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mardi, juin 20, 2017

Décès de l'étudiant libéré par Pyongyang, Trump dénonce un «régime brutal»

http://www.lapresse.ca/international/etats-unis/

Publié le 19 juin 2017 à 17h05 | Mis à jour le 20 juin 2017 à 07h53
Otto Warmbier discute avec des journalistes après sa... (ARCHIVES AP)
Otto Warmbier discute avec des journalistes après sa confession forcée, Pyongyang, en février 2016.
ARCHIVES AP
ANNE RENAUT
Agence France-Presse
Washington
L'étudiant américain Otto Warmbier, rapatrié le 13 juin dans le coma après 18 mois de détention en Corée du Nord, est décédé lundi, le président Donald Trump dénonçant un régime nord-coréen «brutal», dont les relations avec les États-Unis sont déjà extrêmement tendues.
«Beaucoup de choses terribles se sont passées. Mais au moins nous l'avons ramené chez lui pour qu'il soit avec ses parents», a déclaré le président américain peu après l'annonce, par la famille, de la mort du jeune homme de 22 ans.
Dans un communiqué, il a souligné sa détermination «à empêcher que des innocents ne subissent de telles tragédies aux mains de régimes qui ne respectent pas l'État de droit ou la décence la plus élémentaire».
Le secrétaire d'État Rex Tillerson a lui estimé dans un communiqué que la Corée du Nord était responsable de sa «détention» et a réclamé la libération des trois Américains encore derrière les barreaux du régime communiste.
La Chine a pour sa part déploré mardi la mort d'Otto Warmbier, appelant Washington et Pyongyang au dialogue pour résoudre leurs différends.
«Je crois qu'il s'agit d'une affaire malheureuse», a déclaré le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères Geng Shuang. «Nous espérons que la Corée du Nord et les États-Unis la traiteront de manière appropriée».
M. Tillerson et le chef du Pentagone Jim Mattis doivent recevoir mercredi deux des responsables chinois les plus importants afin d'approfondir le dialogue entre les deux premières puissances mondiales et tester la volonté chinoise sur le dossier nord-coréen.
Le père d'Otto Warmbier, Fred, lors d'une conférence... (REUTERS) - image 2.0
Le père d'Otto Warmbier, Fred, lors d'une conférence de presse à Cincinnati le 15 juin.
REUTERS
«Mauvais traitements»
«Entouré par sa famille qui l'aime, Otto est décédé aujourd'hui à 14H20» (18H20 GMT), a écrit la famille d'Otto Warmbier.
Quand le jeune homme est revenu chez lui, à Cincinnati, dans l'Ohio (nord), il présentait de graves lésions cérébrales, selon ses médecins. «Il était incapable de parler, incapable de voir et incapable de réagir à des commandes verbales. Il semblait très mal à l'aise, presque angoissé», a rappelé sa famille lundi.
Mais «bien que nous ne n'allions plus jamais entendre sa voix, en une journée la contenance de son visage avait changé - il était en paix. Il était chez lui et nous pensons qu'il pouvait le sentir», ont ajouté ses parents Fred et Cindy.
Sa famille a dénoncé à nouveau «les mauvais traitements, atroces et barbares» que leur fils a subis selon eux en Corée du Nord, où il avait été arrêté en janvier 2016 pour avoir tenté de voler une affiche de propagande.
Son compagnon de voyage Danny Gratton est le seul Occidental à l'avoir vu être arrêté. «Otto n'a pas opposé de résistance. Il ne semblait pas avoir peur», a-t-il confié au Washington Post lundi.
Présenté à la presse étrangère quelques semaines après son arrestation, Otto Warmbier avait déclaré, en pleurs, avoir fait «la pire erreur de (sa) vie».
Après l'annonce de son décès, l'agence de voyages Young Pioneer Tours, par laquelle Otto Warmbier s'était rendu à Pyongyang, a annoncé sur Facebook qu'elle renonçait à emmener des Américains en Corée du Nord. «Le risque pour les Américains visitant la Corée du Nord est trop élevé», a déclaré l'agence.
Venu en Corée du Nord dans le cadre d'un voyage organisé pour le Nouvel An, le jeune Américain avait été jugé en moins d'une heure et condamné à 15 ans de travaux forcés en mars 2016.
Peu après son procès, il avait plongé dans un coma dont les causes restent inconnues, selon ses médecins. Le type de lésions neurologiques dont il souffrait résulte d'ordinaire d'un arrêt cardio-respiratoire.
L'équipe médicale avait d'autre part démonté l'explication fournie par le régime nord-coréen en indiquant n'avoir pas relevé de trace de botulisme dans l'organisme du jeune homme.
Portant la veste de son fils sur ses épaules, Fred Warmbier avait exprimé son émotion et son indignation jeudi lors d'une conférence de presse, se disant «fier» de son fils, «qui s'est retrouvé chez un régime paria ces 18 derniers mois, maltraité et terrorisé».
Kenneth Bae, un missionaire chrétien américain d'origine coréenne,... (REUTERS) - image 3.0
Kenneth Bae, un missionaire chrétien américain d'origine coréenne, a été détenu par la Corée du Nord pendant plus d'un an.
REUTERS
Stratégie des otages
La mort d'Otto Warmbier survient dans un contexte de tensions exacerbées entre les États-Unis et la Corée du Nord sur le programme d'armement nucléaire que Pyongyang continue de développer.
Le régime communiste, qui a un piètre bilan en matière de droits de l'homme, est isolé sur la scène internationale en raison de ses ambitions militaires. La Corée du Nord a multiplié les tirs de missiles depuis le début de l'année, suscitant à chaque fois la colère de Washington et les condamnations de l'ONU.
Trois Américains sont toujours détenus en Corée du Nord, deux hommes qui enseignaient dans une université de Pyongyang financée par des groupes chrétiens étrangers et un pasteur Américano-Coréen accusé d'espionnage au profit de Séoul.
D'anciens détenus comme Kenneth Bae ont fait état de longues journées de labeur, de problèmes médicaux et d'abus psychologiques. Mais d'autres ont parlé de conditions de détention tolérables.
Reste à savoir si la mort de l'étudiant va porter un coup fatal à la stratégie nord-coréenne --bien huilée-- des otages, qui servent de monnaie d'échange diplomatique.
Des spécialistes ont jugé improbable que Pyongyang ait délibérément fait plonger un ressortissant américain dans le coma.

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lundi, mars 07, 2016

La Corée du Nord menace de lancer des frappes nucléaires «à l'aveugle»

http://www.lapresse.ca/international/asie-oceanie/

Publié le 06 mars 2016 à 18h02 | Mis à jour le 07 mars 2016 à 07h00
Le leader nord-coréen Kim Jong-un assiste au lancement... (Photo AFP)
PHOTO AFP
Le leader nord-coréen Kim Jong-un assiste au lancement d'un missile, le 4 mars.

GILLES HEWITT
Agence France-Presse
SÉOUL
Les forces sud-coréennes et américaines ont commencé lundi les plus importantes manoeuvres conjointes jamais organisées sur la péninsule coréenne, auxquelles Pyongyang a menacé de répliquer par des frappes nucléaires «à l'aveugle».
Ces exercices annuels entre les deux alliés aggravent systématiquement les tensions entre le Nord et le Sud.
Ils interviennent cette année dans un contexte particulièrement crispé, deux mois après le quatrième essai nucléaire de la Corée du Nord et un mois après un tir nord-coréen de fusée longue portée, deux actions condamnées par le Conseil de sécurité de l'ONU qui vient de voter une nouvelle volée de sanctions contre le régime le plus isolé au monde.
Les manoeuvres conjointes, baptisées «Key Resolve» et «Foal Eagle», sont cette année d'une envergure jamais vue en Corée du Sud, avec environ 17 000 Américains et 300 000 Sud-Coréens.
Des éléments clés de l'armée américaine sont mobilisés, telle qu'une escadre emmenée par un porte-avions et des sous-marins à propulsion nucléaire.
Dans un communiqué diffusé quelques heures avant le début des exercices, la puissante Commission de la défense nationale de Corée du Nord se dit prête à une contre-offensive «totale».
«Au nom de la justice»
«Les manoeuvres militaires conjointes organisées par les ennemis sont perçues comme des exercices de guerre nucléaire non dissimulés visant à porter atteinte à la souveraineté (de la Corée du Nord), sa riposte militaire sera d'effectuer des frappes nucléaires préventives et offensives», prévient le communiqué.
Dans des propos rapportés vendredi par l'agence officielle KCNA, le leader nord-coréen Kim Jong-Un avait déjà annoncé la couleur, après le vote de sanctions à l'ONU: «Nous devons être toujours prêts, à chaque instant, à utiliser notre arsenal nucléaire.»
La rhétorique belliqueuse est une constante de la part du régime nord-coréen lorsque les tensions augmentent. Si Pyongyang dispose vraisemblablement d'un petit arsenal de têtes nucléaires, les spécialistes sont divisés quant à sa capacité à les monter sur des missiles.
La Commission de défense nationale affirme que des plans d'«attaque nucléaire préventive au nom de la justice» ont été élaborés par le Commandement suprême de l'Armée populaire coréenne et validés par Kim et sont prêts à être mis en oeuvre «même dans le cas de la plus petite action militaire» des ennemis du Nord.
«La frappe nucléaire à l'aveugle (...) montrera clairement aux enthousiastes de l'agression et de la guerre la détermination» du Nord, poursuit la Commission.
«Océans de flammes»
Les cibles, claironne-t-elle, pourraient être sud-coréennes, mais ces frappes pourraient aussi viser les bases américaines dans la région Asie-Pacifique et jusqu'aux États-Unis.
«Si nous appuyons sur les boutons pour anéantir nos ennemis (...), toutes les origines des provocations seront réduites à des océans de flammes et de cendres en un instant», ajoute-t-elle.
Ces menaces nord-coréennes pourraient être une conséquence d'articles sud-coréens selon lesquels les manoeuvres conjointes incluraient cette année des simulations de frappes contre des installations des programmes nucléaire et balistique du Nord.
À Séoul, le ministère de la Défense s'est engagé à répondre «durement et impitoyablement» à toute «provocation» du Nord.
Si les tirs de fusée ont pu permettre au programme de missiles balistiques nord-coréen de progresser, la plupart des experts pensent que Pyongyang ne maîtrise pas la technologie de rentrée dans l'atmosphère, après la phase de vol balistique, qui serait nécessaire pour toucher un territoire aussi lointain que les États-Unis.
Si Pyongyang condamne chaque année ces manoeuvres qui durent près de deux mois, Séoul et Washington affirment que leur unique but est défensif. Les deux alliés comptent néanmoins cette année faire une démonstration de force, en riposte à l'essai nucléaire du 6 janvier et au tir de fusée du 7 février.
Adoptée unanimement la semaine dernière au terme de négociations laborieuses entre Washington et Pékin, la nouvelle résolution de sanctions du Conseil de sécurité de l'ONU est de nature, si elle est respectée, à considérablement accroître la pression économique sur le Nord.
La Corée du Sud va de son côté annoncer mardi des sanctions renforcées contre Pyongyang, ce qui devrait déclencher de nouvelles menaces de représailles du Nord.

mercredi, mai 13, 2015

Corée du Nord: le ministre de la Défense exécuté avec un canon anti-aérien

http://quebec.huffingtonpost.ca/

 |  Par Agence France Presse  Publication: 

HYON YONGCHOL
ministre de la Défense

Le numéro un nord-coréen, Kim Jong-Un, a fait exécuter pour insubordination son ministre de la Défense, accusé d'avoir sommeillé lors de défilés militaires, ce qui pourrait être le signe d'une instabilité du régime, d'après les services de renseignements sud-coréens.
Si cette exécution au canon de DCA était confirmée, il s'agirait d'une nouvelle démonstration du caractère impitoyable du jeune dirigeant nord-coréen quand il s'agit de réagir au manque de loyauté supposé de certains dignitaires, y compris ceux de très haut rang.
Fin 2013, Kim Jong-Un avait fait exécuter son oncle et ancien mentor, Jang Song-Thaek, accusé entre autres de corruption et de trahison.
L'exécution le mois dernier de Hyon Yong-Chol serait peut-être aussi le signe d'une lutte de pouvoir au sommet du régime communiste, après la décision de Kim Jong-Un d'annuler une visite prévue à Moscou la semaine dernière pour cause de "problèmes internes".
Les services de renseignements nationaux (NIS) de Corée du Sud avaient déjà annoncé en avril que le dirigeant de ce pays des plus hermétiques avait ordonné le passage par les armes de 15 responsables, dont deux vice-ministres, pour avoir remis en cause son autorité.
Lors d'une réunion d'information devant une Commission parlementaire mercredi, Han Ki-Beom, vice-directeur du NIS, a expliqué que des centaines de personnes avaient assisté à l'exécution du ministre de la Défense.
Ce dernier aurait été exécuté au canon anti-aérien aux alentours du 30 avril, dans une académie militaire du nord de Pyongyang.
La presse, en particulier les médias sud-coréens, a expliqué par le passé, sans que cela puisse être confirmé, que cette méthode d'exécution destinée à frapper les esprits était réservée aux personnalités de haut rang dont le pouvoir veut faire un exemple.
Purge surprenante
En avril, la Commission pour les droits de l'Homme en Corée, aux Etats-Unis, avait publié des photos, prises par satellite, de ladite académie militaire, où l'on voyait des batteries anti-aériennes dans un champ de tir, apparemment en prévision d'une exécution.
Le ministère sud-coréen de l'Unification a dénoncé le "règne de la terreur" chez le voisin du Nord.
Les services secrets ont expliqué que le ministre était tombé en disgrâce pour avoir montré son mécontentement envers la gouvernance de Kim Jong-Un, avoir fait fi de ses ordres à plusieurs reprises et s'être endormi lors d'un rassemblement présidé par le numéro un.
Hyon Yong-Chol avait été nommé à la tête du ministère des Forces armées du peuple il y a moins d'un an. Il a été aperçu pour la dernière fois en public les 27 et 28 avril, lorsqu'il avait assisté à des concerts.
En Corée du Nord, le ministre de la Défense s'occupe principalement de la logistique et des échanges internationaux. La stratégie politique est elle l'affaire de la puissante Commission de défense nationale et de la Commission militaire centrale du parti unique.
Yang Moo-Jin, professeur à l'Université des études nord-coréennes de Séoul, a jugé cette exécution surprenante.
"Hyon était perçu comme l'un des trois responsables militaires les plus proches de Kim Jong-Un", a-t-il dit à l'AFP.
Le ministre s'était rendu en Russie en avril, en partie pour préparer la participation de Kim Jong-Un aux cérémonies du 9 mai saluant la victoire de l'Armée rouge sur l'Allemagne nazie en 1945.
Pour l'analyste, le ministre, qui aurait également été chargé de conclure un accord d'armement, aurait pu faillir à sa mission.
"Un dirigeant inexpérimenté comme Kim peut être tenté par des décisions provocantes et dramatiques à l'excès. (....) A mes yeux, la situation est assez inquiétante", a dit Yang Moo-Jin. "Cela laisse entendre que Kim Jong-Un est frusté politiquement".
Cheong Seong-Chang, analyste pour le centre d'études Sejong de Séoul, a estimé toutefois qu'il fallait prendre l'annonce du NIS avec des pincettes. Les services de renseignement ont été "imprudents", a-t-il dit, jugeant leurs informations "fragiles, non confirmées".
Depuis son arrivée au pouvoir après le décès de son père Kim Jong-Il en décembre 2011, le jeune numéro un a remanié les forces armées à plusieurs reprises.
La purge la plus notable reste pour l'instant l'exécution de son oncle. Jang avait aidé le dirigeant nord-coréen, qui était alors inexpérimenté, à consolider son pouvoir.
Les analystes ont estimé que Kim Jong-Un avait pu prendre ombrage au bout d'un moment de son influence politique.
Considérée comme la seule dynastie communiste de l'Histoire, la famille Kim règne sans partage sur la Corée du Nord depuis plus de six décennies.