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lundi, avril 04, 2016

McGill: l'allocution prévue de Charest fait bondir Khadir

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Publié le 04 avril 2016 à 05h00 | Mis à jour à 06h08
La table ronde sur le thème du service... (PHOTO ANDRÉ PICHETTE, LA PRESSE)
PHOTO ANDRÉ PICHETTE, LA PRESSE
La table ronde sur le thème du service public au XXIe siècle qui se tient à l'Université McGill fait suite au rapport du Forum des politiques publiques du Canada. L'ex-premier ministre Jean Charest en est l'un des auteurs.

L'ancien premier ministre Jean Charest prononcera aujourd'hui une allocution sur « les façons de rétablir la confiance dans les institutions publiques canadiennes » lors d'une table ronde à l'Université McGill.
L'annonce de la présence de M. Charest à cet événement de réflexion universitaire a fait bondir le député de Québec solidaire Amir Khadir, qui a exprimé vendredi sa «plus grande stupeur» auprès de la directrice exécutive de l'Université McGill, Leigh Yetter. Dans un courriel enflammé, transmis à La Presse, M. Khadir s'interroge sur l'invitation faite à l'ancien premier ministre «après les révélations de la commission Charbonneau».
Le député solidaire rappelle ainsi que sous le gouvernement Charest, le Parti libéral du Québec a recueilli des millions de dollars en dons illégaux. Il souligne également que l'ex-vice-première ministre Nathalie Normandeau, ancien bras droit de M. Charest, a récemment été accusée de fraude. M. Khadir ajoute également à cette liste les révélations de Radio-Canada concernant le président du Conseil du trésor, Sam Hamad, qui aurait été une source d'information pour faire progresser certains projets privés. M. Hamad s'est retiré de ses fonctions ministérielles samedi, le temps que le commissaire à l'éthique de l'Assemblée nationale fasse enquête.
«Comment peut-on permettre à une personne dont les agissements ont fait tant de torts à la confiance du public dans les institutions démocratiques du Québec de se servir de la réputation de la faculté de droit de McGill pour laver la sienne?», écrit Amir Khadir.
«McGill ne fait pas de politique»
Comme l'indique le site internet de l'Université McGill, la table ronde sur le thème du service public au XXIe siècle fait suite au rapport du Forum des politiques publiques du Canada. En octobre dernier, l'organisme a publié un rapport «dans lequel étaient présentées neuf recommandations visant à redynamiser les institutions publiques au Canada». M. Charest en est l'un des auteurs. Aujourd'hui, il prononcera donc une allocution qui se situe «à l'heure de la relance».
Le vice-principal aux relations externes à McGill, Olivier Marcil, a rappelé que l'événement est ouvert à tous et que «l'Université McGill ne fait pas de politique». «Nous avons accepté de tenir un tel événement à l'invitation du Forum sur les politiques publiques, y voyant une occasion pour nos étudiants et professeurs de discuter ouvertement et librement de questions liées à l'avenir des institutions canadiennes», a indiqué par courriel M.  Marcil.
L'Université McGill a également souligné que les auteurs du rapport ont entrepris une tournée des campus universitaires pour discuter des institutions publiques au Canada. Le groupe s'est rendu jusqu'à maintenant à Calgary, Edmonton et Regina pour rencontrer le grand public.

Paradis fiscaux: une enquête qui vise «à déstabiliser» la Russie

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Publié le 04 avril 2016 à 08h14 | Mis à jour à 08h14
L'un des proches de Vladimir Poutine incriminé par... (PHOTO DMITRY ASTAKHOV, ARCHIVES AFP)
PHOTO DMITRY ASTAKHOV, ARCHIVES AFP
L'un des proches de Vladimir Poutine incriminé par l'enquête est son ami d'enfance Sergueï Roldouguine (à gauche), dont les sociétés auraient racheté d'immenses pans de l'économie russe à travers d'autres compagnies offshore, par un savant jeu de poupées russes.

Agence France-Presse
MOSCOU
Le président russe Vladimir Poutine est la «principale cible» des «Panama papers», qui s'attaquent notamment à ses proches, a dénoncé lundi le Kremlin, évoquant une enquête journalistique pleine d'«inventions» et de «falsifications» visant à «déstabiliser» le pays.
«Poutine, la Russie, notre pays, notre stabilité, les prochaines élections sont la cible principale. Il s'agit de déstabiliser» le pays, a affirmé le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, à des journalistes.
«Je sais qu'il y a d'autres noms (incriminés dans l'enquête), mais il est clair que la cible principale de ces attaques est notre pays et son président», a-t-il poursuivi.
«Il n'y a rien de concret ou de nouveau sur Poutine, il n'y a pas de détails, et tout le reste se fonde sur des spéculations», a encore estimé M. Peskov, en ajoutant que Moscou n'avait pas l'intention de poursuivre en justice les auteurs de l'enquête.
«Nous connaissons bien cette soi-disant communauté journalistique. Il y en a de nombreux parmi eux dont le journalisme n'est pas l'activité principale. Beaucoup sont d'anciens employés du Département d'État, de la CIA, d'autres services secrets», a-t-il affirmé.
Selon les révélations des «Panama papers», enquête réalisée par une centaine de journaux, dont le russe Novaïa Gazeta, des associés du président russe auraient détourné jusqu'à deux milliards de dollars avec l'aide de banques et de sociétés-écrans, obtenant ainsi de l'influence auprès des médias et de l'industrie automobile.
L'un des proches de Vladimir Poutine incriminé par l'enquête est son ami d'enfance Sergueï Roldouguine, dont les sociétés auraient racheté d'immenses pans de l'économie russe à travers d'autres compagnies offshore, par un savant jeu de poupées russes.
«Roldouguine et de nombreuses autres personnes font toujours partie des amis de Poutine. Poutine a énormément d'amis en Russie et à l'étranger», s'est contenté de répondre M. Peskov, interrogé sur les liens entre le violoncelliste et le président russe.
«Il est évident que le niveau de poutinophobie a atteint un tel niveau qu'il est impossible de dire quoi que ce soit de positif à propos de la Russie», a-t-il affirmé.

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Les «Panama Papers» ou les paradis fiscaux à l'ordre du jour

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Publié par La Presse Canadienne le dimanche 03 avril 2016 à 16h12. Modifié par Charles Payette le lundi 04 avril 2016
Les «Panama Papers» ou les paradis fiscaux à l'ordre du jour
ICIJ
(Cogeco Nouvelles) - La plus importante fuite de données de l'histoire du journalisme révèle l'utilisation de paradis fiscaux par de nombreux chefs d'états, athlètes et autres individus influents.

Parmi les pays ayant des leaders anciens ou actuels figurent l'Islande, l'Ukraine, le Pakistan, l'Arabie saoudite et la Russie. Chez les sportifs, notons la superstar de soccer Lionel Messi et le dirigeant controversé, Michel Platini.
Le reportage de Jean Lefebvre
 
 
 
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Une coalition internationale d'organisations de presse a publié, dimanche, ce qu'elle a présenté comme le résultat d'une enquête approfondie sur les transactions réalisées par des gens riches et célèbres dans des paradis fiscaux basée sur une grande quantité de documents fournis par une source anonyme.
Le Consortium international pour le journalisme d'investigation (CIJI), un organisme sans but lucratif établi à Washington, a indiqué que les 11,5 millions documents décrivaient en détail les avoirs détenus dans des paradis fiscaux par des dizaines de dirigeants politiques, de gens d'affaires, de criminels, de célébrités et de vedettes du sport.
L'Associated Press n'a pas été immédiatement en mesure de vérifier les allégations énoncées dans les articles qui ont été diffusés par plus de 100 médias à travers le monde relativement à cette enquête.
Toutefois, le journal allemand «Sueddeutsche Zeitung», qui a été le premier à recevoir les données il y a plus d'un an, a dit avoir la certitude que les documents, surnommés les «Panama Papers», étaient authentiques.
C'est une source anonyme qui a transmis les données au quotidien établi à Munich par communication chiffrée, sans exiger de compensation monétaire et moyennant le respect de certaines mesures de sécurité qui n'ont pas été dévoilées, a raconté Bastian Obermayer, un journaliste de la publication.
Les données concernent les documents internes de Mossack Fonseca, un cabinet d'avocats établi au Panama. Fondée par l'Allemand Juergen Mossack, la firme a des bureaux un peu partout sur la planète et compte parmi les plus importants créateurs de sociétés fictives au monde, a affirmé «Sueddeutsche Zeitung». Mossack Fonseca n'a pas tout de suite répondu aux demandes d'entrevue de l'Associated Press.
Selon CIJI, les dossiers internes du cabinet contiennent des renseignements sur 214 488 paradis fiscaux liés à des gens provenant de plus de 200 pays et territoires. L'organisme a annoncé qu'il publierait la liste complète des entreprises et particuliers visés au début du mois prochain.
M. Obermayer a expliqué que son journal avait reçu 2,6 teraoctets de données, soit l'équivalent de 600 DVD, sur une période de plusieurs mois. Le quotidien a estimé que la quantité de matériel qu'il avait obtenue était beaucoup plus élevée que celle diffusée par WikiLeaks en 2013, qui avait révélé au grand jour les transactions de personnalités connues dans les paradis fiscaux.
«À notre connaissance, c'est la plus importante fuite sur laquelle des reporters ont jamais eu la chance de travailler», a-t-il commenté.
La publication et ses partenaires ont vérifié l'authenticité de l'information en la comparant aux registres publics, aux récits de témoins et aux décisions judiciaires, a raconté Bastian Obermayer à l'Associated Press. Il a ajouté que d'autres documents de Mossack Fonseca obtenus par les autorités allemandes avaient aussi été utilisés pour confirmer l'origine du nouveau matériel.
Le journal «The Guardian», qui a participé à l'investigation, a publié sur son site web, dimanche, la vidéo d'une entrevue avec le premier ministre islandais, Sigmundur David Gunnlaugsson. Durant l'interview, M. Gunnlaugsson est interrogé au sujet d'une entreprise appelée Wintris. Il répond en disant que cette question est hors sujet, avant de mettre abruptement fin à l'entretien.
En Russie, le Kremlin avait révélé la semaine dernière qu'il s'attendait à une «attaque» lancée par le milieu de l'information. Dmitri Peskov, le porte-parole du président Vladimir Poutine, avait déclaré devant les journalistes avoir reçu des «questions effrontées» de la part d'une organisation qu'il avait accusée de vouloir salir M. Poutine.
Le CIJI a précisé que les documents comprenaient des courriels, des feuilles de calculs financiers, des passeports et des dossiers d'entreprises montrant comment des personnes puissantes ont eu recours à des banques, à des cabinets d'avocats et à des sociétés fictives pour dissimuler leurs avoirs. Les données couvrent une période de près de 40 ans, soit de 1977 à 2015.