Québec veut accélérer la reconnaissance des diplômes étrangers

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Publié le 14 février 2017 à 05h00 | Mis à jour à 05h00

DENIS LESSARD
La Presse
(Québec) Le gouvernement Couillard compte faire un geste pour favoriser l'intégration des immigrants à l'emploi. Le premier ministre va annoncer aujourd'hui des mesures pour assurer la reconnaissance des diplômes obtenus à l'étranger par les néo-Québécois. Une façon de prendre acte du drame survenu le 29 janvier à la Grande Mosquée de Québec.
Selon les informations colligées par La Presse, Québec entend déposer à l'Assemblée nationale dès cette session un projet de loi pour que les ordres professionnels accélèrent leur évaluation des compétences de ces ressortissants et qu'ils soient plus flexibles pour ce qui est de la reconnaissance de ces formations. Sous le gouvernement Charest, semblable démarche a été entamée avec succès avec la France.
Un paradoxe
Québec se trouve dans une situation «paradoxale», explique-t-on. D'une part, quand il décerne des certificats de sélection aux immigrants, il valorise les candidats «qualifiés», détenant une formation post-secondaire. D'autre part, les règles de reconnaissance de ces diplômes empêchent dans les faits ces nouveaux arrivants d'avoir accès aux emplois.
On a souvent parlé des ingénieurs ou des médecins forcés de faire du taxi une fois arrivés au Québec, mais le problème est plus vaste. De nombreuses infirmières et beaucoup d'enseignants n'ont pas accès à des emplois dans leur champ de compétence et sont forcés de se rabattre sur des expédients. De nombreuses barrières ne favorisent pas les acquis de gens qui viennent de l'extérieur du Canada ou même du Québec. D'autres mesures s'ajouteront vendredi au Sommet de l'emploi, tenu sous les auspices du ministre de l'Emploi et de la Solidarité sociale, François Blais.
Selon les informations colligées par La Presse, Québec... (PHOTO DAVID BOILY, ARCHIVES LA PRESSE)
Selon les informations colligées par La Presse, Québec entend déposer à l'Assemblée nationale dès cette session un projet de loi pour que les ordres professionnels accélèrent leur évaluation des compétences de néo-Québécois.PHOTO DAVID BOILY, ARCHIVES LA PRESSE
Philippe Couillard a été «touché par les événements» et entend donner «une réponse adéquate, un message d'ouverture, modifier le discours public», dit-on.
Après la tuerie, des «mesures concrètes» étaient nécessaires pour envoyer un message d'ouverture à la communauté internationale.
À Québec, on est conscient que les observateurs étrangers ont les yeux tournés vers le gouvernement dans la foulée du drame où six Québécois de confession musulmane ont perdu la vie.
Plus tard, dans un deuxième temps, pour répondre aux préoccupations de l'ensemble de la population, Québec annoncera des modifications au projet de loi 62 «amélioré» qui, jusqu'ici, se contentait d'imposer l'offre de services publics à visage découvert. Mais avec les événements de Québec, ce débat peut attendre. Il pourrait être perçu comme un geste d'exclusion, indique-t-on. Québec cherchera à élargir le consensus avec les autres partis à l'Assemblée nationale.
Les uniformes
Comme l'a indiqué La Presse, la semaine dernière, les autorités - les services de police ou le service correctionnel - ont le mandat de définir les uniformes de leurs employés et pourraient proscrire le port de signes religieux visibles s'ils soulèvent des risques quant à la sécurité. Divergence avec le rapport Bouchard-Taylor, toutefois, les juges ne seront pas visés.
Ce faisant, bénéfice collatéral, Québec compte mettre au second rang la nouvelle de l'exclusion du député de Laurier-Dorion, Gerry Sklavounos, du caucus des députés. Ces derniers doivent discuter de l'avenir de leur collègue à leur réunion quotidienne tenue de 12h à 14h.