« Nous sommes impatients de travailler avec M. Trump » -Trudeau

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PUBLIÉ AUJOURD'HUI À 7 H 49 | Mis à jour il y a 18 minutes
Justin Trudeau, lors de sa visite officielle aux États-Unis, en mars 2016.
Justin Trudeau, lors de sa visite officielle aux États-Unis, en mars 2016.   PHOTO : PAUL CHIASSON

Dans une courte déclaration publiée mercredi matin, le premier ministre canadien Justin Trudeau a félicité Donald Trump pour sa victoire électorale. Il souligne d'emblée que le Canada « n'a pas d'ami, de partenaire ou d'allié plus proche que les États-Unis » et dit être « impatient » de travailler avec le président élu.
Nous sommes impatients de travailler de très près avec le président élu, M. Trump, et avec son administration et le Congrès des États-Unis au cours des prochaines années, notamment sur les dossiers du commerce, de l'investissement ainsi que de la paix et de la sécurité internationales.Auteur
« La relation qui unit nos deux pays est un exemple pour le reste du monde. Nos valeurs communes, nos liens culturels profonds ainsi que nos économies fortes et intégrées continueront de servir de bases à l'avancement de notre partenariat solide et prospère », a-t-il ajouté.
Au cours de la campagne électorale, Donald Trump a déclaré à plusieurs reprises qu'il voulait renégocier l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) à l'avantage des États-Unis. Cettte entente constitue le « pire accord de notre histoire » a-t-il déclaré.
M. Trump aura également à se prononcer au cours des prochains mois sur le dossier du bois d'oeuvre, la dernière entente bilatérale entre le Canada et les États-Unis étant arrivée à échéance en octobre. Ce dossier a déjà empoisonné les relations entre les deux pays.
La présidentielle américaine 2016 - notre section spéciale
Lisée « sonné »
« C'est troublant, mais on va faire avec », a commenté le chef péquiste Jean-François Lisée, qui n'a pas caché être « un peu sonné » par la victoire de M. Trump.
« En bons démocrates, on félicite le nouveau président », a-t-il néanmoins affirmé. « La démocratie américaine a parlé, il faut la respecter ».
On entre dans une période de turbulences, c'est certain. Une période d'incertitude.Jean-François Lisée
Le chef de l'opposition officielle à Québec a dit croire que la lutte contre le réchauffement planétaire sera la « principale victime » de la future administration Trump. Le retrait anticipé des États-Unis de l'accord de Paris, si difficile à conclure, constituera un « recul majeur d'une ou deux décennies », a-t-il dit. « Aujourd'hui, on vient de perdre un joueur majeur. »
Le chef péquiste ne croit cependant pas que M. Trump pourra compromettre l'ALENA. Une telle approche « se heurterait à la totalité des lobbys d'affaires américains », a-t-il déclaré. « Je pense que ce n'est pas dans les cartes et qu'un certain réalisme américain va s'imposer. »
En ce qui concerne le bois d'œuvre, M. Lisée a souligné que la position des États-Unis était déjà « inflexible » dans ce dossier et qu'il ne fallait pas s'attendre à ce que cela s'améliore. 
Le chef de l'opposition ne croit pas que la vente d'hydro-électricité à des États américains soit compromise, puisque les États qui achètent l'énergie du Québec se sont eux-mêmes engagés à augmenter leurs achats d'énergie verte, indépendamment de la volonté de Washington.
M. Lisée croit par ailleurs que M. Trump l'a emporté parce qu'il a réussi à canaliser la colère d'une partie de la population américaine, qui s'explique en bonne partie par les inégalités sociales dans la société américaine. Il déplore cependant que les solutions proposées par M. Trump constituent un « remède pire que le mal. »
Selon lui, Bernie Sanders aurait pu l'emporter contre M. Trump, car il aurait pu mieux répondre à la colère des hommes blancs que Mme Clinton.