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mardi, novembre 08, 2016

COP22 Le climat de la planète suspendu à la présidentielle?

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8 novembre 2016 |Alexandre Shields | Actualités sur l'environnement
Les négociateurs réunis au Maroc pour la COP22 ne cachaient pas leur nervosité lundi, dans l’attente du verdict des électeurs américains mardi.
Photo: Fadel Senna Agence France-Presse

Les négociateurs réunis au Maroc pour la COP22 ne cachaient pas leur nervosité lundi, dans l’attente du verdict des électeurs américains mardi.
L’élection présidentielle américaine s’est invitée lundi à l’ouverture de la 22e conférence climatique de l’ONU. Et pour cause. Les États-Unis, deuxième pays émetteur de gaz à effet de serre de la planète, pourraient élire mardi un président ouvertement climatosceptique en la personne de Donald Trump. Mais son adversaire démocrate Hillary Clinton, nettement plus sensible aux enjeux environnementaux, n’en défend pas moins l’exploitation de ressources très controversées, comme le gaz de schiste.
 
Alors que la communauté internationale tentera au cours des prochains jours de s’entendre sur des éléments cruciaux pour la mise en oeuvre de l’accord de Paris sur le climat, les négociateurs réunis au Maroc pour la COP22 ne cachaient pas leur nervosité lundi, dans l’attente du verdict des électeurs américains mardi.
 
Une victoire de Trump « serait un choc », a résumé la négociatrice française, Laurence Tubiana, traduisant le sentiment partagé par plusieurs des représentants des 195 États signataires de l’accord de Paris. « Je pense qu’un dirigeant sage devrait prendre des positions conformes aux grandes tendances du monde », a prévenu pour sa part le négociateur chinois, Xie Zhenhua, cité par l’Agence France-Presse, dans une sortie publique pour le moins inhabituelle à propos d’une élection dans un pays étranger.
 
Plus diplomatique, la responsable du dossier climatique à l’ONU, Patricia Espinosa, a souligné que les États-Unis « sont l’un de nos partenaires les plus importants, leur participation à cet accord est donc cruciale ». « Nous espérons que nous pourrons avoir une relation très constructive et positive » avec le futur occupant de la Maison-Blanche.
 
Exit Paris
 
En cas de victoire du républicain Donald Trump, rien n’est moins sûr. Ce dernier a multiplié les déclarations dans lesquelles il remettait en question l’existence même des changements climatiques. « Ça a toujours été comme ça, le temps change, il y a des tempêtes, de la pluie, et des belles journées », a notamment fait valoir M. Trump.
 
« Nous annulerons l’accord de Paris sur le climat, et cesserons tous les paiements d’argent public américain aux programmes de l’ONU sur le réchauffement climatique », a-t-il aussi, et surtout, laissé tomber en mai dernier. Dans un pays où près de 20 % de la population est climatosceptique, une telle affirmation a eu un certain écho.
 
Difficile de savoir s’il mettrait sa menace à exécution. Mais chose certaine, les pays qui ont ratifié l’entente, ce qui est le cas des États-Unis, peuvent s’en retirer « à tout moment après un délai de trois ans à partir de l’entrée en vigueur de l’Accord », précise le texte adopté à Paris en 2015. C’est d’ailleurs ce que le Canada de Stephen Harper a fait pour le protocole de Kyoto.
 
Au-delà de ce coup de gueule, Donald Trump a plaidé en faveur du recours au charbon pour la production d’électricité tout en critiquant ouvertement les mesures prises par des démocrates pour contrôler les émissions des centrales thermiques. Le candidat républicain a également offert un appui indéfectible au projet de pipeline Keystone XL, à l’exploration pétrolière en milieu marin et à l’exploitation du gaz de schiste en sol américain.
 
Gaz de schiste
 
Sur cette question du gaz de schiste et du procédé de fracturation hydraulique, la candidate démocrate Hillary Clinton a elle aussi défendu cette industrie, y voyant un « pont » vers une économie à plus faibles émissions de carbone. Elle a aussi plaidé en faveur de la production énergétique en sol américain, dont celle du pétrole et du gaz, au nom d’une plus grande « indépendance » par rapport aux importations. Un discours que tient lui aussi le candidat républicain.
 
La candidate démocrate propose aussi des mesures environnementales dans la continuité de celles mises en place par le président sortant Barack Obama. Elle estime ainsi que le gouvernement américain doit être « ambitieux » en matière de lutte contre les changements climatiques. Elle a aussi pris position contre le projet de pipeline Keystone XL, qui servirait à importer du pétrole des sables bitumineux en sol américain.
 
Hillary Clinton pourrait par ailleurs ouvrir un nouveau front de collaboration avec le Canada, cette fois dans le domaine environnemental. Elle a fait valoir il y a quelques mois qu’elle souhaiterait mettre en place un Pacte nord-américain sur le climat, c’est-à-dire un plan coordonné de lutte contre les changements climatiques impliquant les États-Unis, le Canada et le Mexique.

MÉCANIQUE Mode d’emploi pour le jour J

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La votation aux États-Unis est un processus complexe

8 novembre 2016 |Marie-Michèle Sioui
Environ 40 % des électeurs américains ont voté, par la poste ou en personne, avant l’élection du 8 novembre.
Photo: Joshua Lott Agence France-Presse
Environ 40 % des électeurs américains ont voté, par la poste ou en personne, avant l’élection du 8 novembre.
Le président
 
Aux États-Unis, le président a un mandat de quatre ans. Pour être éligible, il doit être né aux États-Unis ou être né à l’extérieur des États-Unis de parents citoyens américains. Il doit aussi avoir au moins 35 ans et avoir résidé aux États-Unis pendant au moins 14 ans.
 
Puis, l’aspirant candidat doit être nommé à la présidence par son parti, recueillir l’appui du plus grand nombre de délégués pendant les primaires et les caucus, qui se tiennent dans chacun des 50 États, et être investi candidat à la convention de son parti.
 
Le jour du vote — toujours le mardi suivant le premier lundi de novembre —, le candidat et son colistier, qui forment un « ticket », doivent être choisis par les votants. Dans l’urne, les votants choisissent leur ticket. Mais leurs votes individuels ne déterminent pas directement le résultat de l’élection. En fait, le parti du ticket ayant recueilli le plus de votes est le parti qui enverra ses « grands électeurs » soutenir son candidat à la présidence. Et pour gagner, un candidat doit avoir reçu l’appui du plus grand nombre de grands électeurs.
 
Grands électeurs
 
Les grands électeurs sont ceux qui votent pour le candidat et le colistier qui ont remporté le vote populaire, dans l’urne. Chaque État a des grands électeurs, qui se sont engagés à soutenir un candidat ou un autre, dans un processus appelé le collège électoral. Le nombre de grands électeurs est choisi en fonction de la taille de sa population (il correspond au nombre de représentants et de sénateurs dans l’État). Le parti du ticket qui remporte le vote populaire est le parti qui envoie ses grands électeurs voter pour le président. Dans tous les États, sauf le Maine et le Nebraska, remporter le ticket équivaut à remporter l’ensemble des grands électeurs.
 
Il y a 538 grands électeurs aux États-Unis. Quand un candidat reçoit l’appui de la majorité (270) de ces grands électeurs, il devient le président désigné. Officiellement, le président désigné est choisi entre la mi-novembre et la mi-décembre, car c’est dans cette période que les grands électeurs votent. Le président désigné devient enfin président le 20 janvier, jour de l’inauguration officielle.
 
En 2016, les États possédant le plus de grands électeurs sont la Californie (55), le Texas (38), New York (29), la Floride (29), l’Illinois (20) et la Pennsylvanie (20).
 
Le Congrès
 
Par ailleurs, les citoyens votent pour aussi pour les membres du Congrès. Le Congrès est séparé en deux : la Chambre des représentants et le Sénat.
 
Les élus de la Chambre des représentants ont des mandats de deux ans. Chaque État est séparé en districts. Les électeurs de chaque district choisissent un représentant. Le nombre de districts, et donc de représentants, varie selon la taille de la population de cet État (la Californie a 53 districts, donc 53 représentants ; l’Alaska a un district, donc un seul représentant). Le candidat qui reçoit le plus de votes est élu représentant, et le parti qui a le plus de représentants a le contrôle de la Chambre des représentants.
 
En ce qui concerne le Sénat, ses élus ont des mandats de six ans, mais ne sont pas élus au même moment : tous les deux ans, le tiers des sénateurs sont soumis à une élection. Chaque État a deux sénateurs, peu importe la taille de sa population. Le candidat qui reçoit le plus de votes est élu représentant
 
Vote par anticipation
 
Environ 40 % des électeurs américains ont voté, par la poste ou en personne, avant l’élection du 8 novembre. Leurs votes ne seront cependant pas comptés avant le soir de l’élection. Si un parti prétend être en avance dans les votes par anticipation, c’est donc surtout parce qu’il sait que certains de ses partisans ont voté et qu’il espère avoir obtenu leur faveur. C’est difficile, sinon impossible, de savoir pour qui ont voté les électeurs qui ne sont pas affiliés à un parti.
 
La grande majorité des États américains autorisent désormais le vote par anticipation, dans une période allant de quatre à cinquante jours avant l’élection.
 
Jusqu’ici, environ 22 millions d’Américains se sont prononcés. Voici quelques tendances observées par le New York Times : les plus grandes hausses de participation par rapport à 2012 ont été observées au Texas, en Californie et en Géorgie. Les électeurs hispaniques ont été plus nombreux à voter par anticipation qu’en 2012, dans tous les États où les données sont disponibles. Les électeurs noirs, eux, ont été moins nombreux à voter par anticipation qu’en 2012. Et dans tous les États où des données sont disponibles, sauf au Colorado, la participation des jeunes au vote par anticipation a diminué.
 
Électeurs inscrits
 
Selon le site TargetSmart, cité par Politico, il y aurait près de 200 millions d’Américains inscrits pour voter (200 081 377 personnes exactement). En 2012, il y en avait 184 960 728. En 2008, 146 300 000.

Clinton et Trump finissent comme ils avaient commencé, à l'opposé

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Publié le 08 novembre 2016 à 06h19 | Mis à jour à 06h19
Les deux candidats ont enchaîné les réunions publiques... (AFP)
AFP
Les deux candidats ont enchaîné les réunions publiques jusqu'à quelques heures de l'ouverture des bureaux de vote qui aura lieu à 6h00 sur la côte est des États-Unis. Ils ont tenu à eux deux neuf réunions dans la dernière journée de campagne.

MANDEL NGAN AVEC BRIGITTE DUSSEAU
Agence France-Presse
GRAND RAPIDS et WASHINTON
Hillary Clinton et Donald Trump ont mis un point final tôt mardi à la campagne présidentielle, offrant deux visions opposées de l'avenir à une Amérique meurtrie et divisée par 18 mois de joutes électorales d'une violence sans précédent.
Les deux candidats ont enchaîné les réunions publiques jusqu'à quelques heures de l'ouverture des bureaux de vote qui aura lieu à 6h00 sur la côte est des États-Unis. Ils ont tenu à eux deux neuf réunions dans la dernière journée de campagne.
Les sondages sont serrés avant la grande journée électorale de mardi, même s'ils donnent l'avantage à la candidate démocrate qui espère devenir la première femme présidente des États-Unis. Une victoire du républicain populiste ne peut pas complètement être exclue. Mais la carte électorale est nettement plus favorable aux démocrates.
Mme Clinton, 69 ans, a conclu sa dernière réunion en appelant à voter mardi pour une Amérique «généreuse».
Donald Trump a lui promis qu'il ferait de l'Amérique sa «priorité».
Mme Clinton a fini en musique avec Bruce Springsteen en soirée, puis Lady Gaga dans une ultime réunion peu après 1h00 du matin à Raleigh en Caroline du Nord.
Le concert en plein air de Bruce Springsteen a réuni quelque 40 000 personnes à Philadelphie, la ville de la déclaration d'indépendance. Barack Obama était là, avec sa femme Michelle, l'ancien président Bill Clinton et sa fille Chelsea.
«Vous avez une personne exceptionnelle pour qui voter, en la personne d'Hillary Clinton», a déclaré le président américain. «Je parie que vous allez rejeter la peur et choisir l'espoir», a-t-il ajouté.
Donald Trump a lui fini seul sur scène, également un peu après 1h00, à Grand Rapids dans le Michigan, avec son colistier Mike Pence. Ted Nugent, une vieille gloire du hard rock et défenseur des armes, avait chauffé la salle.
«Nous n'avons pas besoin de Jay Z ou Beyoncé, nous n'avons pas besoin (...) de Lady Gaga», a déclaré Trump, 70 ans. Nous avons seulement besoin de grandes idées», a-t-il ajouté.
Rassembler
Il a une fois encore promis de faire revenir les emplois aux États-Unis, et repris ses thèmes habituels sur la construction d'un mur à la frontière avec le Mexique, et la fin du programme en faveur des réfugiés syriens. «Nous avons assez de problèmes», a-t-il dit.
«Nous allons finalement fermer le livre d'histoire sur les Clinton et leurs mensonges, machinations et corruption», a-t-il ajouté.
Mme Clinton a pour sa part insisté à Philadelphie et Raleigh sur la nécessité de rassembler. «Nous devons combler les divisions», a-t-elle déclaré. «Je regrette profondément le ton violent qu'a pris la campagne».
Volontairement optimiste, elle s'est dite persuadée que le meilleur restait à venir pour les États-Unis, «si nous choisissons une Amérique généreuse qui inclut tout le monde».
«Je veux être la présidente de tous les Américains, démocrates, républicains, indépendants», avait-elle insisté plus tôt dans une réunion sur un campus du Michigan.
Choix clair
«Le choix ne pourrait pas être plus clair», a insisté Mme Clinton qui a traité son adversaire de «danger public». «C'est le choix entre la division et l'unité de notre pays».
Donald Trump a tenu cinq réunions en Foride, Caroline du Nord, Pennsylvanie, New Hampshire et Michigan. Mme Clinton en a tenu quatre, en Pennsylvanie (2), Michigan, et Caroline du Nord.
«Mon contrat avec l'électeur américain commence par un plan pour mettre fin à la corruption du gouvernement et reprendre notre pays aux groupes de pression», a déclaré Trump en Caroline du Nord. «Je ne suis pas un politicien, je peux le dire fièrement», a ajouté le milliardaire, ancien animateur vedette de l'émission de télé-réalité à succès «The Apprentice». «Mon seul groupe de pression, c'est vous».
«Brexit puissance trois»
«Il a dénoncé «l'élite politique qui a saigné à blanc notre pays (...) Les années de trahison vont se terminer», a-t-il promis, anticipant mardi une journée «historique. Ce sera un Brexit puissance trois».
«Hillary Clinton est la personne la plus corrompue à avoir jamais cherché à être élue président des États-Unis», a aussi répété Trump toute la journée.
Pour sa réunion dans le New Hampshire, il était entouré de ses quatre enfants adultes et de leurs trois conjoints, et de Mike Pence.
Après des semaines d'attaques féroces des deux côtés, les deux candidats ont multiplié les appels à aller voter, soucieux d'arracher la moindre voix.
Ils sont au coude à coude dans plusieurs États-clés où se jouera l'élection, dont la Caroline du Nord et la Floride. La Floride peut à elle seule décider de la présidentielle si Donald Trump la perd.
Au niveau national, Mme Clinton a 3,2 points d'avance, à 45,4% contre 42,2%, selon la moyenne des derniers sondages établie par RealClearPolitics.
La bataille a été plus difficile que prévu pour l'ancienne secrétaire d'État, ancienne sénatrice de New York et ancienne Première dame, face à Donald Trump.
Le magnat de l'immobilier populiste, sans expérience politique, grand pourfendeur de l'establishment et d'un système selon lui truqué, a su capitaliser sur le malaise d'une partie de l'électorat blanc, inquiet des changements de la mondialisation.
M. Trump, que personne n'avait au départ pris au sérieux, a vogué de crise en crise mais s'en est toujours sorti. Il a fait voler en éclats toute décence politique. Il a menti, insulté les femmes, les Mexicains, les Noirs, les musulmans, et attaqué son adversaire sans relâche.
Avant l'ouverture des bureaux de vote mardi, quelque 42 millions d'Américains avaient déjà voté grâce au vote anticipé.