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mercredi, décembre 21, 2016

Bilinguisme à Gatineau? Justin Trudeau «avoue» avoir été «baveux»

http://www.lapresse.ca/actualites/politique/politique-canadienne/

Publié le 20 décembre 2016 à 10h06 | Mis à jour le 20 décembre 2016 à 18h00
Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau.... (Chris Wattie, archives REUTERS)
Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau.
CHRIS WATTIE, ARCHIVES REUTERS
MÉLANIE MARQUIS
La Presse Canadienne
Ottawa
Le premier ministre Justin Trudeau «avoue» qu'il a été «baveux» en passant un commentaire sur le bilinguisme qui en a fait sourciller plus d'un, jeudi dernier.
À la question de l'animateur Patrice Roy, qui lui demandait s'il appuyait l'idée de désigner Ottawa ville bilingue, il a répliqué en demandant si Gatineau serait prête à en faire autant.
«Est-ce que la Ville de Gatineau serait ouverte à devenir une ville bilingue, elle?», a-t-il lâché, sourire en coin.
Le premier ministre s'attendait à ce que cette boutade lâchée sur le plateau de la télévision de Radio-Canada revienne le hanter.
«Je le savais», a-t-il laissé tomber lors d'une entrevue de fin d'année avec La Presse canadienne, lundi après-midi.
«J'étais en train d'être baveux, là. Ça, je l'avoue», a candidement poursuivi M. Trudeau.
Il a tenu à assurer qu'il ne fallait pas y voir une critique de la politique du Québec en matière de langues officielles.
«Pas du tout, pas du tout! Non, non, non. Le Québec doit être français d'abord pour que le Canada puisse être bilingue», a insisté le premier ministre, se présentant comme un ardent défenseur et promoteur de la dualité linguistique.
«J'ai été prof de français à Vancouver, je sais à quel point c'est important, le bilinguisme», a-t-il fait valoir.
Justin Trudeau a réitéré que la décision entourant la désignation bilingue de la capitale nationale appartenait aux élus municipaux d'Ottawa et non au gouvernement fédéral.
«L'idée de faire une ville ou une autre une ville bilingue, ça appartient à la ville elle-même», a-t-il soutenu.
En vertu de la Charte de la langue française, les municipalités peuvent être reconnues bilingues lorsque plus de la moitié des résidants de leur territoire sont de langue maternelle anglaise.
La Ville de Gatineau est bien loin du compte. Selon les données du dernier recensement de 2011, 11 pour cent de la population a déclaré l'anglais seulement comme langue maternelle.
En Ontario, les municipalités peuvent être administrées seulement en anglais ou dans les deux langues.
Le débat entourant la désignation officielle d'Ottawa comme ville bilingue refait surface périodiquement.
Il s'est de nouveau imposé dans le cadre des célébrations du 150e anniversaire de la Confédération.
Le maire d'Ottawa, Jim Watson, s'est prononcé contre l'idée à plusieurs reprises.
Justification insuffisante
Les explications de Justin Trudeau ont laissé sur leur appétit les porte-parole néo-démocrate et bloquiste en matière de langues officielles.
«Ça ne me satisfait pas du tout. Qu'il avoue avoir été baveux, c'est une chose, mais ce que je vois dans sa réaction, c'est qu'il n'a pas l'air de comprendre ce qu'est le statut bilingue au Québec», a tranché en entrevue le député Mario Beaulieu, député du Bloc québécois.
Pour le député François Choquette, du Nouveau Parti démocratique (NPD), ce que le premier ministre a présenté comme une moquerie est plutôt un symptôme de sa méconnaissance du dossier.
«Ma perception, c'est qu'il s'est retrouvé devant une question à laquelle il ne savait pas quoi répondre. La question est pourtant très importante et très d'actualité à l'aube du 150e», a-t-il regretté à l'autre bout du fil.
Le député de Drummond convient que la décision sur la désignation bilingue revient aux élus municipaux d'Ottawa, mais il considère que cela ne devrait pas dispenser Justin Trudeau de sa responsabilité de «faire preuve de leadership» dans le dossier des langues officielles.
La réplique «baveuse» du premier ministre avait été fort mal reçue par l'Association des communautés francophones (ACFO) d'Ottawa.
Sa directrice générale, Isabelle Miron, avait déclaré à Radio-Canada qu'il avait «réussi en une seule phrase à s'aliéner absolument tout le monde, à la fois les francophones et les gens de Gatineau»

À DÉCOUVRIR SUR LAPRESSE.CA

Branle-bas de combat au SPVM pour une fuite

http://www.lapresse.ca/actualites/justice-et-affaires-criminelles/actualites-judiciaires/

EXCLUSIF
Publié le 21 décembre 2016 à 05h00 | Mis à jour à 08h40
Deux policiers du SPVM soupçonnés d'avoir remis une... (PHOTO SARAH MONGEAU-BIRKETT, ARCHIVES LA PRESSE)
PHOTO SARAH MONGEAU-BIRKETT, ARCHIVES LA PRESSE
Deux policiers du SPVM soupçonnés d'avoir remis une copie du constat d'infraction au chroniqueur Patrick Lagacé ont vu leurs déplacements à l'intérieur des locaux de police vérifiés grâce aux registres d'utilisation des cartes magnétiques.

Allées et venues surveillées, courriels passés au crible, mouvements informatiques épiés : une question posée par Patrick Lagacé au bureau de Denis Coderre quant à un constat d'infraction du maire a déclenché un branle-bas de combat au sein du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), révèle un nouveau document judiciaire.
La dénonciation, rédigée en vue d'obtenir le registre des appels entrants et sortants du chroniqueur de La Presse, lève le voile sur l'enquête éclair menée par les Affaires internes du service afin de trouver les auteurs d'une fuite qui - de son propre aveu - dérangeait M. Coderre.
Deux policiers soupçonnés d'avoir remis une copie du constat d'infraction à M. Lagacé ont vu leurs déplacements à l'intérieur des locaux de police vérifiés grâce aux registres d'utilisation des cartes magnétiques.
L'enquêteur Normand Borduas, des Affaires internes, a aussi obtenu «les courriels de la journée du 3 décembre 2014 [jour de la fuite présumée] pour les deux employés visés», ainsi que la liste «des fichiers consultés» par les mêmes individus. En vain.
La dénonciation montre que M. Borduas a demandé le 23 janvier à avoir accès aux registres téléphoniques complets, ainsi qu'aux «informations sur l'abonné et les tours cellulaires» du chroniqueur Patrick Lagacé pour une période de deux semaines de décembre 2014. Le jour même, la juge de paix Suzanne Bousquet autorisait la demande.
Le numéro du cellulaire à surveiller avait été fourni à la police par une «attachée politique du maire Denis Coderre».
«Sans motif réel»
Rien dans sa dénonciation ne permet de savoir si M. Borduas avait épuisé tous ses autres recours avant de mettre un journaliste sous surveillance. Il n'évoque aucun argument particulier quant au statut du chroniqueur.
«Nous sommes troublés de constater que le SPVM a demandé un mandat sans motif réel, autre que de trouver les sources de Patrick Lagacé. Et nous comprenons encore moins comment un juge de paix a pu l'autoriser», a déploré hier Alexandre Pratt, directeur principal de l'information à La Presse.
«Patrick Lagacé a simplement fait son travail de journaliste : poser des questions sur un sujet d'intérêt public.»
La dénonciation a été obtenue par La Presse après des procédures devant les tribunaux.
Le constat d'infraction en question avait été délivré en mars 2012 à l'endroit de Denis Coderre, alors député fédéral, pour avoir omis de payer l'immatriculation de son véhicule.
Ce n'est que deux ans plus tard, alors que le politicien était devenu maire de Montréal, que Patrick Lagacé en a obtenu une copie. Une mention inhabituelle au constat faisait croire à certains policiers que l'amende de 444 $ n'avait pas été acquittée.
Plus tôt cet automne, le SPVM avait admis avoir obtenu un mandat de surveillance contre le cellulaire de Patrick Lagacé.
«Est-ce que moi, je me fais suivre?»
En entrevue au 98,5FM, toujours cet automne, le maire avait relaté avoir été profondément dérangé par le fait que le chroniqueur avait obtenu la copie d'un constat d'infraction qui le concernait, se qualifiant de «victime».
«À un moment donné, je me dis : est-ce que moi, je me fais suivre? Est-ce que la situation syndicale fait qu'on me check présentement? Est-ce que ça, c'est légal? J'ai dit à [l'ex-directeur] Marc Parent : là, c'est Coderre le citoyen, est-ce qu'on peut fouiller dans les registres comme ça et commencer à envoyer ça à gauche et à droite?», a affirmé le maire en ondes. «Ce n'était pas une demande d'enquête. J'ai demandé à Parent : est-ce que c'est légal, cette affaire-là ? Je me demande si je me fais surveiller et, donc, il a fait une enquête.»
L'amende avait été acquittée en temps opportun par Denis Coderre.

mardi, décembre 20, 2016

Trump, le Viagra de l’Amérique

http://www.journaldemontreal.com/



Le 13 juin 1975, Bernard Pivot consacrait son émission littéraire Apostrophes à la sexualité masculine.
 Parmi les invités: deux sexolo­gues, un critique, un journaliste et le romancier français Romain Gary, de passage pour parler de son dernier roman inti­tulé Au-delà de cette limite, votre ticket n’est plus valable, l’histoire tragique d’un homme de 60 ans qui n’arrive plus à satis­faire sexuellement sa jeune maîtresse.
PERTE DE VIRILITÉ
Au cours de la conversation (une conversation d’autant plus touchante que Gary s’est suicidé cinq ans plus tard, justement parce qu’il était impuissant), Romain Gary a fait un parallèle entre ce qui arrive à son personnage, un ancien champion de rugby qui voit sa virilité décliner, et ce qui arrive à l’Occident.
«Mon roman, en fait, est une allégorie qui traite de l’essoufflement de la société occidentale.

«Comme le héros de mon livre, l’Occi­dent perd confiance en ses possibilités. Dans mon livre, cette angoisse, cette peur de l’impuissance et du déclin minent sournoisement la santé psychologique de mon personnage jusqu’à empoisonner les moments de plénitude qu’il vit avec sa partenaire.
«Comme la société occidentale, qui est aux prises avec toutes sortes de problèmes d’ordre économique et qui voit sa toute-puissance décliner au profit du monde arabe, qui est en pleine ascension et qui a des ressources énergétiques infinies, mon personnage sent son énergie diminuer. Pas seulement son énergie sexuelle, mais aussi son énergie spirituelle.
«Il devient obsédé par l’idée de perdre sa virilité. Alors il compense en se tournant vers l’argent, la force et le pouvoir politique, qu’il utilise comme substituts, comme prothè­ses...»
LE RETOUR DU MACHO
Romain Gary a tenu ces propos il y a 41 ans.
Or, ils sont toujours actuels.
Regardez le phénomène Trump, qui a marqué l’année qui s’achève.
Qu’est-ce que l’élection de Donald Trump sinon une tentative désespérée de l’Amérique pour retrouver sa puissance (et sa virilité) perdue?
Le gars roule des mécaniques, parle fort, multiplie les propos grossiers sur les femmes, expose sa richesse, joue les durs face à la Chine, s’allie avec Poutine, un autre macho ridicule comme lui...
C’est comme si l’Amérique avait déci­dé de prendre une surdose de Viagra pour lutter contre le ramollissement (le jeu de mots est tout à fait intentionnel!) de son économie et montrer au reste du monde qu’elle était aussi forte – et aussi dure – qu’avant.
«Make America hard again!»
Face à la gauche américaine qui s’agenouille devant une rectitude politique maternante et semble plus à l’aise pour défendre les minorités sexuelles que les cols bleus et les ouvriers qui sentent le cambouis, Trump incarne le retour de la testostérone.
UN NOUVEAU SHÉRIF EN VILLE
«Grab them by the pussy», en ce sens, n’est pas seulement un propos de vestiaire: c’est presque un programme politique.
«On va leur montrer qui est le boss!»
L’ONU, l’élite médiatique, les accords bilatéraux, les discussions, les échanges, tout ça, c’est trop féminin.
Avec Trump, l’Amérique retrouve ses couilles!
Avec Poutine à ses côtés, on va avoir l’impression de regarder des reprises de Starsky and Hutch, la série télé des années 1970.
Attachez votre tuque: l’année 2017 risque d’être étonnante!
Et détonnante.