lundi, octobre 26, 2015

Politique : les vire-capot libéraux

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LÉO-PAUL LAUZON
MISE à JOUR 
  De l’opportunisme dégoulinant
Léo Paul LauzonÇa ne se peut tout simplement pas d’être aussi hypocrites et opportunistes dans la vie. Il y a comme ça des individus qui peuvent, du jour au lendemain, se revirer sur un dix cents et dire tout le contraire de ce qu’ils avaient comme principes et valeurs la veille.
Pour un peu plus de pouvoir, d’argent, de visibilité, d’honneur et de promotions, ils se métamorphosent en un rien de temps. Pour se défendre, ils prétendent avoir évolué, avoir changé de croyance, avoir enfin découvert la vérité et qu’ils veulent dorénavant mieux défendre le bien-être collectif. Des gens sinistres et cyniques que certains partis politiques aiment, des héros comme Philippe Couillard et le Parti libéral du Québec raffolent.
Monique Sauvé, la dernière girouette en liste
Madame Monique Sauvé était, jusqu’au début du mois d’octobre 2015, présidente du groupe communautaire du Réseau des carrefours jeunesse-emploi du Québec qui, austérité libérale oblige, a subi d’importantes coupes budgétaires afin de lui permettre de faire supposément beaucoup avec beaucoup moins. Toujours la même vieille rengaine éculée. Il est donc tout à fait normal que la dame Sauvé ait ramassé, dans ses anciennes fonctions, de façon virulente le gouvernement Couillard a plusieurs reprises. Elle ne portait pas les libéraux dans son cœur.
Et puis voilà, badang, la dame, issue du communautaire, probablement suite à l’intercession du Saint-Esprit, trouve soudainement plein de qualités au PLQ et plein d’avantages à varger dans les budgets des groupes communautaires, dont le sien, et décide, contre toute attente, de se joindre au parti de Philippe Couillard, qui l’accueille à bras ouverts. La dame représentera le PLQ aux prochaines élections partielles dans Fabre. La dame Sauvé me fait penser au nouveau ministre libéral de l’Éducation, François Blais, qui du temps qu’il était professeur à l’Université Laval portait à gauche et défendait avec acharnement le revenu de citoyenneté. Puis, pour une poignée de prestige et de pouvoir qui lui a monté à la tête, le monsieur Blais a changé d’idée. Seuls les fous ne changent pas d’idée comme ils disent. Il a même affirmé : « Investir maintenant dans l’éducation (publique) serait maladroit » (La Presse, 3 octobre 2015).
L’animatrice de radio Véronyque Tremblay
Oh que Véronyque, au temps qu’elle était animatrice à la station FM 93 de Québec, « blastait » régulièrement le gouvernement Couillard et sa milice d’universitaires lucides. Elle s’opposait férocement, avec raison, aux hausses prestigieuses dans les tarifs d’électricité et des garderies décrétés par Couillard + Cie qui viennent frapper de plein fouet la classe moyenne et qui accentuent les odieuses inégalités économiques. Puis, elle jurait ne jamais vouloir faire de politique active, car elle refusait, selon son échelle de principes nobles et vertueux, de rentrer comme un mouton dans les rangs de la ligne de parti si c’est contraire à ses valeurs. Une femme de principes que je vous dis. Et les gens la croyaient.
Puis, boum, la girouette Tremblay effectue un virage à 180 degrés et se joint au PLQ à titre de candidate. Et tout d’un coup, elle est maintenant entièrement d’accord avec les politiques régressives du Parti libéral du Québec qu’elle dénonçait de façon virulente la veille. Voilà pourquoi la population est si cynique envers leurs élus. Félicitations à votre mise en scène et à votre programme madame Tremblay.
L’ex-présidente de la CAQ, Dominique Anglade
Il n’y a pas d’âge à l’opportunisme. On peut être jeune et penser strictement à son petit « moi », sa carrière, l’argent, à se faire voir, etc. La nouvelle libérale Mélanie Joly, celle qui avait juré demeurer à la politique municipale et qui fait toujours dans le superficiel selon moi, et Dominique Anglade sont des exemples probants : « Une ex-présidente de la CAQ rejoint les rangs des libéraux » (Le Journal de Montréal, 25 septembre 2015).
Dans son éditorial paru dans Le Devoir du 28 septembre 2015 et intitulé « Anglade chez les libéraux : l’opportuniste », Antoine Robitaille mentionne ceci à juste titre, sur la transfuge libérale : « Madame Anglade est depuis longtemps une adepte de l’opportunisme ». Le journal Les Affaires pose cette question à plusieurs jeunes personnalités :" Quel est le meilleur conseil que vous avez reçu? » Réponse de Mme Anglade? « Lorsqu’une occasion se présente, si on l’analyse trop, elle finit par passer. Il faut la saisir et après se demander comment on va faire pour que ça fonctionne. » » Je comprends mieux maintenant pourquoi déjà les libéraux l’aiment beaucoup. La recette parfaite du PLQ afin de se dénicher une bonne job lucrative dans le privé. Définitivement, madame, vous avez un bel avenir chez les libéraux et vous allez bien vous entendre avec Philippe Couillard.
Du temps où la dame était à la Coalition avenir Québec, elle dénonçait vigoureusement la corruption érigée en mode de vie au Parti libéral du Québec. Et puis, soudainement, il n’y a plus de corruption chez les libéraux, puisque comme elle l’a dit : « Aujourd’hui, on est là, à un autre moment, avec un leadership qui est renouvelé, au Parti libéral » (« Anglade au PLQ. Le contexte politique a bien changé depuis 2012 », Le Devoir, 26 septembre 2015). Madame Anglade, vous tenez des propos pas très gentils pour l’ancienne équipe libérale formée des Jean Charest, Raymond Bachand, Yves Bolduc, Nathalie Normandeau, Line Beauchamp, Clément Gignac et cie. Vous pensez vraiment que c’est mieux maintenant, à plusieurs points de vue, avec Philippe Couillard, Gaétan Barrette, David Heurtel, Martin Coiteux, François Blais, Lise Thériautlt et cie?
Une bonne pour finir sur la dame Anglade que l’on peut qualifier, sans grand risque de se tromper d’arriviste : « Anglade dénonce les positions “radicales” de la CAQ » (La Presse, 26 septembre 2015). Je suppose que Philippe Couillard et sa gang de bûcherons sont plutôt du type « modéré » madame Anglade? Après ça, on se demande pourquoi : « Méfiance extrême envers les élus. Les Québécois sont ceux qui jugent le plus sévèrement leur gouvernement » (La Presse, 19 octobre 2011). Et ils ont bien raison. Élus libéraux et affairistes se rejoignent à cet effet comme le dénonce le titre de cet autre article : « Les Québécois se méfient des gens d’affaires, au grand dam du Conseil du patronat » (Le Devoir, 23 septembre 2014). Allez, amis du patronat, faites pas vos innocents vous autre aussi. Comportements ultras égoïstes, collusion, corruption, cartel et leurs prix et tarifs shylockiens, évasion fiscale dans les paradis fiscaux, pollution et irrespect de l’environnement, droit bafoués des travailleurs, etc., et après, fraudait vous aimer quand même?
Un autre petit méné caquiste : Simon-Pierre Diamond
En 2008, il y a eu l’ex-député de la CAQ, Simon-Pierre Diamond, qui est passé au clan libéral même après avoir tenu les propos suivants sur deux de ses collègues caquiste eux aussi passés chez les libéraux avant lui, tel que rapporté dans l’éditorial d’Antoine Robitaille du Devoir : « Les gens qui se donnent aux plus offrants, on en voit souvent au centre-ville tard le soir, mais au Parlement, des gens qui font le trottoir, nous en voyons très rarement ». Pas pantoute d’accord avec vous monsieur Diamond. Moi, je pense qu’il y en a beaucoup plus au parlement de Québec, et encore plus chez les libéraux, que j’en observe au centre-ville. 
Gaétan Barrette, le « king » des faiseux
Grosse nouvelle en 2012 : « Le docteur Barrette candidat pour la CAQ. Le président de la Fédération des médecins spécialistes promet de redresser la situation en santé » (La Presse, 1er août 2012). Gaétan Barrette, très fanfaron avec le monde et les employés ordinaires, mais très complaisant et même complice avec les pharmaceutiques, les médecins, les pharmaciens et les cliniques et hôpitaux privés.
Pis, voyant que le vent tourne à la faveur du Parti libéral du Québec : « Gaétan Barrette. Candidat pour le PLQ » (La Presse, 3 mars 2014). Couillard et Barrette font la paire. Les deux proviennent de firmes privées en santé et militent tous deux pour toujours plus de privé en santé et moins de public. Pour eux, la santé et l’éducation sont équivalentes à n’importe quel produit de consommation allant des crottes de fromage aux chars : « Couillard. À la défense du privé en santé » (La Presse, 13 mars 2014). Et aussi : « Couillard à la défense des médecins » (Le Devoir, 12 mars). Et encore en 2008 : « Couillard livre un plaidoyer pour le privé en santé » (La Presse, 10 décembre 2008). Et terme d’ineptie, François Blais, David Heurtel et Gaétan Barrette sont sur le podium mondial. Les seuls qui peuvent les « challenger », ce sont d’autres libéraux, des conservateurs ou des républicains américains comme Donald Trump. Voici une autre connerie larguée par Gaétan Barrette, très imbu de sa propre personne : « Des coupes agressives pour garantir la survie du système de santé, dit Barrette » (Le Devoir, 26 juin 2014). Tout de même incroyable de formuler une telle énormité et de se trouver bon. C’est carrément insultant de se faire déballer de telles énormités qui sont dans les faits méprisantes.
Le même Barrette qui joint le PLQ, comme si de rien n’était, après avoir clamé en août 2012, lors d’un débat sur la santé : « Le Parti libéral, c’est le partie de la passivité ». Et aussi, il a mentionné, entre bien d’autres, que « On a un gouvernement libéral de lobby qui ne répond qu’au lobby. Ce n’est pas compliqué, faites le bon lobby et vous allez avoir ce que vous voulez du gouvernement libéral. C’est le mensonge du ministre Bolduc (ex-ministre de la Santé et de l’Éducation). On n’a qu’à voir, il a cédé pour les médicaments pour le cancer et maintenant il cède aux pharmaciens. On prend toutes sortes de décisions tout croche à Québec ». Ce même Barrette qui a cédé amicalement aux demandes, non seulement des pharmaceutiques et des pharmaciens, mais aussi de ses amis spécialistes à qui il a accordé de juteuses augmentations de salaire et permis d’arnaquer davantage les patients captifs en autorisant les frais accessoires qui leurs seront chargés en toute impunité. Monsieur Barrette, vous le savez bien, le PLQ n’est pas seulement le parti politique au service des puissants lobbies politiques, mais aussi le maître toutes catégories confondues de la corruption et du mensonge.
Après, les élus feignent être surpris et même dévastés que la population ne les respecte pas et qu’elle n’a aucune confiance en eux. Ces opportunistes ont ce qu’ils sèment. Le respect, ça se mérite.