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lundi, mai 29, 2017

Enquête sur Pierre Bibeau: Loto-Québec ignorait que son v.p. était sous surveillance

http://www.journaldemontreal.com/



Un porte-parole de la société d’État, Patrice Lavoie, a refusé d’accorder une entrevue au Bureau d’enquête au sujet de M. Bibeau.
Dans une réponse écrite, M. Lavoie a toutefois indiqué que Loto-Québec n’était pas au courant que l’Unité permanente anticorruption (UPAC) avait porté une attention particulière envers M. Bibeau.
«En réponse à vos questions sur les allégations de filature policière et de tentative d’écoute électronique, nous vous confirmons que Loto-Québec n’est pas au fait de ces allégations», a-t-il dit hier.
«M. Bibeau n’est plus à l’emploi de Loto-Québec depuis la fin de son contrat en 2015, et les allégations le concernent personnellement.»
En quittant ses fonctions, M. Bibeau a empoché une prime de 118 000 $ prévue à son contrat.
Hier, notre Bureau d’enquête a révélé que l’UPAC s’était intéressée aux transactions bancaires de M. Bibeau, un ancien organisateur du Parti libéral du Québec (PLQ).
Deux de ses institutions financières ont notamment signalé des opérations douteuses reliées à des allégations formulées en 2012 par l’ex-entrepreneur en construction Lino Zambito.
M. Zambito a soutenu avoir remis une contribution politique illégale de 30 000 $ comptant à M. Bibeau dans son bureau de Loto-Québec, en 2009.
L’UPAC a pris M. Bibeau en filature en plus d’envisager l’installation de micros dans son bureau de Loto-Québec.
Alexandre Bibeau au PLQ
Dans les jours suivant les allégations de M. Zambito, en octobre 2012, le fils de Pierre Bibeau, Alexandre, avait renoncé à son poste au sein de l’organisation de la campagne à la direction du PLQ de Philippe Couillard.
Hier, un porte-parole du PLQ, Maxime Roy, a affirmé que M. Bibeau demeurerait dans ses fonctions d’organisateur du parti pour les régions de l’ouest, qu’il exerce depuis plus d’un an.
«Alexandre n'a absolument rien à se reprocher et aucun autre commentaire ne sera fait sur ce sujet», a-t-il dit dans une déclaration écrite.
M. Zambito avait notamment allégué qu’Alexandre Bibeau était intervenu en sa faveur dans un dossier après une demande de son père.

MARIO BERTRAND S’EXPLIQUE

Impliqué dans des transactions qui ont éveillé les soupçons des institutions bancaires de M. Bibeau, Mario Bertrand, ex-chef de cabinet du premier ministre Robert Bourassa, a nié, hier, avoir participé à des activités de financement politique illégal.
«On s’est appuyés et aidés à travers les petites et grandes difficultés de la vie, a-t-il écrit dans un courriel. Mais je n'ai jamais, ni de près ni de loin, directement ou indirectement, participé à du financement politique. C’est un amalgame faux et détestable.»
M. Bibeau a expliqué qu’un chèque de 135 000 $ déposé sur un de ses comptes, suivi d’un retrait comptant de 40 000 $, était un remboursement de dette de M. Bertrand, en 2011. Quelques semaines plus tard, il prêtait 175 000 $ à M. Bertrand.
«Les échanges financiers entre Bibeau et moi sont du domaine privé, mais je peux vous assurer qu'aucun échange n’a été fait comptant», a dit M. Bertrand.
L’Unité permanente anticorruption s’est aussi intéressée à des transactions impliquant l’ex-grand argentier du Parti libéral du Québec, Marc Bibeau, ses proches et ses entreprises dans le cadre de son enquête sur le financement politique illégal.
Notre Bureau d’enquête révélait hier que l’UPAC s’était penchée sur des transactions impliquant Pierre Bibeau, un ex-organisateur libéral influent. Cet ex-vice-président de Loto-Québec a même été pris en filature par les policiers.
C’est également à la demande de l’UPAC que le Centre d’analyse des opérations et déclarations financières du Canada (CANAFE) a épluché pour plus de 25 M$ en transactions de la famille Bibeau et de ses entreprises, de 2005 à 2013.
Sous le premier ministre Jean Charest, Marc Bibeau était considéré comme le grand argentier du Parti libéral du Québec, celui responsable de remplir les coffres du parti par le biais d’activités de financement qui font toujours l’objet d’enquêtes.
L’avocat de Marc Bibeau, Stéphane Eljarrat, assure que rien dans les informations du CANAFE ne permet de lier les entreprises de l’ex-grand argentier du PLQ à du blanchiment d’argent.
Transactions d’intérêt
Le CANAFE est un organisme fédéral chargé de recueillir les renseignements sur toutes les transactions financières pouvant être utiles à des enquêtes sur le recyclage des produits de la criminalité, notamment.
L’organisme fédéral a notamment identifié quatre «opérations importantes» en argent liquide.
Le document qu’a consulté notre Bureau d’enquête ne permet cependant pas de savoir exactement qui, parmi les membres de la famille Bibeau ou de leurs entreprises, a fait les quatre paiements en espèces ou qui en sont les bénéficiaires. Chacune de ces transactions totalisait plus de 10 000 $.
Contacté par notre Bureau d’enquête, un avocat de Marc Bibeau, Stéphane Eljarrat, dit ne pas pouvoir fournir de précisions sur ces paiements.
«Nos clients ne peuvent retracer avec certitude ces transactions alléguées et donc ne peuvent pas vous fournir plus de détails, écrit-il. Toutefois, il n’y a rien d’illégal dans le fait de déposer 10 000 $ dans une banque.»
Île Maurice
Le CANAFE a aussi relevé plusieurs paiements des entreprises des Bibeau à l’étranger, dont un paiement de Schokbéton Québec inc. à l’île Maurice, un paradis fiscal de plus en plus en vogue. Cette société appartient à une compagnie à numéro que dirige Marc Bibeau.
Son avocat n’a pas pu donner de détails sur ces transactions non plus. «Vu l’imprécision des montants et des dates, nos clients ne peuvent vous répondre avec précision, dit Stéphane Eljarrat. Par contre, il est clair que ces transactions alléguées n’ont rien à voir avec le blanchiment d’argent ou des investissements dans des paradis fiscaux.»
En conclusion de son courriel, il précise que «tout article laissant faussement croire ou sous-entendre (que les Bibeau auraient fait des transactions illégales) causerait à nos clients un préjudice irréparable dont vous et votre employeur seraient tenus responsables, le cas échéant».
L’information qu’a colligée le CANAFE provient de la Banque Royale, de la Banque de Montréal et de la Banque Laurentienne, dont les Bibeau et leurs entreprises sont clients.
Au Canada, les institutions financières doivent déclarer au CANAFE les paiements en liquide de 10 000 $ ou plus, ainsi que toute autre «opération douteuse».
- Hugo Joncas et Alexandre Robillard, Bureau d’enquête

Les électeurs de Gouin se prononcent

http://ici.radio-canada.ca/nouvelle/

PUBLIÉ AUJOURD'HUI À 12 H 07 | Mis à jour il y a 17 minutes
De gauche à droite : Alex Tyrrell (Parti vert du Québec), Vanessa Dion (Option nationale), Gabriel Nadeau-Dubois (Québec solidaire), Jonathan Marleau (Parti libéral du Québec) et Benjamin Bélair  (Coalition avenir Québec).
Certains candidats à l'élection partielle dans la circonscription montréalaise de Gouin. De gauche à droite : Alex Tyrrell (Parti vert du Québec), Vanessa Dion (Option nationale), Gabriel Nadeau-Dubois (Québec solidaire), Jonathan Marleau (Parti libéral du Québec) et Benjamin Bélair (Coalition avenir Québec). Photo : Radio-Canada/Courtoisie

samedi, mai 06, 2017

POLITIQUE QUÉBÉCOISE Pierre Moreau s’en prend à Québecor

http://www.ledevoir.com/politique/

Le PLQ est victime d'acharnement politico-médiatique, accuse le ministre

4 mai 2017 | Marco Bélair-Cirino - Correspondant parlementaire à Québec | Québec
Le président du Conseil du trésor, Pierre Moreau, a dit tout haut mercredi ce que répètent tout bas ses confrères depuis quelques semaines : Québecor média ne ménage aucun effort pour discréditer le Parti libéral du Québec. « Ça ressemble […] à un tir groupé qui est presque une position politique à l’encontre du parti qui représente le gouvernement », a-t-il déclaré lors d’une mêlée de presse à l’Assemblée nationale.
 
Photo: Capture d'écranViolette Trépanier
Le ministre s’était fait interpeller quelques minutes plus tôt sur la une du Journal de Montréal et du Journal de Québec sur laquelle apparaissait une photo de l’ancienne directrice du financement du PLQ, Violette Trépanier, assortie du titre « Les secrets de Violette » en gros caractères.
 
M. Moreau a reproché au bureau d’enquête de Québecor média d’avoir conclu de façon prématurée que Mme Trépanier « n’a pas dit toute la vérité » lors de sa comparution à la Commission d’enquête sur l’octroi et la gestion des contrats publics dans l’industrie de la construction en juin 2014.
 
À la question du procureur Paul Crépeau « Y a-t-il des gens qui vous ont remis des curriculum vitae lors d’activités de financement [du PLQ] ? », Mme Trépanier avait répondu sous serment : « Dans mes treize ans, c’est peut-être arrivé cinq, six fois, et c’était toujours des postes non rémunérés. » Elle a aussi nié avoir promu la candidature de donateurs ou de membres du PLQ à des postes d’administrateurs d’organismes publics.
 
Après avoir passé au crible des courriels signés par Mme Trépanier, Le Journal soutient qu’elle a obtenu au moins seize CV de personnes désireuses de siéger à des conseils d’administration, et ce, seulement en 2007-2008.
 
L’ex-ministre déléguée à la Condition féminine « aidait des donateurs libéraux à se rapprocher du pouvoir », suggère Le Journal dans sa dernière livraison.
 
M. Moreau s’est désolé de voir la presse « tirer des conclusions de renseignements qui sont essentiellement parcellaires ». « En médecine, je pense qu’on appelle ça de l’acharnement thérapeutique, c’est-à-dire qu’on beurre épais pas mal », a-t-il déclaré, jetant le doute sur les motivations profondes de membres de l’équipe de reporters de Québecor. « Il y a un dessein, dont on commence à cerner les contours », a-t-il spécifié.
 
Les « enquêtes » devraient être la chasse gardée de la police, a aussi soutenu Pierre Moreau mercredi. Contrairement aux journalistes, les policiers ont, « eux », « la fonction d’aller au fond des choses ». « Chacun son métier, les vaches seront bien gardées. »
 
Par ailleurs, le ministre a parlé de supposées dissensions au sein du bureau d’enquête de Québecor média. « Privément, je reçois des messages de gens qui sont désolés. Eh bien, les personnes désolées et moi, privément, on sait qu’elles sont désolées, mais publiquement elles ont fait un grand spectacle pendant des heures qui n’allait pas dans le sens du fait qu’elles étaient désolées », a-t-il lancé à la presse. Il faisait alors allusion à un reportage diffusé la semaine passée le dépeignant comme le complice de Schokbeton et de Violette Trépanier. TVA Nouvelles n’avait pas ses explications dans la première version de son reportage, selon lui.
 
Le chef du bureau d’enquête au Parlement, Antoine Robitaille, a préféré ne pas commenter. Autrement, « ça détourne[rait] l’attention des reportages » de Québecor média.
 
La Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) a également réservé ses commentaires.
La liberté d’expression ne permet pas de dire tout ce qui nous passe par la tête. La liberté de la presse, ce n’est pas de bâcler son travail.
Pierre Moreau, en marge de la Journée mondiale de la liberté de la presse
Climat de suspicion
 
Plusieurs libéraux ont été piqués au vif par des gazouillis du président et chef de la direction de Québecor, Pierre Karl Péladeau — l’ex-chef péquiste soulignait le travail « essentiel » du bureau d’enquête —, et sa tournée des locaux de Québecor à la Tribune de la presse il y a une semaine.
 
Pourtant, ils avaient souhaité la meilleure des chances à l’homme d’affaires lorsque celui-ci a repris les commandes de Québecor en février dernier. « Il n’est plus en politique, alors M. Péladeau a le droit de faire ce qu’il souhaite de sa vie. Puis, je pense que c’est un homme d’affaires qui est très intégré à Québecor », avait déclaré M. Moreau.

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