au projet de pays de plus archaïques. Que ce projet de pays est le projet d’UNE génération, d’une époque révolue et qu’il s’était ringardisé. Comme si la naissance d’un nouveau pays n’était pas, justement, un projet innovateur.
Croire à l’indépendance, ce n’est pas réservé à la catégorie que semblent vouloir mousser les fédéralistes de ce monde. Je suis née en 1984, la moitié de ma famille est née en Italie et je préfère de loin les cannolis à la tarte au sucre.
À 31 ans, j’ai encore ce rêve plein la tête pour ce peuple qui n’en finit plus de ne pas naître, comme écrivait Miron. Je veux voir la naissance de ce pays et y contribuer. Je veux qu’il existe, pour vrai, et je ne suis pas seule.
Pourtant, lorsque je vois les mêmes fédéralistes s’agiter devant la naissance d’un bébé royal, figure iconoclaste d’une monarchie archaïque et poussiéreuse, je me dis que cette idée d’indépendance n’a jamais été aussi d’actualité.
Et pour ce faire, il suffit non pas de tourner à gauche ou à droite, mais bien prendre la direction de l’indépendance. 

Un sondage prédirait un second tour au PQ: à prendre avec un grain de sel

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Un sondage prédirait un second tour au PQ: à prendre avec un grain de sel
PHOTO COURTOISIE
La campagne d’Alexandre Cloutier a secoué la course à la direction du Parti québécois dimanche en évoquant les résultats d’un sondage qui donne à peine une majorité des appuis à Pierre Karl Péladeau et indique une nette remontée du député de Lac-St-Jean. Ces chiffres sont encourageants pour les adversaires et détracteurs de PKP, mais il faut les prendre avec un sérieux grain de sel.

Selon les résultats de ce sondage mené sur un échantillon de 1917 membres du PQ par le biais d’appels téléphoniques robotisés, Pierre Karl Péladeau recevrait 40,7% des appuis et Alexandre Cloutier en recevrait 33,8% alors que Martine Ouellet et Pierre Céré se partagent les restes avec, respectivement, 7,8% et 2,7% des votes. Il y aurait 14,9% d’indécis. Ces résultats en ont étonné plusieurs, qui croyaient plus solide l’avance du meneur, mais il faut les prendre avec une généreuse dose de sel.
Le premier problème méthodologique de ce sondage sans prétention scientifique est le fait que, comme le lui obligent les règles du Directeur général des élections, le message enregistré du sondeur devait mentionner l’identité de celui qui a commandé le sondage, dans ce cas la campagne d’Alexandre Cloutier. Dans un tel cas, les spécialistes s’entendent pour dire que les répondants potentiels qui n’appuient pas la campagne identifiée pourraient avoir plus tendance à raccrocher et/ou qu’un petit nombre de répondants aient tendance à favoriser le nom qu’ils ont entendu dès le début de l’appel.
Le sondage a été mené par la firme Solutions Logi-K, qui n’a pas mauvaise réputation dans le domaine. Le taux de réponse est relativement faible : 10200 appels ont été logés (dont on suppose que les numéros ont été tirés de façon aléatoire parmi les dizaines de milliers de membres du PQ); 5521 appels ont été décrochés, mais seulement 1917 résultats ont été enregistrés. Comme il s’agit d’appels automatisés, il n’est pas garanti que la personne qui a répondu au sondage était bien le membre visé (même s’il n’y a pas de raison de ne pas présumer la bonne foi). On peut en revanche supposer que dans le cas de couples composés de deux membres partageant un même numéro de téléphone (comme la plupart des couples plus âgés, dont on pourrait spéculer qu’ils sont plus portés à appuyer PKP), chaque membre avait moins de chance d’être rejoint qu’un membre qui est l’unique usager de son téléphone, ce qui est une source de biais.
Les résultats répartis par régions sont intéressants et la présence de concentrations de votes favorables à PKP dans les Laurentides et à Alexandre Cloutier au Saguenay-Lac-St-Jean laisse croire que la mesure n’est pas si mauvaise que ça, comme en fait foi ce tableau tiré du rapport de Logi-K :
Blogue 2015 05 04 No 1
À son crédit, la firme de sondage a tenu compte de l’avantage potentiel créé par la mention du nom de Cloutier en introduction et a calculé quelques résultats qui atténuent les résultats de ce dernier. En « pénalisant » de 10% ou de 20% le résultat de Cloutier et après répartition proportionnelle des indécis, les résultats sont les suivants :
Blogue 2015 05 04 No 2
Le sondeur conclut prudemment que l’avance de PKP frôle les 50% et que l’hypothèse d’un deuxième tour n’est pas exclue. C’est un scénario très optimiste pour le clan d’Alexandre Cloutier, qui s’en servira vraisemblablement pour alimenter l’ardeur de ses troupes. Il faut aussi supposer par contre que ces résultats auront le même effet sur l’organisation de Pierre Karl Péladeau, qui dispose de plus de moyens pour mobiliser ses propres partisans d’ici au jour du vote.
Pour ma part, la seule conclusion que je me permettrais de tirer de ces chiffres est qu’ils représentent non pas le centre d’une distribution de résultats probables mais bien la limite du possible pour les opposants de PKP. En d’autres termes, la vraie distribution des appuis est fort probablement plus favorable au meneur que ne l’indique ce sondage. C'est une conclusion que je partage avec ma collègue la sociologue Claire Durand, spécialiste des sondages, qui m'a donné accès à ces résultats avec la permission de la campagne de Cloutier mais qui les interprète avec encore plus de scepticisme que moi.
Quoi qu’il en soit, il reste encore peu de temps à attendre pour les observateurs, et assez de temps pour les membres disposés à changer d’idée pour brouiller les cartes. Le scénario de loin le plus vraisemblable reste une victoire assez nette de PKP au premier tour. Alexandre Cloutier pourra probablement se réjouir de faire beaucoup mieux qu’on avait prédit, mais il devrait aussi s’affairer à écrire son discours de concession, car son rôle dans le ralliement des troupes sera aussi important (sinon plus) que ses performances en campagne pour démontrer qu'il a l'étoffe d'un futur chef.

Il faut rétablir les cours d'économie, selon Alain Bouchard de Couche-Tard

http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/economie/

Mise à jour le lundi 4 mai 2015 à 21 h 03 HAE
Le fondateur de Couche-Tard, Alain Bouchard
Le fondateur de Couche-Tard, Alain Bouchard  Photo :  PC/Ryan Remiorz
Le fondateur de Couche-Tard croit qu'il faut réintroduire le cours d'économie au secondaire. Comme plusieurs autres acteurs du monde des affaires, Alain Bouchard soutient que l'acquisition de connaissances économiques stimulerait la création de la richesse.
Un texte de Gérald FillionTwitterCourriel
Devant des gens d'affaires réunis par le Cercle canadien de Montréal, Alain Bouchard a ajouté que ce cours permettrait à ceux qui s'opposent à certaines politiques du gouvernement Couillard au Québec de mieux se faire entendre.
« Je crois sincèrement, a-t-il déclaré, que les protestataires auraient beaucoup plus d'écoute s'ils avaient eu ce cours en économie. Ils auraient leurs revendications évidemment. Mais leur argumentaire serait mieux construit et supporté avec des propositions concrètes incluant des calculs économiques. »
Faisant référence à la gratuité scolaire réclamée notamment par l'ASSE, l'Association pour une solidarité syndicale étudiante, Alain Bouchard est d'avis qu'il faudrait réduire d'autres services pour y arriver.
« Peut-on vraiment se payer une éducation gratuite, a-t-il demandé? Peut-être! Où prendrons-nous l'argent? Faudrait faire des choses [comme] modifier le système de garderies, [la] couverture des médicaments, peut-être une taxe à l'entrée en santé ou... taxer, taxer encore plus, quoique je pense pas qu'il y a beaucoup de place là. »