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lundi, mars 13, 2017

Immigration et religion: Lisée blâme l'inaction de Couillard

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Publié le 13 mars 2017 à 17h21 | Mis à jour à 17h21
Jean-François Lisée a rappelé que les partis d'opposition... (PHOTO PATRICK SANFAÇON, LA PRESSE)
Jean-François Lisée a rappelé que les partis d'opposition avaient proposé un compromis au gouvernement Couillard, ces derniers mois, soit d'interdire le port de signes religieux aux agents de l'État en situation d'autorité, et qu'il l'a refusé.
PHOTO PATRICK SANFAÇON, LA PRESSE
LIA LÉVESQUE
La Presse Canadienne
Le gouvernement Couillard est responsable de l'insatisfaction exprimée par plusieurs citoyens quant à l'intégration des immigrants et au port de signes religieux, estime le chef péquiste Jean-François Lisée.
Le chef du Parti québécois a été invité, lundi à Montréal, à commenter les résultats d'un sondage Crop réalisé pour le compte de Radio-Canada.
Ce sondage indique notamment qu'une majorité de gens pensent que le port de vêtements religieux devrait être interdit pour les éducateurs (66%), les personnes en autorité (76%) et les autres employés des services publics (67%).
De même, 57% des Québécois qui ont répondu au sondage jugent que les musulmans sont mal intégrés, soit 38% «plutôt mal» et 19% «très mal». Ils sont 7% à estimer qu'ils sont très bien intégrés et 35%, plutôt bien intégrés.
Interrogé à ce sujet lors d'une conférence de presse à Montréal, après son retour d'un voyage à saveur économique en Europe, M. Lisée a blâmé le gouvernement Couillard et les gouvernements libéraux précédents pour leur inaction en la matière depuis des années.
«Les Québécois sont impatients face à l'incapacité du gouvernement Couillard d'agir sur les signes religieux, sur les accommodements religieux», a conclu M. Lisée.
Il s'est par ailleurs dit heureux de constater que pour bien des questions du sondage, les Québécois ont offert des réponses similaires aux autres Canadiens.
«Ce qui me frappe, c'est que les chiffres entre le Canada anglais et le Québec sont très similaires. Donc, lorsqu'on essaie de faire un procès constant au Québec, c'est profondément injuste, parce que le Québec est, à mon avis, dans la bonne moyenne canadienne», a-t-il commenté.
Il a rappelé que les partis d'opposition avaient proposé un compromis au gouvernement Couillard, ces derniers mois, soit d'interdire le port de signes religieux aux agents de l'État en situation d'autorité, et qu'il l'a refusé.
«Tout ce qui traîne se salit. Ça fait 15 ans que les libéraux sont au pouvoir, (ils) ont la capacité d'agir. Le premier ministre Couillard avait au bout de ses doigts un consensus historique de tous les partis, immédiatement, pour agir. Il refuse ce compromis, donc il maintient l'insatisfaction, à la fois dans la société d'accueil et à la fois chez nos citoyens de confession musulmane, qui ne savent pas à quoi s'en tenir sur les règles», a opiné le chef du Parti québécois.
M. Lisée se montre donc cinglant: «Monsieur Couillard est responsable de cette insatisfaction généralisée», qu'il a perçue dans le sondage.
Le sondage Crop a été réalisé auprès de 2513 Canadiens adultes, soit 1024 au Québec et 1489 dans les autres provinces, du 27 au 30 janvier, puis du 14 au 20 février.

Fils coincé en Iran: l'intervention de la ministre Weil réclamée

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Publié le 13 mars 2017 à 16h38 | Mis à jour à 16h38
«Je demande aux personnes responsables de m'aider à... (PHOTO NINON PEDNAULT, LA PRESSE)
«Je demande aux personnes responsables de m'aider à avoir mon fils», a plaidé Azam Jabbari, cet après-midi lors d'un point de presse en compagnie du député Amir Khadir.
PHOTO NINON PEDNAULT, LA PRESSE
Un couple d'immigrants iraniens lance un ultime appel à l'aide pour être réuni avec leur fils adoptif de 10 ans, interdit d'entrée au Canada parce que le gouvernement du Québec ne reconnaît pas le processus d'adoption mené dans son pays natal.
L'enfant est coincé en Iran depuis bientôt trois ans. Pourtant, ses parents détiennent tous les papiers officiels pour prouver qu'il a été adopté dans les règles de l'art. La famille demande l'intervention personnelle de la ministre de l'Immigration du Québec, Kathleen Weil.
«Je demande aux personnes responsables de m'aider à avoir mon fils», a plaidé sa maman, Azam Jabbari, cet après-midi lors d'un point de presse, avant de montrer des photos de l'enfant.
À l'époque, cela faisait déjà deux ans qu'il était bloqué en Iran. Ses parents avaient multiplié les démarches pour le faire venir à Montréal. Ils en sont rendus à leur toute dernière chance.
Par la voix du député Amir Khadir, à qui elle a fait appel parce qu'il est lui-même iranien d'origine, la famille a demandé la semaine dernière à la ministre Weil qu'elle octroie à Peiman un  certificat de sélection du Québec pour motifs humanitaires. Les Bahrami-Jabbari ont jusqu'au 17 mars pour envoyer un tel document au gouvernement fédéral, sans quoi il sera trop tard. Le dossier d'immigration du garçon sera clos.
«Je crois qu'il est possible, en attendant que la loi [sur l'adoption] soit changée au Québec, que la ministre use de son pouvoir discrétionnaire pour réunir cette famille», a dit le député de Québec solidaire, qui organisait la conférence de presse. «Il ne reste que quatre jours.»
Une reforme de la loi sur l'adoption, vieille de presque 100 ans, est dans les cartons depuis plusieurs années au Québec. La famille de Peiman, tout comme M. Khadir, espérait qu'elle serait modifiée avant la fermeture du dossier d'immigration du garçon à Ottawa. Cela aurait permis au gouvernement du Québec de reconnaitre le processus d'adoption tel qu'il existe en Iran. Mais non. Seule une intervention de la ministre peut maintenant aider Peiman.
Trouvé dans la rue
Reza Bahrami et Azam Jabbari ont recueilli Peiman alors qu'ils vivaient toujours en Iran, en 2012, après l'avoir trouvé mendiant dans la rue. Il avait six ans. Le couple, déjà parents d'une fille, l'a par la suite adopté légalement, avec l'accord de la famille biologique. À la même époque, ils entreprenaient des démarches pour immigrer au Canada.
En avril 2014, Azam, Reza et leur fille Sepideh ont obtenu leur résidence permanente. Pas Peiman. Sur papier, il n'était pas encore officiellement leur fils.
Mère et fille sont venues s'installer à Montréal, alors que Reza restait en Iran avec le garçon pour attendre le jugement officialisant l'adoption. Le papier est finalement arrivé en février 2015. 
Quelques mois plus tard, la famille déposait devant le ministère de l'Immigration, de la Diversité et de l'Inclusion du Québec une demande de parrainage pour l'enfant pour regroupement familial. La demande a été refusée. Aux yeux du Québec, Peiman n'est pas un «enfant à charge» de la famille Jabbari-Bahrami.
Pourquoi ? Le jugement définitif du tribunal iranien officialisant le lien de filiation de l'enfant avec sa nouvelle famille est arrivé après que le couple eut obtenu le statut de résident permanent du Canada. En bref, le processus d'adoption effectué en Iran n'est pas reconnu ici.
Selon Québec, même s'il avait commencé ses démarches en Iran, le couple aurait dû reprendre le processus d'adoption au complet auprès d'un organisme québécois en arrivant au pays. Le hic: aucun organisme de chez nous n'a la permission de faire des adoptions en Iran.
Reza est resté avec son fils le plus longtemps possible, mais il a dû quitter Téhéran en 2016 parce qu'il allait perdre son statut de résident permanent, n'ayant pas séjourné au Canada. Il est resté ici un mois, puis il est retourné s'occuper de l'enfant. Il risque de perdre sa chance de devenir citoyen canadien. 
Sa femme travaille dans une entreprise d'import-export dans la région de Montréal. Sa fille étudie en comptabilité à l'université Concordia. «Elles ont commencé à (se) faire des racines ici», dit Amir Khadir.
Sans un certificat de sélection du Québec pour Peiman, resteront-elles à Montréal ?
«C'est une décision très difficile, dit Mme Jabbari. C'est très difficile d'être un nouvel immigrant. Nous pourrions déménager ailleurs au Canada, mais il faudra tout recommencer.»
«Nous vivons dans un pays qui supporte les droits de l'homme. Qui supporte les immigrants, les réfugiés. Même les animaux. Alors pourquoi pas mon frère», demande Sepideh.

Un Iranien de 10 ans ne peut rejoindre sa famille adoptive à Montréal

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Publié le 23 octobre 2016 à 05h00 | Mis à jour le 23 octobre 2016 à 11h48
Peiman et ses parents adoptifs, Reza Bahrami et... (Photo fournie par la famille)
Peiman et ses parents adoptifs, Reza Bahrami et Azam Jabbari, lors d'une excursion, il y a quelques années
PHOTO FOURNIE PAR LA FAMILLE
Peiman, 10 ans, se voit refuser l'entrée au pays par le gouvernement du Québec et demeure coincé seul en Iran, alors que sa famille adoptive habite à Montréal.
Depuis plusieurs mois, le garçon, qui a grandi en mendiant dans les rues de Téhéran, est coincé seul en Iran parce que le gouvernement du Québec ne reconnaît pas le processus d'adoption dans son pays natal. Pourtant, sa famille, elle-même iranienne, a en main tous les papiers officiels pour prouver que l'enfant est bien à elle.
« Il s'ennuie beaucoup et il ne comprend pas pourquoi il ne peut pas être avec nous. On ne sait pas quoi lui dire », confie sa mère, Azam Jabbari, qui nous a accueillis dans l'appartement du quartier Notre-Dame-de-Grâce où elle vient d'emménager avec sa fille, Sepideh, et son mari, Reza Bahrami. « On pensait que notre garçon allait arriver bientôt, alors on avait besoin d'une chambre de plus », dit la femme de 38 ans. Mais la chambre est restée vide. 
Cela fait plus d'un an que la famille se bat pour avoir le droit d'amener Peiman à Montréal. Une bataille qui, jusqu'à présent, ne lui a valu que des défaites.
Un enfant de la rue
Il y a encore deux ans, les Jabbari-Bahrami vivaient à Téhéran. Le père, la mère, leur fille et leur garçon, Peiman, qu'ils ont recueilli en 2012 alors qu'il avait 6 ans.
« Il quémandait de la nourriture dans la rue. Il était misérable et abandonné », se souvient Azam.
C'est son mari qui l'a remarqué le premier. Il lui a donné à manger et l'a amené à la maison pour le laver. Le couple l'a gardé pour la nuit. « Le lendemain matin, je l'ai serré dans mes bras et j'ai senti toute son émotion. Il n'était tellement pas habitué à ça. » 
Une petite enquête leur a révélé que les parents du garçon n'étaient pas aptes à s'en occuper. Azam et Reza ont décidé de le prendre sous leur aile. Ils l'ont intégré à leur propre famille et l'ont envoyé à l'école « avec l'assentiment du grand-père de l'enfant, qui a toujours confirmé que les parents biologiques ne voulaient pas s'en occuper », reconnaît un jugement d'un tribunal administratif du Québec.
Puis, ils ont entamé des démarches d'adoption avec les autorités iraniennes pour officialiser la place de l'enfant au sein de la famille. En parallèle, le couple essayait d'immigrer au Canada « pour offrir une meilleure vie aux enfants ».
En avril 2014, Azam, Reza et Sepideh ont obtenu leur résidence permanente. Pas Peiman. Sur papier, il n'était pas encore officiellement leur fils.
Mère et fille sont venues s'installer à Montréal, alors que Reza restait en Iran avec le garçon pour attendre le jugement officialisant l'adoption. Le papier est finalement arrivé en février 2015. 
Quelques mois plus tard, Azam déposait devant le ministère de l'Immigration, de la Diversité et de l'Inclusion une demande de parrainage pour l'enfant pour regroupement familial. La demande a été refusée. Aux yeux du Québec, Peiman n'est pas un « enfant à charge » de la famille Jabbari-Bahrami.
Pourquoi ? Le jugement définitif du tribunal iranien officialisant le lien de filiation de l'enfant avec sa nouvelle famille est arrivé après que le couple eut obtenu le statut de résident permanent du Canada. 
Selon Québec, même s'il avait commencé ses démarches en Iran, le couple aurait dû reprendre le processus d'adoption au complet auprès d'un organisme québécois en arrivant au pays. Le hic : aucun organisme de chez nous n'a la permission de faire des adoptions en Iran.
« On tourne en rond, déplore la maman. Le gouvernement ne reconnaît pas que Peiman est notre fils et on ne peut pas l'adopter à partir d'ici. On est coincés. »
Un enfant inquiet
Il y a quelques mois, Azam s'est présenté devant une juge, espérant faire infirmer la décision du gouvernement. Elle avait avec elle une lettre manuscrite écrite en langue perse par l'enfant.
« Bonjour, monsieur le juge. S'il vous plaît, laissez-moi venir au Canada et me sauver d'Iran le plus vite possible pour que je puisse vivre avec ma chère soeur et mes parents. Ils me manquent beaucoup. Quand je viendrai au Canada, je pourrai manger la délicieuse nourriture de ma mère. »
La juge a donné raison au gouvernement. Le type d'adoption ainsi que sa date l'empêchent de reconnaître Peiman comme un membre de la famille, notamment parce qu'il ne « s'agit pas d'une adoption reconnue en droit québécois ».
« Il faut souligner ici l'absolue bonne foi de la requérante et de son conjoint dans toute cette affaire, de même que leur engagement sincère et entier à l'endroit de cet enfant à qui ils veulent offrir un foyer et les meilleures chances de réussite », note la magistrate.
Entre-temps, Reza a dû quitter Téhéran et son fils pour venir rejoindre sa femme et sa fille à Montréal. Il allait perdre son statut de résident permanent, n'ayant pas séjourné au Canada. Depuis, son garçon vit avec sa grand-mère de 74 ans. En septembre, pour la première fois depuis qu'ils l'ont recueilli, ses parents ont manqué sa rentrée scolaire. « Il est allé tout seul à l'école. Les autres parents étaient là pour prendre des photos et notre fils, lui, était seul », dit Azam. 
Sa soeur lui parle tous les jours. Ses parents, qui travaillent, le font dès qu'ils le peuvent. « Je ne comprends pas pourquoi mon frère ne peut pas venir. Le Canada a accueilli des milliers de réfugiés syriens, mais pas mon frère. Ce n'est pas juste », laisse entendre Sepideh.
Dans un ultime espoir de réunir la famille, le couple a récemment déposé une demande pour faire venir le garçon en tant qu'étudiant international. Cette fois, Québec a dit oui, mais Ottawa, non. « Ils ont peur que nous n'arrivions pas à le soutenir financièrement », dit la maman.
Ne reste qu'une option : déposer une demande pour motifs humanitaires.
« Je ne veux même pas penser à ce qu'on va faire si ça ne fonctionne pas. Il faut que ça marche », dit Azam.

Ce qu'en dit le ministère

Le ministère de l'Immigration, de la Diversité et de l'Inclusion refuse de commenter ce cas précis. « Dans un contexte plus global, il faut savoir que l'adoption internationale, soit celle d'un enfant domicilié à l'étranger par une personne domiciliée au Québec, est régie par le Code civil du Québec, explique la porte-parole Karine Baribeau. Ce dernier prévoit que les démarches en vue de l'adoption internationale d'un enfant doivent être effectuées par un organisme agréé par le ministre de la Santé et des Services sociaux. Le Code civil prévoit également que tout jugement d'adoption étranger doit être reconnu par un tribunal québécois. Le Ministère, par conséquent, n'a d'autre choix que de refuser les demandes d'engagement qui ne respectent pas les règles du Code civil du Québec. »