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mercredi, février 08, 2017

Donald Trump attaque une entreprise au nom de sa fille

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Publié le 08 février 2017 à 11h44 | Mis à jour à 17h21
Donald Trump et sa fille Ivanka sur la... (PHOTO AFP)
Donald Trump et sa fille Ivanka sur la pelouse de la Maison-Blanche.
PHOTO AFP
JEREMY TORDJMAN
Agence France-Presse
Washington
Le président Trump s'en est pris mercredi à l'enseigne Nordstrom pour avoir renoncé à vendre la ligne de vêtements de sa fille Ivanka, alimentant encore le soupçon de mélange des genres entre politique, business et famille à la Maison-Blanche.
«Ma fille Ivanka a été traitée de manière si injuste par Nordstrom. C'est une personne incroyable qui me pousse toujours à faire le bon choix. Terrible!», a écrit le président sur Twitter, quelques minutes après avoir prononcé un discours sur la sécurité intérieure devant l'association des shérifs américains.
Depuis son élection en novembre, le président Trump s'en est déjà pris directement à plusieurs multinationales (General Motors, Ford...) pour leurs délocalisations au Mexique, mais c'est la première fois qu'une de ses charges est directement liée à une entreprise du clan familial.
M. Trump a par ailleurs décidé de donner le maximum d'écho à cette attaque en la répercutant sur son compte personnel @realDonaldTrump comme sur celui, officiel, de la présidence américaine @POTUS.
My daughter Ivanka has been treated so unfairly by @Nordstrom. She is a great person -- always pushing me to do the right thing! Terrible!

Environnement électrique
Le courroux présidentiel répondait à la décision, annoncée la semaine dernière, de la chaîne de magasins de luxe Nordstrom de retirer de ses rayons les sacs, chaussures et vêtements de la marque Ivanka Trump.
Le groupe, visé par un appel au boycott, a toujours nié toute dimension politique et assuré avoir pris cette décision sur le seul critère de la «performance».
«Au cours de l'année passée, spécialement au cours du second semestre 2016, les ventes de la marque ont régulièrement décliné au point que cela ne faisait plus sens économiquement de continuer pour le moment», a déclaré mardi une porte-parole dans un courriel à l'AFP.
La Maison-Blanche a toutefois défendu une toute autre lecture. «Il y a très clairement des tentatives pour salir le nom (d'Ivanka Trump) en raison de mesures précises prises par son père», a accusé le porte-parole de la présidence, Sean Spicer, lors de son briefing quotidien, jugeant la décision de Nordstrom «inacceptable».
Cette controverse illustre d'une part l'environnement électrique auxquels les grands groupes américains sont désormais confrontés. Uber, New Balance, Pepsi ou Budweiser ont ainsi fait l'objet d'appels au boycott lancés par des pro ou anti-Trump.
Nordstrom, qui compte près de 350 magasins aux États-Unis et au Canada, figurait, lui, sur la liste des entreprises à boycotter établie par le site Grab Your Wallet parce qu'il vendait des articles Ivanka Trump.
Selon le New York Times, une autre enseigne, TJMax, a d'ailleurs ordonné à ses employés de faire disparaître les articles Ivanka Trump de ses présentoirs. Contacté, le groupe n'a pas réagi dans l'immédiat.
Nordstrom figurait sur la liste des entreprises à... (REUTERS) - image 4.0
Nordstrom figurait sur la liste des entreprises à boycotter établie par le site Grab Your Wallet parce qu'il vendait des articles Ivanka Trump.
REUTERS
Soupçons 
Cette passe d'armes vient également renforcer les craintes que la présidence Trump ne brouille les frontières entre politique, intérêts commerciaux et liens familiaux.
«Cela donne l'impression qu'il utilise sa fonction pour promouvoir les intérêts commerciaux de sa fille», affirme à l'AFP Richard Briffault, expert en éthique gouvernementale à la Columbia Law School.
Lors de son briefing, Sean Spicer a tenté par avance de déminer le terrain en défendant le droit de M. Trump de «prendre la défense de sa famille».
Mais les soupçons sont tenaces et n'ont cessé de grandir depuis l'accession de Donald Trump à la Maison-Blanche.
Contre l'avis des experts, le président américain a refusé de couper entièrement ses liens avec l'empire immobilier qui a fait sa fortune. Il en a simplement confié les rênes à ses deux fils aînés et a posé certaines règles, comme l'interdiction de nouveaux contrats à l'étranger.
Il conserve ainsi ses parts dans la Trump Organization, au risque notamment de bénéficier de paiements effectués par des ressortissants étrangers en violation d'une des clauses de la Constitution américaine.
En relançant une vieille action en diffamation à New York, son épouse Melania est également venue accréditer l'image d'un clan déterminé à tirer un avantage commercial de la présidence Trump.
Dans la plainte déposée en son nom, ses avocats soutiennent ainsi que cette ancienne mannequin avait, en devenant Première Dame, «une occasion unique dans une vie, en tant que personne extrêmement célèbre, (...) de lancer une marque commerciale sur une gamme étendue de produits, dont chacun lui aurait garanti des millions de dollars».

Le PQ et la CAQ appuient QS contre la refonte de la carte électorale

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Publié le 08 février 2017 à 11h47 | Mis à jour à 14h46

Martin Croteau
MARTIN CROTEAU
La Presse
(Québec) Le Parti québécois et la Coalition avenir Québec ont uni leur voix à Québec solidaire pour dénoncer un projet de refonte de la carte électorale qui ferait disparaître la circonscription de Manon Massé, Sainte-Marie-Saint-Jacques.
La Commission de la représentation électorale a pris tout le monde de court mardi lorsqu'elle a renoncé à un projet de fusionner les bastions libéraux de Mont-Royal et d'Outremont. Elle propose maintenant d'annexer Westmount-Saint-Louis à Sainte-Marie-Saint-Jacques, l'un des trois sièges de Québec solidaire.
Québec solidaire y voit un « déni de démocratie », puisque la dernière proposition du DGEQ n'a jamais été soumise à une consultation publique.
Le parti a reçu l'appui de deux rivaux, mercredi.
Le chef péquiste Jean-François Lisée juge que le processus par lequel la Commission de la représentation électorale a décidé du sort de la circonscription Sainte-Marie-Saint-Jacques « n'est pas acceptable ».
« Lorsque vous vouliez fusionner Outremont et Mont-Royal, il y a eu un processus de consultation, tout le monde s'est prononcé, de toute évidence vous les avez écoutés, a souligné M. Lisée. Et là, vous allez abolir une autre circonscription sans écouter personne, sans faire de consultation? Non, ça ne va pas du tout. »
Le Directeur général des élections (DGEQ) propose d'annexer Sainte-Marie-Saint-Jacques...
Le Directeur général des élections (DGEQ) propose d'annexer Sainte-Marie-Saint-Jacques à Westmount-Saint-Louis pour former une nouvelle circonscription, Ville-Marie. Québec solidaire a arraché Sainte-Marie-Saint-Jacques par 91 votes aux élections de 2014, avec la députée Manon Massé.
Le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, a fait écho aux commentaires émis la veille par Amir Khadir, qui soupçonnait le DGEQ de chercher à avantager les libéraux.
« Est-ce que les libéraux ont fait des représentations qui pourraient être avantageuses politiquement pour mélanger des populations qui, traditionnellement, votent libéral avec des populations qui, traditionnellement, ne votent pas libéral ? La question se pose », a affirmé M. Legault.
Cette dernière charge a été balayée d'un revers de main par la ministre responsable des Institutions démocratiques, Rita de Santis. Elle rappelle que la refonte fera disparaître une circonscription actuellement détenue par son parti en Mauricie.
« Si c'est à l'avantage de quelqu'un, ce n'est certainement pas le Parti libéral du Québec, a dit Mme de Santis. On voit qu'il y a deux circonscriptions additionnelles dans Laurentides-Lanaudière, (...) à ce jour, le PLQ n'est pas tellement fort là. »
La refonte électorale a d'ailleurs fait des mécontents dans les rangs libéraux. Le député de D'Arcy McGee, David Birnbaum, a dit craindre que le poids politique de la métropole soit dilué, puisque l'île de Montréal se voit amputée d'une circonscription.
« Montréal, c'est le moteur du Québec, a dit M. Birnbaum. Le sort de Montréal ne va pas à l'encontre du sort des régions. Il y a une interaction, une codépendance totale pour le bien-être du Québec. Et le poids de Montréal a l'air des compromis un petit peu, à nouveau, par ce qu'on voit dans ce rapport. »

Québec va porter plainte au Washington Post

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Publié le 08 février 2017 à 15h29 | Mis à jour à 15h29

Martin Croteau
MARTIN CROTEAU
La Presse
(QUÉBEC) Le gouvernement Couillard va porter plainte au Washington Post, qui a publié la semaine dernière un texte d'opinion qui présente le Québec comme une société violente et raciste.
La ministre des Relations internationales, Christine St-Pierre, a confirmé mercredi qu'elle va écrire à la direction du quotidien. Quelques heures plus tôt, l'Assemblée nationale avait adopté à l'unanimité une motion du Parti québécois qui appelait le gouvernement à défendre la réputation du Québec.
« On est tout simplement choqués de voir qu'il comprenait vraiment mal le Québec », a convenu Mme St-Pierre.
Son gouvernement a hésité avant d'écrire au Washington Post pour éviter de faire davantage de publicité au chroniqueur de Vancouver qui a signé le texte, J.J. McCullough. Mais il a néanmoins appuyé l'initiative péquiste et compte y donner suite.
Mme St-Pierre a souligné que ce texte tranche avec l'éditorial élogieux du New York Times sur la manière dont Philippe Couillard a réagi à la tuerie au Centre culturel islamique de Québec.
Dans son texte paru le 1er février, M. McCullough recense les tueries qui se sont produites dans la province au cours des dernières années. Il relate les critiques de « Canadiens anglais » qui considèrent que le nationalisme fait du Québec un lieu « inhospitalier, arrogant et, oui, sensiblement plus raciste que la norme canadienne ». 
Le gouvernement québécois a hésité avant d'écrire au Washington... (PHOTO MANDEL NGAN, AFP)
Le gouvernement québécois a hésité avant d'écrire au Washington Post pour éviter de faire davantage de publicité au chroniqueur de Vancouver qui a signé le texte, J.J. McCullough.PHOTO MANDEL NGAN, AFP
Ulcéré, le député du Parti québécois, Stéphane Bergeron, a présenté la motion qui a été adoptée au Salon bleu mercredi. Il a dit espérer que le gouvernement agira rapidement pour faire connaitre son mécontentement au prestigieux quotidien.
« Le gouvernement libéral a accepté de s'associer à cette motion et j'espère qu'ils se sentent liés par la motion de l'Assemblée nationale et que, conséquemment, il y aura des suites », a affirmé M. Bergeron.
Dans l'intervalle, un autre Québécois a pris la plume pour dénoncer les commentaires de J.J. McCullough. L'ancien attaché de presse de Stephen Harper, Carl Vallée, a fait paraitre un texte dans le Washington Post pour lui donner la réplique.  
« Le fait de blâmer les actions d'un terroriste sur les efforts légitimes du Québec pour protéger sa langue, sa culture et son patrimoine est méprisable », résume M. Vallée dans son texte paru mercredi.
Le Bloc québécois avait présenté la semaine dernière une motion à la Chambre des communes pour dénoncer le texte, mais il n'avait pas obtenu le consentement unanime des députés pour en débattre.