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lundi, novembre 02, 2015

Première visite d'un ministre des Relations internationales du Québec à Cuba

http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/politique/

Mise à jour le dimanche 1 novembre 2015 à 19 h 27 HNE   La Presse Canadienne
La ministre des Relations internationales du Québec, Christine St-Pierre
La ministre des Relations internationales du Québec, Christine St-Pierre  Photo :  PC/Jacques Boissinot

Pour la première fois, un ministre des Relations internationales du Québec se rendra à Cuba pour une visite officielle.
Christine St-Pierre a quitté le Québec dimanche pour se rendre à Cuba pour une mission de deux jours, lundi et mardi, marquée par des rencontres avec des leaders économiques et politiques de l'île.
Mme St-Pierre juge « importante » cette visite, alors que les entreprises américaines s'apprêtent à faire affaire avec l'île avec la reprise des relations diplomatiques entre Cuba et les États-Unis. Mais l'embargo économique américain imposé à Cuba n'est pas encore levé.
Balance commerciale positive
Le Québec, estime Mme St-Pierre, peut faire davantage en termes d'exportations.
En 2014, selon son ministère, les échanges commerciaux de marchandises entre le Québec et Cuba se chiffraient à 83 millions de dollars, dont 81,7 millions constituaient des exportations.
Ce sont surtout des produits de « moyenne technologie de pointe » qui dominent les exportations vers l'île de Castro.
Toutefois, il y a matière à explorer de nouveaux champs de coopération avec Cuba puisque le Canada a un « avantage », soit d'avoir entretenu des relations commerciales et diplomatiques ininterrompues avec l'île des Caraïbes.
Mme St-Pierre croit que le Québec est capable de faire sa place et d'établir des liens à long terme grâce à ses divers réseaux d'excellence, notamment en éducation, en santé, en agriculture, en tourisme et en coopératisme.
Horaire chargé
La ministre québécoise se pointera à La Havane entre autres pour assister à la FIHAV, une foire commerciale internationale d'envergure, où elle compte échanger avec plusieurs entreprises québécoises qui scrutent des occasions d'affaires.
Aussi, Mme St-Pierre va rencontrer des représentants de haut rang parmi les autorités cubaines en vue d'y développer les relations politiques du Québec et de définir des pistes de collaboration, notamment dans le domaine de la recherche et des sciences. À ce titre, elle doit visiter un centre de neurosciences.
Christine St-Pierre aura un horaire fort chargé pour ses deux jours en terre cubaine. Elle sera notamment accompagnée de l'ambassadeur du Canada à Cuba.

lundi, septembre 07, 2015

La crise des migrants Québec veut tripler le nombre de réfugiés syriens reçus en 2015

http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/politique/

   La Presse Canadienne
La ministre de l'Immigration, Kathleen Weil, et sa collègue des Relations internationales, Christine St-Pierre, ont annoncé les intentions du Québec d'accueillir 3650 migrants syriens.
La ministre de l'Immigration, Kathleen Weil, et sa collègue des Relations internationales,
Christine St-Pierre, ont annoncé les intentions du Québec d'accueillir 3650 migrants syriens.
  Photo :  Radio-Canada

Devant l'ampleur de la crise des réfugiés syriens, le gouvernement Couillard déploie une série de mesures visant à accueillir davantage de gens fuyant leur pays en plus d'accélérer leur arrivée, mais la province devra toutefois attendre le feu vert d'Ottawa avant d'aller de l'avant.
Alors que de nombreux pays européens ouvrent leurs portes aux réfugiés, Québec souhaite ainsi en accueillir au total 3650 d'ici la fin de l'année, soit 2450 de plus que son objectif initial.
« Les mesures d'accélération nécessitent l'accord et la collaboration du gouvernement fédéral », a expliqué lundi en conférence de presse la ministre de l'Immigration, Kathleen Weil, accompagnée par sa collègue aux Relations internationales, Christine St-Pierre.
Ce nouvel objectif comprend notamment les admissions de 1800 réfugiés parrainés et de 650 autres pris en charge par l'État. Depuis le début de l'année, 651 réfugiés sont arrivés au Québec.
Au total, l'ensemble des mesures dévoilées par les deux ministres représenteront des coûts de 29 millions de dollars. Cette somme sera principalement consacrée à la francisation, l'aide à l'emploi, l'éducation ainsi que la santé.
Prise de conscience
Cette annonce du gouvernement Couillard survient alors que la crise des réfugiés fait les manchettes aux quatre coins de la planète depuis la diffusion récente des images d'un petit Syrien âgé de trois ans noyé sur une plage de la Turquie ainsi que des liens avec sa famille et le Canada.
Déjà, les villes de Montréal et Québec avaient signifié, la semaine dernière, leur volonté d'accueillir davantage de réfugiés syriens.
Questionnée par les journalistes, Mme Weil a indiqué que le gouvernement fédéral avait été informé des intentions du Québec, ajoutant qu'elle s'attendait à une réponse rapide. « Ils savent que l'on allait diffuser ce plan d'action, a dit la ministre de l'Immigration. L'urgence, c'est que le fédéral travaille avec nous. »
En mi-journée, Citoyenneté et Immigration Canada n'avait pas répondu aux questions envoyées par La Presse Canadienne.
Mme Weil a également indiqué qu'elle aimerait voir Ottawa permettre que du personnel québécois du ministère de l'Immigration puisse se rendre à Beyrouth, au Liban, où se trouvent de nombreux réfugiés syriens, afin d'accélérer le processus de sélection en ce qui a trait au parrainage.
Par ailleurs, la ministre des Relations internationales a annoncé une aide supplémentaire de 100 000 $ destinée aux organismes québécois de coopération internationale oeuvrant sur le terrain en plus de la mise sur pied d'une cellule de crise afin de d'assurer les liens entre les ministères ainsi que les organismes d'aide.

jeudi, avril 02, 2015

L’ARABIE SAOUDITE C. L’ASSEMBLÉE NATIONALE Charbonnier saoudien…

http://www.ledevoir.com/politique/

2 avril 2015 |Antoine Robitaille | Québec
Le « mêlez-vous de ce qui vous regarde » que l’Arabie saoudite a servi à l’Assemblée nationale dans sa lettre du 10 mars a quelque chose de profondément risible, troublant et contradictoire.

Le Royaume n’a pas aimé que les élus de la nation québécoise, le 11 février, dénoncent unanimement le sort que celui-ci réserve au blogueur Raïf Badawi, dont la famille est réfugiée à Sherbrooke. Ce créateur du site Liberal Saudi Network, faisant la promotion des droits de la personne et de la démocratie, a été inculpé de cybercrime, d’apostasie, de« désobéissance à son père ». M. Badawi fut condamné à 10 ans de prison, 300 000 dollars d’amende et 1000 coups de fouet. Une fois sorti de sa geôle ? On lui interdira de voyager pendant 10 ans.
 
Éloquente et ne mâchant pas ses mots, la ministre des Relations internationales, Christine St-Pierre, au Salon bleu, clama son « indignation profonde face à la condamnation de ce jeune homme en violation flagrante de sa dignité humaine et de sa liberté d’expression. Ce châtiment est cruel et inhumain ». L’Arabie saoudite a été élue au Conseil des droits de l’Homme des Nations unies en 2013, mais elle « continue à faire fi des droits et libertés fondamentaux de ses citoyens », déplora encore St-Pierre avant de souligner une autre inconséquence : ce pays est signataire, depuis 1997, de la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains et dégradants.
 
Dans sa lettre du 10 mars, le Royaume fait dans le relativisme : « ses » droits de la personne doivent être conformes avec sa conception de la charia. En 1948, rappelons-le, ce fut un des seuls pays à s’abstenir lors de l’adoption de la Déclaration universelle des droits de l’Homme. Elle s’applique à elle, comme lui rappelait le 19 février le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, dans un communiqué, au terme de sa dernière visite en ce pays. Mais le Royaume préfère évidemment la Déclaration des droits de l’Homme en islam de 1990, dont l’article 24 se lit ainsi : « Tous les droits et libertés énoncés dans la présente Déclaration sont soumis à la charia islamique. »
 
Au coeur de sa lettre, l’ambassadeur saoudien condamne « toute forme d’ingérence dans ses affaires internes » et en rejette « toute violation de sa souveraineté ». Cela rappelle — notons-le au risque de toucher quelques « points Godwin » — la déclaration de 1933 de Joseph Goebbels devant la Société des Nations : « Charbonnier est maître chez soi. Nous traiterons comme nous l’entendons nos socialistes, nos communistes et nos juifs. »
 
L’Arabie saoudite, où l’on décapite les « criminels » au sabre, a beau participer au système international, elle défend néanmoins, d’une part, une vision de la justice « moyenâgeuse ». La Suède le lui a dit récemment en rompant un accord de coopération militaire avec elle. Le Québec devrait inciter Ottawa à imiter ce geste afin de protester plus fermement. Comme le rappelait Bernard Drainville en février, le Canada a été un acteur clé dans l’isolement international de l’Afrique du Sud dans les années 1980, afin de dénoncer l’apartheid.
 
D’autre part, l’Arabie saoudite a une conception pré-1948 de la souveraineté étatique totalement hermétique ; absolue, comme sa monarchie. Mais sur ce plan aussi, le Royaume est pour le moins contradictoire : il a dénoncé, depuis 2012, les violations aux droits de l’Homme en Syrie ! Et ne se gêne pas pour intervenir militairement au Yémen. Humaniste, l’Assemblée nationale a décidément bien fait de se « mêler de ce qui ne la regarde pas ». Rien de ce qui est humain ne lui est étranger.