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samedi, mai 07, 2016

Les orphelins de Pierre Karl Péladeau

http://www.ledevoir.com/politique/quebec/

7 mai 2016 |Michel David

À première vue, le dernier sondage Léger-Le Devoir a tout pour plaire à Alexandre Cloutier, qui part avec deux longueurs d’avance dans la course à la succession de Pierre Karl Péladeau. C’est avec lui que le PQ aurait les meilleures chances de battre les libéraux, et il est de loin celui qui est le mieux perçu par les caquistes et les solidaires.

Quelque chose devrait pourtant le faire sourciller. Compte tenu de la marge d’erreur, les 27 % d’intentions de vote des électeurs péquistes dont il est crédité le placent sensiblement au même niveau qu’à l’issue de la course de l’an dernier (29,2 %). Cela signifie qu’il n’a rien récupéré des appuis que Pierre Karl Péladeau avait reçus au congrès de mai 2015 (57,6 %).

Soit, le sondage n’a pas été mené auprès de membres en règle du PQ, qui sont seuls habilités à voter pour le choix du chef, mais l’expérience enseigne qu’ils se comportent généralement comme les électeurs péquistes.

On peut penser que les 15 % recueillis par Bernard Drainville correspondent grosso modo au résultat qu’il aurait obtenu s’il avait terminé la course l’an dernier, plutôt que de se rallier à M. Péladeau, mais il est maintenant acquis qu’il ne sera pas sur les rangs.

Les 14 % de partisans de Jean-Martin Aussant, qui a coupé court aux spéculations sur sa possible candidature, sont sans doute en grande partie des orphelins de PKP, qui doivent aussi être nombreux parmi les 22 % d’indécis. Vers qui se tourneront-ils ?


Plusieurs l’avaient appuyé en se bouchant le nez, voyant en lui un sauveur qui les conduirait à la terre promise même si son passé antisyndical heurtait leurs valeurs sociales-démocrates. Alexandre Cloutier est sans aucun doute un social-démocrate, mais Véronique Hivon et Martine Ouellet peuvent aussi revendiquer cette étiquette.

Ceux qui se préoccupent d’identité pouvaient facilement se reconnaître en Pierre Karl Péladeau ou en Bernard Drainville. Ils doivent se sentir moins d’affinités avec Alexandre Cloutier ou Véronique Hivon, qui se réclament plutôt d’un nationalisme civique.

La charte de la laïcité était peut-être une mauvaise expression de l’identité québécoise et une bourde stratégique, qui a permis au camp fédéraliste de se présenter en défenseur des droits et libertés, mais l’identité demeure la pierre d’assise du projet souverainiste. Abandonner ce terrain à la CAQ serait une grave erreur.

Plusieurs ont dû être surpris que Véronique Hivon obtienne la faveur de seulement 11 % des électeurs péquistes, alors que son nom est sur toutes les lèvres. Même si elle a été louangée pour son rôle dans l’adoption de la loi sur l’aide médicale à mourir, sa notoriété demeure relativement faible. C’était aussi le cas d’Alexandre Cloutier quand il s’est lancé dans la course à la succession de Pauline Marois. Plusieurs le tenaient pour quantité négligeable, y compris ses adversaires.

Mme Hivon n’a pas eu l’occasion de se prononcer sur des sujets autres que ceux dont elle était responsable au sein de l’aile parlementaire. En quoi se distingue-t-elle de M. Cloutier, dont elle vantait les qualités il y a un an ? La compassion est une belle qualité, mais elle ne constitue pas une plateforme ni une garantie de leadership.

La longueur de la dernière course avait bien servi M. Cloutier, qui avait eu le temps de se faire connaître. L’approche des élections et la nécessité de tenir un congrès d’orientation risquent de priver Mme Hivon d’un temps précieux. Ceux qui définiront les règles du jeu devront être conscients qu’elles pourraient avoir un impact sur l’issue de la course.


Le sondage Léger-Le Devoir constitue certainement une déception pour Martine Ouellet. Des 13,2 % d’appuis recueillis l’an dernier, il ne reste plus que 4 %. Une autre qu’elle en serait peut-être découragée, mais baisser les bras ne fait pas partie de son ADN.

Alors que le flou sur la tenue du référendum est presque devenu la règle au PQ, Mme Ouellet avait eu le grand mérite d’être claire. Si sa candidature se confirme, on peut compter sur elle pour forcer ses adversaires à l’être aussi.

Il est paradoxal que le Oui fasse un bond de six points au moment où M. Péladeau quitte la scène. Un score de 41 % est nettement supérieur aux intentions de vote du PQ, peu importe qui en serait le chef. Mme Ouellet pourra y faire la preuve que le PQ a tout intérêt à s’engager à tenir un référendum dans un premier mandat.

Avoir raison est parfois un tort. Certains n’ont jamais pardonné à Jean-François Lisée d’avoir qualifié M. Péladeau de « bombe à retardement ». Il est à espérer que le faible appui (6 %) dont il bénéficie ne le dissuade pas d’entrer dans la course. Les péquistes ont toujours eu du mal à accepter qu’on leur dise leurs quatre vérités, mais ils en ont grand besoin.

vendredi, mai 06, 2016

Sylvain Gaudreault devient chef par intérim du PQ

http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/Politique/

PUBLIÉ AUJOURD'HUI À 8 H 22 | Mis à jour à 17 h 32
Le député Sylvain Gaudreault s'adresse à la presse le 6 mai 2016, peu après l'annonce de sa désignation comme chef par intérim du Parti québécois.
Le député Sylvain Gaudreault s'adresse à la presse le 6 mai 2016, peu après l'annonce de
 sa désignation comme chef par intérim du Parti québécois. 
 
PHOTO : ICI RADIO-CANADA

L'Institut sur la souveraineté déjà actif grâce à PKP

http://www.lapresse.ca/le-soleil/actualites/politique/

EXCLUSIF
Publié le 05 mai 2016 à 20h27 | Mis à jour le 06 mai 2016 à 07h12
Selon Daniel Turp, le désormais ex-chef du PQ... (Archives La Presse)
ARCHIVES LA PRESSE
Selon Daniel Turp, le désormais ex-chef du PQ a toujours l'intention de verser un «don important» à l'organisme pour assurer sa pérennité, a appris Le Soleil.

JEAN-MARC SALVET
Le Soleil
(Québec) L'Institut de recherche sur l'autodétermination des peuples et des indépendances nationales (IRAI) opère actuellement grâce à un prêt personnel que lui a octroyé Pierre Karl Péladeau.
Le désormais ex-chef du Parti québécois vient par ailleurs d'assurer au président de l'Institut, Daniel Turp, qu'il a toujours l'intention de verser un «don important» à l'organisme pour assurer sa pérennité, a appris Le Soleil.
Cette confirmation a été donnée par M. Péladeau à M. Turp lors d'une rencontre que les deux hommes ont eue jeudi matin, trois jours après le départ en catastrophe de la vie politique du premier.
Pour les opérations menées jusqu'ici, «on a reçu un soutien sous la forme d'un prêt de M. Péladeau», a indiqué Daniel Turp au Soleilquelques heures après leur rencontre. «Pour la suite des choses, on compte toujours sur ce donateur qui a dit qu'il ferait un don important; et je suis très confiant que ce donateur principal voudra continuer de soutenir l'Institut», a poursuivi le président de l'Institut sur la souveraineté-comme plusieurs appellent cette organisation pour simplifier les choses.
Malgré son départ de la vie politique, «M. Péladeau continue de croire que l'Institut a toujours sa raison d'être», rapporte M. Turp. Il estime que l'option indépendantiste «est toujours sur la table et qu'on doit approfondir nos travaux» à ce sujet.
M. Péladeau n'est pas réapparu publiquement depuis qu'il a annoncé, lundi après-midi, à la surprise générale, qu'il démissionnait sur-le-champ de son poste de chef du Parti québécois et qu'il abandonnait son siège de député de Saint-Jérôme pour être auprès de ses enfants.
C'est en février 2015, en pleine course à la succession de Pauline Marois, que Pierre Karl Péladeau avait annoncé son désir de voir naître un institut de recherche sur la souveraineté.
À écouter parler M. Turp, on comprend que cet institut est en quelque sorte un legs.
Plan stratégique
L'IRAI est à élaborer son «plan stratégique», lequel lui servira de guide pour ses sujets de recherche. Les dossiers portant sur les finances publiques d'un Québec indépendant seront incontournables, affirme Daniel Turp.
Les premières recherches seront lancées à la fin de l'été prochain. Les premiers résultats devraient être diffusés d'ici la fin de l'automne, évalue-t-il.
M. Turp se dit absolument convaincu que l'IRAI obtiendra son statut d'organisme de bienfaisance auprès de l'Agence du revenu du Canada et, par ricochet, auprès de l'Agence du revenu du Québec. Le dossier sera acheminé sous peu à l'Agence du revenu du Canada.
L'obtention de ce statut confirmera selon lui que l'Institut ne pourra en aucun cas être soumis aux règles de financement des partis politiques - et que les dons n'auront donc pas à être plafonnés à 100$ par année.
Le statut d'organisme de bienfaisance permettra aux donateurs qui le souhaitent d'obtenir un crédit d'impôt pouvant équivaloir à la moitié de leur contribution. Daniel Turp rappelle que le think tank L'Idée fédérale possède ce statut.
«On veut que les citoyens investissent dans notre institut, dans ses recherches, et puissent avoir une contrepartie fiscale», dit-il.