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samedi, octobre 22, 2016

Clinton dénonce la «menace» Trump

http://www.lapresse.ca/international/dossiers/maison-blanche

Publié le 22 octobre 2016 à 07h26 | Mis à jour à 07h26
Hillary Clinton a fait campagne à Cleveland, en... (PHOTO ROBYN BECK, AFP)
PHOTO ROBYN BECK, AFP
Hillary Clinton a fait campagne à Cleveland, en Ohio, État industriel toujours très disputé, et dans lequel elle est désormais au coude à coude avec Donald Trump, le 21 octobre

JEROME CARTILLIER
Agence France-Presse
CLEVELAND
Hillary Clinton a accusé vendredi Donald Trump d'être une « menace » pour la démocratie, tandis que ce dernier devait révéler samedi les premières mesures qu'il comptait prendre en cas de victoire, à 18 jours de l'élection présidentielle américaine.
Mme Clinton a rappelé les paroles récentes du candidat républicain à la Maison-Blanche : « Il a refusé de dire qu'il respecterait le résultat de cette élection [...] En faisant cela, il menace notre démocratie », a-t-elle lancé.
Mme Clinton, à qui les sondages donnent une nette avance au plan national, faisait campagne dans l'Ohio, État industriel toujours très disputé, et dans lequel elle est désormais au coude à coude avec Donald Trump - qui était dans ce même État jeudi. Aucun républicain n'a gagné la Maison-Blanche sans l'Ohio, dans l'histoire récente.
« Ensemble nous devons soutenir la démocratie américaine », a insisté la candidate démocrate à la succession de Barack Obama. « Il se passe quelque chose de vraiment fantastique en ce moment; les gens se rassemblent [...] pour rejeter la haine et les divisions », a-t-elle poursuivi, en affichant sa volonté d'être la présidente de « tous les Américains ».
De son côté, Donald Trump a, lors de deux rassemblements, l'un en Caroline du Nord et l'autre en Pennsylvanie, décrit une Amérique en déclin, et promis qu'une fois élu, « nous recommencerons à faire des choses aux États-Unis » pour « rendre la nation à nouveau riche ».

Samedi, ont annoncé les responsables de sa campagne, M. Trump dévoilera son plan pour les 100 premiers jours de sa présidence.
Il compte le faire à Gettysburg, en Pennsylvanie, site d'une des plus terribles batailles de la Guerre civile et, ensuite, d'un grand discours d'Abraham Lincoln, peut-être le plus connu de tous les discours politiques de l'histoire américaine.
« M. Trump parlera à tous les Américains de sa vision positive pour remettre l'économie sur pied et rendre le gouvernement au peuple et il présentera les mesures qu'il prendra dans ses 100 premiers jours », a expliqué le directeur de politique nationale de la campagne Trump, Stephen Miller.
La solitude de Trump
À deux semaines et demie de l'élection, tous les indicateurs semblent au vert pour Mme Clinton.
La moyenne des derniers sondages au niveau national donne à la démocrate une avance de six points (45,2 % contre 39,2 %). Et elle est en tête dans 10 des 13 États-clés du scrutin, notamment en Floride, Pennsylvanie, Michigan et Caroline du Nord.
Donald Trump a choqué même son propre camp en refusant de s'engager à reconnaître le résultat de l'élection présidentielle lors du débat mercredi : un fait sans précédent dans les annales politiques américaines, qui lui avait déjà valu jeudi d'être accusé par le président Barack Obama de « saper notre démocratie ».
Le camp Clinton espère désormais une victoire massive le 8 novembre, caressant aussi l'espoir de reprendre une partie du Congrès actuellement aux mains des républicains.
Tous les poids lourds démocrates sont mobilisés sur le terrain pour cette dernière ligne droite.
Vendredi, Bill Clinton a entamé un voyage en bus de deux jours en Floride.
Barack Obama s'était déjà rendu jeudi dans cet État-clé du sud-est, et sera dimanche dans le Nevada.
La Maison-Blanche a indiqué qu'il entendait multiplier les interventions pour prévenir tout risque d'apathie dans son camp.
« Nombre d'éléments montrent que la plupart des Américains soutiennent les idées du camp démocrate. Le défi aujourd'hui est de s'assurer que ces électeurs s'expriment bien dans les urnes », a souligné son porte-parole Josh Earnest.
Depuis plusieurs jours, Donald Trump dénonce une élection qui sera selon lui « truquée » - d'où son refus de s'engager à en reconnaître le résultat sauf s'il gagne.
Il apparaît de plus en plus seul. En public, il ne peut plus guère compter que sur le soutien de son équipe resserrée, de sa famille et de l'ancien maire de New York, Rudy Giuliani.
Même le gouverneur du New Jersey, Chris Christie, pourtant chargé d'organiser sa transition si Donald Trump l'emporte, a semblé prendre ses distances ces derniers jours, refusant de répondre à une journaliste lui demandant s'il était fier de la campagne Trump.

La taxe santé abolie dès 2017

http://www.lapresse.ca/actualites/sante/

EXCLUSIF
Publié le 21 octobre 2016 à 05h00 | Mis à jour le 21 octobre 2016 à 05h00
Les contribuables québécois ne verront plus de « ligne »... (PHOTO OLIVIER PONTBRIAND, archives LA PRESSE)
PHOTO OLIVIER PONTBRIAND, ARCHIVES LA PRESSE
Les contribuables québécois ne verront plus de « ligne » sur la contribution santé dans leur déclaration de revenus au printemps 2018, quelques mois avant les prochaines élections.

Denis Lessard
DENIS LESSARD
La Presse
(QUÉBEC) La taxe santé sera abolie pour tous les contribuables dès 2017, un an plus tôt que prévu, ce qui entraînera un manque à gagner d'un peu plus de 200 millions pour le gouvernement Couillard. L'annonce sera faite mardi, dans la mise à jour économique du ministre des Finances, Carlos Leitao.
La mise à jour économique du ministre Carlos... (Photo Hugo-Sébastien Aubert, archives La Presse) - image 1.0
La mise à jour économique du ministre Carlos Leitao sera l'occasion pour Québec d'annoncer de nouvelles mises de fonds en santé, en éducation, dans le développement économique et dans les régions.
PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, ARCHIVES LA PRESSE
Selon les informations obtenues par La Presse, cette mise à jour montrera aussi que l'exercice 2015-2016 se termine sur un surplus d'un peu plus de 2 milliards - on ne prévoyait pas de surplus au budget du printemps dernier, puis on a revu à la hausse cette prévision à 1,7 milliard.
Ces chiffres causent un certain embarras politique au gouvernement ; au moment où il serrait la vis aux employés de l'État et comprimait ses dépenses, Québec était sur la route des surplus, aux 2 milliards de l'an dernier, il faut ajouter le paiement annuel de 1,5 milliard au Fonds des générations pour réduire la dette.
Depuis plusieurs jours à l'Assemblée nationale, Philippe Couillard évoque la contribution santé quand il parle du fardeau fiscal des Québécois. Cette mesure, la « contribution santé », avait été mise en place par le ministre Raymond Bachand sous le gouvernement Charest - tout le monde payait alors 200 $. 
Pauline Marois s'était fait élire en 2012 avec la promesse de l'abolir, mais son ministre des Finances, Nicolas Marceau, s'était vite rendu compte qu'il ne pourrait aussi facilement rayer 1 milliard de revenus annuels. On avait ventilé cette taxe selon le revenu - les plus hauts salariés pouvaient payer jusqu'à 1000 $ par année.
Au budget du printemps dernier, le ministre Leitao avait devancé la réduction de cette taxe - qui devait être abolie en 2018 : les plus bas salariés ne payaient plus, et les autres devaient payer de 80 à 600 $, selon leur revenu. Environ 2 millions de contribuables payaient 80 $, 155 000 payaient 600 $. Le nouvel échéancier signifie que les contribuables québécois ne verront plus de « ligne » sur la contribution santé dans leur déclaration de revenus au printemps 2018, quelques mois avant les prochaines élections.
NOUVELLES MISES DE FONDS
Cette annonce sera la principale mesure fiscale de la mise à jour du ministre Leitao. Elle comporte un avantage évident pour Québec en ce qu'elle n'est pas récurrente - on devance la fin d'une source de revenu qui allait disparaître de toute façon.
La mise à jour sera aussi l'occasion pour Québec d'annoncer de nouvelles mises de fonds en santé, en éducation, dans le développement économique et dans les régions. Il n'y aura pas de nouvelles initiatives, mais une injection d'argent supplémentaire dans des programmes déjà annoncés. 
Cette décision d'injecter des sous dans les services explique pourquoi on s'est empressé de devancer la mise à jour - elle tombe normalement à la mi-novembre. 
Il y aura plus de temps pour dépenser les nouvelles sommes injectées - ces dépenses sur le tiers d'exercice financier qui reste seront récurrentes et devront par conséquent être triplées sur une année complète, explique-t-on. Par exemple, accorder 10 millions de plus en santé, à quatre mois de la fin de l'exercice financier, suppose qu'on devra accorder 30 millions en 2017-2018 pour maintenir les mêmes services.
En outre, le caractère récurrent de dépenses et l'échéancier serré d'ici la fin de l'exercice financier forcent Québec à faire preuve de parcimonie. Le cabinet de Philippe Couillard a insisté, semble-t-il, pour qu'on fasse preuve de prudence pour éviter tout risque de retour aux déficits avant les prochaines élections.
ATTENTION AU « MIRAGE »
Dans une communication récente, l'Institut du Québec (IdQ) observe que « les surplus susciteront inévitablement la convoitise de plusieurs. Comme le prochain budget est le dernier dont les annonces entreront en vigueur avant les prochaines élections, il sera difficile pour le gouvernement de résister à la tentation d'utiliser ces surplus pour faire des annonces à court terme ». « Or, l'usage de ces surplus doit être guidé par le contexte socioéconomique et financier dans lequel le Québec évolue et non par les pressions politiques », prévient la note rédigée par Mia Homsy, ex-chef de cabinet de Raymond Bachand.
Québec doit éviter de trop dépenser, observe l'organisme, qui craint que les surplus de 2015-2016 ne soient un « mirage ».
«Il est important de garder [les surplus] dans la réserve de stabilisation prévue à cet effet. Ils seront plus utiles lors d'une éventuelle récession ou d'un ralentissement économique qui arrivera, inéluctablement.»Extrait de la note de l’Institut du Québec
« Pour les prochains budgets, une mince marge de manoeuvre de quelques centaines de millions existe maintenant, mais il est illusoire de penser qu'elle pourra servir à financer une multitude de nouveaux projets coûteux car la pression créée sur les soins de santé et sur le système d'éducation sera intenable à long terme », prévient-on.
Les prévisions de croissance ont été revues à la baisse (de 0,9 % du PIB réel et de 1,8 % du PIB nominal), mais « les revenus sont conformes aux prévisions ». « La solide performance des revenus s'expliquerait par une hausse plus importante de l'impôt sur le revenu des particuliers et, surtout, par une performance exceptionnelle de l'impôt des sociétés, qui viennent compenser pour la faiblesse des taxes à la consommation », observe l'IdQ.
En cas de récession, le Québec serait dans une situation précaire, poursuit l'organisme. « Une comparaison de la fiscalité du Québec par rapport aux provinces voisines et aux États-Unis indique que le Québec utilise déjà abondamment sa capacité de taxer tant au niveau de l'impôt des particuliers, de l'impôt des sociétés et de la taxe de vente [...] Ainsi, en cas d'une éventuelle récession - ou même d'une baisse persistante du PIB - , il ne reste qu'un très faible espace de manoeuvre fiscale. La tarification de certains services publics peut être une option mais ne générera que peu de revenus additionnels et ne pourra pas compenser pour la baisse des revenus en lien avec l'économie », met en garde l'organisme.

vendredi, octobre 21, 2016

ALLÉGATIONS D’AGRESSIONS SEXUELLES Sklavounos, «insistant», «déplacé» et «cruiseur»

http://www.ledevoir.com/politique/quebec/

21 octobre 2016 |Marco Bélair-Cirino, Dave Noël, Marie-Michèle Sioui
En entrevue au «Devoir», d’ex-militants et employés de l’Assemblée nationale ont déclaré jeudi avoir été témoins ou victimes de comportements déplacés de la part de l’élu montréalais.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne
En entrevue au «Devoir», d’ex-militants et employés de l’Assemblée nationale ont déclaré jeudi avoir été témoins ou victimes de comportements déplacés de la part de l’élu montréalais.
Les allégations d’agression sexuelle concernant le député libéral Gerry Sklavounos n’ont pas secoué les jeunes femmes qui l’ont côtoyé dans sa carrière politique autant que les élus de l’Assemblée nationale. En entrevue au Devoir, d’ex-militants et employés de l’Assemblée nationale ont déclaré jeudi avoir été témoins ou victimes de comportements déplacés de la part de l’élu montréalais.
 
Deux femmes ont partagé des conversations qu’elles ont eues avec le député alors qu’elles étaient dans la jeune vingtaine. Dans un premier cas, Gerry Sklavounos a invité une jeune femme à partager un verre et à discuter de politique. Elle s’est rendue au restaurant Louis-Hébert, à Québec, où des employés l’ont tout de suite dirigée vers une salle privée où elle s’est retrouvée seule avec l’homme. Ils ont bu beaucoup d’alcool. « Après le souper, on a traversé en haut, dans sa chambre », a poursuivi la jeune femme, qui avait 20 ans au moment des événements, en 2014.
 
Gerry Sklavounos — qui est marié, ont précisé plusieurs sources — vit dans une chambre du Louis-Hébert, a confirmé le propriétaire de l’auberge et du restaurant, Antoine Xénopoulos.
 
« On a parlé politique, il a dit quelques phrases malaisantes, a relaté la jeune femme. J’ai compris ce qu’il voulait. […] J’ai senti le malaise de partir. »
 
Peu de temps après, une amie de cette source — aussi impliquée en politique — a reçu le même genre d’invitation de la part de Gerry Sklavounos. Elle a refusé, puis montré l’invitation à la jeune femme qui s’est rendue au Louis-Hébert. « Quand j’ai vu le texto, a réagi cette dernière, j’ai su que j’avais pris la bonne décision. » Elle atteste qu’il n’y a pas eu d’attouchements ni d’agression sexuelle.
 
Des pages de l’Assemblée nationale courtisées
 
D’ex-pages de l’Assemblée nationale ont aussi confié au Devoir avoir été invitées par le député de Laurier-Dorion à « prendre un verre ». L’une d’elles a raconté avoir été victime de« remarques désobligeantes de sa part ». La page est tombée sur des députés« désagréables » lors de son passage au Parlement, mais Gerry Sklavounos était le « pire »d’entre eux, a-t-elle rapporté.
 
« À un moment donné, je passais dans le corridor, puis […] il m’a dit : “ Damn, she’s hot ”, des choses comme ça », a-t-elle relaté. À un autre moment, le député lui a « mis la main dans le bas du dos », a-t-elle ajouté.
 
Elle n’a jamais porté plainte. « Ce qui m’a marqué, c’est l’histoire de Marcel Aubut. Toutes les femmes qui l’avaient connu avaient quelque chose à dire sur lui. Je trouvais que ce n’était pas grand-chose [la main dans le dos], mais un par-dessus l’autre, finalement, c’est beaucoup », a-t-elle observé.
 
À l’occasion de caucus tenus à l’extérieur de la capitale, Gerry Sklavounos aurait parfois masqué sa véritable identité, se décrivant comme un « courtier d’assurances » aux femmes avec qui il discutait après s’être installé à un bar d’hôtel, a raconté une source sûre auDevoir.
 
Une ex-stagiaire boursière de la Fondation Charles-Bonenfant a aussi qualifié l’attitude de l’élu libéral de « tout le temps borderline » avec les femmes. « C’était un gars de style macho, qui s’essaie. C’est quelqu’un d’insistant », a-t-elle indiqué sous le couvert de l’anonymat.
 
Les mots « insistant », « déplacé » et « cruiseur » sont revenus souvent dans les conversations. « Ses paroles […], c’était toujours suggestif sans que ce soit invité, a confié un ex-militant du Parti libéral. Quand on avait de nouveaux militants, on leur disait : tu le vois, lui, c’est Gerry Sklavounos. Tu t’en tiens loin. »