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vendredi, septembre 29, 2017

Les Québécois se bousculent en Catalogne

29 septembre 2017 | Christian Rioux à Barcelone | Europe
Des manifestants arborant le masque de Tweety, devenu un symbole d’opposition aux policiers, à Barcelone, jeudi
Photo: Josep Lago Agence France-Presse
Des manifestants arborant le masque de Tweety, devenu un symbole d’opposition aux policiers, à Barcelone, jeudi
Pendant trente ans, les Catalans ont eu les yeux tournés vers le Québec. Il semble que ce soit l’inverse aujourd’hui. À l’occasion du référendum sur l’indépendance de la Catalogne qui doit se tenir dimanche, et malgré l’incertitude qui pèse toujours sur sa tenue, de nombreux Québécois se bousculent ces jours-ci dans la capitale catalane.
 
À 48 heures du jour J, le député péquiste Stéphane Bergeron, représentant personnel du chef de l’opposition, Jean-François Lisée, est déjà à Barcelone. Il arrive directement du Kurdistan irakien, où la population a voté à 92 % pour l’indépendance. « Comme quoi l’indépendance n’est pas une idée du siècle dernier, comme le prétend Philippe Couillard », dit-il.
 
Alors que 16 000 étudiants ont défilé mercredi à Barcelone pour réclamer le droit de voter, on attendait aussi la chef du Bloc québécois, Martine Ouellette, et la porte-parole de Québec solidaire Manon Massé. Des rencontres sont déjà prévues avec plusieurs responsables politiques, notamment la très respectée présidente du Parlement catalan, Carme Forcadell i Lluís, fondatrice de la plateforme pour la défense de la langue catalane. Au moment d’écrire ces lignes, une rencontre avec le président catalan, Carles Puigdemont, n’était pas exclue.
 
À Barcelone, certains affirmaient que le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, pourrait lui-même faire le déplacement. Une rumeur aussitôt démentie par le principal intéressé au Devoir. Dimanche, Stéphane Bergeron visitera des bureaux de scrutin à Girone, un bastion nationaliste où Madrid aura certainement beaucoup plus de difficultés qu’à Barcelone à empêcher la population de voter.
 
Pas que des élus
 
Mais le référendum catalan n’intéresse pas que des élus. Des universitaires comme Jean-Rémi Carbonneau (Université du Québec à Montréal) et le constitutionnaliste Daniel Turp (Université de Montréal) n’ont pas voulu manquer l’événement. Le président de la Société Saint-Jean-Baptiste, Maxime Laporte, est aussi sur place, ainsi que l’ancienne présidente de la CSN Claudette Carbonneau. Une trentaine de Québécois de tous les horizons sont aussi arrivés depuis plusieurs jours sous la bannière du Réseau Québec-Monde, qui organise des séjours alliant tourisme et échanges politiques. Parmi eux, Jérémi Lepage, 20 ans, est venu avec quatre autres jeunes péquistes de la région de l’Estrie.
 
« Je n’étais pas né en 1995, au moment du référendum, dit-il. Mes parents m’en ont parlé. J’ai la nostalgie de cette époque où les Québécois se tenaient debout. Je ne voulais rater ce référendum pour rien au monde. Dimanche, c’est une occasion unique pour moi de vivre enfin un tel événement. » Depuis cinq jours, Jérémi a été frappé par la fierté qu’expriment les Catalans. « Ils ont été capables de ne pas se diviser et de se présenter unis. » Il est aussi surpris par la place qu’occupent les organisations nationalistes issues de la société civile. En Catalogne, la plupart des grandes manifestations ont été organisées par des organisations indépendantes des partis, comme Omnium Cultural et l’Assemblée nationale catalane (ANC) [qui n’a rien à voir avec le Parlement].
 
« J’aimerais qu’on tire des leçons de ce qui se passe ici, dit Jérémi. Au Québec, je sens que, comparativement aux Catalans, on est gênés de s’affirmer, on a peur de se prononcer et de prendre position. » Au cégep de Sherbrooke où il étudie la comptabilité, il passe pour un original. « J’ai des amis et des gens de ma famille qui ont même essayé de me dissuader de venir. Aujourd’hui, ce n’est pas bien vu de s’intéresser à la politique. Il y a beaucoup de cynisme. On a déjà connu des périodes plus fastes. »
 
Dimanche, que le référendum ait lieu ou pas, Jérémi sera avec son drapeau québécois parmi les centaines de milliers de personnes qui manifesteront sur la grande place de la Catalogne. En attendant de faire pareil un jour chez lui, dit-il.
Des étudiants prennent la rueBarcelone — Des dizaines de milliers de lycéens et d’étudiants en grève ont manifesté jeudi dans le centre de Barcelone pour défendre le référendum d’autodétermination que les dirigeants séparatistes de la Catalogne veulent organiser dimanche, en dépit de son interdiction. Les jeunes se sont donné rendez-vous devant l’Université de Barcelone, un bâtiment historique du centre de la ville de Gaudi, sur fond de tensions exacerbées entre Madrid et les autorités régionales à trois jours du scrutin. « Nous voterons ! Indépendance ! », ont scandé les manifestants. Ils étaient près de 16 000, selon la police, et 80 000, selon les organisateurs. Ils se sont dispersés en fin de journée sans incidents. Par ailleurs, la Garde civile a saisi jeudi près de 2,5 millions de bulletins de vote et trouvé une centaine d’urnes, au cours d’une perquisition à proximité de Barcelone, trois jours avant le référendum d’autodétermination interdit de dimanche. La police a ainsi trouvé des urnes pour la première fois depuis qu’elle multiplie les opérations en Catalogne pour saisir du matériel de vote afin d’empêcher le référendum, organisé par le gouvernement indépendantiste catalan et interdit par la Cour Constitutionnelle.Agence France-Presse

lundi, février 06, 2017

Manon Massé s'oppose au retour de Gerry Sklavounos

http://www.lapresse.ca/actualites/politique/politique-quebecoise/

Publié le 06 février 2017 à 16h10 | Mis à jour à 16h10

Martin Croteau
MARTIN CROTEAU
La Presse
(QUÉBEC) Même s'il a été blanchi des allégations d'agression sexuelle qui pesaient contre lui, Gerry Sklavounos ne peut plus siéger à l'Assemblée nationale, a déclaré lundi la députée de Québec solidaire, Manon Massé.
La députée estime que M. Sklavounos n'a plus sa place parmi les élus, même si le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) a estimé qu'il n'a commis aucun « acte criminel » à l'égard de la jeune Alice Paquet.
« Je pense qu'il n'a plus la confiance des femmes, a dit Mme Massé. J'imagine que les femmes de sa circonscription - et plus largement les femmes et les hommes, je ne dis pas que c'est le propre des femmes - sont légitimes de se poser bien des questions lorsqu'on sait qu'on entend dans l'espace public les moeurs de M. Sklavounos. »
Elle rappelle que l'Assemblée nationale s'est dotée d'une politique sur le harcèlement et qu'elle a adopté une motion pour dénoncer la culture du viol l'an dernier.
Dans cet esprit, elle voit mal comment M. Sklavounos peut retrouver sa place au Salon bleu. Elle cite en exemple l'ancien animateur Jian Ghomeshi, qui a perdu son micro à CBC même si un tribunal l'a acquitté des accusations d'agression sexuelle qui pesaient contre lui.
Le député Gerry Sklavounos... (Archives La Presse canadienne)
Le député Gerry Sklavounos
ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE
« M. Ghomeshi a été jugé - pas seulement par le DPCP - jugé non-coupable, a rappelé Mme Massé. Et pourtant, CBC ne l'a pas réintégré. Pourquoi ? Essentiellement parce que malgré le fait qu'il a été reconnu non-coupable, c'était de notoriété publique que ses comportements n'avaient pas de sens. » 
La députée persiste et signe : elle dit croire la jeune Alice Paquet, qui a maintenu avoir été violée par M. Sklavounos après la décision du DPCP de ne pas porter d'accusations contre lui.
Le premier ministre Philippe Couillard a déclaré la semaine que M. Sklavounos devra faire amende honorable et s'engager très clairement à respecter les femmes dans son milieu de travail, s'il espère réintégrer le caucus libéral.
Le député de Laurier-Dorion s'est retiré du caucus libéral en octobre après que Mme Paquet eut affirmé avoir été violée par un député libéral lors d'une vigie à l'Université Laval. Il n'a pas mis les pieds à l'Assemblée nationale depuis.
Dans un message publié la semaine dernière sur Facebook, M. Sklavounos a affirmé vouloir « reprendre pleinement, et le plus rapidement possible » ses activités de député, sans préciser s'il souhaite réintégrer le caucus libéral.