PQ: les jeunes proposent un retour à la charte des valeurs

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Publié le 17 février 2017 à 17h14 | Mis à jour le 17 février 2017 à 18h19
Le comité régional des jeunes des Laurentides a... (Photo Pascal Ratthé, Le Soleil)
Le comité régional des jeunes des Laurentides a suggéré de ne se pas se limiter à interdire les signes religieux pour les personnes en situation d'autorité -une position qui est défendue par le chef, Jean-François Lisée.
PHOTO PASCAL RATTHÉ, LE SOLEIL
VICKY FRAGASSO-MARQUIS
La Presse Canadienne
Les jeunes du Parti québécois (PQ) débattront en fin de semaine de la possibilité d'aller plus loin sur l'interdiction des signes religieux et de revenir essentiellement à la position défendue par le parti lorsqu'il avait présenté sa controversée charte des valeurs.
Le comité national des jeunes du PQ est appelé à se prononcer sur la proposition de plateforme du parti à l'occasion de son congrès national, ce week-end à Victoriaville, et le comité régional des jeunes des Laurentides a suggéré de ne se pas se limiter à interdire les signes religieux pour les personnes en situation d'autorité - une position qui est défendue par le chef, Jean-François Lisée, et les deux autres partis d'opposition à l'Assemblée nationale, la Coalition avenir Québec et Québec solidaire.
Le comité régional voudrait ainsi «interdire aux employés des secteurs public et parapublic pendant leurs heures de travail de porter tout signe religieux visible en incluant une clause de droit acquis».
Cette proposition correspond à ce que défendait le gouvernement du Parti québécois lorsqu'il a présenté sa charte des valeurs en 2013, sauf qu'il est question ici d'inclure une clause grand-père, ce qui signifie que les travailleurs déjà en poste conserveraient leurs droits acquis.
«C'est plus un retour à la charte initialement proposée par le Parti québécois sans l'entente qu'on a eue avec la CAQ et Québec solidaire. Ça va plus loin», a expliqué en entrevue Ariane Cayer, présidente du Comité national des jeunes du Parti québécois (CNJPQ).
Mme Cayer a toutefois tenu à souligner que les jeunes ne remettent absolument pas en question les mesures d'intégration à l'emploi mises de l'avant par leur chef, «bien au contraire».
Les jeunes du Parti québécois seront ainsi appelés en fin de semaine à adopter ou non cette proposition, qui risque de faire beaucoup jaser dans le contexte actuel.
Le philosophe Charles Taylor a annoncé plus tôt cette semaine qu'il se rétractait sur l'une des recommandations de la commission qu'il avait présidée avec le sociologue Gérard Bouchard. Il a affirmé qu'il n'était plus d'accord avec l'idée d'interdire le port de signes religieux pour les employés de l'État en situation d'autorité.
Autres débats
Hormis cet enjeu, les jeunes du PQ débattront notamment de l'idée d'imposer la loi 101 au cégep, un autre sujet sur lequel ils risquent de se démarquer.
Le Parti québécois a décidé d'abandonner la proposition d'étendre la portée de la Charte de la langue française aux cégeps, ce qui est contesté par certaines associations régionales.
Des débats porteront aussi sur la nationalisation de l'eau et sur l'idée d'instaurer un ordre professionnel des journalistes, a indiqué Mme Cayer.
Le congrès sera aussi l'occasion de choisir un nouvel exécutif au comité national des jeunes, qui aura notamment un nouveau président. Marc-André Bouvette, un étudiant en relations industrielles originaire du Saguenay, est le seul candidat en lice, donc il sera élu par acclamation.