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lundi, octobre 19, 2015

La croissance chinoise à son plus bas depuis 2009

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Mise à jour le lundi 19 octobre 2015 à 8 h 44 HAE   Reuters
La croissance de la Chine est à son plus bas depuis 2009
La croissance de la Chine est à son plus bas depuis 2009

La croissance économique de la Chine est tombée au troisième trimestre sous 7 % en rythme annuel pour la première fois depuis la crise financière mondiale, un ralentissement qui, bien qu'un peu moins marqué qu'escompté, plaide pour de nouvelles mesures de soutien et une poursuite de la baisse des taux.
Le produit intérieur brut (PIB) n'a progressé que de 6,9 %, a annoncé lundi le Bureau national de la statistique, un chiffre légèrement supérieur aux prévisions de 50 économistes interrogés par Reuters qui tablaient en moyenne sur 6,8 %.
Ce chiffre conforte le scénario selon lequel la Chine saura éviter un atterrissage brutal de son économie, les analystes prédisant désormais un glissement plus progressif de l'activité.
« Les conditions sous-jacentes sont faibles, mais stables », dit Julian Evans-Pritchard, chez Capital Economics. « Une augmentation des dépenses budgétaires et une croissance plus forte du crédit vont limiter dans les trimestres à venir les risques baissiers qui pèsent sur la croissance. »
Le Bureau de la statistique a qualifié ce chiffre de « raisonnable » même s'il a noté la persistance d'une pression baissière sur la deuxième économie mondiale. La Chine va conserver une croissance stable dans les prochaines années, a assuré son porte-parole, Sheng Laiyun.
La croissance de 6,9 % est la plus faible depuis le premier trimestre 2009, en pleine crise financière, quand elle avait brutalement ralenti à 6,2 %.
En rythme trimestriel, le PIB a progressé de 1,8 %, battant là aussi le consensus (+1,7 %), tandis que la croissance du deuxième trimestre a été révisée à +1,8 % contre +1,7 %.
Les indicateurs mensuels publiés parallèlement au PIB ont en revanche déçu, signe que le ralentissement de l'économie chinoise n'est pas terminé malgré les efforts des autorités pour écarter le risque d'un atterrissage brutal.
Xi Jinping évoque une « inquiétude »
La croissance des investissements en capital fixe a ainsi plafonné à 10,3 % en rythme annuel entre janvier et septembre, contre 10,9 % le mois précédent et un consensus de 10,8 %.
La production industrielle a également ralenti à 5,7 %, alors qu'elle était attendue à 6,0 % après 6,1 % en août.
Seules les ventes au détail ont enregistré un léger mieux à 10,9 % par rapport au mois précédent, dépassant légèrement le consensus (+10,8 %).
La consommation a contribué à hauteur de 58,4 % au PIB du troisième trimestre et la formation de capital de 43,4 %.
Le président chinois Xi JinpingLe président chinois Xi Jinping  Photo :  PC/Pablo Martinez Monsivais
« La pression générale sur l'économie chinoise reste énorme », estime Zhou Hao, économiste chez Commerzbank à Singapour, qui s'attend à ce que Pékin abaisse fin octobre son objectif de croissance annuelle dans le cadre de son plan quinquennal.
Ces chiffres viennent appuyer les propos du président chinois Xi Jinping, qui a exprimé dimanche dans une entrevue écrite accordée à Reuters des « inquiétudes au sujet de l'économie chinoise » tout en se disant confiant dans la capacité de son pays à surmonter le ralentissement actuel, qui correspond selon lui à un ajustement structurel normal.
Les autorités chinoises peinent à convaincre les marchés mondiaux de leur capacité à piloter efficacement l'économie après la dévaluation surprise du yuan en août, qui a déclenché une période de turbulences sur les places financières.
Le gouvernement reconnaît lui-même que la deuxième économie mondiale entre dans une phase de croissance plus lente après un quart de siècle d'expansion galopante.
Même si les derniers chiffres ne traduisent pas un ralentissement brutal, ils relancent le débat sur la nécessité d'un ajustement des politiques économique et monétaire.
Prochaine baisse des taux ?
En dépit de la faiblesse des exportations et des importations, de l'existence de surcapacités industrielles et du ralentissement du marché immobilier, la croissance chinoise a atteint 7,0 % en rythme annuel sur chacun des deux premiers trimestres de l'année, un chiffre conforme à l'objectif officiel, et Pékin a nié avoir gonflé les chiffres dans ce but.
L'économie chinoise ralentitL'économie chinoise ralentit
Désormais, les autorités politiques et monétaires estiment qu'elles peuvent enrayer la baisse rapide des réserves de change et réduire la pression sur le yuan en soutenant l'économie afin d'atteindre l'objectif de 7 % de croissance pour cette année, disent des sources proches des débats en cours.
Une nouvelle baisse des taux de la banque centrale d'ici la fin de l'année fait partie des hypothèses envisagées par les observateurs, le ralentissement de l'inflation plus marqué qu'attendu en septembre et la baisse des prix à la production pour le 43e mois d'affilée ayant encore souligné l'urgence de nouvelles mesures afin d'éloigner le risque déflationniste.
La Banque populaire de Chine (BPC) a déjà abaissé ses taux à cinq reprises depuis un an tout en assouplissant les règles imposées au secteur bancaire, mais les observateurs estiment que ce type de mesures sont moins efficaces que par le passé, lorsque l'économie était davantage administrée et les niveaux d'endettement bien inférieurs.
D'autres mesures, plus ciblées, annoncées ces derniers mois, ont permis de soutenir les ventes de logements et les prix de l'immobilier, sans pour autant interrompre la baisse de la construction, qui pèse sur la demande de nombreuses matières premières. Des statistiques publiées séparément lundi montrent que les dépenses du gouvernement chinois ont augmenté de près de 27 % en septembre par rapport à la même période de 2014.