Annonce

lundi, avril 20, 2015

L’expertise pédagogique menacée à la CSDM

http://www.ledevoir.com/societe/

La Commission scolaire de Montréal s’apprêterait à abolir 30 postes de conseillers pédagogiques

20 avril 2015 |Philippe Orfali | Éducation
Ces compressions auront, indirectement du moins, un impact sur les services offerts aux élèves du primaire et du secondaire.
Photo: Renaud Philippe Le Devoir
Ces compressions auront, indirectement du moins, un impact sur les services offerts aux élèves du primaire et du secondaire.
Québec l’avait interdit, mais la Commission scolaire de Montréal (CSDM) affirme qu’elle n’a plus le choix. Pour respecter ses cibles budgétaires, elle s’apprêterait à supprimer 30 des 65 postes de conseillers pédagogiques de son réseau, a appris Le Devoir.
 
En tout, ce sont 49 postes de professionnels qui pourraient être abolis au cours des prochains mois à la CSDM, selon nos informations. En plus des postes de conseillers pédagogiques, des emplois de conseillers en communication ou encore d’archivistes seraient dans la mire de la commission scolaire, de plus en plus désespérée dans sa quête d’économies.
 
Le président du Syndicat des professionnelles et professionnels du milieu de l’éducation de Montréal (SPPMEM), Michel Mayrand, craint même que le bilan atteigne une centaine de postes de professionnels, à terme. Dans l’immédiat, c’est toutefois la situation des conseillers pédagogiques qui le préoccupe le plus. « Les conseillers pédagogiques vont être de plus en plus éloignés des écoles, alors que les besoins pour leur expertise se font de plus en plus sentir », dit-il.
 
À raison de deux jours par semaine, chaque école compte actuellement sur l’appui de ces spécialistes de l’éducation, dont le travail consiste à fournir outils et conseils aux enseignants du primaire et du secondaire en ce qui a trait aux différentes méthodes d’enseignement.« Déjà, deux jours, ce n’est pas beaucoup », souligne la présidente de l’Association montréalaise des directions d’établissement scolaire, Hélène Bourdages. « Leur travail est important, car ils accompagnent les profs dans la [transmission] du programme. Ils soutiennent les enfants en difficulté, parce qu’ils aident à trouver les bons moyens pour leur “traduire” la matière. »
 
Aux yeux de Mme Bourdages, il s’agit ni plus ni moins d’une « catastrophe pédagogique », car ces compressions auront, indirectement du moins, un impact sur les services offerts aux élèves du primaire et du secondaire. Et ce, même si le gouvernement Couillard répète depuis des mois aux commissions scolaires d’économiser, mais sans que cela touche les élèves.
 
Elle craint par ailleurs que ce soit les directeurs d’école qui héritent des responsabilités dont s’occupent actuellement les conseillers pédagogiques. Les conseillers pédagogiques disposent d’une expertise particulière, et la réduction de leur nombre se fera sentir dans les salles de classe, déplore-t-elle. « C’est au siège social de la CSDM qu’il faut couper, pas dans nos écoles. Couper les conseillers pédagogiques, c’est tout simplement monstrueux, pour les profs, pour les élèves. »
 
La présidente de la CSDM, Catherine Harel Bourdon, confirme qu’il y aura des abolitions de postes chez les conseillers pédagogiques, mais soutient que l’organisation évalue actuellement différentes possibilités en lien avec son plan d’effectifs. « On est très inquiets, parce qu’on n’est pas sûrs que le gouvernement comprenne à quel point on est rendus à l’os. Du gras, il n’y en a plus à couper », dit-elle.
 
Du côté du gouvernement libéral, on soutient que la CSDM doit faire ses propres choix pour en arriver à l’équilibre budgétaire. À couteaux tirés avec Catherine Harel Bourdon, le ministre de l’Éducation, François Blais, a réitéré par l’entremise de son attachée de presse que ces compressions doivent « se faire sans affecter le service aux élèves ». Ce qui n’est tout simplement plus possible, selon la présidente de la CSDM.
 
Elle se demande aussi pourquoi le cabinet de M. Blais tarde à lui remettre une copie du rapport commandé par Québec à une firme de vérificateurs externes, au sujet de la situation financière de la CSDM, et dont il détiendrait copie depuis le mois de janvier.
 
Mme Harel Bourdon affirme avoir demandé à de multiples reprises un exemplaire du rapport.« C’est très difficile de faire un plan budgétaire et un plan d’effectifs sans avoir copie du document, sans connaître les recommandations. »
 
Postes abolis, emplois conservés ?
 
Tous détenteurs de brevets d’enseignement et ayant pour la plupart déjà enseigné au primaire, les 30 conseillers pédagogiques de la CSDM dont le poste serait aboli sont des employés permanents, et leur mise à pied n’est pas possible en vertu de leur convention collective, souligne M. Mayrand, du syndicat des professionnels. « Certains pourraient opter pour la pré-retraite. D’autres vont peut-être retourner à l’enseignement, mais c’est quelque chose qui va être très compliqué [à réaliser]. »
 
De plus, la CSDM songe ouvertement à éliminer de 25 à 40 postes de direction d’école dans sa quête de l’équilibre budgétaire. Une décision doit être prise lors du conseil des commissaires de mardi.
 
La CSDM, qui est la plus grosse commission scolaire du Québec avec un budget de près de 1 milliard de dollars, serait la seule à tenir tête au gouvernement et à refuser d’effectuer la totalité (9 millions) des compressions qui lui sont imposées. Elle a toutefois consenti l’automne dernier à dégager des économies de 5,4 millions. De cette somme, 4 millions proviendraient de la vente d’immeubles excédentaires. Québec exige un effort budgétaire de 163 millions aux 72 commissions scolaires pour l’année 2014-2015, soit 10 % de leurs budgets respectifs.

Mike Duffy était appelé à la rescousse des députés

http://www.ledevoir.com/politique/

20 avril 2015 | Jennifer Ditchburn - La Presse canadienne - à Ottawa | Canada
Le sénateur suspendu, Mike Duffy
Photo: Adrian Wyld La Presse canadienne
Le sénateur suspendu, Mike Duffy
Il semble que le sénateur suspendu Mike Duffy était perçu comme un atout par plusieurs conservateurs, selon des documents rendus publics dans le cadre de son procès.
 
Au moins 74 députés — anciens et actuels — ont demandé à l’ancien journaliste de faire des apparitions à des événements, d’enregistrer des messages pour leurs partisans et même de les suivre en campagne électorale.
 
M. Duffy aurait travaillé pour des conservateurs de l’Ontario, de la Nouvelle-Écosse et de l’Île-du-Prince-Édouard — avec un succès mitigé puisque plusieurs d’entre eux ont perdu leurs élections.
 
Le sénateur suspendu aurait notamment aidé à cinq reprises le ministre actuel de l’Emploi et de la Réforme démocratique, Pierre Poilievre.
 
Le journal de Mike Duffy, rédigé entre 2009 et 2012, montre le statut de célébrité dont il bénéficiait au sein de son parti quand il était encore dans ses bonnes grâces. Ces écrits sont utilisés en preuve pour son procès. M. Duffy fait face à 31 chefs d’accusations de fraude, d’abus de confiance et de corruption.
 
L’avocat de M. Duffy, Donald Bayne, plaide que de telles activités partisanes faisaient partie de ses fonctions de sénateur. Me Bayne a insisté sur le fait que le Parti conservateur avait encouragé sa participation à ces nombreux événements.
 
Il a présenté notamment une photo de M. Duffy et du premier ministre Stephen Harper, sur lequel ce dernier le décrivait comme un « bon journaliste et un bon sénateur ». M. Harper avait en outre remercié le sénateur à l’époque, qui était « l’une de [ses] meilleures nominations ».
 
À l’été 2009, M. Duffy avait pris part à dix événements politiques en dix-huit jours dans deux provinces et un territoire.
 
Sentiment de trahison
 
Le temps qu’il avait passé à voyager et à travailler pour ses collègues conservateurs explique probablement pourquoi le parti avait d’abord défendu le sénateur lorsque le scandale des dépenses du Sénat avait éclaté. La direction du parti avait même accepté de payer ses frais d’avocats au début des procédures.
 
Son historique de travail partisan peut aussi démontrer pourquoi il s’était senti trahi lorsqu’il avait été exclu du caucus conservateur en mai 2013 et, plus tard, suspendu du Sénat. « Je n’ai jamais reçu une seule note du comité des finances du Sénat, ni du leadership qui suggérait que quelque chose ne tournait pas rond avec mes voyages. En fait, ceux qui sont de l’autre côté se rappelleront combien de fois le premier ministre m’a louangé pour tout le voyagement que je faisais », a-t-il déclaré devant le Sénat en octobre 2013.
 
Bien que le parti ait pris ses distances de M. Duffy, un de ses anciens collègues du caucus qui a parlé sous le couvert de l’anonymat affirme que plusieurs conservateurs ont de l’admiration pour son travail. « Je crois qu’il y a beaucoup de gens qui apprécient le fait que Mike ait fait cette tournée. Il a travaillé fort, il a fait ce qu’il devait faire en aidant les députés », a confié cette source.

Le choix du gouvernement québécois d'imposer le bâillon en agace plusieurs

http://www.985fm.ca/national/nouvelles/

Publié par La Presse Canadienne le dimanche 19 avril 2015 à 11h28. Modifié par Charles Payette le lundi 20 avril 2015
Le choix du gouvernement québécois d'imposer le bâillon en agace plusieurs
Photo : archives PC, Jacques Boissinot
MONTRÉAL - Bien des élus habitués de prendre place sur les banquettes de l'opposition à l'Assemblée nationale regagneront fort probablement le Salon bleu à reculons, lundi, puisque le gouvernement imposera de nouveau le bâillon pour favoriser l'adoption d'un projet de loi.
Le recours à cette procédure exceptionnellevisera à conclure rapidement l'étude du projet de loi 28 qui porte entre autres sur la mise en oeuvre dediverses dispositions incluses dans le discours du budget du 4 juin 2014.

Aux yeux des libéraux, il s'agissait d'un passage obligé puisque les autres formations politiques se livraient, selon leurs dires,à de l'obstruction.

Le ministre provincial des Finances, Carlos Leitao, a affirmé que l'analyse du texte législatif, qui est particulièrement volumineux, progressait réellement à pas de tortue.

Il a souligné que les députés étaient «rendus à l'article 17 ou 18 d'un projet de loi qui en compte plus de 300».

Le grand argentier du Québec en a donc déduit que «ça aurait été extrêmement long» de boucler la bouclede manière normale.

De toute évidence, cet argument n'a pas fait mouche auprès de nombreux syndiqués.

La preuve: ils ont été nombreux à se pointer sur la Colline parlementaire, vendredi, pour dénoncer l'avenue que s'apprête à emprunter l'équipe du premier ministre Philippe Couillard.

La députée de Québec solidaire Manon Massé partage leur indignation.

En entrevue à La Presse Canadienne, la représentante de la circonscription montréalaise de Sainte-Marie-Saint-Jacques, a soutenu qu'il n'existe aucune raison valable d'adopter le projet de loi 28 en catastrophe.

Elle en a également profité pour écorcher M. Couillard au passage.

«Dans son discours d'ouverture, ce premier ministre était tellement fier d'annoncer aux Québécois et aux Québécoises qu'il allait agir en toute transparence dans un dialogue social, ce qu'on ne voit pas depuis qu'il est à l'Assemblée nationale [...]. Alors, je trouve ça dramatique pour la démocratie», a-t-elle martelé.

Mme Massé en a profité pour rappeler que ce ne sera pas la première fois que l'actuel gouvernement recourra au bâillon pour arriver à ses fins.

Pas plus tard qu'en février dernier, il avait, en effet,utilisé le même plan de match pour accélérer l'étude du projet de loi 10 portant sur l'organisation et la gouvernance du réseau de la santé et des services sociaux.