Trump sera un «allié naturel» s'il lutte contre le terrorisme, dit Assad

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Publié le 15 novembre 2016 à 16h20 | Mis à jour à 16h27
Bachar al-Assad... (PHOTO SANA, ARCHIVES AP)
Bachar al-Assad
PHOTO SANA, ARCHIVES AP
Agence France-Presse
DAMAS
Le chef de l'État syrien Bachar al-Assad a affirmé que le président américain élu Donald Trump serait «un allié naturel» s'il luttait contre le terrorisme, dans un entretien diffusé mardi soir par la télévision publique portugaise RTP.
Il s'agit de la première réaction de M. Assad à l'élection du candidat républicain à la présidence américaine il y a une semaine.
«Nous ne pouvons rien dire sur ce qu'il va faire, mais disons que s'il va lutter contre le terrorisme, bien sûr nous allons être alliés, des alliés naturels de la même manière que nous le sommes avec les Russes, les Iraniens et beaucoup d'autres pays qui veulent défaire le terrorisme», a dit M. Assad à la RTP.
Par le terme de «terrorisme», le régime de Damas entend toutes les formations armées qui lui sont hostiles, que ce soit celles considérées comme modérées ou les djihadistes, comme le groupe État islamique (EI), qui contrôle de vastes régions en Syrie.
Interrogé sur les déclarations de Donald Trump jugeant prioritaire en Syrie la lutte contre le groupe État islamique (EI), Bachar al-Assad s'est montré toutefois prudent.
«Bien sûr que c'est prometteur, mais pourra-t-il le concrétiser. Pourra-t-il agir dans ce sens? Qu'en est-il des forces qui sont opposées (à cela) au sein de son administration et du courant dominant dans les médias qui étaient contre lui? (...) C'est pour cela que nous sommes encore dubitatifs sur le fait qu'il puisse tenir ses promesses», a-t-il ajouté.
Dans un entretien publié samedi par le Wall Street Journal, Donald Trump avait suggéré qu'il fallait lutter davantage contre l'EI. Et, à chercher à remplacer Bachar al-Assad, avait-il dit, «nous allons finir par combattre la Russie», alliée de Damas.
«L'EI est une bien plus grande menace contre nous qu'Assad», avait déjà dit M. Trump au New York Times en juillet.
Dans son entretien, M. Assad a en outre insisté sur son refus de toute ingérence américaine en Syrie. «Cela fait 50 ans que les États-Unis s'ingèrent (dans les affaires d'autres pays) et en fait, ils ne sont bons qu'à créer des problèmes, non à les résoudre».
Interrogé sur son attitude vis-à-vis du prochain secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres, le président Assad a affirmé: «les Nations unies, ce n'est pas le secrétaire général, même s'il a une position importante», mais plutôt les cinq membres permanents du Conseil de sécurité.
«En tout cas, il faut qu'il soit objectif (...) et qu'il ne transforme pas son bureau en succursale du département d'État américain». «C'est ce que nous espérons», a-t-il souligné.
Il a par ailleurs qualifié le président turc Recep Tayyip Erdogan, dont le pays soutient la rébellion syrienne, de «malade, de mégalomane et d'instable», ajoutant: «Il vit en dehors de la réalité».