samedi, mai 14, 2016

Uber: les militants libéraux furieux

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Charles Lecavalier


Dernière mise à jour: 14-05-2016 | 14h51

DRUMMONDVILLE - Les militants libéraux ont servi une correction à Jacques Daoust en appuyant une résolution qui remet en question son projet de loi sur l'industrie du taxi lors du conseil général du PLQ samedi.
Le projet de loi 100 étouffe la compétition, bloque l'innovation et ne représente pas les valeurs libérales, ont dénoncé plusieurs militants lors d'un débat sur l'économie du partage.
La base du parti a causé la surprise en adoptant avec une forte majorité une proposition de la commission jeunesse du PLQ qui est visiblement incompatible avec l'approche du gouvernement Couillard, qui veut interdire le modèle Uber. «Pour nous c'est une victoire, a lancé son président Jonathan Marleau. Le projet de loi 100 dans sa forme actuelle n'est pas compatible avec cette résolution.»
Le ministre Jacques Daoust n'a pas tardé à répliquer: «Je n'ai pas l'intention de retourner à la table à dessin». Il estime que son projet de loi n'est pas concerné par la résolution puisque l'entreprise Uber «ne fait pas d'économie du partage». Il est toutefois prêt à le modifier si «on lui propose des idées».
Or plusieurs membres du PLQ se sont carrément attaqués au projet de loi lors des débats houleux sur cette question. «On ne peut pas se mettre dans le milieu du fleuve et arrêter le courant», a lancé Jonathan Hamel. M. Hamel, qui a déjà appelé au départ des ministres Daoust et Anglade, s'est fait chaudement applaudir par la foule.
Un autre militant, l'ancien radio-canadien Pierre Bouillon, a fait une sortie musclée contre la pièce législative qui ne respecte pas les valeurs libérales. «Nous sommes le parti de l'économie. Je ne reconnais pas ces valeurs dans le projet de loi 100», a-t-il lancé en accusant M. Daoust de protéger une «industrie archaïque».
Casper Bloom, membre du comité exécutif du parti, ne s'est pas gêné pour dire qu'il «étouffe la compétition» et «bloque l'innovation».
D'autres militants, minoritaires, se sont toutefois rangés derrière le ministre des Transports Jacques Daoust. «Comment pouvons-nous permettre à Uber de violer nos propres lois? Nous sommes aussi le parti des libertés collectives», a affirmé un homme, furieux que les jeunes du parti «se fassent avoir» par la multinationale Uber. «Si ça passe, c'est d'encourager le travail au noir», en a ajouté un autre.

UN PROJET DE LOI IMPARFAIT

Le ministre Finances, Carlos Leitao, a lui-même reconnu que la solution proposée par le gouvernement Couillard n'est «pas idéale». «Le projet de loi n'est pas idéal. On a au Québec ce système de gestion de l'offre. On a hérité de ce système. Dans un monde idéal, il n'existerait pas et ce serait beaucoup plus facile», a-t-il lancé à la presse parlementaire samedi matin.
Québec a toutefois choisi de garder ce modèle «imparfait» parce que le changé aurait coûté trop cher. L'alternative, c'est de mettre fin au système et de racheter les permis. Ce serait des centaines de millions, 700 ou 800 millions $. Si on avait cet argent, on ne le mettrait pas là», a-t-il souligné.
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