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vendredi, octobre 23, 2015

Les libéraux plus soucieux de leur image que des Autochtones, selon le PQ

http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/politique/

Le député Pascal Bérubé
Le député du PQ Pascal Bérubé  Photo :  PC/Jacques Boissinot
Au sein des partis d'opposition, nombreuses sont les voix qui s'élèvent pour reprocher à Québec, et à la ministre de la Sécurité publique en particulier, de n'avoir pas agi plus tôt dans le dossier des femmes autochtones de Val-d'Or qui aurait été victimes d'agressions sexuelles et d'abus de pouvoir aux mains de policiers de la Sûreté du Québec (SQ).
Au Parti québécois (PQ), on reproche à Lise Thériault d'avoir confié dans un premier temps l'enquête sur ces allégations à la SQ elle-même. Aux yeux du PQ, il a fallu que Radio-Canada diffuse un reportage sur cette affaire pour que la ministre se ravise et transfère l'enquête au Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).
« On fait face à un gouvernement qui veut davantage préserver son image que venir en aide aux femmes autochtones », a dénoncé le député péquiste Pascal Bérubé.
De l'avis des députés péquistes Carole Poirier, Pascal Bérubé et Guy Leclair, « le laxisme du gouvernement dans le dossier est inacceptable ». Guy Leclair se demande pour sa part où est le ministre québécois des Affaires autochtones, Geoffrey Kelley.
« Était-il seulement au courant de la situation, demande M. Leclair. Son silence dans le dossier est troublant ». 
La CAQ réclame une commission d'enquête
À la Coalition Avenir Québec (CAQ), les porte-parole en matière de justice, Simon Jolin-Barrette, et en matière d'affaires autochtones, Mathieu Lemay, exigent sans délai l'instauration d'une commission d'enquête dans le dossier des présumés abus commis envers les femmes autochtones.
Pour la CAQ, le mandat de cette éventuelle commission doit englober tous les enjeux tels que la disparition et l'assassinat de femmes autochtones, de même que la violence conjugale et les agressions sexuelles dont certaines d'entre elles seraient victimes.
« Les nations autochtones doivent être consultées et impliquées dans la mise en place et l'exécution de cette commission d'enquête. »— SimonJolin-Barrette et Mathieu Lemay, députés de la CAQ

Québec solidaire se rendra sur place
Manon Massé, députée de Québec solidaire, estime louable la décision du gouvernement de Philippe Couillard de confier l'enquête au SPVM. Mais elle se demande du même souffle si l'intérêt de Québec pour la question ne fera pas place rapidement à « l'indifférence ».
Mme Massé se questionne de surcroît sur les raisons qui ont poussé Lise Thériault à retirer l'enquête des mains de la SQ cinq mois après qu'elle eut appris l'existence des allégations.
« Mais pourquoi pas plus tôt? Parce que ce n'était pas passé à la télévision? », a-t-elle souligné.
Québec solidaire assure qu'il fera preuve de vigilance dans ce dossier. La semaine prochaine, le député Amir Khadir se rendra dans la région de Val-d'Or afin de voir comment le parti peut à l'avenir porter les demandes des femmes autochtones jusqu'à l'Assemblée nationale.

mercredi, juillet 08, 2015

Pétrole dans le Saint-Laurent: un moratoire de 12 ans requis par des Autochtones

http://www.985fm.ca/national/nouvelles/

Publié par La Presse Canadienne le mercredi 08 juillet 2015 à 16h44.
Pétrole dans le Saint-Laurent: un moratoire de 12 ans requis par des Autochtones
MONTRÉAL — Redoutant un désastre environnemental, une coalition de nations autochtones présentes sur le territoire du Québec demande un moratoire de 12 ans avant que ne soient permises l'exploration et l'exploitation pétrolière et gazière dans le golfe du Saint-Laurent.
Les nations innue, malécite et micmac — ces derniers étant aussi présents dans les Maritimes — ont profité de la réunion de l'Assemblée des Premières Nations à Montréal pour réitérer cette demande mercredi, et préciser la période d'arrêt requise.

Et en cette saison préélectorale, ils veulent aussi que les chefs des partis fédéraux indiquent clairement aux électeurs s'ils vont protéger ou non le golfe du Saint-Laurent de l'exploitation pétrolière.

Leur inquiétude face à la possibilité que ce fragile écosystème ne soit détruit a été renouvelée, disent-ils, car Québec a récemment laissé entrevoir qu'il prévoyait lever son moratoire et délivrer des permis d'exploration dans le golfe du Saint-Laurent.

Ils rappellent l'explosion survenue sur la plateforme pétrolière Deepwater Horizon de BP dans le golfe du Mexique, en 2010, qui a fait de nombreux morts et causé une catastrophe environnementale avec une marée noire hors de contrôle.

L'exploitation du golfe du Saint-Laurent, source de nourriture pour les peuples autochtones, ne peut être faite sans leur consentement, disent-ils. Ils rappellent que la Cour suprême du Canada a déjà tranché que les gouvernements ont un devoir de consultation et d'accommodement à l'égard des Premières Nations.

Et à défaut d'avoir leur accord, pas question de les faire taire avec de l'argent du pétrole, a déclaré le chef de la nation innue, Jean-Charles Piétacho.

«Jamais je ne vais accepter des redevances qui proviendraient de ce secteur.»

La grande chef Anne Archambault, de la nation malécite de Viger, près de Cacouna, dans le Bas-Saint-Laurent, a été plus nuancée, soulignant qu'elle devrait consulter ses membres avant de prendre position à ce sujet. Quant au chef micmac Scott Martin, il souligne «qu'il n'y a pas que l'argent dans la vie» et que le mode de vie traditionnel compte pour beaucoup.

Ce dernier croit que ce moratoire est nécessaire jusqu'à ce que des études d'impact environnemental détaillées soient effectuées, car il y a encore d'importantes «lacunes de connaissances». La période de 12 ans a été fixée après un calcul des différentes étapes pour les études, la formulation des rapports et un processus de consultation auprès de la population.

«Même leurs scientifiques (ceux des gouvernements) leur disent qu'ils sont dans l'inconnu», a lancé le chef Piétacho.

Les chefs ont rappelé que les risques environnementaux de l'exploration et l'exploitation du pétrole en milieu marin sont encore mal connus, tel que l'indiquait en 2013 le rapport d'une évaluation environnementale stratégique demandée par le gouvernement libéral du Québec de l'époque. L'étude, qui portait sur les secteurs de l'île d'Anticosti, de la Gaspésie et des îles de la Madeleine, relevait que la capacité d'intervention en cas d'urgence est déficiente.

Pour la chef Archambault, les droits ancestraux de sa nation sur le saumon ont «préséance sur le pétrole». Elle souligne que 95 pour cent des revenus de sa nation proviennent de la pêche de ce poisson.

Les dirigeants de ces nations autochtones, qui occupent les régions côtières du golfe du Saint-Laurent, ont formé une coalition en 2013 afin de parler d'une seule voix pour «la protection de leurs droits et titres ancestraux pour l'ensemble du golfe contre les dangers posés par l'exploitation pétrolière».

Ils n'ont pas indiqué ce qu'ils entendaient faire, outre leurs demandes aux partis politiques fédéraux.

Mais les communautés autochtones se sont souvent adressées aux tribunaux pour faire respecter l'environnement et leurs droits. Plus tôt cette semaine, les micmacs de la Gaspésie ont déposé une poursuite contre le Nouveau-Brunswick et une entreprise pour empêcher le transport ferroviaire du pétrole des sables bitumineux vers le futur port de Belledune, situé dans cette province voisine.