Corruption fédéraliste

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MISE à JOUR 

Le reportage de l’émission Enquête, à propos de ce qui semble être une fraude massive à l’ancienne Société immobilière du Québec par des collecteurs de fonds libé­raux, a dévoilé une réalité abjecte. Les Québécois se font piller.
Et sans le vouloir, il nous rappelait une chose: il existe au Québec une corruption typiquement fédéraliste.
Je ne dis pas que les fédéralistes sont corrompus. Mais que le fédéralisme tel que nous le subissons engendre un type spécifique de corruption.
Histoire
Un peu d’histoire: dès ses origines, au lendemain de l’Acte d’Union de 1840, le Canada a compris qu’il ne pouvait compter sur l’adhésion sincère de ceux qu’on appelait alors des Canadiens français, qui y voyaient avec raison un pays étranger.
Le pouvoir colonial a compris une chose: il devait pour cela acheter la collaboration de nos élites, prêtes à se vendre pour obtenir des privilèges ou garder ceux qu’elles avaient déjà. Il l’a fait.
Avec les décennies, cette collaboration payante avec le fédéralisme est entrée dans les mœurs. Elle a façonné les mentalités collectives.
Servir le Canada, c’est payant. C’est la servilité rentable.
Ceux qui veulent des avantages du pouvoir comprennent qu’ils ont intérêt à rejoin­dre le parti fédéraliste.
Évidemment, la corruption n’est pas toujours aussi grossière que dans le repor­tage d’Enquête.
Elle est plus sournoise, plus diffuse, plus insidieuse. Elle est même inconsciente.
Vous voulez une belle carrière? Soyez fédéraliste. Les nominations seront plus faciles. Les réseaux financiers vous accueil­leront plus facilement.
Canada
On ne vous demandera qu’une chose: entre les intérêts du Québec et ceux du Canada, choisissez toujours les seconds. On vous facilitera la vie en vous disant qu’ils ne sont jamais contradictoires.
Inversement, ceux qui mettent le Québec d’abord en paieront le prix.
Ils auront moins d’avantages économiques, professionnels ou sociaux.
Le fédéralisme pousse nos élites à renier le Québec. Il monnaye leur domestication.
Il mine notre démocratie.