Être dans le Canada sans être fédéraliste

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La position constitutionnelle de la CAQ doit être adoptée au congrès

8 novembre 2016 | Robert Dutrisac - Correspondant parlementaire à Québec
À l’origine, la CAQ refusait de définir sa position afin d’éviter de participer à «ce débat stérile entre souverainistes et fédéralistes».
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne

À l’origine, la CAQ refusait de définir sa position afin d’éviter de participer à «ce débat stérile entre souverainistes et fédéralistes».
La Coalition avenir Québec n’est pas un parti fédéraliste, même si elle doit adopter à son congrès l’« article 1 » de son programme qui l’engage à « assurer le développement et la prospérité de la nation québécoise à l’intérieur du Canada ».
 
Le président de la CAQ, Stéphane Le Bouyonnec, n’a pas aimé que Radio-Canada affirme qu’avec cet article 1, le parti de François Legault devient fédéraliste. « Je veux vraiment m’inscrire en faux », a-t-il clamé dans un entretien accordé au Devoir.
 
Être fédéraliste, pour Stéphane Le Bouyonnec, c’est défendre le statu quo.« Je crois qu’il y a beaucoup de Québécois qui pensent qu’il y a une troisième voie qui est possible entre lestatu quo du fédéralisme actuel et la sécession. »
 
Il y a un an presque jour pour jour, au Conseil général de la CAQ à Laval, François Legault présentait son « virage nationaliste » et une liste de 21 demandes que son parti, une fois élu, présenterait à Ottawa. Parmi ces demandes figuraient notamment la déclaration fiscale unique, dont se chargerait le Québec, la responsabilité de la sélection de tous les immigrants, y compris les réfugiés, le rapatriement des sommes que dépensent le gouvernement fédéral pour la culture et le transfert en bloc des budgets fédéraux en infrastructures.
 
Réunis à Drummondville samedi et dimanche prochains, les militants caquistes devront se prononcer sur cet article 1 qui se lit comme suit : « La Coalition avenir Québec est un parti nationaliste moderne dont l’objectif premier est d’assurer le développement et la prospérité de la nation québécoise à l’intérieur du Canada, tout en défendant avec fierté son autonomie, sa langue, ses valeurs et sa culture. »
 
Libeller ce texte minimaliste et le faire adopter par les élus et la direction du parti n’a pas été chose facile, a signalé le président de la CAQ. Au sein de la coalition, « c’est facile de réunir tous ces gens-là sur les thèmes de l’économie, etc. C’est un petit peu plus difficile de les faire coexister dans un dialogue constructif autour de la question constitutionnelle. Ça, je vous en passe un papier », a dit Stéphane Le Bouyonnec.
 
À l’origine, la CAQ refusait de définir sa position afin d’éviter de participer à « ce débat stérile entre souverainistes et fédéralistes », a-t-il rappelé. Mais la dernière élection a montré que la CAQ ne pouvait pas demeurer dans les limbes. « On a atteint un niveau de maturité », a-t-il avancé. Une coalition, c’est « éphémère » ; il fallait que la CAQ adopte une position « si on voulait s’inscrire dans la durée ».