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lundi, mars 13, 2017

Un Iranien de 10 ans ne peut rejoindre sa famille adoptive à Montréal

http://www.lapresse.ca/actualites/

Publié le 23 octobre 2016 à 05h00 | Mis à jour le 23 octobre 2016 à 11h48
Peiman et ses parents adoptifs, Reza Bahrami et... (Photo fournie par la famille)
Peiman et ses parents adoptifs, Reza Bahrami et Azam Jabbari, lors d'une excursion, il y a quelques années
PHOTO FOURNIE PAR LA FAMILLE
Peiman, 10 ans, se voit refuser l'entrée au pays par le gouvernement du Québec et demeure coincé seul en Iran, alors que sa famille adoptive habite à Montréal.
Depuis plusieurs mois, le garçon, qui a grandi en mendiant dans les rues de Téhéran, est coincé seul en Iran parce que le gouvernement du Québec ne reconnaît pas le processus d'adoption dans son pays natal. Pourtant, sa famille, elle-même iranienne, a en main tous les papiers officiels pour prouver que l'enfant est bien à elle.
« Il s'ennuie beaucoup et il ne comprend pas pourquoi il ne peut pas être avec nous. On ne sait pas quoi lui dire », confie sa mère, Azam Jabbari, qui nous a accueillis dans l'appartement du quartier Notre-Dame-de-Grâce où elle vient d'emménager avec sa fille, Sepideh, et son mari, Reza Bahrami. « On pensait que notre garçon allait arriver bientôt, alors on avait besoin d'une chambre de plus », dit la femme de 38 ans. Mais la chambre est restée vide. 
Cela fait plus d'un an que la famille se bat pour avoir le droit d'amener Peiman à Montréal. Une bataille qui, jusqu'à présent, ne lui a valu que des défaites.
Un enfant de la rue
Il y a encore deux ans, les Jabbari-Bahrami vivaient à Téhéran. Le père, la mère, leur fille et leur garçon, Peiman, qu'ils ont recueilli en 2012 alors qu'il avait 6 ans.
« Il quémandait de la nourriture dans la rue. Il était misérable et abandonné », se souvient Azam.
C'est son mari qui l'a remarqué le premier. Il lui a donné à manger et l'a amené à la maison pour le laver. Le couple l'a gardé pour la nuit. « Le lendemain matin, je l'ai serré dans mes bras et j'ai senti toute son émotion. Il n'était tellement pas habitué à ça. » 
Une petite enquête leur a révélé que les parents du garçon n'étaient pas aptes à s'en occuper. Azam et Reza ont décidé de le prendre sous leur aile. Ils l'ont intégré à leur propre famille et l'ont envoyé à l'école « avec l'assentiment du grand-père de l'enfant, qui a toujours confirmé que les parents biologiques ne voulaient pas s'en occuper », reconnaît un jugement d'un tribunal administratif du Québec.
Puis, ils ont entamé des démarches d'adoption avec les autorités iraniennes pour officialiser la place de l'enfant au sein de la famille. En parallèle, le couple essayait d'immigrer au Canada « pour offrir une meilleure vie aux enfants ».
En avril 2014, Azam, Reza et Sepideh ont obtenu leur résidence permanente. Pas Peiman. Sur papier, il n'était pas encore officiellement leur fils.
Mère et fille sont venues s'installer à Montréal, alors que Reza restait en Iran avec le garçon pour attendre le jugement officialisant l'adoption. Le papier est finalement arrivé en février 2015. 
Quelques mois plus tard, Azam déposait devant le ministère de l'Immigration, de la Diversité et de l'Inclusion une demande de parrainage pour l'enfant pour regroupement familial. La demande a été refusée. Aux yeux du Québec, Peiman n'est pas un « enfant à charge » de la famille Jabbari-Bahrami.
Pourquoi ? Le jugement définitif du tribunal iranien officialisant le lien de filiation de l'enfant avec sa nouvelle famille est arrivé après que le couple eut obtenu le statut de résident permanent du Canada. 
Selon Québec, même s'il avait commencé ses démarches en Iran, le couple aurait dû reprendre le processus d'adoption au complet auprès d'un organisme québécois en arrivant au pays. Le hic : aucun organisme de chez nous n'a la permission de faire des adoptions en Iran.
« On tourne en rond, déplore la maman. Le gouvernement ne reconnaît pas que Peiman est notre fils et on ne peut pas l'adopter à partir d'ici. On est coincés. »
Un enfant inquiet
Il y a quelques mois, Azam s'est présenté devant une juge, espérant faire infirmer la décision du gouvernement. Elle avait avec elle une lettre manuscrite écrite en langue perse par l'enfant.
« Bonjour, monsieur le juge. S'il vous plaît, laissez-moi venir au Canada et me sauver d'Iran le plus vite possible pour que je puisse vivre avec ma chère soeur et mes parents. Ils me manquent beaucoup. Quand je viendrai au Canada, je pourrai manger la délicieuse nourriture de ma mère. »
La juge a donné raison au gouvernement. Le type d'adoption ainsi que sa date l'empêchent de reconnaître Peiman comme un membre de la famille, notamment parce qu'il ne « s'agit pas d'une adoption reconnue en droit québécois ».
« Il faut souligner ici l'absolue bonne foi de la requérante et de son conjoint dans toute cette affaire, de même que leur engagement sincère et entier à l'endroit de cet enfant à qui ils veulent offrir un foyer et les meilleures chances de réussite », note la magistrate.
Entre-temps, Reza a dû quitter Téhéran et son fils pour venir rejoindre sa femme et sa fille à Montréal. Il allait perdre son statut de résident permanent, n'ayant pas séjourné au Canada. Depuis, son garçon vit avec sa grand-mère de 74 ans. En septembre, pour la première fois depuis qu'ils l'ont recueilli, ses parents ont manqué sa rentrée scolaire. « Il est allé tout seul à l'école. Les autres parents étaient là pour prendre des photos et notre fils, lui, était seul », dit Azam. 
Sa soeur lui parle tous les jours. Ses parents, qui travaillent, le font dès qu'ils le peuvent. « Je ne comprends pas pourquoi mon frère ne peut pas venir. Le Canada a accueilli des milliers de réfugiés syriens, mais pas mon frère. Ce n'est pas juste », laisse entendre Sepideh.
Dans un ultime espoir de réunir la famille, le couple a récemment déposé une demande pour faire venir le garçon en tant qu'étudiant international. Cette fois, Québec a dit oui, mais Ottawa, non. « Ils ont peur que nous n'arrivions pas à le soutenir financièrement », dit la maman.
Ne reste qu'une option : déposer une demande pour motifs humanitaires.
« Je ne veux même pas penser à ce qu'on va faire si ça ne fonctionne pas. Il faut que ça marche », dit Azam.

Ce qu'en dit le ministère

Le ministère de l'Immigration, de la Diversité et de l'Inclusion refuse de commenter ce cas précis. « Dans un contexte plus global, il faut savoir que l'adoption internationale, soit celle d'un enfant domicilié à l'étranger par une personne domiciliée au Québec, est régie par le Code civil du Québec, explique la porte-parole Karine Baribeau. Ce dernier prévoit que les démarches en vue de l'adoption internationale d'un enfant doivent être effectuées par un organisme agréé par le ministre de la Santé et des Services sociaux. Le Code civil prévoit également que tout jugement d'adoption étranger doit être reconnu par un tribunal québécois. Le Ministère, par conséquent, n'a d'autre choix que de refuser les demandes d'engagement qui ne respectent pas les règles du Code civil du Québec. »

samedi, février 04, 2017

L'Iran teste de nouveaux missiles

http://www.lapresse.ca/international/moyen-orient

Publié le 04 février 2017 à 10h17 | Mis à jour à 10h17

STÉPHANE BARBIER
Agence France-Presse
Téhéran, Iran
L'Iran a mené samedi des exercices militaires incluant des missiles, au risque d'envenimer davantage ses relations exécrables avec les États-Unis, l'ennemi historique qui multiplie actes et déclarations hostiles contre Téhéran depuis l'investiture du président Donald Trump.






La nouvelle administration américaine est revenue à la charge samedi, le secrétaire d'État à la Défense James Mattis affirmant que l'Iran était « le plus grand Etat soutenant le terrorisme au monde ».
Les exercices militaires ont lieu dans la région de Semnan (nord-est), au lendemain de nouvelles sanctions américaines imposées à l'Iran en réponse à un tir de missile balistique le 29 janvier qui a provoqué la colère des États-Unis. 
Selon les Gardiens de la révolution, l'armée d'élite iranienne, l'objectif des manoeuvres est de montrer « la totale préparation à confronter les menaces » et « les sanctions humiliantes » contre l'Iran.
Différents types de systèmes de radars et de missiles de fabrication locale, ainsi que de centres de commandement y seront testés, selon Sepahnews, site des Gardiens de la révolution.
Un missile balistique a été lancé lors d'un... (PHOTO ARCHIVES REUTERS/FOURNIE PAR REUTERS)
Un missile balistique a été lancé lors d'un test organisé dans un lieu d'Iran non dévoilé, le 9 mars 2016.
PHOTO ARCHIVES REUTERS/FOURNIE PAR REUTERS
La liste des missiles utilisés pendant l'exercice publiée par Sepahnews, montre qu'il s'agit d'engins de très courte portée (75 kilomètres). L'Iran affirme disposer de différents types de missiles, y compris de longue portée (2000 km) capables d'atteindre Israël, ennemi juré de l'Iran qui ne reconnaît pas son existence.
Avertissement iranien
« Si l'ennemi commet une erreur, nos missiles lui tomberont dessus », a averti le général Amir Ali Hajizadeh, commandant de la division aérospatiale des Gardiens de la révolution, cité par l'agence Tasnim.
Depuis l'investiture de M. Trump le 20 janvier, le ton n'a cessé de monter entre Washington et Téhéran, qui n'ont pas de relations diplomatiques depuis 1980, quelques mois après la révolution islamique de 1979 et l'invasion de l'ambassade américaine par des étudiants islamiques.
Vendredi, l'annonce des nouvelles sanctions américaines a entraîné la riposte immédiate du gouvernement iranien qui a annoncé des mesures de réciprocité visant « des individus et des entreprises américaines » soutenant des groupes « terroristes ».
Cette réciprocité à l'encontre de citoyens américains a déjà été appliquée après la décision de l'administration Trump d'interdire l'entrée aux États-Unis des ressortissants de sept pays à majorité musulmane, dont l'Iran.
Une mesure « insultante » et « honteuse », selon Téhéran, bloquée temporairement vendredi par un juge fédéral américain.
Grand adepte de Twitter, M. Trump a multiplié sur son compte les petites phrases incendiaires contre l'Iran, la dernière, quelques heures avant les nouvelles sanctions, accusant ce pays de « jouer avec le feu ».
En dépit de cette tension croissante, le chef de la diplomatie iranienne, Mohammad Javad Zarif, a assuré que son pays n'était « pas impressionné par les menaces » et qu'il ne « déclencherait jamais une guerre ».
« Déclarations éculées »
Le premier vice-président iranien, Eshagh Jahangiri, a dénoncé samedi les « déclarations éculées » venues de Washington, ajoutant cependant que si on parle « respectueusement » à l'Iran, « les problèmes peuvent être résolus par les négociations et le dialogue ». 
En revanche, l'Iran exclut de renoncer à ce qu'il estime être son droit souverain de tester des missiles portant des armes « conventionnelles » et non-nucléaires, uniquement destinées à la défense de son territoire face à ses « ennemis ».
Jeudi, le général Hossein Salami, numéro deux des Gardiens de la révolution, a affirmé que non seulement l'Iran poursuivrait sa politique mais allait même l'accentuer. « Le nombre de missiles de l'Iran, de vaisseaux de guerre, de lanceurs de missiles de défense, augmente chaque jour ».
Téhéran rappelle régulièrement la guerre Iran-Irak (1980-1988) au cours de laquelle le régime irakien de Saddam Hussein avait utilisé des armes chimiques en territoire iranien, pour justifier l'utilisation de « missiles défensifs ».
Si M. Trump a mis à exécution ses menaces de durcir la position américaine envers Téhéran, il n'a pour l'instant pas fait dérailler l'accord international sur le nucléaire iranien scellé en 2015 par son prédécesseur Barack Obama et qu'il a vertement dénoncé.
Cet accord a permis à l'avionneur américain Boeing de signer avec l'Iran un gros contrat pour l'achat de 80 appareils devant renouveler sa flotte vieillissante. Le marché iranien intéresse également d'autres entreprises américaines, dont celles du secteur pétrolier et gazier.