dimanche, septembre 06, 2015

Mais que fait la CAQ dans cette galère?

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Richard Martineau
Lorsque François Legault a annoncé que son parti effectuera un «retour aux sources», cette semaine, j’ai applaudi à deux mains.
Enfin, la CAQ parlera de nouveau d’éducation et repren­dra la défense de la classe moyenne!
On reste ou on part. Terminé, l’entre-deux. 
Mais ma joie fut de courte durée.
Le lendemain de cette sortie, le chef de la CAQ a annoncé que sa formation allait proposer une «nouvelle entente» au Canada qui sera soumise à la population par voie de... référendum!
LE RETOUR DE LA TROISIÈME VOIE
Oui, oui, vous avez bien entendu: François Legault a utilisé le mot qui commence par un «R».
Mais quelle mouche l’a piqué?
«Il y a une place à occuper par la CAQ entre les deux extrêmes, le statu quo de Philippe Couillard et l’indépendance de Pierre Karl Péladeau», a expliqué le chef caquiste.
Euh... non!
Vous croyez que les Cana­diens vont accepter de rouvrir la boîte de Pandore qu’est la Constitution pour faire plaisir aux Québécois et s’assurer qu’ils resteront dans la fédération?
Pourquoi le feraient-ils?
Vous avez vu les derniers sondages concernant le PQ et l’option souverainiste? Vous pensez que les résultats empêchent les Canadiens de dormir? Qu’ils tremblent dans leur culotte? Qu’ils craignent que le Québec ne lève les feutres?
Qu’ils sont prêts à nous donner tous les pouvoirs qu’on demande?
Qu’ils répondent encore à la menace du «couteau sur la gorge»?
LE GRELOT RÉFÉRENDAIRE
Pour les Canadiens, la question est claire: on reste et on ferme notre gueule, ou on fait nos valises et on s’en va.
Terminé, l’entre-deux.
Tu entres ou tu sors. Tu ne restes pas sur le seuil de la porte avec un pied en dedans et un pied au-dehors.
Quoiqu’en pense François Legault, le temps du «beau risque» et des discussions à saveur constitutionnelle est bel et bien fini.
Nous ne sommes plus en 1987. Meech ne veut plus rien dire. C’est le nom d’un lac situé dans le parc de la Gatineau, c’est tout.
La CAQ veut-elle vraiment atta­cher un grelot réfé­rendaire à sa cheville, histoire que ça fasse «gling gling gling» dès que son chef ouvre la bouche?
Ce n’est pas suffisant que le PQ nous promette un réfé­rendum, la CAQ veut en promettre un elle aussi? Elle ne veut pas demeurer en reste?
Ça lui tente d’entendre Philippe Couillard dire: «Un vote pour la CAQ, c’est un vote pour un référendum? Un vote pour des discussions constitutionnelles à n’en plus finir? Un vote pour la reprise d’un dialogue avec un interlocuteur qui ne veut rien savoir ni rien entendre?»
LE SEXE DES ANGES
Constitutionnellement, le choix est clair. On reste avec Couillard ou on part avec Péladeau.
La CAQ aurait pu dire: «Ce débat ne nous intéresse pas, on n’a pas de temps à perdre à discuter du sexe des anges, on a des dossiers plus importants à régler.»
Mais non. Elle a décidé de sauter dans le Jell-O, elle aussi.
Pas sûr que ce soit une bonne idée...